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Laurent Terras ̸

Né le 28 mars 1971, à Nimes, France
Vit et travaille à Anglet et Serilhac
Dossier publié en mars 2018

Il y a dans l’œuvre de Laurent Terras une urgence écologique. Mais il faut d’emblée préciser qu’elle est largement ironique. On pourrait du reste imaginer une nouvelle catégorie de pensée, à mi-chemin entre la prise de conscience et le bon sens : l’écologironie.

Ainsi, l’artiste propose de faire chauffer son fer à repasser au soleil (les Ultra-Terrestres [Repassage], 2017), ou bien d’adapter un tambour de machine à laver sur une bicyclette (L’Essorage des utopies, 2009), plutôt que de brancher les appareils électroménagers. Les économies d’énergie réalisées permettraient ainsi de sauver la planète. Mais l’artiste sait bien, et nous le savons aussi, que ces gestes, aussi engagés et pleins de bonnes intentions soient-ils, sont dérisoires face à l’ampleur de la tache et des dégâts commis par plusieurs générations.

C’est bien dans ce hiatus que s’introduit Laurent Terras. Entre le dérisoire et la catastrophe. Chacune de nos actions, selon la loi du battement d’aile d’un papillon, a une incidence dont nous n’avons pas toujours conscience. Par exemple, saviez-vous que la moindre recherche entamée dans le moteur de recherche google consomme la même énergie nécessaire pour faire bouillir un litre d’eau dans une casserole ? C’est le sens de l’œuvre intitulée Chercher encore (2014). Le titre est écrit à l’aide de durites dans lesquelles circule, mu par une pompe électrique, du liquide de refroidissement. Ce dernier peut-il lutter contre le réchauffement climatique et la surchauffe des data center ? En tout cas, les œuvres de Laurent Terras réalisées selon ce procédé nous invitent à prendre de la hauteur. De près, elles évoquent le réseau sanguin d’un corps humain placé sous perfusion. Mais si l’on s’élève un peu, on songe à un réseau autoroutier saturé, défigurant encore la planète, où les bulles d’air apparaissent comme autant de véhicules affolés, circulant à la queue leu leu, coincés dans un trafic hystérique, et consommant toujours plus de carburant. Ce carburant est évoqué par un ensemble de céramiques en dégourdi de grès (TechnoFossiles, 2012) : des bidons d’huile, d’essence, une bonbonne de gaz, soit tout ce qu’on appelle aujourd’hui les énergies fossiles, et qui ne sont plus ici que les lointains et mauvais souvenirs d’une époque révolue, lorsque l’humanité future aura enfin trouvé la bonne énergie de substitution. Dans ce musée des choses obsolètes, les humains y tiendront sans doute une bonne place. Peut-être auront-ils disparu depuis longtemps, ou tout bonnement quitté cette planète qu’ils auront consciencieusement détruite.

Il convient donc de prendre de la hauteur, dans une capsule spatiale de secours (Space Nurse Project, 2004) mais qui ne fonctionne pas, ou bien tout recommencer avec ce primate contemplant une tour de PC, tout droit surgi du 2001 l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (Carl et le dernier singe, 2005). Là se situe précisément l’alternative. Le gap entre dérisoire et catastrophe se double alors d’un choix qu’il convient d’opérer entre un bricolage salvateur et une technologie de pointe qui bugge et patine. Laurent Terras a choisi le low et le do it yourself, car ils offrent davantage de possibilités. Ils permettent d’exploiter une grande diversité de matériaux dits « pauvres », de la céramique à l’électronique de base. Et en ce sens, le dessin, matériau le plus primaire qui soit, s’avère le creuset de tous les projets, en ce qu’il représente un précieux espace de liberté. Le do it yourself permet enfin de s’affranchir d’une technologie par trop prégnante et génère une nécessaire indépendance dans le cadre d’une économie auto-suffisante et collaborative, comme dans Hydroponie, Flower power et Effet de serre (2005), où il s’agissait de faire croitre des plantes diverses, dont les graines avaient été plantées par les visiteurs de l’exposition.

Comme nous ne pouvons pas encore tutoyer les étoiles, du moins pas le commun des mortels, il nous reste à explorer ce qui subsiste de la planète à l’aide de véhicules trafiqués. Les images ramenées par l’ERM Rotover (2006), lors de ses diverses missions d’exploration dans le sud-ouest et ailleurs, révèlent que la Terre est encore belle, et qu’il demeure beaucoup de choses à y découvrir, pour qui saurait un tant soit peu regarder et faire montre d’enthousiasme.

Richard Leydier, « Laurent Terras. Précis d’écologironie. », février 2018 (extrait)

Commande de Documents d’artistes Nouvelle-Aquitaine

There is a sense of ecological urgency in Laurent Terras’ work. We should, however, clarify that his posture is largely ironical. One could even make up a new category of thought for it, half way between realisation and common sense : “ecologirony”.

And so the artist proposes to heat up an iron in the sun (Les Ultra-terrestres [Repassage] / The Ultra-terrestrials [Ironing], 2017) or to fit a washing machine drum to a bicycle (L’Essorage des utopies [The Wringing of utopias], 2009) instead of plugging in regular household appliances. The energy saving thus achieved should help save the planet. But the artist is well aware, as are we, that while these efforts show commitment and are carried out with the best intentions, they are also insignificant when faced with the scope of the issue and the damage done by several generations.

This is the rift that Laurent Terras chooses to slip into – the rift between inadequacy and disaster. According to the butterfly effect theory, each of our actions has a consequence that we are seldom aware of. For instance, did you know that a single Google search requires the same amount of energy as boiling a litre of water in a saucepan ? This is the meaning behind the work Chercher encore (Still searching, 2014). The title of the piece is spelled out with radiator hoses through which coolant is injected by an electric pump. Will the cooling fluid be of any help against global warming and the overheating of data centres ? In any case, the works that Laurent Terras creates using this method encourage us to take a step back. Seen up close, the piece is reminiscent of someone’s blood vessels on a drip. Seen from a higher angle, one might imagine a saturated motorway network defacing the planet, in which the air bubbles look like frenzied cars driving in lines, stuck in hysterical traffic and using up more and more fuel. Fuel is also hinted at in the series of fired stoneware ceramics TechnoFossiles (TechnoFossils, 2012) : oil and petrol canisters, a gas bottle – everything we currently call fossil fuels, in this case nothing but distant and unpleasant memories of a bygone era in a future where humanity will have finally found the right alternative energy source. Perhaps even human beings will make their way into this museum of obsolete things. Maybe they will have gone extinct a long time ago, or will have simply left the planet they have methodically destroyed.

One must therefore look at the bigger picture, perhaps aboard a broken down rescue space capsule (Space Nurse Project, 2004) ; or perhaps start over again with a primate looking at a PC tower, straight from Stanley Kubrick’s 2001 : A Space Odyssey (Carl et le dernier singe [Carl and the last monkey], 2005). This is precisely where the alternative lies. The gap between inadequacy and disaster comes with making a choice between redeeming DIY and dysfunctional, stagnant advanced technologies. Laurent Terras has chosen low-tech and DIY because they offer more possibilities. They enable him to exploit a wide range of so-called “poor” materials, from ceramics to basic electronics. In this sense, drawing – the most primal medium there is – becomes a melting pot for all sorts of projects, in that it represents a space for freedom. DIY is also a way of freeing oneself from technology that is too pervasive and also generates much-needed independence in a self-sufficient and collaborative economy, as illustrated in the piece Hydroponie, Flower power et Effet de serre (Hydroponics, Flower power and the Greenhouse effect, 2005), the purpose of which was to grow a variety of plants sown by visitors of the exhibition.

Because we are not yet able to touch the stars – at least not as ordinary mortals – we can still explore what is left of the planet with makeshift vehicles. The images captured by the ERM Rotover (2006) on its various exploration missions in the south-west region of France and elsewhere reveal that the Earth is still a beautiful place that has a lot to offer if one is willing to look more closely and with a keener eye.

"Laurent Terras. An ecologirony handbook", by Richard Leydier, 2018.

Commission by Documents d’artistes Nouvelle-Aquitaine

      • Un soupçon de jaune en été, Collection en mouvement, œuvres de la collection du Frac-Artothèque Nouvelle-Aquitaine et du FACLIM, Salle de la Mairie, Sauviat-sur-Vige
      • Vaste Monde #1, Villa Béatix Enea, Anglet
      • Réactions en chaîne, l’art en lieux, Royère de Vassivière. commissariat : Jean Bonichon. Collection Artothèque du Limousin.
      • L’exposition collection en mouvement, La mémoire ouvrière - Le travail de l’art, Médiathèque Intercommunale Éric Rohmer, Tulle. commissariat : Yannick Miloux
      • Art en lieux, Si tu étais…, Royère de Vassivière
      • Artère...Circulez ! Tout est à voir, Duras
      • 5e Biennale du Secours Populaire, Pavillon du Verdurier, Limoges
      • Le Territoire à l’Œuvre, Galerie Fernand Léger, Ivry/Seine
      • Paysages Exotiques, Halle aux Bleds, Biennale Chemin d’Art, Saint-Flour
      • Fantômes dans la machine, Frac/Artothèque du Limousin, Limoges
      • Après avoir tout oublié, Galerie de la Friche, Astérides, Marseille
      • Sit-in, Galerie des pas perdus, Limoges
      • Juste l’Echo, Galerie Lacs-Lavitrine, Limoges
      • Mécaniques du dessin, Frac Limousin, Limoges
      • Vous avez cinq minutes, Artothèque du Limousin, Médiathèque du Pays d’Argentat
      • Collection en mouvement, Artothèque du Limousin, Galerie du musée, Ussel
      • La Couleur du Son, Frac Limousin, Chapelle Saint-Libéral, Brive-la-Gaillarde
      • Décryptage, 12° Croisée des Chemins, Crypte de l’église Notre-Dame, La Souterraine
      • Des Hauts, Des Bas, Art Nomad, Nuits de Nacre, Tulle
      • INOUIE !, expo-concert pour harmonica et ensemble de percussions à la mémoire de Rolf Julius (1939-2011), Frac Limousin, Limoges
      • Collection en mouvement, Artothèque du Limousin, Panazol
      • La Crise ? Mais quelle Crise ?, Biennale du secours Populaire, Limoges
      • Machination, Vidéochroniques, Marseille. Commissariat Edouard Monnet
      • A rose is a rose is not a rose, 3bisf, Centre d’Art contemporain, Aix-en-Provence
      • De A à Y, Carte blanche vidéo à D.C.A, Palais de Tokyo, Paris
      • Résistance Ajustable, Frac Hors-les-murs, Lycée général et technologique Cabanis, Brive-la-Gaillarde
      • Croissant Gallery, Studio DVO, Bruxelles
      • Marseille Associés 1977-2007, [Mac]Musée d’Art Contemporain, Marseille
      • ACTION [accessoires], Frac Paca, Marseille. Commissariat Pedro Morais
      • 10 ans, Triangle France, Friche Belle de Mai, Marseille
      • L Terras, Galerie Jacques Girard, Toulouse
      • DigitaleeMeUte #2, ECM, Cabaret Aléatoire, Marseille. Commissariat Emmanuel Vergès
      • Présences Partagées, programme d’échange Tiangin/Toulon, Ecole des Beaux-Arts, Toulon
      • Sous Tension, Espace Peiresc, Toulon. Commissariat Jean Noël Laszlo
      • Vu d’ici 2 (Différentes Natures), Signé Lauris, Lauris. Commissariat Marc Netter
      • More I Think More I Think More, Collision Art/3BisF, Aix en Provence. Commissariat Joffrey Ferry et Cyrille Martinez
      • Unisci i punti, Galerie Néon, Bologne. Commissariat Daria Fillardo
      • Hydroponie, Flower power et Effet de Serre, 3bisf, Centre d’Art contemporain, Aix-en-Provence
      • Véhicule, Astérides, Galerie Friche Belle de Mai, Marseille. Commissariat Nadine Maurice et Lydia Scappini
      • Galerie des Grands Bains Douches de la Plaine, Art Cade, Marseille
      • L’odyssée de l’espace, Galerie des Ateliers Boissons, Marseille. Commissariat Thierry Ollat
      • Traversées, A.R.C, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Paris. Commissariat Aurélie Voltz et Hans Ulrich Obrist
      • Sélection Marseille/Montpellier, Biennale des Jeunes Créateurs d’Europe et de la Méditerranée, Ateliers Boissons, Marseille
      • I. Mourreau, L. Terras, Galerie Jacques Girard, Toulouse
      • Tirana Biennale 1, Flashart, Tirana (Albanie). Commissariat Nicolas Bourriaud
      • Chaos & Communication, Biennale des Jeunes Créateurs d’Europe et de la Méditerranée, Sarajevo, Bosnie
      • Cerveau (Art et Science), Musée d’Histoire naturelle, Aix en Provence. Commissariat Marie Péjus
      • Sélection Marseille/Montpellier, Biennale des Jeunes Créateurs d’Europe et de la Méditerranée, Carré Sainte-Anne, Montpellier
      • Arte-Marsiglia, Institut culturel français, Turin, Italie. Commissariat Philippe Hardy
      • Fictionary Episode 1, Triangle France et 3015, Paris. Commissariat Philippe Charles et Sandra Patron
      • P. Malphettes, S. Raquin, L. Terras, Galerie Jacques Girard, Toulouse
      • L. Terras, E. Principaud, Tohu Bohu, Marseille
      • Résidents 98, Astérides, Galerie Friche la Belle de Mai, Marseille
      • Reasons to smile, projet à l’initiative d’Esther et Jochen Gerz, Rencontres Internationales de la Photographie, Chapelle du Méjean, Arles
      • Charivari, Ensa, Limoges
      • Merveilleux Prétexte, Lycée Perrier, Tulle
      • Frac Limousin, Lycée général et technologique Cabanis, Brive-la-Gaillarde
      • 3bisf, Centre d’art contemporain, Hôpital Montperrin, Aix-en-Provence
      • Boissons, Atelier d’artistes de la Ville de Marseille
      • Triangle France, Friche La Belle de Mai, Marseille
      • Astérides, Friche La Belle de Mai, Marseille
      • Centre Régional de la Photographie, Douchy-les-Mînes
      • Précis d’écologironie, Amphithéâtre de l’ESAPB - Cité des Arts, Bayonne
      • Point Soo.P, Œuvre réalisée dans le cadre de la Commande publique du Ministère de la Culture et de la Communication, en partenariat avec la Ville de Tulle et l’association Merveilleux Prétexte. Avec le soutien du Conseil régional du Limousin.
      • Point Soupe, commande publique du Cnap (Etude), Tulle
      • 1% Ecole élémentaire des Chartreux, Marseille
      • Fonds Communal de la Ville de Marseille
      • Lieu d’art contemporain (L.A.C.) de Sigean
      • Frac/Artothèque du Limousin
      • Vidéochroniques, Marseille
      • Centre national d’art contemporain, Paris
      • Aide à la création, Drac Limousin
      • Allocation de résidence, Frac Limousin
      • Aide à la création, Drac Limousin
      • CAC, Conseil Régional PACA
      • Production, 3bisf, Aix-en-Provence
      • Aide à la création, Drac PACA
      • DNSEP, Beaux Arts d’Aix en Provence.
      • DNAP, Beaux Arts de Toulon.
      • Baccalauréat Philosophie-Lettres-Arts, Lycée Jean Aicard, Hyères