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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Toucher des yeux la vie double</title>
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		<dc:date>2026-04-15T15:11:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Victor Mazi&#232;re</dc:creator>



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&lt;p&gt;Dans le labyrinthe sensoriel des images de Clara Chichin, on chercherait en vain un r&#233;cit lin&#233;aire, car chaque image n'est ici que le photogramme possible d'un film int&#233;rieur, toujours &#224;-venir, d&#233;clenchant &#224; chaque impulsion du regard des (anti)r&#233;cits dont nul ne d&#233;tient ni les cl&#233;s, ni les glissements, ni les formes futures. Avant le commencement d'une histoire, il y aurait donc (eu) une image, &#224; la fois &#233;lue et manquante&#160;: peut-&#234;tre celle de cette femme, partie sans laisser d'adresse,&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le labyrinthe sensoriel des images de Clara Chichin, on chercherait en vain un r&#233;cit lin&#233;aire, car chaque image n'est ici que le photogramme possible d'un film int&#233;rieur, toujours &#224;-venir, d&#233;clenchant &#224; chaque impulsion du regard des (anti)r&#233;cits dont nul ne d&#233;tient ni les cl&#233;s, ni les glissements, ni les formes futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant le commencement d'une histoire, il y aurait donc (eu) une image, &#224; la fois &#233;lue et manquante&#160;: peut-&#234;tre celle de cette femme, partie sans laisser d'adresse, abandonnant le th&#233;&#226;tre du monde &#224; l'inexistence futile des jours. D'elle, nous ne saurons rien. Dans cet amenuisement ontologique auquel la vouera irr&#233;m&#233;diablement l'image, que restera-t-il de son existence, si ce n'est une singularit&#233; infiniment finie, un monde clos dans son visage impassible de statue&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Attendant sans fin ni t&#233;moin, dans cette pi&#232;ce vid&#233;e &#224; la h&#226;te, cette chambre double qui n'eut jamais (de) lieu&#160;: elle aura pourtant toujours &#233;t&#233; l&#224;, &#233;ternellement offerte depuis l'origine de toute visibilit&#233;, comme une loi physique inscrite dans la nature-m&#234;me pour qu'un tiers la d&#233;-robe et en expose la nudit&#233;. Qui est-elle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et d'o&#249; vient ce sentiment, s'adressant &#224; nous depuis le non-savoir, de vouloir la nommer, l'all&#233;goriser, elle qui se tient, anonyme, au rivage de tout nom&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Car la photographie a tranch&#233;&#160;: en nous faisant confondre le simulacre et le mod&#232;le, elle a dit la v&#233;rit&#233; du d&#233;sir, sa loi folle. &lt;br class='manualbr' /&gt;Nous port(er)ons d&#233;sormais son deuil. &lt;br class='manualbr' /&gt;Nous l'avons toujours port&#233;, n'est-ce pas, ce deuil, depuis le premier battement de paupi&#232;re, qui, nous ouvrant &#224; la lumi&#232;re, ferma notre &#339;il &#224; la nuit du jour, &#224; ce dehors de tout dedans o&#249; nous guette la fureur impassible des signes.&lt;br class='manualbr' /&gt;Car pour voir &lt;i&gt;&#224; nouveau&lt;/i&gt;, comme avant le premier jour, quand aucune image ne manquait encore &#224; notre d&#233;sir, devrons-nous nous faire voyants &#224; force de nuit&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et, comme Tir&#233;sias, au-del&#224; de la c&#233;cit&#233;, toucher des yeux la vie double&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &lt;br class='manualbr' /&gt;&#192; l'origine de toute photographie, il y aurait donc toujours une sc&#232;ne de crime dont la victime a disparu&#160;: paradoxe de &lt;i&gt;Blow Up&lt;/i&gt; qui veut que l'image enfant&#233;e soit imm&#233;diatement mise &#224; mort. Ce meurtre primitif, l'&#339;il m&#233;canique de l'appareil l'aura toujours-d&#233;j&#224; accompli, lui qui arrache au tissu de la r&#233;alit&#233; un lambeau de chair quand, &#224; chaque sentence, s'abat le couperet de l'obturateur&#160;: sacrifice de sang et de sens, o&#249; se r&#233;v&#232;le pourtant l'autre du monde, ce dehors qui toujours s'est abrit&#233; dans l'hyper-espace de la nuit s&#233;miotique, dans ce monde-fant&#244;me qui n'est ni la fin, ni la cl&#244;ture, mais la libert&#233; infinie du d&#233;sir qui v(i)ole toute chair signifiante.&lt;br class='manualbr' /&gt;La photographie tire ainsi &#224; elle le jour, (se) retire de lui, elle est le re-trait-m&#234;me&#160;: un trait double, tir&#233; &#224; nouveau sur le monde, le niant, et r&#233;unissant cependant en lui, dans l'autre du signe, ce qui &#233;tait disjoint dans le monde ph&#233;nom&#233;nal&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; causalit&#233; myst&#233;rieuse, spectrale, o&#249; se rejoignent et se fondent, dans un principe d'&#233;quivalence, la lumi&#232;re, les arbres, les animaux, les t&#233;n&#232;bres, les corps, les constellations, les chose mortes et abandonn&#233;s, tout ce qui, replong&#233; dans l'eau baptismale du temps, nourrira un jour les fantasmes prom&#233;th&#233;ens de nos yeux avides.&lt;br class='manualbr' /&gt;Nul art peut-&#234;tre plus que la photographie n'aura eu ce pouvoir de suspendre et de d&#233;voiler l'imminence d'une r&#233;v&#233;lation, d'investir toute image de ce point du jour o&#249; chaque instantan&#233; est &#224; la fois l'arr&#234;t et le mouvement des formes, dans la mutabilit&#233; de leur vie r&#234;v&#233;e. Chaque photogramme contient virtuellement le r&#234;ve infini des signes&#160;: il nous le (d&#233;)livre, comme un espace toujours-encore &#224; habiter, chaque fois premier, et plus ancien pourtant que la nuit elle-m&#234;me&#160;: ce serait cela, que met en sc&#232;ne Clara Chichin, tirant de l'hyper-nuit invisible o&#249; s'embrase le corps des images, des songes plus lumineux que le jour, plus denses que la r&#233;alit&#233; elle-m&#234;me, car nourris de la chair et du sang d'une obscure clart&#233; d&#233;sir&#233;e sans limite. &lt;br class='manualbr' /&gt;Pour s'y abandonner, il suffirait alors simplement d'ouvrir les yeux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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