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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>&#171;&#160;Le dos des arbres&#160;&#187;</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Le-dos-des-arbres-52887</link>
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		<dc:date>2026-04-08T08:58:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Christine Ollier</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les photographies de Clara Chichin sont un appel &#224; l'errance. Son travail s'&#233;labore sur la fugacit&#233;, tel un &#233;quilibre chimique introduisant une vision po&#233;tique dans le r&#233;el. L'&#233;criture photographique de cette jeune artiste fran&#231;aise tente de r&#233;v&#233;ler des parties invisibles de l'image. Les prises de vues en couleurs ou en noir et blanc livrent des paysages baignant dans des lumi&#232;res &#233;tranges, issues de sources luminescentes ou incandescentes, intensifi&#233;es par la recherche chromatique, froide&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les photographies de Clara Chichin sont un appel &#224; l'errance. Son travail s'&#233;labore sur la fugacit&#233;, tel un &#233;quilibre chimique introduisant une vision po&#233;tique dans le r&#233;el. L'&#233;criture photographique de cette jeune artiste fran&#231;aise tente de r&#233;v&#233;ler des parties invisibles de l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prises de vues en couleurs ou en noir et blanc livrent des paysages baignant dans des lumi&#232;res &#233;tranges, issues de sources luminescentes ou incandescentes, intensifi&#233;es par la recherche chromatique, froide ou chaude, qui aur&#233;ole chaque image. La photographe privil&#233;gie la r&#233;fraction cristalline, l'effet vaporeux du sfumato, le rai de lumi&#232;re venant trancher le clair-obscur, la faible clart&#233; entre chien et loup ou l'&#233;blouissement surgissant de l'encre de la nuit. La dimension picturale est &#233;vidente dans cette inclinaison iconoclaste &#224; jouer de syst&#232;mes d'&#233;clairages de diff&#233;rentes &#233;poques. Se rejoue aussi une part de la tradition pictorialiste des d&#233;buts de la photographie, selon une version contemporaine qui s'en d&#233;tache par un rendu volontairement appauvri, un peu rebelle aux pr&#233;ceptes id&#233;alistes du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Le traitement photographique est empreint d'une usure apparente, d'une perte d&#233;sir&#233;e de r&#233;alit&#233;, tandis les recherches chromatiques, approfondies au tirage, font virer les couleurs rappelant, en cela, les techniques d'antan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images de Clara Chichin favorisent les atmosph&#232;res po&#233;tiques plut&#244;t que les prises de vue r&#233;alistes. Il s'agit rarement de produire une belle image nette et id&#233;alement cadr&#233;e selon les normes d'une image documentaire. L'artiste pr&#233;f&#232;re l'ind&#233;cis et le mouvement dans le paysage. Le flou, le grain de l'image et, parfois, l'impr&#233;cision du cadrage y concourent. M&#234;me quand l'image parait neutre (objective) au premier abord, la vue offerte n'est pas tant la composition du paysage que le sentiment qu'il inspire dans ses espaces, ses vides et sa profondeur. Certaines images noir et blanc &#233;voquent la pl&#233;nitude quasi mystique de certaines &#339;uvres de Gilbert Fastenaekens &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce photographe belge connu pour ses prises de vues aux tr&#232;s longues poses - (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, quand il s'installait &#224; demeure dans le paysage pour parvenir &#224; capter la profondeur de la for&#234;t dans les photographies de sa mythique s&#233;rie Noces. Il y a dans la qu&#234;te de Clara Chichin cette m&#234;me tentative fusionnelle entre l'artiste et le paysage, dont la trace s'imprimerait sur la pellicule comme le r&#233;sultat d'une alchimie fugace et intemporelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois des silhouettes viennent s'inscrire dans le paysage. Elles sont &#224; peine pr&#233;sentes. Singuli&#232;rement, la chromatique les incorporent au paysage plut&#244;t qu'elle ne les souligne. L&#233;g&#232;res et suggestives, souvent de dos ou en d&#233;s&#233;quilibre, elles passent dans la sc&#232;ne plut&#244;t qu'elles ne l'accaparent. Le clich&#233; d&#233;finit un &#233;tat d'&#234;tre plus qu'il ne livre un portrait. Les corps sont envelopp&#233;s par la nature, ils s'y fondent. Les figures fonctionnent comme une m&#233;tamorphose d'un &#233;tat du paysage. Elles interagissent silencieusement avec lui, telles celles qui affleurent dans certaines photographies de Tacita Dean. &lt;br class='manualbr' /&gt;Pour r&#233;sumer&#160;: ce que l'on per&#231;oit dans les photographies Clara Chichin est tout ce qui est en &lt;strong&gt;de&#231;&#224;&lt;/strong&gt; du r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie fantomatique en quelque sorte. La singularit&#233; de l'&#233;criture photographique de la jeune artiste est proche de l'univers plastique d'Angela Graeurholz ou de Corinne Mercadier, par les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;viances&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; techniques qu'elle conf&#232;re &#224; ses images et par la fragilit&#233; temporelle qu'elle sugg&#232;re. Il n'y a cependant pas de ressort narratif chez Clara Chichin. Ses images sont port&#233;es par son univers intime. Sa captation du monde qui l'entoure en devient la r&#233;verb&#233;ration, un prisme quelque peu embu&#233; dont la r&#233;fraction en serait dispers&#233;e. Sa qu&#234;te peut s'envisager comme une prolongation du temps, celui, singulier, de l'&#233;v&#233;nement photographique dans l'espace r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste &#233;voque cet instant suspendu&#160;:&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Le temps, le vent, font se d&#233;plier, d&#233;filer, les images dans un espace-temps onirique, une dur&#233;e en train de s'&#233;couler, au bord du sommeil.
Les images s'impressionnent et s'&#233;vanouissent sur la r&#233;tine. Comme des &#233;chos, des persistances r&#233;tiniennes, des restes m&#233;moriels, les images sont en train de dispara&#238;tre, elles ne sont plus tout &#224; fait des images du r&#233;el. Elles gardent en elles encore - un peu - de temps. Plus tout &#224; fait des images fixes, - presque - des s&#233;quences, elles d&#233;bordent de leur cadre. Elles portent en elles l'instant qui pr&#233;c&#232;de et l'instant qui succ&#232;de, l'instant fuyant - image en fuite -&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'&#233;criture photographique qui devient la forme narrative, illustrative d'un instant po&#233;tique tel que Bachelard a pu le d&#233;finir &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gaston Bachelard, L'intuition de l'instant, diffus&#233; notamment chez Stock, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Le sentiment litt&#233;raire sous-tend la d&#233;marche cr&#233;ative mais ne la commande pas. Comme si chaque image &#233;tait un libell&#233;, un couplet virtuel et chaque exposition formait une ode visuelle. Cette d&#233;marche singuli&#232;re fait partie int&#233;grante de cette mouvance po&#233;tique de la photographie dont les premiers opus ont &#233;t&#233; r&#233;unis, malgr&#233; leur diversit&#233; ,dans l'Atelier photographique fran&#231;ais tel qu'il a &#233;t&#233; d&#233;fini par Bernard Lamarche-Vadel, dans les ann&#233;es 80 et 90. Ce philosophe et esth&#233;ticien a explicit&#233; la notion d'&#233;criture photographique en la diff&#233;renciant de la notion de style et insist&#233; sur l'id&#233;e de l'intime plut&#244;t que du subjectif dans la vision &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In Paysage, Cosa Mentale de Christine Ollier - chapitre IV le nouveau (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. En regard de la sc&#232;ne fran&#231;aise actuelle, Clara Chichin c&#244;toie la dimension litt&#233;raire qu'imprime l'&#339;uvre photographique d'Anne Lise Broyer, sans que cela soit rattach&#233; dans son cas &#224; une volont&#233; narrative effective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exposition au&#160;logis Abbatial de Saint Georges de Boscherville est la premi&#232;re grande exposition personnelle de cette jeune artiste. Face &#224; la puret&#233; de l'envol&#233;e architecturale de la salle &#224; laquelle la beaut&#233; pittoresque des jardins de l'abbaye fait &#233;cho, la proposition photographique Le dos des Arbres d&#233;cline, elle aussi, un &#233;lan po&#233;tique. Sp&#233;cialement produite pour l'occasion, l'exposition fait la part belle aux arbres et aux arbustes. Ils sont saisis &#224; toutes les saisons. Ils plient dans le vent ou buissonnent pr&#232;s du sol, en feuilles ou en fleurs, ou, au contraire, seuls leurs troncs s'&#233;rigent. L'harmonie visuelle qui s'en d&#233;gage est rythm&#233;e par l'apparition d'une figure f&#233;minine dont l'unicit&#233; se devine au fur et mesure du parcours. Telle l'&#233;g&#233;rie des arbres, elle guide le spectateur, lui offrant de s'inspirer de son errance paysag&#232;re pour profiter de ces instants fugaces vol&#233;s &#224; la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Consulter la s&#233;rie photographique &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Le-dos-des-arbres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Le dos des arbres&lt;/i&gt; (2014-2018)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Ce photographe belge connu pour ses prises de vues aux tr&#232;s longues poses - Nocturnes et essais Arch&#233;ologiques &#8211; fit un travail singulier dans un morceau de for&#234;t du Nord de la France o&#249; il vint camper &#224; plusieurs reprises pendant plusieurs jours en fonction du temps que prenait son immersion compl&#232;te dans le paysage. Gilbert Fasteneakens m'a dit &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;attendre de faire partie int&#233;grante du paysage avant de d&#233;clencher&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; son appareil. De fait la r&#233;alisation des images de la s&#233;rie Noces ont pris plus de sept ans (1988-1995). Elles sont indescriptibles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Gaston Bachelard, &lt;i&gt;L'intuition de l'instant&lt;/i&gt;, diffus&#233; notamment chez Stock, collection livre de poche 1994&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;In &lt;i&gt;Paysage, Cosa Mentale&lt;/i&gt; de Christine Ollier - chapitre &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IV&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;le nouveau pittoresque&lt;/i&gt;, opus 06. &lt;i&gt;Les &#233;critures photographiques&lt;/i&gt; p 247. Editions Loco, Paris, 2013. Cf. &#233;galement&#160;: &lt;i&gt;Inclinaisons, la collection selon Bernard Lamarche-Vadel&lt;/i&gt;, collectif, Paris, Editions filigranes, 2010&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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