Une forme géométrique simple de type carré est délimitée soigneusement au sol, par un tracé de poudre de plâtre ou de chaux. Les participants s’assoient à l’intérieur en reproduisant son contour. Chacun est amené à se concentrer sur la forme constituée par le groupe et essaye d’établir conceptuellement un déplacement de la matière nuageuse, afin de créer un cube de nuage.
Thomas Lanfranchi
Une guêpe dans le K-way - Rencontres du deuxième et troisième type en Gascogne, éd. Semiose, coll. L’onde, 2012, Paris (synopsis)
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Captation : Thomas Lanfranchi
Image et son : David Arnaud
Montage : Louise Pignier
[...] Je demandais aux gens de s’assoir dehors, à l’intérieur d’un carré tracé au sol, afin de déterminer une forme par rapport à l’esprit. Le but était de se concentrer sur les nuages qui passaient dans le ciel au dessus de nous, pour, par la seule force de l’esprit, remodeler la matière gazeuse qui le compose en une forme de cube. Outre la relation humaine qui était enrichissante, j’avais peu de résultats. Quand vous faites venir les gens, il faut qu’il se passe quelque chose. Et moi il ne se passait pas grand chose. Rapidement ces expériences de concentrations, qui peuvent paraître simples, m’ont perturbées intérieurement. J’ai alors quitté le Sud Ouest où je résidais et j’ai commencé à essayer de rencontrer des gens avec lesquels je pourrais partager mes poins de vue et peut être les expérimenter. Des tibétains, toutes sortes d’ufologues comme les Raéliens, des spirites, des moines zen… J’ai fait cette expérience de monochrome avec des tibétains. Et avec eux cela a marché, alors qu’ils riaient tout le temps ! Ils sont dans une véritable recherche transcendantale, pour eux la notion de résultat importe peu, car bien souvent elle cache le réel fonctionnement du monde et son impermanence. Alors cela les faisait beaucoup rire : oui, ces énergies existent, mais cela n’est pas très important. Le coté un peu « magique » n’était finalement pas très intéressant, l’aventure pour y arriver beaucoup plus. Je reste pourtant persuadé que ces performances du début des années 1990 sont un acte artistique fondamental, bases possibles de développement futur. [...]
© Adagp, Paris