<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/spip.php?id_auteur=1780&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Gisants</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Gisants-51085</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Gisants-51085</guid>
		<dc:date>2024-10-24T09:49:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marc Barroso</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ni le lieu, ni l'art &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#224; ciel ouvert&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, n'attendaient Ghislaine Portalis dans leur programmation de Jumi&#232;ges 2016. Pourtant, l'&#201;ros que c&#244;toie l'artiste en permanence dans son travail ne se tourne-t-il pas, avec l'installation in&#233;dite Les gisants, vers un deus ex machina p&#233;remptoire, comme pour rappeler le retour des choses de la nature vers la nature. &#201;ros rejoint l'humus. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les liturgies jumelles de la sexualit&#233; et de la mort&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, pour reprendre l'expression d'&#201;tienne Borne. L'&#339;uvre con&#231;ue&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-29157" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ni le lieu, ni l'art &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#224; ciel ouvert&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, n'attendaient Ghislaine Portalis dans leur programmation de Jumi&#232;ges 2016. Pourtant, l'&#201;ros que c&#244;toie l'artiste en permanence dans son travail ne se tourne-t-il pas, avec l'installation in&#233;dite &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Gisants' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les gisants&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, vers un &lt;i&gt;deus ex machina&lt;/i&gt; p&#233;remptoire, comme pour rappeler le retour des choses de la nature vers la nature. &#201;ros rejoint l'humus. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les liturgies jumelles de la sexualit&#233; et de la mort&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;in Passion de la V&#233;rit&#233;, Fayard, 1962&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, pour reprendre l'expression d'&#201;tienne Borne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre con&#231;ue par Ghislaine Portalis pour le parc de Jumi&#232;ges est dans une interp&#233;n&#233;tration telle avec l'ensemble des patrimoines foul&#233;s par le visiteur, que celui-ci pourrait fort bien traverser la belle terrasse Sud sans &#234;tre outre-mesure piqu&#233; dans sa curiosit&#233; par les cinq tombeaux cr&#233;&#233;s l&#224; par l'artiste. D'embl&#233;e sont convoqu&#233;s dans cette &#339;uvre les faux paradoxes cultiv&#233;s par Ghislaine Portalis&#160;: raffinement et sobri&#233;t&#233;, nature et morale, &#233;motion et rigueur, intimit&#233; et publicit&#233;. Le raffinement est r&#233;volution, dans le travail de Ghislaine Portalis&#160;: il extrait l'homme de l'animalit&#233;. Sans ambages, l'artiste a jet&#233; son d&#233;volu sur la pulsation la plus profonde de toute religion&#160;: la mort. La disparition. Avec d&#233;licatesse, ici. Avec noblesse. Des gisants. Deux. Comme on en trouve dans et autour des lieux de culte. Gisants contemporains, &lt;i&gt;ready made&lt;/i&gt;, grav&#233;s dans des plaques de plexiglas. Charmants v&#234;tements &#224; la ligne claire, rappelant ces planches cartonn&#233;es avec mod&#232;les pr&#233;d&#233;coup&#233;s qui permettaient aux petites filles d'habiller &#224; l'envi des mannequins de papier en deux dimensions. V&#234;tements sur cintre. Et le m&#234;me v&#234;tement mis en ab&#238;me. Un vertige tranquille, les strates symbole du temps, que l'artiste a d&#233;j&#224; d&#233;velopp&#233; dans maintes &#339;uvres. L'&#233;nigme &#233;clatante, dont la cl&#233; saute &#224; l'esprit sans attendre&#160;: les corps manquent. Disparus. &#192; venir. Gisants d&#233;sincarn&#233;s, comme le sont r&#233;guli&#232;rement les mod&#232;les mis en sc&#232;ne par Ghislaine Portalis. Chaussures vides, v&#234;tements vides, coussins sans t&#234;te pos&#233;es dessus. Beaucoup de vide. &#192; remplir, ce vide, puisque la nature en a horreur. &#192; chacun de jouer. Et comment refuser une si am&#232;ne invitation, une si douce relecture de la sculpture religieuse du gisant, pour l'orant de passage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois tombeaux jouxtent les deux chapelles squelettiques, mais si propres. Rien de plus contradictoires et &#224; la fois &#233;vident&#160;: les tombeaux sont des sculptures de terre, de gazon, et de buis&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et chacun diff&#233;rent. L'&#233;ph&#233;m&#232;re l&#224; o&#249; de coutume le visiteur croise la pierre, le marbre, le b&#233;ton. Une pr&#233;ciosit&#233;, avec Ghislaine Portalis. Une subtilit&#233;. Chiquenaude conviviale. Comment repousser une s&#233;pulture aussi originale, aussi d&#233;licate, en cama&#239;eu vert, en v&#233;g&#233;taux polic&#233;s, pi&#232;ces quasi effac&#233;es sur la vaste terrasse verte. On en oublierait que voisine &#224; nos pieds, dans l'humus, la chair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ghislaine Portalis donne, avec &lt;i&gt;Les gisants&lt;/i&gt;, toute la mesure de sa d&#233;licatesse rebelle. M&#233;fions-nous des eaux (des os&#8230;) calmes, elles sont profondes. Elles ne vous l&#226;chent gu&#232;re, vous enveloppent, elles sont vous, &#224; bien y regarder. Cependant aucune amertume dans le geste de l'artiste. Aucun scandale. Rien que du beau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'installation des &lt;i&gt;Gisants&lt;/i&gt;, l'artiste fait superbement appel au hors-champ, d&#233;bordant y compris l'&#233;l&#233;gante terrasse, car le parc entier, avec son patrimoine b&#226;ti, est englob&#233; dans le propos de Ghislaine Portalis &#224; partir de son dispositif d'une th&#233;&#226;tralit&#233; effac&#233;e. Ainsi l'&#339;uvre de l'artiste place en situation harmonieuse un travail irr&#233;futable. L'installation est &#224; dimension immersive n&#233;anmoins sans agressivit&#233;, sans &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;sordre pour le corps&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, celui-ci ne faisant qu'amener l'esprit du visiteur d'un tombeau &#224; un autre, acteur d'une mise en sc&#232;ne dans un parcours sans danger. Ou presque. &lt;i&gt;Les gisants&lt;/i&gt; illustre avec originalit&#233; et ma&#238;trise le genre contemporain de l'installation, incluant m&#234;me le retour &#224; la figuration dans la sculpture contemporaine, en d&#233;pit de l'absence du corps cependant sugg&#233;r&#233; &#224; l'infini dans cette &#339;uvre faussement &#233;nigmatique. Pour reprendre le mot de Paul Ardenne, l'artiste a &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;trouv&#233; la juste place&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;in Un art contextuel, Flammarion, 2002&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. L'&#339;uvre de Ghislaine Portali r&#233;pond aux crit&#232;res de l'art contemporain environnemental qui con&#231;oit en fonction d'un lieu &#224; ciel ouvert. Ici, tous les patrimoines du site sont r&#233;activ&#233;s&#160;: culturel, architectural, religieux, horticole et paysager, et oblige l'abbaye de Jumi&#232;ges &#224; tenir un r&#244;le dynamique dans la comparution op&#233;r&#233;e par Ghislaine Portalis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps est une th&#233;matique pr&#233;pond&#233;rante, avec &lt;i&gt;Les gisants&lt;/i&gt;. Le temps de l'Histoire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et le temps du temporel. Pr&#233;sent&#233; de fa&#231;on d&#233;cal&#233;e, voire malicieuse&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et s&#251;rement avec s&#233;duction, via une narration elliptique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais &#233;tonnamment suffisante&#160;: l'artiste a beaucoup enlev&#233;, atteignant l'essence, en d&#233;pit des cintres et de la dentelle grav&#233;s dans le plexiglas, traces de notre &#233;poque revisit&#233;e. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je veux que la mort me trouve plantant mes choux mais nonchalant d'elle et encore plus de mon jardin imparfait&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, note Montaigne. &#192; chacun ses choux et l'ordre de son jardin&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la dentelle, les v&#234;tements et les cintres de Ghislaine Portalis n'ont rien &#224; leur envier&#160;: la s&#233;r&#233;nit&#233; est identique, avec l'humus comme avec leur d&#233;licate po&#233;sie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;in &lt;i&gt;Passion de la V&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;, Fayard, 1962&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;in &lt;i&gt;Un art contextuel&lt;/i&gt;, Flammarion, 2002&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
