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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Pierre Clerk&#160;: Out of His Mind</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Pierre-Clerk-Out-of-His-Mind</link>
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		<dc:date>2025-05-23T10:34:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Condello</dc:creator>



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&lt;p&gt;Texte publi&#233; dans le catalogue de l'exposition Pierre Clerk&#160;: Out of His Mind, Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico, Bordeaux, 2012 Logique de la vision La loi de cl&#244;ture de la Gestalt-th&#233;orie indique qu'une forme ferm&#233;e est mieux reconnue comme une figure qu'une forme ouverte. Un arc de cercle sera plus ais&#233;ment lu comme figure si l'on peut le prolonger pour le percevoir comme cercle (Cr&#232;te &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;II&lt;/span&gt;), ou une forme serpentine, comme une sorte de c&#226;ble, visible par intermittence,&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Texte publi&#233; dans le catalogue de l'exposition &lt;i&gt;Pierre Clerk&#160;: Out of His Mind&lt;/i&gt;, Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico, Bordeaux, 2012&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Logique de la vision&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi de cl&#244;ture de la Gestalt-th&#233;orie indique qu'une forme ferm&#233;e est mieux reconnue comme une figure qu'une forme ouverte. Un arc de cercle sera plus ais&#233;ment lu comme figure si l'on peut le prolonger pour le percevoir comme cercle (&lt;i&gt;Cr&#232;te &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;II&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;), ou une forme serpentine, comme une sorte de c&#226;ble, visible par intermittence, courant sous une surface color&#233;e (&lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/-1969-#interlock' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Interlock&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;). Les toiles de Pierre Clerk expos&#233;e pour &lt;i&gt;Out of His Mind&lt;/i&gt; semblent ainsi creuser les lois de perception du visible avec attention. S'il ne s'agit bien entendu pas de forger des images &#224; double lecture &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. le vase de Rubin, le lapin-canard, etc. de la Gestalt-th&#233;orie (fond&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, il est cependant manifeste que le travail du peintre s'appuie ici sur une profonde sensibilit&#233; &#224; la couleur pour poser la question de la forme en tant que telle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi la capacit&#233; du chromatisme &#224; faire forme qui int&#233;resse l'artiste (cf. son admiration pour le Matisse des papiers d&#233;coup&#233;s). La couleur fonctionne ici comme une sorte de mati&#232;re, ou mieux&#160;: comme l'ensemble des pi&#232;ces d'un casse-t&#234;te dont il faudrait construire l'assemblage le plus pr&#233;cis&#233;ment possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Clerk &#233;labore ainsi une sorte de m&#233;canique de la couleur, dans laquelle les tonalit&#233;s sont autant de pi&#232;ces d'une &#233;trange et infinie machine, sans cesse r&#233;ajust&#233;es. Ainsi, dans une r&#233;cente s&#233;rie de toiles (expos&#233;es dans &lt;i&gt;Couleur, Forme, Espace&lt;/i&gt;), l'artiste joue-t-il de la possibilit&#233; d'identifier des formes qui semblent pourtant &#234;tre diffract&#233;es sur plusieurs plans. Les peintures expos&#233;es ici, plus r&#233;centes, montrent elles aussi des formes qui donnent l'impression de se mouvoir dans la troisi&#232;me dimension, mais qui dans le m&#234;me temps d&#233;mentent cette impression et rabattent toutes les couleurs sur la plan&#233;it&#233; de la toile.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il y a donc dans ces images un travail sur la profondeur, &#224; la fois affirm&#233;e et ni&#233;e, prenant en compte les logiques du medium avec lequel l'artiste &#339;uvre, pour mieux les faire jouer. Entendez&#160;: r&#233;introduire du jeu dans les pi&#232;ces d'une m&#233;canique trop bien huil&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue les formes de Clerk sont comme les diagrammes de l'entrelacs qui enserre dans une m&#234;me boucle le corps du sujet percevant et le monde. La perception n'est pas pure contemplation d'&#233;l&#233;ments s&#233;par&#233;s, auxquels je ferais face comme un &#234;tre d&#233;sincarn&#233; et en survol par rapport au monde. Mais dans le m&#234;me temps, on n'acc&#232;de aux choses que par le biais d'une distance par rapport &#224; cette perception, &#224; cette foi en l'illusion perceptive, que le peintre met en sc&#232;ne en jouant de la plan&#233;it&#233;/profondeur de la toile. Il y a ici un entrelacs reliant le monde et le sujet, et dans le m&#234;me temps un chiasme qui les s&#233;pare - qui les relie tout en les s&#233;parant. On sait que ces cat&#233;gories sont celles avec lesquelles Merleau-Ponty voulait penser le rapport perceptif au monde, cette mani&#232;re particuli&#232;re d'&#234;tre au monde qui est celle de l'homme, et qui se manifeste &#224; m&#234;me la perception &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Merleau-Ponty, Le visible et l'invisible, coll. TEL&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Ici la toile met en sc&#232;ne chiasme et entrelacs, met &#224; nu la logique de la perception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Topologie et g&#233;om&#233;trie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait d'usage, dans l'Antiquit&#233;, de tracer au sol le plan de la ville que l'on d&#233;sirait fonder, en s'appuyant sur des formes g&#233;om&#233;triques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les augures, pour d&#233;cider du moment opportun pour lancer une offensive, d&#233;coupaient dans le ciel des formes pures et y lisaient les courbes que les oiseaux y tra&#231;aient. Pythagore, on le sait, avait fond&#233; une soci&#233;t&#233; mystique dans laquelle les figures et les nombres avaient valeur magique. La g&#233;om&#233;trie et la magie avaient ainsi partie li&#233;e. Sans doute y a-t-il quelque chose de profond&#233;ment myst&#233;rieux dans cet accord entre la math&#233;matique et le r&#233;el&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; accord que la magie tente d'apprivoiser comme elle peut. Mais il y a plus&#160;: la g&#233;om&#233;trie pose sur le sol des formes pures tir&#233;es du ciel des Id&#233;es - elle donne lieu. Par sa capacit&#233; &#224; produire arbitrairement des formes dans l'espace, elle donne aux espaces qu'elle sert &#224; fonder l'apparence de n&#233;cessit&#233; propre &#224; toutes les productions intellectuelles qui ob&#233;issent &#224; des r&#232;gles pr&#233;cises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nombre de toiles de Clerk ne repr&#233;sentent pas des lieux, elles en empruntent les noms&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aux plans &#233;tag&#233;s de la couleur, l'artiste ajoute celui de la signification. On repense ainsi &#224; la s&#233;rie des toiles auxquelles le peintre donna des &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Peintures-51834#maya' class=&#034;spip_in&#034;&gt;noms de cit&#233;s mayas&lt;/a&gt;, &#224; leur forme g&#233;om&#233;trique, et &#224; l'int&#233;r&#234;t magique que cette civilisation portait aux math&#233;matiques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et Palenque apparait ici non plus uniquement comme un possible diagramme des cit&#233;s disparues, mais comme une mise en &#339;uvre (plus qu'une repr&#233;sentation) de cette puissance magique propre &#224; la forme, de cette capacit&#233; &#224; susciter du sens quand elle semble n'&#234;tre qu'un fant&#244;me extrait du r&#233;el - elle met en &#339;uvre la g&#233;om&#233;trie en tant que forme pure et magique qui donne lieu dans l'espace indiff&#233;renci&#233;. Le &lt;i&gt;Dasein&lt;/i&gt; est l&#224;, &#224; un moment donn&#233;, et il a &#224; assumer cette facticit&#233; - il est jet&#233;-l&#224; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Martin Heidegger, &#202;tre et temps, 1927. Traduction Martineau (hors commerce) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, sur le sol, sans rep&#232;res&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les math&#233;matiques permettent d'y d&#233;couper des formes qui pourront &#234;tre remplies de sens - et tant pis si ce sens reste une projection. Que ce soit Alexandrie d'Egypte ou le New-York o&#249; v&#233;cut Pierre Clerk, la ville ne semble devoir trouver son assise dans le sol que par l'acte magique de la g&#233;om&#233;trie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abstraction et la vie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que la peinture abstraite, comme son nom l'indique, provient paradoxalement de la vie. Elle ne peut en &#234;tre proche, s'en approcher, qu'en lui tournant le dos. Et de ce point de vue, il n'est pas inint&#233;ressant de se pencher sur les exp&#233;riences que le peintre reconnait comme matricielles pour son travail - et tant pis (tant mieux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?) s'il s'agit de reconstructions a posteriori.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clerk parle volontiers de ces tapis &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;orientaux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sur lesquels il jouait enfant, et qui furent pour lui l'exp&#233;rience premi&#232;re de la couleur. Au ras du sol, on peut y construire des ch&#226;teaux, des formes avec des cubes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; petit augure, petit architecte, au ras de la couleur d&#233;j&#224; d&#233;coup&#233;e en formes g&#233;om&#233;triques et r&#233;p&#233;titives, dont la loi de composition reste pour l'&#339;il difficile &#224; cerner, pris dans leurs m&#233;andres et leurs entrelacs, sans doute y a-t-il l&#224; une exp&#233;rience matricielle de cette magie de la g&#233;om&#233;trie. De m&#234;me, on sait que Clerk a beaucoup &#233;t&#233; marqu&#233; par les tapisseries des peuples autochtones du nord canadien, lors de son enfance. Et les figures g&#233;om&#233;triques de ces tissages ont d'ailleurs donn&#233; lieu &#224; une s&#233;rie qui emprunte ses titres &#224; des noms de villes inuites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfance de l'artiste et enfance de l'art, comme l'on disait il y a (heureusement) quelques temps de cela&#160;: artisanat qui repose sur l'utilisation de formes simples pour construire des objets utilitaires dot&#233;s de forces magiques li&#233;es &#224; leur forme. Puissance &#233;vocatrice aussi, sans doute, de ces villes pos&#233;es dans le grand espace g&#233;om&#233;trique du nord canada. Les hommes s'ancrent dans le sol comme ils peuvent - Clerk a trouv&#233; le moyen de la couleur et des formes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Cf. le vase de Rubin, le lapin-canard, etc. de la Gestalt-th&#233;orie (fond&#233;e par Koffka Wertheimer et K&#246;hler au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Maurice Merleau-Ponty, &lt;i&gt;Le visible et l'invisible&lt;/i&gt;, coll. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TEL&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Martin Heidegger, &lt;i&gt;&#202;tre et temps&lt;/i&gt;, 1927. Traduction Martineau (hors commerce) disponible sur internet&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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