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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Le pressentiment d'un ordre</title>
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		<dc:date>2026-01-08T11:10:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Salda&#241;a Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;La photographie, en tant que production d'images conventionnellement belles, ne m'int&#233;resse pas, ni en tant qu'expression d'une id&#233;e pr&#233;con&#231;ue par le ou la photographe &#8211; c'est-&#224;-dire, une photographie instrumentale, absolument s&#251;re d'elle-m&#234;me. Ce qui m'int&#233;resse dans la photographie, c'est qu'elle tient de l'essai, d'une pratique &#224; travers laquelle une personne apprend quelque chose de nouveau sur le monde ou sur elle-m&#234;me. La photographie de Mar&#237;a Fernanda S&#225;nchez-Paredes appartient &#224; ce&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La photographie, en tant que production d'images conventionnellement belles, ne m'int&#233;resse pas, ni en tant qu'expression d'une id&#233;e pr&#233;con&#231;ue par le ou la photographe &#8211; c'est-&#224;-dire, une photographie instrumentale, absolument s&#251;re d'elle-m&#234;me. Ce qui m'int&#233;resse dans la photographie, c'est qu'elle tient de l'essai, d'une pratique &#224; travers laquelle une personne apprend quelque chose de nouveau sur le monde ou sur elle-m&#234;me. La photographie de Mar&#237;a Fernanda S&#225;nchez-Paredes appartient &#224; ce genre de l'essai. Son regard ne se compla&#238;t pas dans des lieux communs, ni n'impose une conviction cherchant &#224; nous persuader. Chaque image nous est offerte comme le registre d'une d&#233;couverte personnelle, comme le document d'une intuition localis&#233;e. J'aime penser que, lorsqu'elle a pris chacune de ces photos, Mar&#237;a Fernanda trouvait, avant tout, du plaisir dans cette &#233;motion extatique qui survient avec la compr&#233;hension d'une signification nouvelle, avec le pressentiment d'un ordre. Que le registre de cet heureux processus soit partag&#233; avec nous sous la forme d'une photo est presque secondaire.&lt;br class='manualbr' /&gt;Non seulement chaque photo est le t&#233;moignage d'une d&#233;couverte, mais en plus, parmi la s&#233;quence d'images de &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Dedalo' class=&#034;spip_in&#034;&gt;D&#233;dalo&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, il est possible de d&#233;busquer un air de famille&#160;: ce qui y est montr&#233; est un certain type de d&#233;couverte, une s&#233;rie d'intuitions li&#233;es, en cha&#238;ne.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'&#233;dition est aussi importante que l'instant photographique&#160;: elle organise les d&#233;couvertes, elle aide &#224; trouver des parent&#233;s cach&#233;es entre elles. Il faut remercier Mar&#237;a Fernanda de ce qu'elle ne tombe pas dans une &#233;dition th&#233;matique ou pr&#233;visible&#160;: nous ne pouvons pas dire que nous soyons devant une photographie sur quelque chose &#8211; sur la nature ou sur l'architecture, d'une mani&#232;re restrictive. Il n'est pas non plus possible de cataloguer Mar&#237;a Fernanda en tant que photographe de paysage. En tout cas, s'il faut que cette photographie soit sur quelque chose, elle est sur le monde et sur l'histoire de l'art&#160;: sur les clins d'&#339;il que le destin semble semer petit &#224; petit sur notre chemin, en attendant notre ex&#233;g&#232;se, et sur les &#339;uvres qui, &#224; d'autres moments de l'histoire, ont affront&#233; un d&#233;fi similaire de cartographier l'&#233;tonnement.&lt;br class='manualbr' /&gt;Parce que bien qu'il ne s'agisse pas d'une photographie th&#233;matique, il y a une continuit&#233;, des questions qui r&#233;apparaissent et d&#233;limitent un terrain. D'une part, le paysage habit&#233;, la recherche sur ce que l'&#234;tre humain fait avec la nature&#160;: sa mani&#232;re de la repr&#233;senter, de l'imiter, de la cacher ou de se cacher derri&#232;re elle. Le camouflage et le mim&#233;tisme, l'architecture comme strat&#233;gie de dissimulation.&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais, d'autre part, au-del&#224; des id&#233;es, il est important de signaler que dans les photos de Mar&#237;a Fernanda il y a des histoires, ou des squelettes d'histoires, plut&#244;t&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des narrations absurdes, racont&#233;es avec le minimum, presque de petits contes. Pensons au &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Musees-imaginaires' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Mus&#233;e du Louvre I&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2014), o&#249; plusieurs touristes se retrouvent soudainement transport&#233;s sur &lt;i&gt;Les noces de Cana de V&#233;ron&#232;se&lt;/i&gt;. Ou dans &lt;i&gt;Jardin des Plantes&lt;/i&gt; (2015), o&#249; nous voyons un arbuste imposant et luxuriant qui, par la gr&#226;ce d'un ruban de d&#233;marcation policier, a un air presque suspect, comme si les plantes elles-m&#234;mes &#233;taient non la sc&#232;ne mais les sujets impliqu&#233;s dans un crime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques titres de la s&#233;rie font r&#233;f&#233;rence aux lieux o&#249;, vraisemblablement, les photos furent prises. De tels toponymes tracent une carte personnelle, une sorte d'atlas o&#249; l'auteur marque, comme avec des punaises les lieux o&#249; elle a rep&#233;r&#233; des animaux fantastiques. Seulement, en l'occurrence, ces animaux sont plut&#244;t des formes&#160;: des compositions pr&#233;cises d&#233;couvertes avec discernement. Ces compositions, &#224; leur tour, dialoguent ouvertement avec d'autres de l'histoire de l'art, du cubisme analytique (&lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Dedalo#toits-paris' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Toits de Paris&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, qui pourrait rappeler &lt;i&gt;Maisons sur une colline&lt;/i&gt; de Picasso, ou l'une des villes de Braque), au Bauhaus (le Ch&#226;teau de Vincennes comme &#233;vocation du b&#226;timent du Bauhaus de Walter Gropius &#224; Dessau, dont l'image la plus iconique le repr&#233;sente depuis un angle tr&#232;s similaire), en passant par un hommage plus explicite &#224; l'avant-garde russe, dans &lt;i&gt;Zadkine&lt;/i&gt;. Et c'est gr&#226;ce &#224; ces r&#233;f&#233;rences &#224; l'esth&#233;tique de certaines avant-gardes que la s&#233;rie devient, au-del&#224; d'une carte, une pinacoth&#232;que personnelle.&lt;br class='manualbr' /&gt;D'un c&#244;t&#233;, alors, intuition, d&#233;couverte&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de l'autre, un clin d'&#339;il &#224; plusieurs propositions esth&#233;tiques-historiques qui privil&#233;gi&#232;rent aussi la trouvaille et le pressentiment d'un ordre. Ce double terrain dans lequel elle joue donne une profondeur rare &#224; l'&#339;uvre de Mar&#237;a Fernanda S&#225;nchez-Paredes, et la situe dans un espace diff&#233;rent&#160;: non seulement on assume que la photographie soit un art contemporain, mais on assume aussi sa diff&#233;rence par rapport &#224; d'autres pratiques&#160;: elle r&#233;side dans sa capacit&#233; narrative et son potentiel en tant qu'outil pour penser l'historicit&#233; des formes esth&#233;tiques.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;D&#233;dalo&lt;/i&gt; poursuit et radicalise une recherche qui existait dans l'&#339;uvre de l'artiste depuis longtemps, dans des s&#233;ries comme &lt;i&gt;Latitudes&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Apertura&lt;/i&gt;. Mais le regard a chang&#233; de strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;p&#233;titions, qui construisaient un rythme visuel tr&#232;s caract&#233;ristique dans ces travaux-l&#224;, nous apparaissaient d'une fa&#231;on peut-&#234;tre plus &#233;vidente (par l'usage des contrastes et le choix du format dans &lt;i&gt;Latitudes&lt;/i&gt;, par une post-production plus importante dans &lt;i&gt;Apertura&lt;/i&gt;), tandis que dans cette s&#233;rie-ci, il para&#238;t y avoir une fragilit&#233; dans la d&#233;couverte, comme si l'artiste avait compris que ce qui importe dans une toile d'araign&#233;e est non seulement sa perfection g&#233;om&#233;trique, mais aussi le fait qu'elle peut se briser avec le vent.&lt;br class='manualbr' /&gt;Cet apprentissage et cet enseignement que je trouve dans l'&#339;uvre de Mar&#237;a Fernanda, et en particulier dans cette s&#233;rie, r&#233;veillent en moi une affinit&#233; esth&#233;tique profonde et touchante. Comme registre, carte, rassemblement d'histoires, pinacoth&#232;que et catalogue d'intuitions, &lt;i&gt;D&#233;dalo&lt;/i&gt; interpelle depuis de tr&#232;s divers et intelligents angles celui qui regarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'espagnol par Saga Esed&#237;n Rojo&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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