2014-2017
Photographies, prises de vue argentique sur pellicules 135 mm, 90 x 60 cm et 60 x 40 cm
Tirages jet d’encre pigmentaire sur papier fine art baryté
10 + 2 EA

[...] Il y a dans la quête de Clara Chichin cette même tentative fusionnelle entre l’artiste et le paysage, dont la trace s’imprimerait sur la pellicule comme le résultat d’une alchimie fugace et intemporelle.
Parfois des silhouettes viennent s’inscrire dans le paysage. Elles sont à peine présentes. Singulièrement, la chromatique les incorporent au paysage plutôt qu’elle ne les souligne. Légères et suggestives, souvent de dos ou en déséquilibre, elles passent dans la scène plutôt qu’elles ne l’accaparent. Le cliché définit un état d’être plus qu’il ne livre un portrait. Les corps sont enveloppés par la nature, ils s’y fondent. Les figures fonctionnent comme une métamorphose d’un état du paysage. Elles interagissent silencieusement avec lui, telles celles qui affleurent dans certaines photographies de Tacita Dean.
Pour résumer : ce que l’on perçoit dans les photographies Clara Chichin est tout ce qui est en deçà du réel.
La partie fantomatique en quelque sorte. La singularité de l’écriture photographique de la jeune artiste est proche de l’univers plastique d’Angela Graeurholz ou de Corinne Mercadier, par les « déviances » techniques qu’elle confère à ses images et par la fragilité temporelle qu’elle suggère. Il n’y a cependant pas de ressort narratif chez Clara Chichin. Ses images sont portées par son univers intime. Sa captation du monde qui l’entoure en devient la réverbération, un prisme quelque peu embué dont la réfraction en serait dispersée. Sa quête peut s’envisager comme une prolongation du temps, celui, singulier, de l’événement photographique dans l’espace réel. [...]
Christine Ollier, texte de l’exposition (extrait)



















© Adagp
















