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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Pierre Clerk&#160;: un artiste canadien &#224; New York</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Pierre-Clerk-un-artiste-canadien-a-New-York</link>
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		<dc:date>2025-05-23T11:07:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles H&#233;nault</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Texte publi&#233; dans le catalogue de l'exposition Pierre Clerk&#160;: &#339;uvres r&#233;centes, peintures et sculptures, Centre culturel canadien, Paris,1981 Au sujet de l'artiste qui est expos&#233; pr&#233;sentement, j'&#233;crivais, il y a quelques ann&#233;es, ce qui suit. ll y a peu de peintres canadiens du Qu&#233;bec dont les &#339;uvres soient dans les collections du Mus&#233;e d'art moderne de New York, du Guggenheim, de la Chase Manhattan Bank et qui aient particip&#233; successivement aux expositions de la Biennale de Venise, de&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Texte publi&#233; dans le catalogue de l'exposition &lt;i&gt;Pierre Clerk&#160;: &#339;uvres r&#233;centes, peintures et sculptures&lt;/i&gt;, Centre culturel canadien, Paris,1981&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sujet de l'artiste qui est expos&#233; pr&#233;sentement, j'&#233;crivais, &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Topologie-urbaine' class=&#034;spip_in&#034;&gt;il y a quelques ann&#233;es&lt;/a&gt;, ce qui suit.&lt;br class='manualbr' /&gt;ll y a peu de peintres canadiens du Qu&#233;bec dont les &#339;uvres soient dans les collections du Mus&#233;e d'art moderne de New York, du Guggenheim, de la Chase Manhattan Bank et qui aient particip&#233; successivement aux expositions de la Biennale de Venise, de Carnegie International et de Rosc International. C'est pourtant le cas de Pierre Clerk, qui v&#233;cut pendant plusieurs ann&#233;es &#224; Saint-Hilaire, r&#233;gion du Qu&#233;bec renomm&#233;e pour ses pommes et pour ses grands peintres, tels Paul-Emile Borduas et Ozias Leduc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le moment o&#249; j'&#233;crivais ces lignes, Pierre Clerk a poursuivi sa carri&#232;re, et l'on pourrait allonger consid&#233;rablement la liste des mus&#233;es, des collectionneur&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;ses priv&#233;&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es ou des institutions qui ont ajout&#233; une ou plusieurs de ses &#339;uvres &#224; leurs collections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mus&#233;e d'art moderne de New York (avant-gardiste comme toujours) l'avait inclus d&#232;s 1955 dans l'exposition &lt;i&gt;Les nouveaux talents&lt;/i&gt; et lui avait achet&#233; une toile, l'ann&#233;e suivante, &lt;i&gt;Peinture n&#176;2&lt;/i&gt;. Puis, en 1960, la Galerie nationale du Canada fit l'acquisition d'une &#339;uvre de Clerk, peinte en 1955 et intitul&#233;e &lt;i&gt;Motifs multicolores&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarquera que cette p&#233;riode est caract&#233;ris&#233;e par une influence tr&#232;s certaine de Klee, en particulier, car ce Canadien est n&#233; aux &#201;tats- Unis d'une m&#232;re francophone (Fernande Choquette, dont Ia famille a donn&#233; plusieurs artistes au Qu&#233;bec, notamment le po&#232;te Gilbert Choquette et le peintre Charles Gagnon) et c'est pourquoi, sans doute au lieu d'aller directement &#224; New York comme plusieurs peintres de sa g&#233;n&#233;ration, il a choisi, en quittant le Canada apr&#232;s ses &#233;tudes, d'aller vivre &#224; Paris, de 1952 &#224; 1954, avant de s'&#233;tablir pendant quelque temps &#224; Florence. Il admet donc avoir &#233;t&#233; influenc&#233;, d'abord, par la peinture europ&#233;enne, notamment par C&#233;zanne et Matisse dans les &#339;uvres figuratives du d&#233;but de sa carri&#232;re. Plus tard, c'est Klee et Mondrian qui prendront la rel&#232;ve, mais Mir&#243; figure aussi parmi ceux que l'on pourrait appeler ses &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;p&#232;res spirituels&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, l'&#233;cole am&#233;ricaine n'avait pas encore coup&#233; le cordon ombilical qui la reliait &#224; la peinture europ&#233;enne, et notamment a l'&#233;cole de Paris. C'est pourquoi l'&#233;volution de Pierre Clerk est d'un int&#233;r&#234;t particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, des &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/1953-1958#damier' class=&#034;spip_in&#034;&gt;toiles&lt;/a&gt; comme &lt;i&gt;Peinture #2&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Motifs multicolores&lt;/i&gt; se partagent en zones de signes divers, cercles, damiers, lignes parall&#232;les, croix, taches, vagues calligraphies qui parviennent &#224; cr&#233;er l'unit&#233; th&#233;matique dans la diversit&#233; graphique. Clerk n'a pas encore tent&#233; de faire une synth&#232;se de tous ces apports qui envahissent la surface du tableau, bien que l'artiste r&#233;ussisse &#224; leur assigner des zones d'influence o&#249; l'impr&#233;vu, le spontan&#233;, le gestuel entre dans un rapport dialectique avec le structur&#233;, le s&#233;riel. Cette vari&#233;t&#233; d'&#233;l&#233;ments t&#233;moigne de la richesse du temp&#233;rament du peintre. La couleur y est toujours fortement pr&#233;sente mais le noir a tendance &#224; cerner les formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arrivant &#224; New York, en 1959, Clerk sera n&#233;cessairement intrigu&#233; par ce qui s'y passe, par cette mutation qui va bient&#244;t entra&#238;ner la peinture am&#233;ricaine dans sa propre orbite. Pourtant, Pierre Clerk, sans doute immunis&#233; par l'exp&#233;rience des peintres europ&#233;ens de l'abstraction lyrique (dont celle de son compatriote Jean-Paul Riopelle) va sauter par-dessus l'expressionnisme abstrait alors en vogue, et l'action painting de Pollock. Ensuite, il va m&#234;me contourner l'exp&#233;rience si typiquement am&#233;ricaine du pop art. Son expression ant&#233;rieure et la structure de ses tableaux ne s'y pr&#234;tent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc en solitaire qu'il va poursuivre sa propre exp&#233;rimentation, fid&#232;le &#224; lui-m&#234;me et sans se laisser d&#233;tourner de sa voie par le succ&#232;s des transformations successives de la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sc&#232;ne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; artistique new-yorkaise. Plus tard, il sera rejoint par les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;minimalistes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui venaient de d&#233;couvrir, avec Ad Reinhardt, que &lt;i&gt;less is more&lt;/i&gt; -le moins, c'est le plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clerk se dirige lentement vers cet art &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;pur&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, comme en t&#233;moignent ses tableaux de 1965 expos&#233;s &#224; la Galerie Seth Siegelaub, &#224; New York. Il n'acceptera pas tr&#232;s longtemps les ambigu&#239;t&#233;s de formes et de couleurs qui font du tableau &#224; la fois une projection des fantasmes du peintre et un objet plastique. Un tournant radical s'amorce, avec la &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Peintures-51834' class=&#034;spip_in&#034;&gt;s&#233;rie des grands tableaux en noir et blanc&lt;/a&gt; o&#249; s'affirment les formes g&#233;om&#233;triques, dans un espace encore illusoire. (Son p&#232;re, &#201;douard Clerk, &#233;tait architecte. Il est c&#233;l&#232;bre pour avoir invent&#233; une double fen&#234;tre &#224; glissi&#232;res, en aluminium. Ceux qui connaissent les rigueurs de l'hiver canadien comprendront l'importance de cette invention. Pierre semble s'en souvenir, et m&#234;me &#233;prouver une nostalgie concernant les pouvoirs de l'architecte, D&#233;sormais, c'est l'int&#233;gration de son art &#224; l'architecture qui va le hanter).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ll faut dire aussi q&#432;'une rencontre l'a particuli&#232;rement marqu&#233;, celle du critique d'art et ancien directeur du Mus&#233;e Guggenheim de New York, James Johnson Sweeney. Tous deux sont de fervents admirateurs de Mondrian (minimaliste avant la lettre, tout comme Malevitch bien s&#251;r, et combien d 'autres artistes europ&#233;en&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;nes). Sweeney va confirmer Pierre Clerk dans sa recherche et plus tard, quand ce dernier voudra traduire ses &#339;uvres plastiques en tapisseries, il &#233;crira ce qui suit (je traduis)&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Dans ses peintures, ses collages, ses &#339;uvres graphiques, et m&#234;me dans ses sculptures, Pierre Clerk, pour affirmer l'unit&#233; stylistique de ses cr&#233;ations, a surtout utilis&#233; la tension entre les couleurs, les formes et les relations spatiales des &#233;l&#233;ments qu'il met en &#339;uvre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, sa p&#233;riode de formes noires sur fond blanc (ou vice versa, car il s'agit d'un rapport positif-n&#233;gatif) ne r&#233;pond pas enti&#232;rement &#224; cette d&#233;finition. Toutes ces toiles sont construites selon des structures de perspectives illusoires&#160;: la troisi&#232;me dimension y persiste dans la dynamique m&#234;me de l'espace. (Dans un article &#224; leur propos, je parlais de topologie, au sens g&#233;om&#233;trique du terme, plut&#244;t que de topographie qui ne serait que la description g&#233;ographique d'un lieu.) Des toiles comme &lt;i&gt;Tadhg&lt;/i&gt;, de la collection Gulf Oil de Pittsburgh, choisie pour l'exposition Rosc International, ou &lt;i&gt;Great Jones 2&lt;/i&gt;, du Mus&#233;e Whitney, ou encore &lt;i&gt;Time Square&lt;/i&gt;, de la collection Saul Steinberg, sont l'expression de l'agression m&#233;tropolitaine (&#233;changeurs, circuits, bretelles, d&#233;viations), nouveaux labyrinthes de la vie moderne dont on ne sort vivant qu'en suivant les trac&#233;s qui s'entrecroisent &#224; divers niveaux. Autostrades, si l'on veut, mais surtout probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre selon les lois du hasard&#160;: rues ou autoroutes qui semblent ne mener nulle part. De toute fa&#231;on, une forme perce la toile et se prolonge dans un espace qui n'est qu'un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ailleurs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce sont la des &#339;uvres ouvertes qui nous laissent imaginer un voyage, une fuite vers quelque part...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, Pierre Clerk a beaucoup voyag&#233;. Apr&#232;s ses &#233;tudes &#224; Montr&#233;al, ses s&#233;jours en France et en Italie, il s'est install&#233; &#224; New York, mais les n&#233;cessit&#233;s de son m&#233;tier (quand il a voulu faire r&#233;aliser de grandes tapisseries) autant que la curiosit&#233; l'ont amen&#233; &#224; visiter le Mexique. Plus tard, il a fait le tour du monde pour accompagner deux expositions de ses &#339;uvres, de Mexico &#224; l'&#201;quateur, de New Delhi &#224; T&#233;h&#233;ran, de Tokyo &#224; Hong Kong, de Singapour &#224; l'Australie. Ce qui fait que ce Canadien n&#233; aux &#201;tats-Unis a une &#339;uvre au Mus&#233;e d'art contemporain de T&#233;h&#233;ran, en Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Clerk n'&#233;prouve aucune difficult&#233; &#224; admettre qu'il est un artiste de la tendance &lt;i&gt;hard-edge&lt;/i&gt;, tendance qui remonte aux constructivistes russes et aux supr&#233;matistes qui &#339;uvraient au d&#233;but du si&#232;cle. Cette tradition s'est perp&#233;tu&#233;e en France, notamment chez Robert Delaunay, comme en t&#233;moigne sa grande r&#233;alisation de 1937 intitul&#233;e &lt;i&gt;Panneau&lt;/i&gt; de l'entr&#233;e du hall des R&#233;seaux, dans la collection du Mus&#233;e national d'art moderne de Paris. &#192; un moment ou l'autre de leur &#233;volution, beaucoup d'autres artistes europ&#233;en&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;nes ont structur&#233; leurs tableaux selon des formes g&#233;om&#233;triques et utilis&#233; des couleurs en &#224;-plat. &#192; titre d'exemples, mentionnons Fernand L&#233;ger, Auguste Herbin, Richard Mortensen, Jean Dewasne, Victor Vasarely, Mondrian &#233;videmment, et cette liste est loin d'&#234;tre exhaustive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, ce sont les minimalistes qui ont tent&#233; de pousser plus loin cette tendance, en peinture comme en sculpture. Pourtant, dans ses toiles r&#233;centes, dans ses s&#233;rigraphies et surtout dans ses tapisseries monumentales, Pierre Clerk va au-del&#224; d'un art qui se confond parfois avec le design. Il compose un environnement qui s'int&#232;gre &#224; l'architecture moderne. Ici encore, le t&#233;moignage de Sweeney s'av&#232;re essentiel&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ce que Clerk r&#233;alise dans ses &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Tapisseries-51835' class=&#034;spip_in&#034;&gt;tapisseries&lt;/a&gt; [...] c'est son apport personnel &#224; la solution du principal probl&#232;me dans les arts visuels contemporains, notamment le fait que les rapports sont plus importants que les objets qu'on met en relation&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et surtout, ses &#339;uvres sont empreintes d'une chaleur humaine qui donne plaisir au&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;&#224; la spectateur&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;rice.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Il relie &#233;videmment ce plaisir, non seulement aux couleurs et &#224; la structure des tapisseries, mais aussi &#224; leur texture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, le &lt;i&gt;hard-edge&lt;/i&gt; devient plus ou moins &lt;i&gt;soft-edge&lt;/i&gt;, les lignes qui s&#233;parent les formes deviennent plus floues et le g&#233;om&#233;trisme lui-m&#234;me s'assouplit pour &#233;tablir un contraste avec les lignes rigides des murs. Ce qui les caract&#233;rise, c'est encore une illusion&#160;: celle d'une instabilit&#233; apparente de formes qui se d&#233;ploient dans un espace &#224; deux dimensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour retrouver la troisi&#232;me dimension, Pierre Clerk aura recours &#224; la solution la plus rationnelle&#160;: la sculpture. Bien s&#251;r, ces &#339;uvres ont quelque chose de minimal, &#224; cause de la puret&#233; des volumes et de l'utilisation d'une seule couleur pour chaque ensemble. Pourtant, les formes &#233;chappent au g&#233;om&#233;trisme &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;primaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d'un Donald Judd, d'un Ronald Bladen ou d'un Robert Morris. Gr&#226;ce &#224; des plans inclin&#233;s, &#224; des structures vaguement rhombo&#239;dales, &#224; des courbes, &#224; des angles ouverts, il en arrive &#224; cr&#233;er l'impression d'une esp&#232;ce de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;boogie-woogie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sculptural que les d&#233;placements du&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;de la spectateur&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;rice autour de l'ensemble peuvent animer davantage, en entrainant les formes dans des perspectives toujours changeantes. La couleur elle-m&#234;me, &#233;tal&#233;e sur des volumes d'une fa&#231;on non s&#233;quentielle, contribue &#224; l'animation de chaque pi&#232;ce. M&#234;me &#224; petite &#233;chelle, ces sculptures sont monumentales et l'on con&#231;oit tr&#232;s bien qu'elles puissent se d&#233;ployer sur une grande place pour donner &#224; l'espace urbain couleur et structures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Clerk en est l&#224; dans ses travaux. Il r&#234;ve de participer &#224; la construction de la Cit&#233;, comme l'ont fait des artistes &#224; Paris, &#224; Florence, et &#224; un moindre degr&#233;, &#224; New York.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Topologie urbaine</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Topologie-urbaine</link>
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		<dc:date>2025-05-23T10:44:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles H&#233;nault</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Article paru dans la revue Vie des Arts, Volume 18, num&#233;ro 71, &#233;t&#233; 1973 Il y a peu de peintres canadiens du Qu&#233;bec dont les &#339;uvres soient dans les collections du Mus&#233;e d'art moderne de New York, du Guggenheim, de la Chase Manhattan Bank et qui aient particip&#233; successivement aux expositions de la Biennale de Venise, de Carnegie International et de Ros International. C'est pourtant le cas de Pierre Clerk qui v&#233;cut pendant plusieurs ann&#233;es &#224; Saint-Hilaire, r&#233;gion renomm&#233;e pour ses pommes&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-29312" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Article paru dans la revue &lt;i&gt;Vie des Arts&lt;/i&gt;, Volume 18, num&#233;ro 71, &#233;t&#233; 1973&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a peu de peintres canadiens du Qu&#233;bec dont les &#339;uvres soient dans les collections du Mus&#233;e d'art moderne de New York, du Guggenheim, de la Chase Manhattan Bank et qui aient particip&#233; successivement aux expositions de la Biennale de Venise, de Carnegie International et de Ros International. C'est pourtant le cas de Pierre Clerk qui v&#233;cut pendant plusieurs ann&#233;es &#224; Saint-Hilaire, r&#233;gion renomm&#233;e pour ses pommes et pour ses grands peintres, tels que Paul-&#201;mile Borduas et Ozias Leduc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, Clerk a bien connu le vieil Ozias Leduc, qui &#233;tait un ami de la famille. Durant toute sa jeunesse, il a v&#233;cu entour&#233; des &#339;uvres du ma&#238;tre et il croit que cette pr&#233;sence n'est peut-&#234;tre pas &#233;trang&#232;re &#224; sa vocation de peintre. Il se souvient &#233;galement du temps o&#249; Riopelle et certains autres membres du groupe des automatistes participaient &#224; la cueillette des pommes dans le verger de son p&#232;re, architecte et inventeur, qui s'adonne lui-m&#234;me, de temps &#224; autre, &#224; des exp&#233;riences picturales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs ann&#233;es, Pierre Clerk vit &#224; New York dans un loft du Bowery, dans le voisinage d'autres artistes am&#233;ricain&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es tr&#232;s connu&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es. C'est dans ce secteur &#233;galement que plusieurs galeries importantes ont pris possession de vastes espaces d'exposition, dans des immeubles remis &#224; neuf, qui font para&#238;tre encore plus v&#233;tustes les maisons croulantes des environs. Dans ce quartier populaire n&#233;glig&#233;, le travail de Pierre Clerk apparait comme celui d'un urbaniste solitaire et utopiste qui r&#234;ve sur ses &#233;pures, Je me r&#233;f&#232;re ici a ses &#339;uvres g&#233;om&#233;triques et &lt;i&gt;hard-edge&lt;/i&gt; en noir et blanc qui repr&#233;sentent la plus grande partie ce sa production depuis 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clerk ne cache pas son admiration pour certains artistes du Bauhaus, ainsi que pour Mondrian, bien que sa probl&#233;matique soit bien diff&#233;rente de ce dernier. C'est par un certain esprit de modernit&#233;, au sens presque architectural du mot qu'on pourrait le rattacher &#224; tout un mouvement g&#233;ometriste qui va des peintres russes de la R&#233;volution aux artistes am&#233;ricain&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es que l'on a regroup&#233;s sous le terme assez flou de minimal. Je dis qu'il s'agit d'un terme flou, car sous cette d&#233;nomination, dans certaines anthologies am&#233;ricaines, on fait voisiner des recherches aussi diff&#233;rentes que celles de Duchamp et de Giacometti, de Caro et de Warhol, de Rauschenberg et de Agam, ainsi que les exp&#233;riences en art cin&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour revenir &#224; Clerk, on a souvent fait le rapprochement entre ses tableaux et l'agencement g&#233;om&#233;trique des voies de circulation aux abords des grandes villes, autoroutes, &#233;changeurs, &lt;i&gt;highways&lt;/i&gt; trac&#233;s au compas et sur&#233;lev&#233;s, etc. C'est, en effet, une des impressions qu'on peut avoir, &#224; premi&#232;re vue, devant les agencements courbes et rectilignes qui animent ses tableaux. Cependant, s'il ne s'agissait que de cela, nous aurions affaire &#224; un photographisme banal, &#224; une sorte de copie conforme d'une r&#233;alit&#233; toujours pr&#233;sente dans la vie quotidien des automobilistes urbain&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mon avis, l'art de Pierre Clerk rel&#232;ve beaucoup plus &#271;'une esp&#232;ce de math&#233;matique des formes, d'une topologie plut&#244;t que d'une topographie. Qu'il s'agisse de courbes de droites, leur entrelacement cr&#233;e une ou dynamique directionnelle, en m&#234;me temps qu'un espace illusoire &#224; trois dimensions. Ses tableaux se caract&#233;risent souvent par une construction stable, au travers de laquelle passe un vecteur. Cela cr&#233;e un champ de force qui atteint son &#233;nergie maximum aux points de rencontre des lignes dynamiques et statiques. Pour permettre l'&#233;clatement des formes et leur projection dans un espace imaginaire, l'artiste utilise parfois un tableau rond ou ovale. On peut alors se repr&#233;senter les lignes courbes comme se refermant quelque part, dans un autre espace, en cercles complets, et m&#234;me des parall&#232;les se rencontrant ou divergeant dans un infini comme diraient les math&#233;maticien&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;nes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien sur, nous n'avons pas affaire &#224; des objets math&#233;matiques et tout rapprochement avec ces derniers ne peut que servir prolonger les impressions premi&#232;res d'une r&#233;alit&#233; plastique qui se situe au c&#339;ur m&#234;me de la vie contemporaine, o&#249; la ville est per&#231;ue comme une esp&#232;ce de sur-nature qui oblige l'homme &#224; cr&#233;er &#224; partir de ses propres cr&#233;ations. Ceci nous autoriserait &#224; consid&#233;rer toute une p&#233;riode de l'art contemporain am&#233;ricain (et c'est particuli&#232;rement &#233;vident pour le pop art) comme la transposition d'un n&#233;o-r&#233;alisme urbain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Peintures-51834' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les tableaux en noir et blanc&lt;/a&gt; de Clerk pourraient nous laisser la fausse impression que l'artiste se m&#233;fie de la couleur. Ce parti-pris est assez r&#233;cent dans son &#233;volution, et il sert &#224; donner plus de clart&#233; et plus de force percutante &#224; son &lt;i&gt;statement&lt;/i&gt;. Comme la plupart des artistes de sa g&#233;n&#233;ration, Clerk est pass&#233; du figuratif au non-figuratif, puis d'une abstraction lyrique (ou de l'&lt;i&gt;abstract expressionnism&lt;/i&gt;, comme disent les Am&#233;ricains) &#224; une &lt;i&gt;hard-edge&lt;/i&gt; g&#233;om&#233;trique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute sa p&#233;riode abstraite ant&#233;rieure est tr&#232;s color&#233;e, mais on y voit appara&#238;tre peu &#224; peu des zones noires et des &#233;l&#233;ments g&#233;om&#233;triques qui indiquent son cheminement vers une plus grande g&#233;n&#233;ralisation des formes. D'ailleurs, il a r&#233;alis&#233; parall&#232;lement &#224; ses tableaux en noir et blanc une abondante suite de s&#233;rigraphies o&#249;, &#224; l'int&#233;rieur de formes simples, vibrent de belles couleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; New York, o&#249; les &#233;coles apparaissent et disparaissent au rythme des humeurs de la critique ou des engouements passagers, Pierre Clerk poursuit une carri&#232;re dont l'&#233;volution s'accorde &#224; sa recherche personnelle et &#224; sa propre sensibilit&#233;, ce qui n'est pas un mince m&#233;rite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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