
Installation au Col d’Arnostéguy
Projet À cire perdue développé dans le cadre de la résidence co-op avec Le Bel Ordinaire
Ce projet a bénéficié du soutien de l’État - DRAC Nouvelle-Aquitaine, de la Région Nouvelle-Aquitaine et du réseau Astre, dans le cadre de l’Appel à projets « Coopération, Création et Territoires », du Département des Pyrénées-Atlantiques et de la communauté d’Agglomération Pays-basque
Dans le cadre d’une résidence de deux ans (2022-2024) avec l’association co-op, en collaboration avec le Bel Ordinaire, Estelle Deschamp, a créé Le Veilleur d’Aujour’nuit, une sculpture sentinelle, visible sur le col d’Arnostéguy.
L’œuvre dialogue avec le paysage et le patrimoine immatériel, fusionnant savoir-faire ancestral et réflexion contemporaine.
Le savoir-faire de la cire filée forme le cœur de l’installation. Ses surfaces striées, nées d’immersions répétées dans la cire, traduisent un rituel où l’éphémère frôle l’éternel, chaque trace capturant un geste précis. Le bois, travaillé en une silhouette, évoque les argizaiolas, planchettes rituelles des veillées funèbres basques, symboles des âmes gardées par la flamme. Le socle s’offre comme une cupule brute et concave, ancrant la sculpture dans une mémoire géologique, un dialogue avec le primordial.
Exposée deux mois in situ, la cire sera façonnée par les éléments avant de rejoindre avec l’œuvre l’espace d’art de la Citadelle de Pampelune. Cette matière en transit incarne un cycle de création et de dissolution, questionnant la tension entre permanence et fragilité. Inspirée par les paysages pyrénéens et des lanternes des morts du Saintonge, l’installation tisse un récit où chaque matériau porte une histoire enfouie.
Le Veilleur d’Aujour’nuit interroge les cycles de transformation et célèbre le potentiel narratif d’objets en voie de disparition. Ancrée dans son territoire, elle transcende les frontières entre art, patrimoine et paysage.
Julie Laymond



Crédits photographiques : Emmy Martens
© Adagp, Paris







