Les conciliabules constituent des moments essentiels du développement du projet Le Conciliabule en ce qu’ils permettent de réunir les résidentes et les parties prenantes du projets. Au nombre de trois, ces étapes de production prennent la forme de projets artistiques participatifs, festifs et publics, notamment à travers des performances collectives et des expositions.
Conciliabule I, 2024
Performance collective avec le public et exposition
Salle des fêtes et quartier de la gare, Solférino
Depuis 2021, l’artiste élabore un événement pour Solférino en lien avec la commande d’une œuvre à l’initiative du village, dans le cadre de la programmation de la Forêt d’art contemporain. Ce qui pourrait devenir un rendez-vous annuel festif est pensé en collaboration avec l’association Napoléon III et le XXIe siècle et l’école publique. En effet, Solférino a accueilli longtemps les fêtes impériales et rejouait, par la suite, un événement second empire avec costumes et calèches. L’idée avec Le Conciliabule était de réinitier quelque chose avec les habitantes qui intégrerait l’histoire de leur territoire mais aussi de leur faune et de leur flore.
Un an auparavant, nous avions défilé avec les enfants et leurs sculptures dans le domaine impérial pour commencer à habiter les lieux.
Le Conciliabule I a donné lieu à une spectacle intégré à la kermesse de l’école qui racontait les histoires que les enfants avaient construites. Plus tard dans l’été, associée à une projection en plein air du film Les illusions perdues (se déroulant sous le règne de Napoléon III), une exposition dans la salle des fêtes relatait toutes les activités qui avaient été mises en place autour du projet : dessins, arches en bois, écussons et contes réalisés avec les enfants, textes écrits durant les ateliers d’écriture avec des villageoises ; un défilé de costumes et d’écusson autour de la mairie, reprenant les attributs des personnages légendaires crées avec les enfants qui deviendront les futures sculptures ; et enfin une séance photo de ces costumes dans leur futur lieu d’implantation autour de l’église.
Décor, salle des fêtes et son esplanade, Solférino
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Exposition Conciliabule I, Salle des fêtes de Solférino, 2024
Mascottes Bélipoulpe et Plumedor : carton peint, 110 x 40 x 50 cm (chacune)
Ensemble de micro-éditions, maquettes d’arches, impressions, écussons en carton

Mascottes Bélipoulpe et Plumedor portées par Lou-Andréa Lassalle-Villaroya et Laura Montrichard
Conciliabule II, 2025
Performance collective avec le public et présentation des deux premières sculptures
Domaine impérial de Solférino
Lors du Conciliabule II , les deux premières sculptures en bronze – Plumedor et Bélipoulpe – avaient été produites. Sans que leur installation ne soit pérenne, elles étaient présentées aux habitantes sur des socles provisoires à leur emplacement définitif. La chorale gasconne de Camille Morvan accompagnait leur révélation. Les chanteuses portaient des masques de l’artiste, ornés de plumes d’oiseaux locaux. Les spectateurices furent invitées à prendre part au cortège en portant les écussons et attributs au son des chants qui ne s’interrompirent que pour laisser la place à une lecture d’un choix de texte réalisé durant les ateliers d’écritures adultes.
Enfin, la procession se dispersa dans l’inauguration du Jardin des Abeilles. Ce jardin conservatoire implanté sur la commune abrite des espèces endémiques de l’ancienne Landes. Ce projet est tout comme Le Conciliabule soutenu voire porté par la Mairie de Solférino et le Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne.



Conciliabule III, 2026
Performance collective avec le public
Église et Domaine impérial de Solférino
L’évènement clôturait deux semaines de résidences où l’artiste avait investi la mairie comme un atelier ouvert à toutes. Durant ces deux semaines il y eut des ateliers avec les scolaires pour concevoir des masques, plusieurs rencontres publiques, différents ateliers d’écriture et des grosses séances de peintures collectives des éléments en papiers mâchés. Le chantier de l’installation définitive des socles sur le site eut lieu sur la même période. L’effervescence de ces préparations a crée dans le village une émulation diffuse.
Le jour du Conciliabule, les villageoises étaient conviées sur le site du domaine impérial où étaient installés quatre colonnes d’acier peintes en rouge sang-de-bœuf, identiques à celles qui soutiennent les auvents des maisons de chaque coté de l’allée du centenaire. Celles-ci, plus courtes en hauteur portaient sur leurs sommets de grands pans de tissus criards vert sapin, bleu, rouge et rose qui volaient au vent et laissait entrevoir sous leurs mouvements satinés des formes difficilement identifiables.
Les portes de l’église, au centre du domaine et de l’allée du centenaire, se sont ouvertes pour inviter les convives à entrer visiter une exposition foisonnantes de dessins, d’écussons, de masques et d’éléments en papier mâchés. Deux micro éditions réalisées à partir d’un corpus de textes issus de l’atelier d’écriture étaient disponibles. Les enfants récupéraient et enfilaient leur masques au fur et à mesure. Au bout d’une demi heure, il fut indiqué à toutes les personnes présentes que seuls les participantes au défilé pouvaient rester à l’intérieur de l’église et qu’il nous fallait des volontaires pour porter les costumes et les apparats.
_ Toutes celles et ceux qui étaient dehors virent sortir un quart d’heure plus tard une cohorte d’enfants et d’adultes bariolées d’une gamme de couleurs identiques aux voiles qui couvraient les sculptures. Un loup, un oiseau à un seul œil, des têtes de sanglier, des queues de sirènes et deux grenouilles entourés d’une dizaine de masques fantastiques portant des écussons dressés sur des hampes. Les enfants interprétèrent sur le parvis le poème mimé qu’ils et elles avaient préparé avec leurs maîtresses. Celui-ci fut distribué au public et repris en chœur en répétition quand le cortège se mit en route pour une balade dans le sous bois du domaine. La chorale pris le relais du chant à quelques mètres de la première sculpture. En cercle autour de celle-ci, tout le monde a d’abord écouté le conte -écrit et lu par une ou deux enfants- qui décrivait le personnage, une lecture d’un texte écrit et lu par une participante à l’atelier d’écriture, puis a assisté à la révélation de Plumedor sous le voile tiré par les enfants.
Le tissus étaient alors accroché en toge autour du costume correspondant et tout le monde étaient invité à danser autour de la sculpture pendant que la chorale entonnait un chant entrainant.
Ce cérémonial s’est reproduit pour chaque sculpture jusqu’à un bal orchestré par Maylis Doucet et qui mixa des musiques traditionnelles tandis que des membres de la chorale proposaient des initiations à des danses collectives gasconne au centre d’un buffet convivial.




Crédits photographiques : Lydie Palaric
© Adagp, Paris



































