Les eaux fuyantes

 

Les eaux fuyantes, 2025
Ensemble de 30 nappes
Teinture végétale - chlorophylle, coréopsis, indigo, kaki, oignon, gale de chêne, brou de noix - et batik sur draps de coton, couverture de survie, 190 x 80 cm (chacune)
Commande dans le cadre de la Biennale d’architecture Nous sommes le paysage, Oloron-Sainte-Marie, 2025

 

En automne 2025, Anna Chavepayre (du collectif encore) me demandait de fabriquer une immense nappe pour une tablée de 130 personnes. Il s’agissait du repas inaugural de la Biennale d’architecture Nous sommes le paysage, à Oloron-Sainte-Marie. Puisque les tables étaient disposées de sorte à ressembler au tracé des gaves, il a été convenu que cette nappe serait tour à tour Gave d’Ossau, Gave de Pau, Nive, Gave d’Aspe, Adour, Bidouze, Gave d’Oloron. J’ai récupéré des draps anciens, mis mes amies à contribution, organisé des pique-niques teinture végétale au bord du gave et des ateliers batik à l’école de ma fille, j’ai collecté des peaux d’oignons par centaine, des kilos de cire provenant d’amis apiculteurs, j’ai teint avec les fleurs que j’avais faites pousser l’année dernière, j’ai aussi teint avec de l’indigo, du kaki fermenté, de la chlorophylle de mûrier, j’ai volé des nuits et des journées à mon amoureux pour qu’il m’aide et nous avons effeuillé des chênes à la recherche de galles, nous avons cousu, cousu, puis j’ai cassé une machine à coudre, emprunté deux machines à coudre, puis nous avons cousu, cousu, nous sommes arrivés à l’heure pour manger sur les nappes enfin prêtes et installées, les verres de vin se sont renversés, les betteraves et le gras ont aussi ajouté leur couleur à ce projet qui m’a semblé infini, et qui une fois fini mesure une soixantaine de mètres de long.

Calypso Debrot

 

Les eaux fuyantes, 2025 (détails)

 

Les eaux fuyantes, 2025
Documentation de la réalisation des nappes

 

Crédits photographiques : Calypso Debrot
© Adagp, Paris