Les sculptures

2025-2027
Ensemble de 6 sculptures en bronze sur socle en acier peint, 190 x 70 x 40 cm (environ)
Textes : conçus dans le cadre d’ateliers d’écriture avec les enfants et mis en forme par Lou-Andréa Lassalle-Villaroya
Fonderie : Fusion, Charbonnières-les-Vieilles
Implantées en symétrie autour de l’église, Allée du Centenaire, Solférino
Œuvre n° 30 de la Forêt d’art contemporain
Programmation : Irwin Marchal

 

Plumedor, 2025

Dans les landes sauvages vivait une créature extraordinaire : Plumedor, le cyclope ailé ! Immense, avec de grandes ailes majestueuses et un seul œil brillant comme une étoile, il avait l’air d’un géant bête et lent. Erreur ! Derrière cette apparence de brute se cachait une intelligence redoutable. Plumedor connaissait chaque recoin des landes, chaque trésor enfoui… et il les ramenait tous à Solférino.
Un jour, des aventuriers tentèrent de lui voler ses richesses. Mauvaise idée : il les pourchassa jusqu’à ce qu’ils se perdent pour toujours dans un labyrinthe de rochers et de brume. Une autre fois, des cactus géants surgirent et l’encerclèrent. Il ferma son œil, se concentra… et fit jaillir un rayon laser bleu éblouissant qui les trancha tous en mille morceaux. Plus tard, il affronta un cobra géant dans une caverne remplie de plumes acides : son laser désintégra les plumes, puis vainquit le monstre d’un seul rayon précis. Il rentra à Solférino en héros et déposa le trésor au pied de l’église du village.
Mais Plumedor a aussi un grand cœur pour la nature. Aujourd’hui, il est le gardien de la forêt de Solférino. Chaque jour, il survole les arbres et scrute tout avec son œil laser, à l’affût du moindre incendie ou incivilité. Rien ne lui échappe ! Son arbre préféré ? Le chêne, solide et ancien, presque aussi vieux que lui. On dit que parfois, entre les branches d’un vieux chêne… on peut apercevoir sa silhouette silencieuse qui veille.

 

Sigrouille, 2026

Dans les fossés humides de Solférino, entre les nénuphars et les roseaux, vivait une créature extraordinaire : Sigrouille, une grenouille géante venue d’Espagne ! Dès qu’elle aperçut le village, elle en tomba amoureuse et décida de se mettre à son service. Sa devise ? « Intrépide, toujours un plan ! »
Un géant maléfique, assis sur un volcan au milieu de l’océan, soufflait chaque jour sur ses épaisses fumées noires, envoyant un vent brûlant et pollué jusqu’aux forêts landaises. Les arbres s’asséchaient, les habitants toussaient. Il fallait l’arrêter ! Sigrouille construisit un bateau de roseaux et de branchages. Des flamants roses, désorientés par les fumées, atterrirent à ses côtés et l’aidèrent à l’assembler puis l’escortèrent jusqu’à l’océan. Là, ils durent la laisser partir seule, leurs corps trop fragiles pour affronter les vagues.
Pendant des jours, Sigrouille navigua courageusement malgré les tempêtes et le sel qui brûlait sa peau. Elle atteignit enfin l’île, grimpa jusqu’au sommet du volcan fumant et affronta le géant. Le combat fut terrible : il lui arracha même un bras ! Mais dans un dernier élan de courage, elle lança sa longue langue musclée de toutes ses forces direct dans le thorax du géant, qui s’envola dans le ciel avant de se dissoudre dans l’océan en une grande nappe noire glougloutante.
Le vent s’arrêta. Les fumées disparurent. L’air redevint pur.
Les flamants roses, qui avaient réussi à atteindre le pied du volcan, volèrent jusqu’à elle et pansèrent tendrement son bras avec des herbes et des feuilles. Puis ils la remorquèrent jusqu’à Solférino, où tout le village célébra son retour.

 

Bélipoulpe, 2025

Dans le troupeau d’un berger de Solférino naquit un jour une bête très étrange : un bélier à deux têtes. Ses deux têtes n’avaient pas le même caractère : l’une était maligne et espiègle, l’autre brusque et fonceuse.
Un jour, sur une plage de Mimizan, le bélier croisa un poulpe bleu agile et décida de le chasser. Après une bataille féroce entre cornes et tentacules, le poulpe se retrouva coincé… et fit alors quelque chose d’incroyable : il sauta lui-même dans la gueule du bélier ! Aussitôt, les tentacules du poulpe poussèrent à travers le corps du bélier et les deux créatures fusionnèrent en un seul être. Ainsi naquit Belipoulpe, doté de la force du bélier, de la ruse du poulpe et d’un pouvoir magique secret : la télékinésie, la capacité de déplacer des objets rien qu’avec le regard !
Ce pouvoir lui servit bien le jour où des Vikings, portés par une inondation, attaquèrent Solférino. Belipoulpe fixa leur bateau de ses quatre yeux… et d’un seul coup, retourna la coque sur elle-même ! Les guerriers valdinguèrent dans l’eau froide et repartirent sans demander leur reste. Le village était sauvé.
On dit que Belipoulpe vit entre deux mondes, celui de la mer et celui des terres anciennes. Il est lié à La Portée, un portail mystérieux qui s’ouvre parfois vers le passé des bergers des landes. Et quand il s’ouvre… Belipoulpe peut réapparaître.

 

Crocnoir, 2026

Dans le village de Solférino vivait une jeune femme avec un rêve secret : devenir une louve-garou. Elle avait entendu parler d’un temple magique, caché au fond de la forêt, construit avec des troncs d’arbres et des plantes entrelacées au cœur d’un marais. À l’intérieur était gardée une amulette magique, un collier capable de transformer n’importe qui en loup !
Courageusement, elle traversa la forêt seule pour aller le chercher. Mais à peine arrivée, tout devint silencieux… puis une centaine de ninjas surgirent de derrière les arbres, habillés de noir, rapides comme des ombres. Les gardiens du temple !
Sans hésiter, armée de son poignard qu’elle ne quittait jamais, elle se battit contre eux avec toute sa force et son intelligence. Elle esquivait, sautait, déjouait leurs attaques une par une… et finit par se faufiler jusqu’au temple pour s’emparer du collier !
Aussitôt, la magie du collier l’envahit. Des poils noirs poussèrent sur sa peau, ses dents devinrent de grands crocs pointus. Elle était devenue une louve-garou ! Depuis ce jour, tout le monde l’appela Crocnoir, avec peur et respect.
Avant de disparaître, elle confia l’amulette à sa fille, qui la confia à la sienne, et ainsi de suite… de mère en fille, pendant des générations.
Aujourd’hui encore, une jeune fille de Solférino porte ce collier. La nuit, quand la lune est pleine, un long hurlement résonne depuis la forêt…

 

Crédits photographiques : Lydie Palaric
© Adagp, Paris