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Jean-Paul Thibeau ̸

vu par Michel Giroud
Dossier mis à jour en janv. 2014

Le Méta et Jean-Paul Thibeau

Après la disparition de l’art (dissolution, implosion, pulvérisation) selon dada, dans un tourbillon typhonique machine à vide, broyeuse de scories, vers le Rien (selon la dadasophie du chercheur Raoul Hausmann), après l’art infinitésimal d’Isou, après l’art immatériel de Klein (l’eau, l’air, le feu), après l’abolition de l’art et la construction des situations (dérives) de Debord, après le Non-Art de Fluxus et de Filliou, le META comme processus permanent de transformation, à l’écart des routes balisées et spécialisées, ni dans la marge (encore une spécialité) ni dans la contestation critique à l’intérieur du système, le META est volatil, ambigu, insaisissable, hors limite et sans frontières, ouvert aux possibilités et aux potentialités. Le META est une ZONE EXPERIMENTALE DISCRETE (ZED) presque secrète (« A bruit secret »), une plateforme d’expériences qui se croisent et s’entrecroisent sans prospective et sans plan quinquennal, META est NOMADE, DIVAGATOIRE, INSTABLE, FLUCTUANT, PEU VISIBLE, CALME mais en DEBORDEMENT, LOIN, très loin de toutes formes d’identification (famille d’esprit, clan, club, patrie, Nation, culture, Religion), extérieur (selon la sensorialité excentrique du dadasophe Hausmann), là ici, maintenant, au « cœur du monde » (Cendrars).

L’expérience META élabore, dans le tâtonnement et le bégaiement, un « ouvre-boîte », un « passe-partout », transitoire, non définitif, fragile mais souple et résistant, pour déverrouiller et débloquer, afin d’ouvrir des passages, découvrir, dans le temps des rencontres, dans le zig zag dispersé et disparate, des inter-champs inconnus, surprenants, indéterminés.

META est une non méthode de respiration (une pneumatique) qui rend possible, peut-être, une démarche chaotique, hors-piste, diachronique, transversale, transformationnelle, n’importe où, n’importe quand, n’importe comment, avec n’importe quoi et n’importe qui. Voilà pourquoi META semble peu visible et si discret car META brouille les pistes de la cartographie culturelle instituée (comme ses marges). META n’est pas une voie mais l’expérience d’un carrefour, sans destination, hors du système de communication spectaculaire et touristique de la culture mondiale.

Jean-Paul Thibeau avec META a trouvé (inventé, découvert) le champ d’expériences d’un roman épique VECU, avec les autres, par les autres car chacun est un mélange, un croisement permanent des autres voies : la singularité de chacun est constituée par la particularité de son mélange.

META est DIA-LOGUE.

Thibeau est un aventurier de l’indicible, du je ne sais quoi, du fluide, du nulle part (mais ici) ; il invente un Roman relatif, indéterminé, dans les coïncidences du moment de l’expérience.

Loin de toute espèce de revendication, META propose une expérience limitée (mais sans limites) mais fondamentale (faire le vide puis être vide, simplement Respirer) qui pourrait fleurir grâce à une multiplication d’expériences solitaires parce que solidaires (solides par leur fou-rire au cœur du spectacle quotidien des illusions en out genre).

Thibeau propose un art du jardinage insolite où les expériences croisées deviennent des concerts hétéroclites de rumeurs disparates et dispersées, des frémissements, des bruissements, des résonances, des échos, des ruissellements de vibrations, des bourdonnements imprévus, ici et ailleurs en même temps. Le META est une expérience de la voie du vide dans le plein des instants simultanés où apparaissent des EVEILLES, sans maître ni disciples, sans mission, dans n’importe quel contexte.

Le META est POTENTIEL ; A chacun de le vivre, ou dans le sourire, dans le fou-rire hilarant du voyageur nomade en absurdie. META est une démarche, une attitude, un état d’esprit, un art du souffle. Comment encore respirer dans un monde fermé, clôturé, barricadé ? META est un espace transitoire, une zone d’expérience, sans porte ni fenêtre, accessible à tout individu vraiment encore curieux d’être là simplement dans le bourdonnement « énigmatique d’être vivant et humain, sur la terre.

Michel Giroud, peintre oral et tailleur en tout genre.

In Alpina, Avril, 2011

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