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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Journ&#233;es d'&#233;t&#233; dans la vall&#233;e de la Stour</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andrew Lambirth</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'expression &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Pays de Constable&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#233;voque un paysage typiquement anglais&#160;: des rivi&#232;res et des prairies, des panoramas ouverts bord&#233;s d'arbres, les verts et les ors des terres cultiv&#233;es, avec, au-dessus de tout cela, le ciel large (et souvent brumeux) de l'East Anglia. John Constable (1776-1837) est l'un de nos plus grands artistes et certainement l'un des plus populaires. Sa vision de l'Angleterre rurale est devenue un id&#233;al ch&#233;ri de l'apparence des paysages, et repr&#233;sente autant un &#233;tat&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'expression &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Pays de Constable&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#233;voque un paysage typiquement anglais&#160;: des rivi&#232;res et des prairies, des panoramas ouverts bord&#233;s d'arbres, les verts et les ors des terres cultiv&#233;es, avec, au-dessus de tout cela, le ciel large (et souvent brumeux) de l'East Anglia. John Constable (1776-1837) est l'un de nos plus grands artistes et certainement l'un des plus populaires. Sa vision de l'Angleterre rurale est devenue un id&#233;al ch&#233;ri de l'apparence des paysages, et repr&#233;sente autant un &#233;tat d'esprit qu'un lieu r&#233;el. En r&#233;alit&#233;, elle est bas&#233;e sur le village d'East Bergholt o&#249; Constable est n&#233;, dans la r&#233;gion frontali&#232;re entre l'Essex et le Suffolk, et s'&#233;tend jusqu'&#224; Dedham Vale et la vall&#233;e de la rivi&#232;re Stour. Constable a peint le c&#233;l&#232;bre Flatford Mill, situ&#233; &#224; proximit&#233;, et le National Trust y g&#232;re aujourd'hui un centre d'accueil des visiteurs, qui comprend la Boat House Gallery, o&#249; sont expos&#233;s des artistes contemporains de l'East Anglia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La galerie pr&#233;sente actuellement une petite s&#233;lection de photographies en couleur de Justin Partyka. Partyka a suivi une formation de folkloriste &#224; l'universit&#233; Memorial de Terre-Neuve, ce qui est peut-&#234;tre plus &#233;vident si l'on consid&#232;re son travail ant&#233;rieur sur les petites fermes traditionnelles de l'East Anglia. (En 2009, il a organis&#233; une exposition personnelle de ces photographies agraires au Sainsbury Centre for Visual Arts de Norwich, qui a &#233;t&#233; tr&#232;s bien accueillie). Je lui ai demand&#233; comment sa formation en folklore l'avait pr&#233;par&#233; &#224; devenir photographe. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je pense que cela m'a ouvert les yeux sur la possibilit&#233; de me concentrer sur des choses sp&#233;cifiques et sur la mani&#232;re dont un lieu fa&#231;onne la culture, les gens et le paysage - &#224; la fois les choses mat&#233;rielles et immat&#233;rielles. J'&#233;tais tr&#232;s int&#233;ress&#233; par le Sud am&#233;ricain et les &#339;uvres qui en sont issues - la litt&#233;rature, la photographie et surtout la musique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. La musique Blue Grass du Kentucky a suscit&#233; un enthousiasme pr&#233;coce, de m&#234;me que Bob Dylan. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les toutes premi&#232;res photographies de Dylan ont &#233;t&#233; prises par un photographe nomm&#233; John Cohen, qui est &#233;galement r&#233;alisateur de films, collectionneur de chansons folkloriques et musicien folklorique. Voil&#224; quelqu'un qui a tout r&#233;uni, qui m'a inspir&#233; et qui m'a sugg&#233;r&#233; que tous mes centres d'int&#233;r&#234;t avaient une raison d'&#234;tre et que je pouvais en faire quelque chose&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exposition de Partyka ne comprend que huit photographies, toutes repr&#233;sentant le pays de Constable en &#233;t&#233;, mais aucun sujet &#233;vident de Constable. Elles existent en deux formats, 7 x 10 pouces et 13 x 20 pouces, et sont toutes vendues en &#233;ditions strictement limit&#233;es. La taille relativement petite de l'&#339;uvre est une r&#233;action contre la tendance actuelle aux photographies gigantesques, et bien que Partyka ait lui-m&#234;me r&#233;alis&#233; des &#339;uvres de grande taille dans ses pr&#233;c&#233;dentes s&#233;ries sur l'East Anglia, il a voulu encourager le spectateur &#224; s'approcher de ces images. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La photographie porte sur ces petits endroits cach&#233;s, assez d&#233;taill&#233;s, et j'aime l'id&#233;e qu'il faut s'approcher pour les voir&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partyka travaille avec des pellicules, pr&#233;f&#233;rant leurs qualit&#233;s tangibles &#224; la magie cybern&#233;tique de l'imagerie num&#233;rique. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Cela fait plus de dix ans que je travaille ainsi, je ne veux pas changer, je suis tr&#232;s &#224; l'aise avec ma fa&#231;on de travailler et avec la pellicule que j'utilise. La photographie peut &#234;tre tr&#232;s technique, mais cela ne m'int&#233;resse pas vraiment. La majeure partie de mon travail, et certainement ce dont je suis le plus fier, concerne l'East Anglia. Je pense qu'en g&#233;n&#233;ral, les artistes r&#233;alisent leurs meilleures &#339;uvres pr&#232;s de chez eux. Bien qu'il y ait l'id&#233;e du photo-journaliste qui voyage &#224; travers le monde, je pr&#233;f&#232;re travailler sur le pas de ma porte&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. De m&#234;me, il admire le travail du graveur Michael Carlo et du peintre Simon Carter, qui sont tous deux enracin&#233;s dans leur propre localit&#233;. Carlo se concentre sur le champ derri&#232;re sa maison dans le Suffolk, Carter peint la c&#244;te de l'Essex autour de Frinton. Tous deux cherchent, comme Partyka, &#224; approfondir la lecture de leur sujet par le biais de l'intimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des photographies de l'exposition repr&#233;sente un lit d'orties &#224; Wormingford - une grande mer d'orties parsem&#233;e de gouttes de pluie apr&#232;s une r&#233;cente averse. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ce qui m'a attir&#233;, c'est la lumi&#232;re. Elle est prise dans la lumi&#232;re, ce qui n'est &#233;videmment pas cens&#233; &#234;tre le cas, et vous obtenez ces &#233;tranges reflets sur l'objectif. Je n'essaie pas de faire des photographies dites classiques. Je n'essaie pas de perfectionner le m&#233;tier. On pourrait dire qu'il y a beaucoup d'imperfections dans mes photos, mais je fais ce que je veux, je ne suis pas des directives strictes. Il y a peut-&#234;tre beaucoup de noir, mais c'est ainsi que je vois les choses. J'aime que mes photographies aient un certain poids, un poids &#233;motionnel, un poids esth&#233;tique. S'il s'agissait de peintures, l'huile serait tr&#232;s &#233;paisse&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur une autre photo de Wormingford, la Stour, ici une petite autoroute bleue, coule au milieu des saules. Comme les autres photos de Partyka, l'image a une qualit&#233; inattendue, ce n'est pas une vue typique. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je me promenais et ce qui a vraiment attir&#233; mon attention, c'est la belle lumi&#232;re et la finesse des d&#233;tails. Je ne m'int&#233;resse pas aux paysages grandioses, mais aux petits d&#233;tails&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ses images sont souvent sombres (un article que j'ai consacr&#233; &#224; son exposition de 2009 s'intitulait &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/L-art-des-tenebres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;L'art des t&#233;n&#232;bres&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/a&gt;), et la fin de l'apr&#232;s-midi est son moment pr&#233;f&#233;r&#233; de la journ&#233;e. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je ne sais pas si c'est vrai ou non, dit-il, mais j'ai toujours pens&#233; que le soleil devait &#234;tre pr&#233;sent toute la journ&#233;e pour que la chaleur de la lumi&#232;re s'accumule&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Vu sous cet angle, le matin commence &#224; para&#238;tre nettement plus mince et plus frais. Remarquez la merveilleuse lumi&#232;re rasante sur le ma&#239;s et les chardons avec la silhouette de la ligne d'horizon &#224; Thorington Street&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ou l'abreuvoir &#224; chevaux avec l'ombre port&#233;e de l'artiste et l'ombre angulaire du fil barbel&#233; sur l'eau. Cette photo a &#233;t&#233; prise &#224; Flatford, pr&#232;s de l'endroit o&#249; elle est maintenant expos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il a commenc&#233; &#224; photographier dans la vall&#233;e de la Stour en 2012, Partyka craignait que la r&#233;gion ne soit surexpos&#233;e, en tant que terrain de chasse artistique de peintres populaires tels que Gainsborough, Constable et Munnings. Il savait qu'il ne voulait pas suivre leurs traces, m&#234;me s'il plaisante en disant qu'il sentait parfois Constable regarder par-dessus son &#233;paule. Il ne s'agissait pas pour lui de r&#233;interpr&#233;ter les vues et les lieux peints par le ma&#238;tre, mais de d&#233;couvrir sa propre version du pays de Constable. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Il y a quelque chose de sp&#233;cial dans cette r&#233;gion. J'ai essay&#233; de la voir &#224; ma fa&#231;on et d'&#233;viter l'anxi&#233;t&#233; de l'influence. Il est important de pouvoir le faire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il a senti en lui une sorte de sensibilit&#233; ou de compr&#233;hension partag&#233;e de la campagne en sortant des sentiers battus, en allant dans le paysage &#224; la recherche des d&#233;tails qui lui donnent son caract&#232;re. Pour Partyka, il est important de se fondre dans le paysage, de marcher avec l&#233;g&#232;ret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent des expositions de photographie qu'il n'est pas vraiment n&#233;cessaire de les voir si l'on poss&#232;de le catalogue. Partyka nous rappelle que la premi&#232;re rencontre avec l'image r&#233;elle est essentielle&#160;: certainement pour son &#233;chelle et pour la qualit&#233; de l'impression. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je travaille beaucoup pour m'assurer que les tirages sont parfaits pour ce que je veux. Dans leur cadre, ils sont plus qu'une simple photographie, ils sont chacun un objet. Et il faut appr&#233;cier l'objet en chair et en os&#160;: le voir et se tenir devant lui&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les photographies de Partyka, avec leurs masses noires inattendues, leurs sujets inhabituels (mais &#233;loquents), sont souvent &#233;tonnamment dures. J'essaie de cr&#233;er de belles photographies, mais je n'essaie pas de cr&#233;er de jolies photographies, d&#233;clare-t-il. J'essaie d'aller au-del&#224; de la fa&#231;on dont les gens voient les choses&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Son travail remet en question nos id&#233;es pr&#233;con&#231;ues et nous offre un nouveau regard sur ce qui nous est familier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re publication dans le magazine &lt;i&gt;Spectator&lt;/i&gt; le 17&#160;mai 2014&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'art des t&#233;n&#232;bres</title>
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		<dc:creator>Andrew Lambirth</dc:creator>



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&lt;p&gt;La plupart des expositions de photographies peuvent &#234;tre regard&#233;es de mani&#232;re tout aussi satisfaisante depuis un fauteuil avec un livre de reproductions de haute qualit&#233;, mais pas The East Anglians. Cette exposition comprend 58 photographies en couleur, qui doivent &#234;tre vues in situ, d'une part en raison de leur &#233;chelle (certaines sont tr&#232;s grandes) et d'autre part en raison de leur obscurit&#233;, qui ne se traduirait pas bien sur la page imprim&#233;e. L'obscurit&#233; n'est pas aid&#233;e par les cadres&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-29176" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La plupart des expositions de photographies peuvent &#234;tre regard&#233;es de mani&#232;re tout aussi satisfaisante depuis un fauteuil avec un livre de reproductions de haute qualit&#233;, mais pas &lt;i&gt;The East Anglians&lt;/i&gt;. Cette exposition comprend 58 photographies en couleur, qui doivent &#234;tre vues &lt;i&gt;in situ&lt;/i&gt;, d'une part en raison de leur &#233;chelle (certaines sont tr&#232;s grandes) et d'autre part en raison de leur obscurit&#233;, qui ne se traduirait pas bien sur la page imprim&#233;e. L'obscurit&#233; n'est pas aid&#233;e par les cadres noirs l&#233;g&#232;rement d&#233;mesur&#233;s, qui ajoutent un air fun&#232;bre &#224; la proc&#233;dure, mais ce n'est peut-&#234;tre pas inappropri&#233; dans un corpus d'&#339;uvres qui fait la chronique du d&#233;clin d'un mode de vie. Ces images &#224; l'atmosph&#232;re intense racontent l'histoire de communaut&#233;s en d&#233;clin et de moyens de subsistance en voie de disparition, de la perte de ce lien intime entre l'homme et le sol qui est &#224; l'origine de tant de nos probl&#232;mes aujourd'hui. Il n'y a aucune raison de s'en r&#233;jouir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1950 et 2000, le nombre de personnes travaillant dans l'agriculture en East Anglia a chut&#233; de pr&#232;s de deux tiers, les petites exploitations n'ayant pas r&#233;ussi &#224; faire face &#224; la concurrence de l'agro-industrie. Justin Partyka a pass&#233; les huit derni&#232;res ann&#233;es &#224; explorer les vestiges d'une culture agraire autrefois florissante, &#224; la recherche des troupeaux et des pistes oubli&#233;s, des fermes abandonn&#233;es et des personnes qui vivent encore de mani&#232;re pr&#233;caire de la terre. Il a suivi une formation de folkloriste &#224; Terre-Neuve et a apport&#233; &#224; la t&#226;che qu'il s'est assign&#233;e la m&#233;thode du chercheur. Ce ne sont pas des photos artistiques, bien qu'il y ait de l'art dans leur composition. Il ne s'agit pas non plus d'une simple documentation, car Partyka franchit d&#233;lib&#233;r&#233;ment la ligne de d&#233;marcation entre la sentimentalit&#233; et la rigueur formelle. Dans la lumi&#232;re restreinte du hangar gris qu'est le Sainsbury Centre, ses photos brillent d'un &#233;clat sombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il favorise le cr&#233;puscule hivernal pour photographier ses sujets, et bien que certains consid&#232;rent cette exposition comme davantage consacr&#233;e aux personnes qu'&#224; l'agriculture, parmi les meilleures images figurent des paysages vides. Une piste d'orni&#232;res remplies d'eau s'enfonce dans la brume le long d'un champ bord&#233; d'arbres&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un poteau t&#233;l&#233;graphique solitaire accentue l'isolement du brouillard, articulant paradoxalement l'obscurit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un renard mort est suspendu &#224; un fil barbel&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une grange en t&#244;le ondul&#233;e est accroupie au ras de la terre dans un ciel bleu p&#226;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les photographies de personnes, celle du coupeur de roseaux avec ses oreillettes, sa combinaison bleue et ses cuissardes est rapidement devenue la pr&#233;f&#233;r&#233;e, car elle r&#233;pond &#224; l'attente d'une rencontre entre le pass&#233; et le pr&#233;sent. (Les fagots de roseaux &#224; l'arri&#232;re-plan ressemblent &#224; des tiges d'antan, tandis que les v&#234;tements sont plus contemporains). Un groupe d'images de ventes de b&#233;tail donne l'occasion de juxtaposer les visages de ceux qui travaillent la terre dans une assembl&#233;e anim&#233;e. Deux vieux gar&#231;ons accompagn&#233;s d'un &#233;pouvantail dans un champ de choux de Bruxelles figurent dans l'une des plus grandes photographies. La forme n'est pas trop d&#233;finie dans ces images, elle glisse facilement dans une indistinction lunatique, ce qui sugg&#232;re qu'elles sont destin&#233;es &#224; &#234;tre lues &#224; une certaine distance et non pas &#233;tudi&#233;es de pr&#232;s. L'une des images les plus poignantes est celle d'Eric Wortley, &#226;g&#233; de quatre-vingt-dix-neuf ans, dont la famille cultive cette terre depuis des g&#233;n&#233;rations, assis chez lui au coin du feu. Portrait d'une esp&#232;ce en voie de disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re publication dans le magazine &lt;i&gt;Spectactor&lt;/i&gt; le 10&#160;octobre 2009&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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