Hypernuit - Il y avait deux soleils

2016
Photographie numérique, 24 x 18 cm tirage avec blanc tournant) et 30 x 40 cm
Tirage jet d’encre pigmentaire sur papier fine art Hanemühle
7 + 3 EA

 

 

« Dans ma série Hypernuit – Il y avait deux soleils, le reflet de la lumière, le scintillement, le soleil, mais aussi la nuit, le crépuscule, l’absence de clarté sont un leitmotiv. Les images tombent dans la pénombre. Le monde est vu comme mystérieux. L’association de la nuit au soleil fait écho à l’oxymore “soleil noir” et à la mélancolie. Avec le terme “hypernuit”, je suggère quelque chose de l’ordre du “plus que la nuit”, de la nuit redoublée. J’avais aussi en tête l’idée que le trop de lumière aboutit à l’éblouissement, à l’aveuglement. Ainsi l’excédent, le débordement de lumière peut devenir la nuit par excès. J’avais envie de jouer sur cette ambiguïté.

La constitution de la série est également associée à une recherche autour de l’idée de plein soleil, du soleil qu’on ne peut regarder en face, par exemple lors du phénomène de l’éclipse où il se dérobe et se donne à voir de manière négative. Cette série poursuit un travail déjà entamé dans mes séries précédentes, mais s’en différencie en ce qu’elle est nettement moins ancrée dans le biographique, et que je travaille pour la première fois en numérique, en retravaillant les images à l’aide de filtres. Jusqu’à présent, j’ai peu exposé mes images sous formes de tirages (davantage sous formes de livres ou de diaporamas sonores), ce sera ici l’occasion d’expérimenter des formats de tirages, des encadrements, des silences.

Dans la plupart de mes travaux, je rassemble, je monte des images de lieux et de mon entourage accumulées au fil du temps. La mise en échos, d’abord intuitive, fait surgir un motif. Mon travail se situe à la lisière de la fiction de par cette mise en échos. Il n’y a pas forcément de récit ou d’histoire à raconter mais l’idée de créer des séquences, des répétitions, des rythmes, une sorte de voyage ou de poème visuel. Mes titres sont souvent longs, plutôt littéraires, et m’aident à introduire un univers.
Les personnes que je photographie se transforment petit à petit en personnages, en figures plus ou moins anonymes, décontextualisées. Je tends à m’éloigner de plus en plus de la dimension autobiographique. Mes premiers travaux l’étaient d’avantage, de par les événements personnels que j’ai traversés. Cependant, très tôt j’ai été convaincue que tout récit biographique tendait vers la fiction et qu’il fallait faire avec les manques, les blancs, les trous, les béances, les restes, les fragments, les creux. J’envisage donc mon travail comme un travail de transformation. »

Clara Chichin, entretien dans le cadre de...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Exposition Hypernuit - Il y avait deux soleils, Festival Photo Saint Germain, Paris, 2016
    Exposition Hypernuit - Il y avait deux soleils, Festival Photo Saint Germain, Paris, 2016
  • Exposition Hypernuit - Il y avait deux soleils, Festival Photo Saint Germain, Paris, 2016
    Exposition Hypernuit - Il y avait deux soleils, Festival Photo Saint Germain, Paris, 2016
  • Exposition Hypernuit - Il y avait deux soleils, Festival Photo Saint Germain, Paris, 2016
    Exposition Hypernuit - Il y avait deux soleils, Festival Photo Saint Germain, Paris, 2016

 

© Adagp, Paris