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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le rire et la parole</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Pinturas-50511</link>
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		<dc:date>2024-05-23T10:45:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Fran&#231;ois Dumont</dc:creator>



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&lt;p&gt;Texte de l'exposition Papeles, Fondation Antonio Perez, Cuenca (Espagne), 2007 Le rire et la parole politique sont li&#233;s au d&#233;moniaque. La langue politique est celle de la s&#233;duction, de la promesse et de la ruse. Pendant des ann&#233;es, j'ai regard&#233; le travail de Michel Herreria comme de la caricature. La continuation d'un genre esth&#233;tique, n&#233; avec l'imprim&#233; et la diffusion des images, adapt&#233; aux r&#233;seaux de notre &#233;poque et aux situations qui sont les n&#244;tres. Situations mises en &#233;vidence par&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-24842" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Texte de l'exposition &lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Pinturas?var_mode=calcul&#034;&gt;&lt;i&gt;Papeles&lt;/i&gt;, Fondation Antonio Perez, Cuenca (Espagne), 2007&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rire et la parole politique sont li&#233;s au d&#233;moniaque. La langue politique est celle de la s&#233;duction, de la promesse et de la ruse. Pendant des ann&#233;es, j'ai regard&#233; le travail de Michel Herreria comme de la caricature. La continuation d'un genre esth&#233;tique, n&#233; avec l'imprim&#233; et la diffusion des images, adapt&#233; aux r&#233;seaux de notre &#233;poque et aux situations qui sont les n&#244;tres. Situations mises en &#233;vidence par Erving Goffman dans son livre sur &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;les rites d'interaction&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les rites d'interaction, Erving Goffman, minuit.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Ce que je n'avais pas per&#231;u imm&#233;diatement, c'est la dissidence de l'artiste. Une dramaturgie plastique mise au service d'une d&#233;construction des promesses fallacieuses dans lesquelles nous sommes tenus par l'organisation technique et politique de notre monde. Cette &#339;uvre qui se pr&#233;sente avec des effets comiques est engag&#233;e. Les jeux de mots associ&#233;s &#224; une puissance visuelle qui passe par le dessin, la peinture, l'animation, la performance, luttent contre ce que Brice Parain nomme le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pas vrai&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les r&#233;cits de Michel Herreria font intrusions dans le r&#233;el, et, comme spectateur, nous sommes pris dans l'absurdit&#233; des situations qu'ils r&#233;v&#232;lent. Il y a l&#224; une similitude avec &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;cette d&#233;mence propre au r&#234;ve&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; que d&#233;crit Bergson &#224; travers une citation de Mark Twain. L'&#233;crivain am&#233;ricain s'exprime &#224; la troisi&#232;me personne pour &#233;voquer une histoire o&#249;, &#224; la fin, il est impossible de savoir qui de lui ou de son fr&#232;re jumeau est mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;f&#233;rence permet &#224; Bergson de souligner &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'extravagance et le comique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de certain raisonnement o&#249; il est impossible de distinguer entre deux personnages, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;c'est lui et ce n'est pas lui&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretiens avec Bernard Pingaud, Brice Parain, Gallimard.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Un projet de Michel Herreria pour la galerie, dat&#233; de 2005-2006, devait mettre en sc&#232;ne ce trouble li&#233; &#224; l'identit&#233;, d'autant que ce dispositif jouait de l'ouverture de la galerie sur une rue commer&#231;ante de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit plus pour l'artiste, dans un monde qui a perdu sa cr&#233;dibilit&#233;, d'&#234;tre le bouffon du Roi, de se repr&#233;senter en clown pour donner une image &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;formante&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de lui-m&#234;me et de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la condition de l'art&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le rire, Henri Bergson, &#233;dition &#233;lectronique dans le cadre de la collection (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui l'artiste doit ranimer la notion de responsabilit&#233;, lib&#233;rer nos t&#234;tes des discours fourvoy&#233;s qui fa&#231;onnent l'impasse moderniste. Cette &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;saine folie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Portrait de l'artiste en saltimbanque, Jean Starobinski, Gallimard.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, qui mieux qu'un artiste peut la porter&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Tout est question de regard&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une galerie est un espace th&#233;&#226;tral o&#249; se joue une com&#233;die li&#233;e &#224; un groupe de gens, aux m&#339;urs, et aux go&#251;ts du moment. C'est le lieu d'un spectacle. Celui-ci a l'ambition que l'on se donne. Le constat fut fait par Debord, les premiers responsables de la d&#233;gradation des puissances de l'imaginaire sont ceux l&#224; m&#234;me qui ont accept&#233;s l'appauvrissement de leur propre cr&#233;ativit&#233;, de vivre progressivement s&#233;par&#233; d'eux-m&#234;mes. Cette &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;critique de la s&#233;paration&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; fut le point aveugle de l'exposition de Michel Herreria en 2004. Michel Herreria avait inscrit &#224; m&#234;me la vitrine en verre et sapin de Norv&#232;ge de l'ancienne boutique le titre de l'exposition, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Repentirs-mecaniques&#034;&gt;repentirs m&#233;caniques&lt;/a&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et dessin&#233; juste au-dessus une botte mena&#231;ante. &#192; l'int&#233;rieur, la salle unique &#233;tait d'allure plus classique. &#192; gauche un mur de 224 cartes &#224; gratter (pag. 114). Sur le mur du fond (pag. 7), une grande peinture encadr&#233;e. De droite &#224; gauche, traversant l'espace, un rail de bois supportant quatorze grandes peintures (pag. 104) mont&#233;e sur autant de suspensions elles-m&#234;mes prises sur le rail par un syst&#232;me de roulettes et de rotules. Avec ce dispositif, mis en place par un ami de l'artiste travaillant dans le monde du cin&#233;ma, les peintures pouvaient &#234;tre plaqu&#233;es les unes sur les autres, comme dans l'atelier o&#249; l'artiste recouvre ses peintures par des feuilles vierges qu'il agrafe par-dessus pour commencer une nouvelle oeuvre. De m&#234;me les peintures pouvaient se d&#233;placer le long du rail et se consulter comme des cartes de g&#233;ographie. La manipulation des peintures et la spatialisation de celles-ci dans la galerie restaient d&#233;pendantes du d&#233;sir de chacun et du jeu des visiteurs entre eux. Dans sa simplicit&#233;, ce dispositif marque un &#233;cart de l'artiste par rapport &#224; la logique commerciale d'une galerie. Il invite le spectateur &#224; une action, &#224; un engagement dans l'exposition. C'est une fa&#231;on de faire une exp&#233;rience assez rare, prendre avec soi une &#339;uvre, &#233;prouver son poids, sa mati&#232;re... D' autre part c'est aussi une fa&#231;on de dire aux amateurs que toutes ces &#339;uvres se valent et que le choix n'est pas &#224; op&#233;rer en fonction de je ne sais quelle rh&#233;torique d'accrochage qui viendrait privil&#233;gier celle-ci plus que celle-l&#224;, mais en fonction du positionnement propre de l'amateur face &#224; une &#339;uvre. De m&#234;me nous pourrions imaginer que les expositions permanentes dans les grands mus&#233;es soient pens&#233;es et mises en place par des artistes vivants. La compr&#233;hension des &#339;uvres et des gestes artistiques y gagnerait en imm&#233;diatet&#233;. Avec le dispositif utilis&#233; par Michel Herreria les &#339;uvres sont vues pour ce qu'elles sont, tout &#224; la fois un vecteur du flux cr&#233;atif de l'artiste mais aussi un objet, support de cette intensit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une exposition pr&#233;c&#233;dente, une phrase en n&#233;on &#233;tait suspendue &#224; l'int&#233;rieur de la vitrine. Cette phrase disait&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Le-monde-est-tellement-humain&#034;&gt;le monde est tellement humain&lt;/a&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le passant pris comme une bille de juke-box dans les reflets de la consommation pouvait se trouver l&#224;, nez &#224; nez avec un dr&#244;le d'objet. Ce qui aurait pu &#234;tre une publicit&#233; n'&#233;tait qu'une phrase, une pens&#233;e mise en lumi&#232;re, mat&#233;rialis&#233;e dans l'espace de la vitrine. Une parole anodine puis obs&#233;dante, qui vient perturber, briser, l'ordre de la marchandise. A l'int&#233;rieur une suite de grands tableaux en verre, des vitres encadr&#233;es, peintes avec du blanc d'Espagne (pag. 147). Cette &#233;vocation de la vie et de la mort du petit commerce, de la valse des enseignes et des marques en fonction des changements de propri&#233;taires modifie la physionomie du centre des villes. Le pi&#233;ton y perd son latin, ce tourbillon le rend b&#232;gue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme chez Tati, l'utilisation de l'onomatop&#233;e est tout &#224; la fois un ressort comique et le signe d'une situation o&#249; le personnage, film&#233; ou repr&#233;sent&#233;, est pris de vitesse dans une situation o&#249; il ne peut plus penser ni articuler quoi que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas chez Michel Herreria de m&#233;dium privil&#233;gi&#233;. Il utilise tout autant le dessin, la vid&#233;o, la peinture, la performance, la sculpture, l'animation. Le souhait de l'artiste serait de pouvoir en exp&#233;rimenter encore plus. Cette mobilit&#233; est l'art supr&#234;me de la d&#233;marcation. L'artiste ne se laisse pas enfermer. Il n'exploite pas une forme, il les lib&#232;re toutes. Sa responsabilit&#233; est l&#224;, porter l'art &#224; son plus haut niveau d'effervescence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;i&gt;Les rites d'interaction&lt;/i&gt;, Erving Goffman, minuit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;i&gt;Entretiens avec Bernard Pingaud&lt;/i&gt;, Brice Parain, Gallimard.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;i&gt;Le rire&lt;/i&gt;, Henri Bergson, &#233;dition &#233;lectronique dans le cadre de la collection&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;les classiques des sciences sociales&#160;: &lt;a href=&#034;http://www.uqac.uquebec.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.uqac.uquebec.ca&lt;/a&gt;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;i&gt;Portrait de l'artiste en saltimbanque&lt;/i&gt;, Jean Starobinski, Gallimard.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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