Sous les yeux que quelques minutes épuisent

2009-2019
Série de 43 photographies argentiques, pellicule 135 mm, 60 x 90 cm
10 exemplaires + 2 EA

 

 

Corpus constitué au fil du temps et de mes rencontres, de mes déplacements et des paysages traversés, ces photographies évoquent plus qu’elles ne décrivent. Les images sont des invitations à la contemplation et à l’imaginaire, tels des photogrammes d’un film, des déclencheurs d’histoires à se raconter, des amorces d’un film intérieur, des espaces fictionnels à investir par le spectateur.

J’emmène le spectateur dans une ode où l’on retrouve les motifs poétiques qui me sont chers et qui scandent le corpus : l’éblouissement, la nuit, les femmes à la longue chevelure comme des autoportraits, les dormeurs, l’enfant– en tant que figure du rêveur, de celui qui entretient un rapport intense et imaginatif au monde et se raconte des histoires -, et à la nature - les arbres, les feuillages, l’eau, le ciel comme matières à rêver.

L’utilisation du procédé chimique du traitement croisé me permet de donner à voir des images picturales et oniriques, décollées du réel, propices à la fiction.

Cette série trouve sa place dans un travail autour de l’image photographique envisagée comme à la fois surgissement - effacement, apparition - disparition, temps épiphanique, trace mystérieuse et poétique.
Les images s’impressionnent et s’évanouissent sur la rétine.
Comme des échos, des persistances rétiniennes, des restes mémoriels, elles sont en train de disparaître et ne sont plus tout à fait des images du réel. Elles gardent en elles encore - un peu - de temps. Plus tout à fait des images fixes - presque - des séquences, elles débordent de leur cadre. Elles portent en elles l’instant qui précède et l’instant qui succède, l’instant fuyant - image en fuite.

Clara Chichin (voir aussi le texte de Hélène Giannechinni

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Adagp, Paris