Marianne Vieulès a réalisé une serre qui renvoie aux recherches sur les systèmes de support-vie régénératifs menées dans le cadre de programmes de vol de longue distance, ainsi qu’à toute l’iconographie du cinéma de SF qui s’en inspire, de Silent Running (1972) à Sunshine (2007). Mais dans le même temps, elle évoque, par son échelle, ses matériaux et sa dimension pauvre, cette activité toute terrestre que constitue le jardinage du dimanche.
L’artiste revendique justement son appartenance au monde des amateurs, et explique avec humour avoir suivi, lors d’un échange universitaire à Concordia, au Canada, des cours d’ingénierie aérospatiale, « le seul moment un peu scientifique de toute [s]a vie. » « Je travaille sur l’impossibilité d’y aller », explique-t-elle encore, à propos de sa fascination pour l’imaginaire de l’espace.
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Ce qui ressort peut-être le plus de son travail, c’est la défense de cette faculté essentielle que constitue l’imagination. Le fond vert des galaxies nous le montre : imaginer suffit.
Jill Gasparina
Extrait du texte .space, catalogue de l’exposition À 13 milliards d’années lumière (2022), Centre d’arts Chasse-Spleen





