De nombreuses sculptures dans mon travail pourraient être formellement rapprochées des totems qu’on trouve fréquemment dans les cultures africaines, amérindiennes et océaniennes. Cependant, il s’agit en fait de signes que j’associe à l’observation du paysage. Au tout début de ma pratique, à la sortie de l’école, j’ai cotoyé des bûcherons et des débardeurs pour gagner ma vie. Originaire des Landes, je connais bien cet environnement et j’avais depuis longtemps remarqué les bornes qu’utilisent les forestiers pour délimiter les parcelles boisées.
Ce sujet, le signe, est présent de manière quasi permanente dans ma production. Je peux aujourd’hui, avec un certain recul, percevoir que trois moments – trois voyages –, ont constitué son ancrage durable dans mes recherches.
D’abord en 1992, lors un voyage à New-York où j’ai eu l’occasion de rencontrer Clement Greenberg, avec lequel j’ai pu questionner ce formalisme. Dans le même temps, je me suis rendu compte que la sculpture en fer était une impasse.
Par la suite, entre 1999 et 2005, j’ai fait une série de voyages en Europe de l’Est et en particulier en Roumanie, où j’ai ressenti une sorte de proximité entre les Landes et la Transylvanie. Partout dans les fermes, dans les villages, on croit voir du Brancusi : chaque colonne de maison se rapproche de la Colonne sans fin, chaque forme est à la fois utilitaire et symbolique.
C’est là que j’ai commencé à pratiquer la sculpture sur bois.
Enfin, vers 2005, j’ai produit mes premières sculptures figuratives à la suite d’une série de voyages en Corée du Sud.
C’est lors d’une visite sur l’île de Jeju-do que j’ai rencontré les fameuses Dol hareubangs {note}1 qui m’ont beaucoup marqué, tant par leur forme que par leur valeur symbolique. Un peu plus tard, en Chine, j’ai eu l’intuition de l’œuvre que j’ai réalisée pour la Forêt d’art contemporain – 4 bornes qui constituent La Sauveté de Garbachet (2013).
1statues antiques de divinités protectrices