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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Mirabilia</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Muriel Rodolosse</dc:creator>



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		<title>Par les yeux de la louve, la travers&#233;e de la grotte</title>
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		<dc:creator>Muriel Rodolosse</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Exposition bipartite &#224; l'Artoth&#232;que de Caen qui pr&#233;sente dans la premi&#232;re salle le lin&#233;aire de 17m Par les yeux de la louve, La travers&#233;e de la grotte avec des volumes blancs et dans la deuxi&#232;me salle intitul&#233;e La Grotte, trois aspects de celle-ci&#160;: la grotte fondamentale, l'atelier &#233;tant l'antre de l'artiste et la repr&#233;sentation du ventre de la femme, la caverne g&#233;missante. D'o&#249; vient le titre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? En septembre 2021, lorsqu'on m'a demand&#233; le titre de l'exposition que j'allais pr&#233;senter &#224;&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-24770" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Exposition bipartite &#224; l'Artoth&#232;que de Caen qui pr&#233;sente dans la premi&#232;re salle le lin&#233;aire de 17m &lt;i&gt;Par les yeux de la louve, La travers&#233;e de la grotte&lt;/i&gt; avec des volumes blancs et dans la deuxi&#232;me salle intitul&#233;e &lt;i&gt;La Grotte&lt;/i&gt;, trois aspects de celle-ci&#160;: la grotte fondamentale, l'atelier &#233;tant l'antre de l'artiste et la repr&#233;sentation du ventre de la femme, la caverne g&#233;missante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'o&#249; vient le titre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 2021, lorsqu'on m'a demand&#233; le titre de l'exposition que j'allais pr&#233;senter &#224; l'Atelier Blanc &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par les yeux de la louve, a &#233;t&#233; montr&#233; pour la premi&#232;re fois, &#224; l'Atelier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, je n'avais pas encore peint le tableau et je ne pouvais pas leur donner le titre. Je me suis souvenue que La d&#233;p&#234;che du midi avait titr&#233; le jour de ma visite &#224; Villefranche-de-Rouergue &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Faut-il s'inqui&#233;ter du retour du loup&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Je me suis couch&#233;e, et j'en ai r&#234;v&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai r&#234;v&#233; d'une louve morte dans une for&#234;t vivante et le titre m'est venu&#160;: &lt;i&gt;Par les yeux de la louve&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de ce moment-l&#224;, j'ai pu enclencher mon travail. La r&#233;alisation de cette pi&#232;ce a dur&#233; quatre mois et mesurait 11 m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, je trouve le titre en cours ou &#224; la fin de la peinture. L&#224; c'&#233;tait vraiment le contraire, il fallait que je parte du titre pour construire mon &#339;uvre, c'&#233;tait la premi&#232;re fois que je travaillais de cette fa&#231;on. Puis pour l'Artoth&#232;que j'ai augment&#233; &#224; la fois le titre et le tableau lin&#233;aire, &lt;i&gt;Par les yeux de la louve, la travers&#233;e de la grotte&lt;/i&gt; mesure d&#233;sormais 17 m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi les choix d'un format lin&#233;aire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pourquoi privil&#233;gier une lecture invers&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La galerie dans laquelle j'allais exposer mesure 16 m&#232;tres de long sur 5 m&#232;tres de large, le mur de droite est assez haut, il mesure 3,2 m&#232;tres et celui de gauche est tr&#232;s bas. J'ai tout de suite eu envie de peindre un lin&#233;aire, l'espace m'offrait cette possibilit&#233;-l&#224;. Mais il n'&#233;tait pas possible de l'inscrire sur le mur de gauche, il me fallait le penser pour le mur de droite. Cela signifiait qu'en entrant on d&#233;couvre la fin du tableau pour remonter jusqu'au d&#233;but. J'ai donc imagin&#233; le tableau &#224; contre-courant, la lecture se faisant de la droite vers la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;tonnant, en tant que peintre, de commencer un tableau par le dernier, ou d'aller dans le sens inverse de la lecture. Cela me faisait penser au tableau &lt;i&gt;Le Printemps&lt;/i&gt; de Botticelli, qui se lit, on ne sait pas pourquoi mais de fa&#231;on un peu myst&#233;rieuse, de la droite vers la gauche. J'avais cette r&#233;f&#233;rence en t&#234;te car je savais que le tableau serait sur le mur de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir arr&#234;t&#233; le titre, j'ai d&#233;fini le format&#160;: un tableau lin&#233;aire compos&#233; de huit parties juxtapos&#233;es. M'engageant dans cette aventure, je les ai peintes les unes apr&#232;s les autres, au fur et &#224; mesure, sans anticiper celle qui allait venir apr&#232;s, dans un voyage pictural mais je savais de par le titre que la narration traiterait d'une louve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lecture se faisant &#224; rebours, quels d&#233;placements cette technique de fix&#233; sous verre acrylique implique-t-elle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une peinture invers&#233;e sur un support transparent. Je commence par les d&#233;tails, puis les formes, les diff&#233;rents plans et je finis par le fond. Il n'y a pas de repentir possible car la deuxi&#232;me couche vient engloutir la premi&#232;re. C'est une technique ancestrale de r&#233;tro-peinture qui remonte &#224; l'antiquit&#233;. Elle est tr&#232;s peu connue en France, et peu inscrite dans l'histoire de l'art alors que dans d'autres cultures comme au Moyen-Orient par exemple, en Iran elle est tr&#232;s courante. D'ailleurs il existe &#224; T&#233;h&#233;ran un mus&#233;e du fix&#233; sous verre, l'Underglass Painting Museum. Ce qui m'int&#233;resse dans cette technique c'est que le devant expos&#233; est une peinture invers&#233;e et le derri&#232;re ne fait pas &#339;uvre, donc la peinture se situe dans un lieu mental entre le devant et le derri&#232;re. C'&#233;tait int&#233;ressant de se dire que c'&#233;tait avec cette technique de fix&#233; sous Plexiglas, tout invers&#233;, que j'allais commencer le tableau par le dernier et finir par le premier. Cela rajoute une op&#233;ration de renversement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai con&#231;u cette &#339;uvre comme une immersion dans l'espace de la for&#234;t jusqu'au cosmos, quels sont les liens que je tisse avec le vivant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai voulu un tableau qui soit une aventure. Une promenade qui nous emm&#232;ne dans une autre perception du vivant et nous donne un acc&#232;s &#224; une vision transform&#233;e par le regard de la louve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se met en marche avec un paysage&#160;de for&#234;t, c'est une for&#234;t plant&#233;e, am&#233;nag&#233;e par l'homme, une monoculture de douglas, cela cr&#233;e des rythmes et une opposition entre le bois et le sous-bois. Les troncs des bois sont parall&#232;les et r&#233;guliers alors que le sous-bois expose sa diversit&#233;. Le jardin et le sauvage co-existent, le toxique et le comestible s'entrem&#234;lent. On d&#233;couvre des tulipes du jardin, le datura que l'on trouve dans les champs, tr&#232;s toxique, les doigts de sorci&#232;re, le clathre d'archer, que l'on trouve en &#233;t&#233; dans les bois. C'est un champignon invasif, d'origine australienne, il a envahi l'Europe en 1968 par la r&#233;gion bordelaise, o&#249; j'ai mon atelier, puis il se r&#233;pandit en Am&#233;rique du Nord dans les ann&#233;es 80. Il est &#233;tonnant par sa forme et sa couleur mais surtout par son odeur naus&#233;abonde mais cela ne le rend pas impropre &#224; la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'enfon&#231;ant dans la for&#234;t, on me rencontre en femme-louve. Je porte un masque de loup constitu&#233; par une &#233;corce que j'avais trouv&#233;e dans la for&#234;t lors de ma r&#233;sidence &#224; la Pommerie. Il est constitu&#233; d'un tronc pour la gueule avec deux d&#233;parts de branches pour les oreilles et une robe sur laquelle j'ai rajout&#233; des petits champignons et des d&#233;tails sexuels. Apr&#232;s mon croisement, la nature se transforme. La for&#234;t pourrait &#234;tre une for&#234;t primaire, la taille des arbres est variable, elle est moins structur&#233;e, elle se d&#233;cha&#238;ne, rompant l'opposition bois/sous-bois, puis les fleurs et les branches se penchent vers la louve qui vient d'&#234;tre assassin&#233;e. Autour d'elle, la nature s'&#233;panche, le visible et l'invisible l'accompagnent dans son dernier souffle qui appara&#238;t mat&#233;rialis&#233; sur son museau pointu. Le vivant semble avoir une conscience, et exprimer son empathie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a &#233;galement des lignes semblables &#224; des veines qui viennent de son sexe. En particulier une veine rouge qui montre sa fertilit&#233;. La femme-louve va irriguer la nature et donner la s&#232;ve aux fleurs et aux plantes avec son sang et son &#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai repr&#233;sent&#233; une femme-louve, quel sens ai-je voulu donner &#224; cette figure f&#233;minine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est une passeuse du monde du r&#233;el. Elle est une femme protectrice et libre, elle personnifie la complexit&#233; des relations, sans antagonisme, ni rapport d'&#233;chelle et de hi&#233;rarchie, elle est connect&#233;e et nous permet de franchir la fronti&#232;re entre le visible et l'invisible. A partir du moment o&#249; on l'a rencontr&#233;e on s'enfonce dans la for&#234;t qui se transforme et prend son autonomie. On voit des colonnes de col&#233;opt&#232;res, le jardin envahit la surface du tableau. Avec sa main droite elle nous montre le chemin. Un chemin complexe qui est &#224; la fois celui de la lecture de l'&#339;uvre, mais aussi le chemin de la cr&#233;ation, le chemin artistique, la vie... Avec l'autre main elle retient son masque dans la posture archa&#239;que de la souffrance, en r&#233;f&#233;rence au geste de la main sur la joue que l'on retrouve dans les vierges du moyen-&#226;ge. L'expression de la souffrance n'&#233;tait pas tol&#233;r&#233;e, la repr&#233;sentation des pleurs &#233;tant tabou. C'est cette attitude de la main que j'ai repr&#233;sent&#233;e pour traduire son affliction. Elle a &#233;t&#233; bless&#233;e au poignet lors d'un rituel cr&#233;ant un trou &#224; travers lequel on peut voir la nature. Elle aussi est en empathie avec le vivant et va traduire sa r&#233;flexion par la pr&#233;sence du tasseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet sur la louve est d&#233;pos&#233; le seul objet du tableau, un tasseau qui plaque la b&#234;te au sol. J'avais &#233;t&#233; marqu&#233;e par la barbarie de certains chasseurs de loups qui entassent les corps morts sans respect, les traitant tels que des d&#233;chets. Ce tasseau exprime la b&#234;tise et la cr&#233;dulit&#233; des hommes. Ils ont tu&#233; la b&#234;te mais ils craignent qu'elle ressuscite et les transforme en loup-garou. Comme si la louve n'&#233;tait pas assez morte et qu'il fallait la tuer encore, et l'emp&#234;cher de se relever. La femme-louve-nature affirme ici la puissance de vie et de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les chaussures que porte la femme-louve ont souvent &#233;t&#233; pr&#233;sentes dans d'autres tableaux, quel est le sens que je leur donne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce chemin, ses chaussures sont aussi une entrave &#224; son d&#233;placement. Elles ne sont pas adapt&#233;es au contexte, elles &#233;voquent les contraintes et les difficult&#233;s de progression de la femme et en m&#234;me temps, elles montrent sa f&#233;minit&#233;. Ce sont des spartiates constitu&#233;es d'attaches qui rendent son avanc&#233;e difficile. Et en m&#234;me temps ce sont des poignards. Ces chaussures ont une histoire dans ma peinture, elles sont apparues lors de mon exposition monographique au Frac Aquitaine, &#224; la fois sur les tableaux mais aussi port&#233;es lors de performances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi avoir poursuivi ce tableau par &lt;i&gt;La travers&#233;e de la grotte&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation de ce tableau m'a amen&#233; &#224; envisager une &#339;uvre sans fin. En effet c'est le format du lin&#233;aire qui permet de continuer le tableau soit par sa suite soit par son recul, &#224; la fa&#231;on d'un pr&#233;quelle. J'avais envie de poursuivre cette errance par La travers&#233;e de la grotte. Le dernier tableau repr&#233;sentait un cerf en bois p&#233;trifi&#233; qui ayant perdu ses bois, les avait remplac&#233;s par des lignes le connectant au cosmos, des cartes cosmiques peut-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En opposition &#224; la lin&#233;arit&#233; du d&#233;part du r&#233;cit qui oppose le bois et le sous-bois, je voulais accentuer le d&#233;placement pour le rendre progressivement de plus en plus vertigineux et op&#233;rer une plong&#233;e dans la grotte jusqu'au cosmos. C'est-&#224;-dire cr&#233;er un lieu o&#249; les extr&#234;mes se rejoignent, o&#249; l'espace clos de la grotte contient l'infini du cosmos. Lors de la premi&#232;re exposition Par les yeux de la louve, une personne m'a invit&#233;e &#224; d&#233;couvrir un lieu secret dans le Lot, dans la vall&#233;e du C&#233;l&#233;. Elle m'a guid&#233;e pour me montrer une caverne &#224; deux entr&#233;es, sa g&#233;omorphologie structurale donne &#224; voir deux orifices, le regard de la louve dans le paysage. Je me suis inspir&#233;e de cette d&#233;couverte &#224; travers le causse du Quercy, de cette profusion de mousse, de gen&#233;vriers, et de cette rencontre avec ce site magique pour peindre les quatre panneaux de La travers&#233;e de la grotte. Elle m'a &#233;galement marqu&#233;e car je suis n&#233;e dans le Lot et ce pays de grottes pr&#233;historiques a d&#233;termin&#233; certains choix dans ma peinture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La grotte est un espace clos, on y entre puis on en sort. Pourquoi ai-je pens&#233; une travers&#233;e de la grotte&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail s'inscrit dans la continuit&#233; des d&#233;constructions des mythes fondamentaux que j'ai initi&#233; par exemple dans le tableau intitul&#233; &lt;i&gt;La mise &#224; mal&lt;/i&gt;. Dans la repr&#233;sentation de Hercule terrassant le Centaure, par la dissolution de la t&#234;te du Centaure, Hercule prend son corps, le vainqueur devenant le vaincu. Ici, la grotte est une mise &#224; mal de l'all&#233;gorie de la caverne, elle n'est pas la demeure souterraine avec le monde d'en haut lumineux et le monde d'en bas. Elle est le lieu de la cr&#233;ation, de la fertilit&#233;, &#231;a ruisselle, il y a des &#339;ufs, elle est lumineuse, elle est p&#233;trifiante, elle est un lieu d'exp&#233;rience et de transformation. C'est davantage le mythe de l'Emergence primordiale tel qu'en parle Jean-Lo&#239;c Le Quellec dans &lt;i&gt;La caverne originelle&lt;/i&gt;, le lieu d'o&#249; &#233;merge les hommes, l'origine du monde. La travers&#233;e de la grotte est fluide. Le passage du dedans au dehors est insaisissable, il n'y a pas de limites. Ce voyage est initiatique, il d&#233;place les conceptions que l'on porte sur l'id&#233;e de nature. Dans la nature, les plantes et les arbres sont enracin&#233;s dans le sol et l'attraction terrestre exerce une force sur les hommes et certains animaux, ce qui les arrime &#224; la terre sans qu'ils puissent s'en extraire. &lt;i&gt;La travers&#233;e de la grotte&lt;/i&gt; nous d&#233;tache de cette attractivit&#233;, elle nous propulse dans une exp&#233;rience imaginaire du multivers, elle nous am&#232;ne vers l'infini et nous r&#233;v&#232;le &lt;i&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LUPUS&lt;/span&gt; la constellation de la louve&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le tableau, la louve appara&#238;t sous diff&#233;rentes formes, la derni&#232;re &#233;tant &lt;i&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LUPUS&lt;/span&gt; la constellation de la louve&lt;/i&gt;, pourquoi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que l'on se retrouve dans le cosmos appara&#238;t une m&#233;t&#233;orite qui prend la forme d'une grotte &#224; double entr&#233;e. On peut y voir le regard d'une louve dans lequel sont repr&#233;sent&#233;s quelques &#233;l&#233;ments g&#233;om&#233;triques qui sont des traces d'humanit&#233; que l'on per&#231;oit aussi par les empreintes de main dans la galaxie. Cela fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'homme pal&#233;olithique qui a ins&#233;r&#233; sa pr&#233;sence sur les parois de la grotte. &lt;i&gt;Lupus la constellation de la louve&lt;/i&gt; est situ&#233;e dans la&#160;Voie lact&#233;e, entre le&#160;Scorpion&#160;et le&#160;Centaure, elle n'est pas visible &#224; l'&#339;il nu, c'est ma peinture qui la r&#233;v&#232;le. Et j'aime l'id&#233;e que dans le cosmos la couleur des &#233;toiles&#160;varie selon leur temp&#233;rature. Les &#233;toiles les plus froides sont rouges, les plus chaudes sont bleut&#233;es, ici encore il s'agit d'une inversion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La deuxi&#232;me salle de l'exposition s'intitule La grotte. Quels sont les liens avec la salle principale&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent lorsque je pr&#233;sente une exposition j'aime &#224; l'augmenter par un autre m&#233;dium. Cela me permet de questionner un point plus intens&#233;ment. Ici, dans la deuxi&#232;me pi&#232;ce que j'ai nomm&#233; &#034;La Grotte&#034;, j'ai voulu cr&#233;er un espace qui repr&#233;sente trois visions de la grotte. Une grotte qui soit la grotte de l'artiste, son atelier, l'espace f&#233;cond de la cr&#233;ation, que j'ai traduit par des pans de murs blancs, la grotte primordiale mais aussi la caverne, l'abri, le refuge, les origines, et la femme en lien avec la nature, fertile, g&#233;nitrice. On appelle le son de sa jouissance &lt;i&gt;La caverne g&#233;missante&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on entre on se trouve face &#224; une femme repr&#233;sent&#233;e &#224; l'encre de chine, elle est imposante, elle mesure toute la hauteur du mur. C'est &#224; la fois l'artiste prolixe et la femme fertile qui procr&#233;e. Elle est repr&#233;sent&#233;e dans un espace d&#233;limit&#233; par un tasseau, objet de construction des ch&#226;ssis. Elle est active, &#233;cof&#233;ministe, elle est en lien direct avec la nature. Elle regarde son pouce se m&#233;tamorphoser en feuille. Son corps exprime sa f&#233;condit&#233; par des coulures lubriques. Ses chaussures sont les m&#234;mes que celles du tableau mais ici les difficult&#233;s du combat sont &#233;voqu&#233;es par ses spartiates trop grandes ou cass&#233;es pour ses pieds de guerri&#232;re. Sur ce dessin j'ai accroch&#233; une petite peinture color&#233;e, un fix&#233; sous Plexiglas, &#224; l'emplacement de sa grossesse, repr&#233;sentant une v&#233;nus engendrant des plantes. Cette id&#233;e d'associer la grotte &#224; la f&#233;minit&#233; m'est venue par la relecture des peintures de grottes et de la Source de la Loue de Courbet. Elles repr&#233;sentent une double entr&#233;e de grotte mais aussi elles sont les pr&#233;mices de son tableau L'Origine du monde. Sur trois murs &#224; l'encre de chine, j'ai peint l'int&#233;rieur d'une grotte qui suinte, elle est constitu&#233;e de coulures sur lesquelles j'ai accroch&#233; un ensemble de petits tableaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les liens que j'entretiens avec les &#233;crits, les r&#233;f&#233;rences&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet est vaste mais je vais essayer de placer quelques points importants. Si la science d&#233;crit avec exactitude de l'ext&#233;rieur, la po&#233;sie d&#233;crit avec exactitude de l'int&#233;rieur le sensible, et c'est bien dans ce sens qu'on peut dire que ce tableau avec sa narration immersive a une dimension po&#233;tique. Depuis longtemps la po&#233;sie de Hans Arp est active dans ma peinture, je le citerai &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les sources de la for&#234;t bougent dans l'&#339;il du sanglier&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hans Arp, Sable de lune, Editions Arfuyen , 2005&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. On est immerg&#233; dans des lieux tout pr&#232;s du vivant et des ph&#233;nom&#232;nes. Je me suis toujours int&#233;ress&#233;e &#224; la po&#233;sie et &#224; la philosophie de l'environnement, aux diff&#233;rentes id&#233;es de nature et de ses conceptions. Pour parler de mes r&#233;f&#233;rences, je reviendrai sur ce qui a &#233;t&#233; une r&#233;v&#233;lation fondamentale, la critique de la modernit&#233; environnementale. Je situerai &#231;a, dans les ann&#233;es 2005, lorsque j'ai peint le tableau &lt;i&gt;no Taxinomi(e)&lt;/i&gt;. Sortir d'une vision anthropocentr&#233;e, abandon de toute classification, &#233;clatement des cadres, affranchissement de la binarit&#233; homme&#160;/femme au profit de la multitude. Si la critique de la modernit&#233; &#233;tait d&#233;j&#224; dans mon travail &#224; travers la critique postmoderniste des images, avec les &#233;crits de Bruno Latour je comprends que tout est dans tout, l'homme dans l'animal, qu'en pensant une interd&#233;pendance des &#234;tres vivants, on se d&#233;barrasse de l'environnement comme externalit&#233;. Ou chez Guillaume Lecointre, o&#249; l'&#233;cologie comme l'art nous permettent de penser toutes les sciences sans s&#233;paration au c&#339;ur de la soci&#233;t&#233;. D&#232;s lors une po&#233;sie de la complexit&#233; sera &#224; l'&#339;uvre dans ma peinture. Avec le tableau &lt;i&gt;Par les yeux de la louve, la travers&#233;e de la grotte&lt;/i&gt; je me suis davantage int&#233;ress&#233;e aux &#233;crits de Baptiste Morizot. Plus que &lt;i&gt;Le loup&lt;/i&gt; de Jean-Marc Landry, c'est &lt;i&gt;Les Diplomates&lt;/i&gt; de Baptiste Morizot qui m'a vraiment int&#233;ress&#233; dans la complexit&#233; de la relation entre l'homme et le loup, comment vivre avec les autres. Il dit cr&#233;er des chim&#232;res &#233;tranges entre la litt&#233;rature, la po&#233;sie, l'&#233;thologie, l'&#233;cologie scientifique. Je me retrouve dans cette hybridit&#233; d'approches et dans son rapport &#224; l'&#233;merveillement. Et lorsqu'il dit qu'il y a un champ des possibles avec le vivant qu'on a sous-&#233;valu&#233;, du fait que la nature &#233;tait susceptible d'&#234;tre g&#233;r&#233;e par du rapport de force, qu'il existe des communications non humaines que l'on doit entendre, je vois mon tableau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;i&gt;Par les yeux de la louve&lt;/i&gt;, a &#233;t&#233; montr&#233; pour la premi&#232;re fois, &#224; l'Atelier Blanc, en 2022. Le lin&#233;aire &lt;i&gt;Par les yeux de la louve&lt;/i&gt; est pr&#233;sent&#233; augment&#233; de La travers&#233;e de la grotte &#224; l'artoth&#232;que de Caen, du 4&#160;mars au 3&#160;juin 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Hans Arp, Sable de lune, Editions Arfuyen , 2005&lt;/p&gt;
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