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Radmila Dapic Jovandic ̸

à propos de l’exposition, BFM Panazol

Isabelle Frandon, 2019

Confrontations improbables de formes de longueurs de largeurs de textures de postures de tons, éclairées par un écran géant, sorte de miroir qui double en profondeur l’espace dans une superbe illusion de perspective.

Il y a foule dans cette salle de bal où on est venu s’accrocher au fil des rencontres tout en surprises et improvisations. Qui êtes-vous figures oblongues, élancées, arrêtées dans votre élan à cause d’une accroche qui vous tient ferme sur le fil ? A l’exception des présences géométriques plaquées au mur, le regard plongé sur la scène. D’où revenez-vous ? Qu’avez-vous vu et rapporté de vos voyages mentaux dans l’atelier de l’artiste ? Des formes, encore des formes toujours des formes aux innombrables métamorphoses, aux inventions plastiques des plus étonnantes.

Chacune dans sa singularité affiche sa dissonance. Incroyable cacophonie. Cependant on va plutôt bien ensemble ! Comment trouvez-vous ? Et quelle impression de légèreté ! Ça danse et chante à plaisir ! Sans doute est-ce dû en partie à notre position semi-aérienne qui donne l’illusion que nous serions comme tombés du ciel, suspendus à quelques centimètres du sol.

Regardez comment ça virevolte, pivote, tournicote, pirouette toupille même...pour preuve ces configurations en pain de sucre, véritables coquillages tout en longueur qui tournent sur eux-mêmes, certaines en papier d’autres en grosses mailles tricotées, au milieu de rectangles, de triangles de carrés affichant leurs angles droits et leurs lignes tracées au compas pour certains, lignes plus capricieuses pour d’autres, au gré des matériaux : papier Kraft lisse ou mâché boursouflé aux expressions incertaines. Quelques noirs sévères plomberaient l’atmosphère mais c’est oublier les blancs les bleus les beiges qui rappellent que pour les couleurs comme pour les figures c’est de leurs confrontations, de leurs oppositions que naît l’éblouissement esthétique. Des intrus se sont glissés dans cette salle de bal : photographies, fleurs séchées, écriteaux en forme d’avertissement (« Moi qui ne suis pas important, je trouve importantes des choses sans importance » Imre Kertész) répétant qu’il n’y a pas de fête sans fantaisies bizarreries excentricités caprices chimères...Tout ici n’est qu’extravagance, ornement, plaisanterie. Véritable bal masqué, au regardeur d’interpréter ce qu’il voit ! A lui, d’inventer les sens possibles de ces contrastes de matière et de formes.

Dans le fond de la salle, sur l’écran, d’autres figures courent à tout allure à la rencontre de celles fixées sur place. Leurs mouvements permanents donnent le tempo général. _ Entrez dans la danse, voyez comme on danse. Sautez dansez embrassez qui vous voudrez !

à propos de l’exposition, BFM, Panazol

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