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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Misterien</title>
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		<dc:date>2025-02-12T14:18:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Caroline Corbal Albessard</dc:creator>



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&lt;p&gt;(Myst&#232;res en allemand) (M)&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IST&lt;/span&gt; (Mist = fumier et &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IST&lt;/span&gt; = &#234;tre) Il y a 12 000 ans, les humain&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es entament leur transition vers l'agriculture. Ce sont les d&#233;buts de la domestication de l'environnement o&#249; les plantes et les animaux deviennent des entit&#233;s &#224; dominer. Dans cette &#233;volution, la bouse a jou&#233; un r&#244;le important comme mat&#233;riau de construction et a permis &#224; ces premiers hommes de s'adapter &#224; leur environnement changeant. Selon Shira Gur-Arieh, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sans la bouse, qui peut &#234;tre utilis&#233;e&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-29224" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;(Myst&#232;res en allemand) &lt;br class='manualbr' /&gt;(M)&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IST&lt;/span&gt; (Mist = fumier et &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IST&lt;/span&gt; = &#234;tre)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a 12 000 ans, les humain&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es entament leur transition vers l'agriculture. Ce sont les d&#233;buts de la domestication de l'environnement o&#249; les plantes et les animaux deviennent des entit&#233;s &#224; dominer. Dans cette &#233;volution, la bouse a jou&#233; un r&#244;le important comme mat&#233;riau de construction et a permis &#224; ces premiers hommes de s'adapter &#224; leur environnement changeant. Selon Shira Gur-Arieh, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sans la bouse, qui peut &#234;tre utilis&#233;e comme combustible, engrais et mat&#233;riau de construction, les humain&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es n'auraient jamais pu &#233;tablir une civilisation bas&#233;e sur l'agriculture&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Cette &#233;mergence de soci&#233;t&#233;s plus complexes, via cette trace arch&#233;ologique de la bouse, est l'indicateur permettant de comprendre les relations entre l'homme, l'animal et l'environnement.&lt;br class='manualbr' /&gt;Consid&#233;r&#233;e par la communaut&#233; arch&#233;ologique depuis peu, elle entre donc comme &#233;tant le t&#233;moignage des vestiges de notre humanit&#233; &#224; l'aube de la domestication de notre environnement. La bouse porte en elle les derni&#232;res marques de r&#233;ciprocit&#233;s intelligentes de notre relation au monde et au vivant. Dans une dynamique circulaire o&#249; rien ne se perd et o&#249; tout se transforme, elle r&#233;v&#232;le les derni&#232;res pistes d'un monde d&#233;sirable et &#233;ternel continuant &#224; se renouveler par et de lui-m&#234;me (avant l'essor de l'industrialisation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barbara Schroeder, par ce travail artistique, pose un regard sur ces archives et ces m&#233;moires du futur de la relation indispensable entre les &#234;tres vivants et la nature. Par une exp&#233;rience &#224; m&#234;me le terrain, elle nous confronte &#224; la visibilit&#233; de la r&#233;habilitation de ces vestiges &#8211; t&#233;moins du vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par sa d&#233;marche artistique qui d&#233;voile les histoires invisibles d'un lieu et d'une terre nourrici&#232;re, elle rep&#232;re dans le paysage de la Vall&#233;e d'Aspe les bouses de vaches comme un chemin dessinant les mouvements de transhumances des b&#234;tes dans les estives. Elle d&#233;cide alors de r&#233;-interpr&#233;ter cette exp&#233;rience de vie pour partir &#224; la trace de notre relation &#224; l'environnement, afin d'y traduire le cheminement symbolique et esth&#233;tique des piliers qui composent notre humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revisitant la bouse de vache comme &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Traces-humance' class=&#034;spip_in&#034;&gt;dalle ou pav&#233;&lt;/a&gt;, elle suspend ainsi le temps dans une marche au carrefour du d&#233;veloppement de nos soci&#233;t&#233;s complexes. En utilisant le proc&#233;d&#233; de fabriquer chaque dalle, chaque pav&#233;, sans processus de standardisation et d'uniformisation, elle r&#233;concilie par ce geste ancestral le rapport de l'humain &#224; l'environnement de fa&#231;on singuli&#232;re. Chaque pi&#232;ce &#233;tant ainsi pr&#233;cieuse, d&#233;licate et unique tant dans sa mati&#232;re que dans sa forme.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce micro-organisme d&#233;ject&#233; devient alors medium architectural et mat&#233;riau &#233;volutif bio-constructible. Sa mod&#233;lisation repose sur des processus d'interd&#233;pendance et d'auto-g&#233;n&#233;ration essentielles entre croissance et d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la mati&#232;re dans son &#233;cosyst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alchimiste de la cr&#233;ation et des sciences du vivant, Barbara Schroeder nous plonge dans les arcanes du m&#233;lange de la mati&#232;re et de la vie. Posant ainsi le cadre d'un imaginaire qui navigue entre la domestication et le vivant, tout en gardant le souci d'appr&#233;hender les cycles biologiques, sa s&#233;rie &lt;i&gt;Misterien&lt;/i&gt; &#233;veille les limites de notre modernit&#233; capitaliste (du produire plus pour vendre plus) et r&#233;veille les myst&#232;res des profondeurs du vivant. En y associant les &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Aufbau' class=&#034;spip_in&#034;&gt;formes&lt;/a&gt; basiques emprunt&#233;es &#224; l'architecture (carr&#233;, rectangle, sph&#232;re), l'artiste multiplie les supports pour dessiner dans leurs agencements les fondations d'une structure dont on &#233;prouve peu &#224; peu l'exp&#233;rience intime d'une d&#233;ambulation autant symbolique que narrative. En superposant ces formes renouvel&#233;es, elle devient l'architecte d'un espace port&#233; par une multitude de beaut&#233;s et de forces &#8211; mat&#233;rielles, historiques, id&#233;ologiques, &#233;conomiques et esth&#233;tiques. En les agen&#231;ant l'une &#224; l'autre, elle c&#232;de dans notre lieu commun, une verticalit&#233; vibrante de l'immanence dont elle offre un plein aper&#231;u. Travail sculptural, par un jeu formel entre la ligne et l'organique, elle insuffle des perspectives &#233;tonnantes oscillant entre technique et intuition, contemplation et ma&#238;trise, utopie et dystopie. Par leurs accumulations et leurs compositions, elle cr&#233;e des singularit&#233;s rappelant les premiers &#233;difices humains &#8211; telles les figures tot&#233;miques ou les espaces de vie &#8211; faisant de l'archa&#239;que une contemporan&#233;it&#233; &#233;difiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attentive &#224; la frontalit&#233; imposante de l'architecture et aux irr&#233;gularit&#233;s des mati&#232;res du vivant, Barbara Schroeder nous confie les multiples coulisses de son organisation perceptive. &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Temple-of-Seeds' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Stratifi&#233;es&lt;/a&gt; comme par diff&#233;rentes couches g&#233;ologiques et s&#233;dimentaires, ces bouses se pr&#233;sentent comme autant de m&#233;taphores d'histoires assimil&#233;es et v&#233;cues d&#233;limitant ainsi des micro-territoires intimes. Reflets d'une m&#233;moire o&#249; les surfaces dans leurs sillages trament et diss&#233;minent des motifs symboliques de r&#233;cits mat&#233;riels et immat&#233;riels. Dans leurs r&#233;sonances it&#233;ratives, elles ouvrent peu &#224; peu l'espace en une exp&#233;rience sc&#233;nographique aux ressorts historiques, narratifs et sensoriels. Le regard s'&#233;l&#232;ve, flottant ainsi dans un espace enrichi de tous les potentiels face &#224; cette abstraction minimaliste, bienveillante et r&#233;confortante par son &#233;vidence et son id&#233;alisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barbara Schroeder profile par ce sensible ordinaire r&#233;interpr&#233;t&#233; du rebut, une parabole esth&#233;tique d'un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;habitat-fait-monde&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; entre int&#233;rieur et ext&#233;rieur, de la circularit&#233; et de son infinit&#233;. Polys&#233;mique, cette &#339;uvre se situe dans cette zone abondante de m&#233;tamorphose permanente &#8211; entre l'assimilation, la digestion et la production &#8211; qui restitue &#224; la bouse un caract&#232;re extra-ordinaire perp&#233;tuel. Conf&#233;rant ainsi aux maux de nos soci&#233;t&#233;s de l'accumulation et du d&#233;chet, une autre lisibilit&#233; &#233;tonnante&#160;: leurs prodigieuses et &#233;videntes valorisations. Elle pose par ces &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Wundheilung' class=&#034;spip_in&#034;&gt;objets de curiosit&#233;s&lt;/a&gt; une pratique artistique o&#249; la gestion des ressources et les strat&#233;gies d'adaptation de l'humain sur son territoire est une symbiose technique et esth&#233;tique avec le cycle de la vie et du vivant. En cherchant &#224; tisser ce qui nous survient et ce qui nous survit, elle reprend ainsi l'&#233;conomie et l'&#233;cologie, toutes deux fond&#233;es sur l'&lt;i&gt;oikos&lt;/i&gt; (la maison) entre connaissance et administr&#233; pour b&#226;tir une logique qui lie l'humain et son environnement dans une &#233;tonnante complicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barbara Schroeder, par cette &#339;uvre, r&#233;habilite cette mati&#232;re non noble pour la placer dans toute sa noblesse&#160;: le berceau de la mati&#232;re premi&#232;re issue de la vie et de son lien perdu dans nos modes de vie. Faire avec les cycles du vivant pour fertiliser nos espaces de vie et nos soci&#233;t&#233;s. &#201;voluer dans une franche humilit&#233; d'un &#233;quilibre de la symbiose et du symbiotique comme mod&#232;le d'&#233;co-conception architectural de la vie. Et o&#249; le r&#244;le de l'incarn&#233; et de l'olfactif permet de traverser la richesse qui compose l'exp&#233;rience de la nature et d'abriter les derniers souffles de la vie. Plus po&#233;tique que politique, son &#339;uvre &lt;i&gt;Misterien&lt;/i&gt; suspend le temps et impose une profondeur qui ouvre l'espace en rendant visible ce qui &#233;tait cach&#233; sous nos pieds&#160;: le patrimoine vivant de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Caroline Corbal Albessard est docteure &amp; artiste-chercheure, membre associ&#233;e du laboratoire de recherche &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MICA&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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