Sécu-Surface II (Mathilde & Arthur)

 

  •  {Sécu Surface II (Mathilde & Arthur)}, 2026
    Sécu Surface II (Mathilde & Arthur), 2026
    Ensemble de 5 sculptures Arthur I, Mathilde (arche 1), Mathilde (arche 2), Mathilde (serre)
    et Détails 1 (Mathilde) (2020), sérigraphies sur papier transparent, fils de fer, dimensions variables
    Exposition Le chant de l’eau, Abbaye de l’Escaladieu, Bonnemazon
    Commissariat : Aude Senmartin
  • {Sécu Surface II (Mathilde & Arthur)}, 2026
    Sécu Surface II (Mathilde & Arthur), 2026
    Ensemble de 5 sculptures Arthur I, Mathilde (arche 1), Mathilde (arche 2), Mathilde (serre)
    et Détails 1 (Mathilde) (2020), sérigraphies sur papier transparent, fils de fer, dimensions variables
    Exposition Le chant de l’eau, Abbaye de l’Escaladieu, Bonnemazon
    Commissariat : Aude Senmartin

 

L’installation mystérieuse de Lou-Andréa Lassalle-Villaroya se déploie près du pavillon en ruine qui borde l’Arros. Deux éléments d’architecture, comme arches décoratives, accompagnent lela visiteurse jusqu’à la grande fontaine ornée d’une majestueuse et monstrueuse figure de poisson abyssal paraissant émerger à la surface. À la manière des mascarons antiques crachant l’eau de leur visage, deux filets s’écoulent des bords de sa bouche comme deux filets de bave, en écho aux coulures qui entourent sa figure. Autre référence aux fontaines antiques, sa figure est surmontée d’un arc et accolée à un motif ornemental répété de part et d’autre de sa figure en symétrie inversée, deux rouleaux de parchemin se déroulant dont l’extrémité se termine en vagues écumantes, symbolisant les rouleaux de bord, ces vagues menaçantes de l’océan atlantique. Alliant figure mythologique et esthétique minimaliste, l’artiste affirme l’aspect artificiel du décor et de son rôle destiné à mettre en scène une nature paysagée et idéalisée. Positionnant cette œuvre à proximité d’un bâtiment en ruine, l’artiste nous rappelle comment les parcs sont un terrain de jeux pour les artistes qui mêlent imaginaire et réalité, introduisent une once de magie dans l’ordinaire, en mettant la nature en récit.
Car ici, le monstre marin incarne la figure du cousin de Lou-Andréa Lassalle-Villaroya, Arthur, vigie qui effectue des opérations de sécu-surface en pleine mer, consistant à surveiller la surface pendant que le groupe de plongeurses est sous l’eau. Ainsi les yeux du poisson vigie ne ciblent aucun point, surveillent toutes les directions depuis leur promontoire qui rend le face-à-face impossible avec lela visiteurse qu’il surplombe.
Face à la vigie, une autre arche se dessine dans le jardin, ruine contemporaine aux ornements évoquant les fontaines classiques : symétrie, motifs de coquilles Saint-Jacques, pot à feux, vases ornementaux. Mais les niches devant contenir les figures allégoriques, statues en rond de bosse ont été laissées vides, ajourées, faisant du paysage en arrière-plan le sujet principal. Ce décor semble se déliter, couler, avec ces stalactites dégoulinantes qui renvoient aussi jardin baroque et à ce goût pour les fausses grottes. « C’est la zone de repli du personnage de ma grande sœur [Mathilde], sa grotte mentale dans laquelle elle élabore ses semis, elle travaille la terre, les plantes et les remèdes. Elle puise dans l’humidité de son refuge l’eau nécessaire à la pousse de ses graines, de ses perles, de ses champignons. Elle vit dans un univers aqueux et tiède » nous révèle l’artiste. Au pied des différents éléments architecturaux, de petites fleurs artificielles ont été parsemées, celles que l’on juge inutiles et qui pourtant ont de nombreux pouvoirs cachés, celles que Mathilde cultive.
L’aspect artificiel de ces structures posées là comme un simple décor de théâtre, voire même un arrière-plan de jeu vidéo dont nous serions les acteurrices, fait du public le personnage principal de cette mise en scène : « l’installation Sécu-Surface II (Mathilde & Arthur) parle de profondeur, de racine, de calme apparent, de catastrophe possible, de monstrueux et d’espoir. De chaos à apprivoiser, de graine à faire germer dans le désordre et de monstre gluant à apprivoiser qui peut transmettre des messages dans le glougloutement régulier. On se situe dans le décor d’un opéra où lela spectateurice peut venir capter les symboles divers qui lui parlent et se créer son propre spectacle intérieur. » 

Aude Senmartin

Texte extrait du catalogue de l’exposition

 

{Arthur I}, 2026
Arthur I, 2026
Aluminium, impression sur Dibond découpé, pompe et eau, 210 x 326 x 120 cm
Crédit photographique : P Meyer Ae Médias (vue de détail)

 

  • {Mathilde (arche 1)}, 2026
    Mathilde (arche 1), 2026
    Impression sur Dibond découpé et bois, 170 x 100 x 100 cm
  • {Mathilde (arche 2)}, 2026
    Mathilde (arche 2), 2026
    Impression sur Dibond découpé et bois, 170 x 100 x 100 cm

 

Mathilde (serre), 2026
Impression sur Dibond découpé et bois, 200 x 207,7 x 100 cm

 

 

Crédits photographiques : Lou-Andréa Lassalle-Villaroya (sauf mention contraire)
© Adagp, Paris