<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/spip.php?id_auteur=1786&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>La fin de quelque chose</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/The-End-of-Something</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/The-End-of-Something</guid>
		<dc:date>2024-11-19T15:29:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Edward Welch</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Au cours d'un voyage vers le sud de la France, autour ou apr&#232;s la travers&#233;e de la Loire, il y a toujours un moment o&#249; les choses changent. La lumi&#232;re, l'air, les tuiles, les maisons en pierre plut&#244;t qu'en brique&#160;: tout indique que les climats nordiques sont en train de dispara&#238;tre et que le pays prend des allures d'Europe m&#233;ridionale. La r&#233;gion explor&#233;e par Justin Partyka est cette zone liminale o&#249; le nord devient le sud, et o&#249; la lumi&#232;re prend la douceur caract&#233;ristique et la pointe de&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-29176" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au cours d'un voyage vers le sud de la France, autour ou apr&#232;s la travers&#233;e de la Loire, il y a toujours un moment o&#249; les choses changent. La lumi&#232;re, l'air, les tuiles, les maisons en pierre plut&#244;t qu'en brique&#160;: tout indique que les climats nordiques sont en train de dispara&#238;tre et que le pays prend des allures d'Europe m&#233;ridionale. La r&#233;gion explor&#233;e par Justin Partyka est cette zone liminale o&#249; le nord devient le sud, et o&#249; la lumi&#232;re prend la douceur caract&#233;ristique et la pointe de chaleur qui signalent la transition vers un nouveau r&#233;gime climatique. Elle se situe &#233;galement entre l'atmosph&#232;re oc&#233;anique de la c&#244;te ouest et les hautes terres int&#233;rieures du Massif central &#224; l'est. La r&#233;gion &#233;tait autrefois connue sous le nom de Poitou-Charentes, avant que l'un des remaniements administratifs p&#233;riodiques de la France ne l'int&#232;gre &#224; la Nouvelle-Aquitaine, une vaste partie du territoire qui s'&#233;tend de la ville provinciale de Poitiers jusqu'aux Pyr&#233;n&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images de Partyka capturent une liminalit&#233; et une ind&#233;termination qui sont &#224; la fois temporelles et climatiques. L'&#233;clat d'un mur ocre dans le soleil du soir ou le bleu concentr&#233; d'un ciel d'apr&#232;s-midi peuvent nous donner une id&#233;e de l'endroit o&#249; nous nous trouvons. Il est plus difficile de d&#233;terminer quand nous nous trouvons. Les vieilles voitures ab&#238;m&#233;es, les fa&#231;ades de magasins d&#233;fra&#238;chies et le mobilier urbain ad hoc que Partyka nous montre sont un trait caract&#233;ristique de la France rurale. Ses villes et villages ressemblent souvent &#224; des mus&#233;es &#224; ciel ouvert de l'enseigne, du commerce et du design automobile fran&#231;ais remontant au vingti&#232;me si&#232;cle, sauf que les voitures, si ce n'est parfois les magasins, sont toujours en activit&#233;. En s'attardant sur ces choses, Partyka met en &#233;vidence les discontinuit&#233;s omnipr&#233;sentes de la modernit&#233; fran&#231;aise. La France a longtemps r&#234;v&#233; de l'avenir et tent&#233; de le concr&#233;tiser par des formes technologiques, des infrastructures et d'autres types d'ing&#233;nierie avanc&#233;e. Des entreprises automobiles comme Citro&#235;n, avec des mod&#232;les tels que la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BX&lt;/span&gt;, au dynamisme anguleux, ont mis &#224; la port&#233;e du grand public des machines spectaculaires et sophistiqu&#233;es. Cependant, ces symboles de l'avenir coexistent avec les rythmes cycliques qui persistent dans un pays dont la taille signifie qu'il est encore (en termes g&#233;ographiques, mais de moins en moins en termes d&#233;mographiques) plus rural qu'urbain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effet cumulatif cr&#233;e quelque chose qui ressemble &#224; un paysage de r&#234;ve de la France provinciale, un m&#233;lange de souvenirs de vacances d'&#233;t&#233; dont le temps et le rythme &#233;taient d&#233;termin&#233;s par les temporalit&#233;s de la vie rurale&#160;: la boulangerie qui ferme pour le d&#233;jeuner, les volets clos des maisons dans la chaleur de l'apr&#232;s-midi, le sentiment d'ennui naissant qui, pour le philosophe Henri Lefebvre, fait partie int&#233;grante du tissu de la vie quotidienne. Mais comme le sont souvent les paysages de r&#234;ve, la France de Partyka est compos&#233;e d'objets insondables, de co&#239;ncidences et de rencontres. Ce qui ressemble &#224; une marionnette s'est cal&#233; &#224; c&#244;t&#233; de la lame rouill&#233;e d'une scie circulaire. Une pile de pneus se dresse, mena&#231;ante, derri&#232;re une fen&#234;tre, retenue uniquement par le grillage de la vitre. Un cygne en porcelaine jaune fait son nid sur une sorte de coupe de fruits. Une vitrine pr&#233;sente une collection de radios &#224; transistors comme s'il s'agissait d'un stock frais. Le bric-&#224;-brac s'accumule et rassemble les gens autour de lui comme un vestige et une relique du temps pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque chose de surr&#233;aliste dans le regard de Partyka, dans l'attention qu'il porte aux combinaisons bizarres, aux al&#233;as du tas de ferraille et &#224; l'int&#233;r&#234;t qu'il suscite chez les gens. Il s'attarde sur des points, des espaces et des lieux o&#249; l'imagination peut se mettre &#224; l'&#339;uvre et o&#249; une combinaison fortuite peut provoquer la r&#234;verie. Partyka se demande s'il n'assiste pas &#224; la fin de quelque chose, au reflux et &#224; la disparition des vieilles habitudes. Pourtant, la fascination pour la camelote et sa circulation sans fin montrent &#233;galement la persistance insistante de l'ancien. Tout porte &#224; croire que cette persistance est aussi une r&#233;sistance, ou peut-&#234;tre une indiff&#233;rence &#224; l'impulsion belliqueuse et homog&#233;n&#233;isante du capitalisme, dont la force s'exerce n&#233;anmoins &#224; travers les centres commerciaux qui consomment l'espace et le temps &#224; la p&#233;riph&#233;rie des villes de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contradictions de la France contemporaine, et nombre de ses tensions politiques actuelles, r&#233;sident dans la coexistence de ces diff&#233;rents modes et impulsions de vie. Le train hypermoderne &#224; grande vitesse c&#244;toie (au sens propre comme au sens figur&#233;) des modes et des rythmes de circulation apparus &#224; des &#233;poques technologiques ant&#233;rieures. Ce n'est pas pour rien que l'enqu&#234;te de Partyka dans le nord de la Nouvelle-Aquitaine est structur&#233;e par le r&#233;seau ferroviaire r&#233;gional du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TER&lt;/span&gt; (Train Express R&#233;gional). En parcourant chaque ligne, Partyka peut profiter des trains locaux qui desservent les arri&#232;re-pays ruraux et continuent plus ou moins &#224; les incorporer dans le tissu national. Le dispositif de la travers&#233;e et du transect aligne le projet de Partyka sur d'autres explorations photographiques notables de la France urbaine et provinciale&#160;: la mission photographique de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DATAR&lt;/span&gt; dans les ann&#233;es 1980&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le travail de Thibaut Cuisset et d'autres dans le cadre de l'Observatoire photographique du paysage, en cours depuis les ann&#233;es 1990&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le tour de France en solitaire de Raymond Depardon au d&#233;but des ann&#233;es 2010. Elle nous rappelle une fois de plus l'imbrication persistante de la photographie et de la France, et la mani&#232;re dont la photographie, depuis ses d&#233;buts, a &#233;t&#233; un moyen privil&#233;gi&#233; de repr&#233;senter, d'imaginer et d'appr&#233;hender le territoire et les paysages complexes qui constituent la nation fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t des images de Partyka r&#233;side dans la mani&#232;re dont elles mettent en &#233;vidence les tensions et les contradictions de la France, ainsi que les formes spatiales, mat&#233;rielles et territoriales qu'elles prennent. Ses images nous montrent aussi que ces contradictions se manifestent souvent dans des endroits banals ou inaper&#231;us. Comme l'observe Partyka, il s'agit de remarquer des choses &#224; c&#244;t&#233; desquelles passeraient la plupart des gens. Il s'agit &#233;galement de se rappeler que c'est dans les endroits o&#249; l'on passe et que l'on ne remarque pas que l'on tombe souvent sur de grandes v&#233;rit&#233;s du monde&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et ceci parce qu'il s'agit d'endroits o&#249; l'imagination peut se mettre &#224; travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re publication dans le magazine &lt;i&gt;Source&lt;/i&gt; #113, hiver 2023&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
