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Benoit Pierre ̸

Dossier mis à jour le 24 août 2021

1% artistique Collège Nelson Mandela

Cette œuvre n’est plus visible dans l’espace public
Dessin préparatoire, 29,7 x 42 cm.
Concours 1% artisitique au collège Nelson Mandela, Elbeuf-sur-Seine, 2011.

 

Sauf mention contraire, tous les textes de cette page ont été écrits par Benoit Pierre

 

Dans le cadre du concours du 1% artistique du Collège Nelson Mandela, j’ai mené sur toute l’année 2011-12 une proposition en trois étapes complémentaires :

  • La fresque : production de la photographie sélectionnée dans le cadre du concours, œuvre monumentale sur lave émaillée pour la façade d’entrée
  • La résidence de création : travail de création d’une œuvre photographique in-situ à Elbeuf- sur-Seine pour le patio du collège
  • L’Atelier des possibles : médiation/transmission sous forme d’ateliers de pratique artistique en direction d’élèves des différents niveaux et en partenariat avec plusieurs enseignants

 

Démarche générale du projet réalisé

Créer pour un collège, pour des collégiens, pour des adultes, qui rejoignent ou aperçoivent quotidiennement cet espace collectif où se jouent bien des apprentissages et des parcours : interroger les “ perspectives ”, la question de l’individu face à sa nécessité de choix. Je suis parti de cette recherche que je mène depuis des années avec mon appareil photographique, dans cette tentative jamais achevée de saisissement de la complexité du monde, du temps, des êtres, de l’espace.

Comment déborder le cadre, comment dire la richesse de nos perceptions, la singularité de nos êtres mais aussi la multiplicité des points de vue ? Dans le mur, la fresque s’offre comme une trouée, comme un voyage dans un autre espace. Un changement de perspective qui glisse dans la rêverie, dans le monde des possibles de chacun. Dans le patio du collège, je propose un décalage d’une autre nature : le présent et le passé d’Elbeuf-sur-Seine s’entremêlent à travers des photographies d’hier et d’aujourd’hui, entraînant le regard et la pensée vers d’autres explorations qui racontent des proximités inattendues, des décalages poétiques, un temps à la fois multiple et suspendu. Comme une image intérieure qui résonne et offre un nouveau point de vue sur le quotidien.

Être ensemble, devenir soi : les ateliers partagés avec les élèves ont questionné les objets et les gestes du quotidien pour permettre à chacun de sonder sa capacité d’invention à partir de moyens très simples. Dessins, petits formes musicales et même danses sont nés de ce travail collectif. J’ai pensé ces ateliers comme une invitation à s’engager dans une action créative qui permet à la fois de se rencontrer soi-même et de participer au monde. Et j’espère profondément que ces rendez-vous ont été autant d’occasions de découvrir cette énergie qui est en nous tous.

8 janvier 2013

 

Perspective(s), 2013
Fresque photographique, tirage numérique, lave émaillée, 4 x 12 m.
Commande publique du département de Seine-Maritime, Elbeuf-sur-Seine, 2013.

 

Questions
Revenir d’abord sur ce titre « Perspective(s) » pour revenir sur le questionnement initial et parler alors des enjeux vis-à-vis du collège, d’approche et de parti-pris esthétiques choisis et enfin, parler d’espoir.

Perspectives d’avenir
Quelles perspectives d’avenir pour les élèves et les enseignants, pour l’école ? Quelle mise en perspective peuvent construire les participants de ce projet qu’est l’école ? Qu’est-ce qu’un artiste peut apporter ?

Le « perspectivisme » de Merleau-Ponty comme référence
Nous sommes tous charnellement ouverts sur le même monde. Nous le sommes par nos corps et nos usages corporels qui communiquent les uns avec les autres mais qui sont à chaque fois un point de vue précis, particulier sur ce monde ; et ce point de vue n’est pas celui d’autrui ; et mon point de vue communique avec celui d’autrui (“multiplicité perspective” Merleau-Ponty). Ces points de vue sont irréductibles les uns aux autres.

Parti-pris : déjouer les règles de la perspective
Déjouer les règles du point de vue unique de la photographie, c’est échapper à la tyrannie de la perspective en tant que système de représentation obligatoire. De la Renaissance à Monet, la forme de base de la représentation ne change pas. Il y a toujours de la perspective pour représenter le monde. Prendre un appareil photo, c’est prendre le relai d’un principe arbitraire qui fixe le spectateur à une certaine distance de ce qu’il regarde et avec un seul œil.

« La photographie transforme en objet dominé et maîtrisé, en unité aussi, des surfaces qui dans la réalité du face-à-face avec elles débordent le regard et ne cessent de lui échapper ; elle fixe les couleurs et les formes en leur donnant une définition et une précision péremptoires qu’elles n’ont pas, elle immobilise un moment de vision alors qu’une peinture est une suite de métamorphoses au fil des variations de la lumière. »
Yves Michaud, Histoire d’un tableau, 1985

 

Quelques travaux de recherche réalisés lors de la résidence sur une durée d’un an.
Place du Calvaire, Elbeuf-sur-Seine, 2012-13.

 

Poésition
Ma position, je la nomme « poésition » : c’est une façon d’être au monde qui tente d’allier une forme de “ regard ” poétique avec une présence au monde, peut-être une implication, très en prise avec un réel tangible. Cela me permet de ne pas dissocier l’approche sensible de l’approche sensée, de reconnaître l’intuition comme bonne conseillère, tout en intégrant et en valorisant toutes les expériences vécues parce qu’elles composent le socle de ma “ culture ”, de mon savoir du monde. Suivre une idée comme on suit un chemin, l’arpenter, la “corporer” en quelque sorte et tenter ensuite de transposer, de transformer cette expérience singulière en une forme plastique au sens large, sans restriction disciplinaire. C’est peut-être cela que l’on nomme « sublimer », c’est en tout cas ma façon de vivre le processus créatif.

 

Le Patio
Fresque photographique, tirage sur verre, 2,5 x 20 m.
Commande publique du département de Seine-Maritime, Elbeuf-sur-Seine, 2013.

 

L’Atelier des possibles

« Au départ, il y a une envie de tangente. Proposer un espace intersticiel qui permette une autre approche que l’approche disciplinaire habituelle. J’aime à rêver un monde à part qui a sa logique, ses systèmes, ses habitants et ses bruits propres. Une envie d’espace dédié à l’exploration, à la création et à l’imagination. Voilà ce que je pourrais nommer l’Atelier des possibles . Un atelier régulier mené en collaboration avec Annette Dusseaux (enseignante Arts Plastiques), Pierre Lion (enseignant Musique) et Nicolas Le Balch, fondé sur une démarche alternative qui privilégie les pratiques exploratoires et un questionnement du monde alentour et de nos habitudes. Chaque participant doit trouver sa place pour cette proposition ouverte et ludique qui se situe dans une démarche résolument décloisonnée à l’intérieur des arts plastiques et qui pourra comprendre, selon les apports des participants, des approches plastiques mais aussi sonores, voire chorégraphiques. Chacun est invité à se positionner de façon créative, afin de participer à la construction de cet Atelier des possibles qui permet d’ouvrir les participants à la notion même de création. »

Décembre 2012

 

« Un jour une œuvre »
Carte postale achetée dans un musée, 10 x 15 cm.
Entrée de l’atelier partagé, collège Nelson Mandela, Elbeuf-sur-Seine, 2012.
« Une heure ou plus si affinités… »,
atelier du midi, collège Nelson Mandela, 2012.
© Alan Aubry/CG76

 

  • Eliza Hebert, 4e 4
  • Julie Bréant, 5e 5
Atelier de danse-contact en collaboration avec Nicolas Le Blach

 

Ateliers transdisciplinaires

Introduction Que se soit sous la forme de pièces chorégraphiques ou de performances, les chorégraphes et les plasticiens se sont associés tout au long du siècle dernier pour créer des œuvres mettant au cœur de leurs préoccupations : le corps et son “ environnement ” au sens anglo-saxon du terme. Une esthétique de cette relation sera donc au centre de nos préoccupations pour cet atelier.

[…]

Plus concrètement Il s’agit de faire émerger les danses de structures, de “ tâches ” posées comme des “ règles de jeu ”, des cadres, des “ contraintes ”. L’enseignant quitte donc son statut de modèle pour exister simplement comme “ inducteur de cadres ”, de “ structures ouvertes ” d’où peuvent émerger une multiplicité de mouvements possibles.