Dessins de recherche, 2023
Rotring sur papier et colorisation numérique, extrait des planches, 29,7 x 42 cm
Recherches menées dans le cadre du 1% artistique au Collège/Lycée, Le Barp
Projet non réalisé

Structurer un espace, induire une scène, une ambiance, une théâtralisation, un décor. Le « décor » comme une mise en scène, ce qu’il peut suggérer des différentes interprétations et influences que l’environnement et son décorum peut avoir sur l’individu.
J’aimerais créer des fontaines à poussoir pour boire, disposées à quatre endroits du bâtiment et une plus grande dotée de plusieurs arrivées d’eau et de bancs, dont la structure s’apparenterait à celle d’un kiosque. En période de forte pluie, ou d’hiver humide, ses pieds seraient dans l’eau.
Les matériaux, poreux, de types tuff (peut-être en garluche) retiendraient l’eau de pluie pour faciliter les ruissellements le long de la structure et la création de sédimentation. Dans le temps la végétation et les mousses s’y développeraient. L’eau résiduelle du robinet poussoir n’irait pas dans les égouts mais viendrait alimenter cette sculpture vivante dans laquelle la fontaine à double orifice serait intégrée. Ainsi elle porterait en elle la chronologie de ses sédiments et mousses.
J’aimerais que la plus grosse fontaine, le « gazébo moussu », soit un lieu de réflexion autour de l’eau et de sa présence dans le sol des Landes. Qu’il soit une connexion aux lagunes d’antan, celles de l’ancienne lande marécageuse et gorgée d’eau, peuplée de fantômes, de monstres mi-hommes mi-poissons et de sorcières. Telles les sources curatives et miraculeuses dont usent encore beaucoup de landais. Une zone de connexion à la porosité du sol et la transformation plastique que l’eau opère sur lui et sur tout ce qu’elle parcoure, rencontre et envahit en charriant et accueillant, les matières, les graines et les micro organismes.
Elle permettrait de se désaltérer tout en appréciant cet élément – l’eau – dans le paysage par le biais de l’observation de son cycle. Cet endroit serait accueillant pour les humains le jour grâce à ses bancs intégrés et la nuit, pour des animaux –sangliers, biches, etc. – qui viendraient s’abreuver dans la mare formée à ses pieds. Sa végétation deviendrait un refuge pour les insectes et les oiseaux.
Son entretien pourrait être réalisé en concertation par un groupe de gardiens composés d’élèves, d’enseignantes et de jardinieres.
Entre le brutalisme de la fontaine de Meret Oppenheim et les sculptures du jardin de Bomarzo ; entre le rustique et le grotesque, la technique du bas-relief ou de la rocaille laisserait apparaître des détails sculptés énigmatiques : des visages, des animaux, des végétaux et des monstres. Les orifices animaliers d’où jaillirait l’eau permettraient de boire à la bouche de la bête, symbolisant une nouvelle fois la notion de cycle.
Lou-Andréa Lassalle-Villaroya
Note d’intention, 2024




© Adagp, Paris



