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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>&#192; force &#233;gale</title>
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		<dc:date>2024-02-08T09:44:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Matthieu Jacquet</dc:creator>



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&lt;p&gt;Autour d'une tige verticale en m&#233;tal, des morceaux de terre crue ondulent et s'affaissent, transform&#233;s par leur densit&#233;. Moul&#233;s sur des cha&#238;nes suspendues, des volumes de verre d&#233;goulinent et boursouflent dans les airs. Des sculptures malax&#233;es dans leur longueur, m&#233;langes de pl&#226;tre et de limaille de fer, s'&#233;rigent sur le toit. Au c&#339;ur de la pratique d'Alexia Chevrollier, la mati&#232;re est l&#224;&#160;: &#224; l'&#233;tat brut d'abord, emplie de tous ses possibles et de ses myst&#232;res, puis en tant que produit&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Autour d'une tige verticale en m&#233;tal, des morceaux de terre crue ondulent et s'affaissent, transform&#233;s par leur densit&#233;. Moul&#233;s sur des cha&#238;nes suspendues, des volumes de verre d&#233;goulinent et boursouflent dans les airs. Des sculptures malax&#233;es dans leur longueur, m&#233;langes de pl&#226;tre et de limaille de fer, s'&#233;rigent sur le toit. Au c&#339;ur de la pratique d'Alexia Chevrollier, la mati&#232;re est l&#224;&#160;: &#224; l'&#233;tat brut d'abord, emplie de tous ses possibles et de ses myst&#232;res, puis en tant que produit mouvant de ses infinies m&#233;tamorphoses &#8211; r&#233;v&#233;l&#233;e par ses reliefs et ses anfractuosit&#233;s, consacr&#233;e par la raret&#233; du hasard. La mati&#232;re est pr&#233;sente, mise en sc&#232;ne telle la protagoniste centrale d'une pi&#232;ce relatant ses tribulations, modul&#233;e au gr&#233; du temps et du geste. La mati&#232;re est &#224; la fois la m&#232;re, la nourrice et la fille, comme l'interpr&#232;te plastique d'une proph&#233;tie auto-r&#233;alisatrice. La mati&#232;re se fait, se ressent et se vit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fixes sans n'&#234;tre jamais fig&#233;es, les &#339;uvres d'Alexia Chevrollier sont le th&#233;&#226;tre d'une transmutation des &#233;tats&#160;: le gazeux forme le solide, le solide devient liquide, le liquide forme le solide. Cr&#233;&#233;e par l'oxydation du m&#233;tal, la rouille est liqu&#233;fi&#233;e jusqu'&#224; devenir peinture et vient colorer les toiles de ses teintes brunes &#224; orang&#233;es. L'artiste parle alors d'une &#8220;d&#233;r&#233;alisation de la mati&#232;re&#8221;, qui en se liqu&#233;fiant r&#233;v&#232;le tout son potentiel pictural. In&#233;vitablement, la traditionnelle hi&#233;rarchie des m&#233;diums se trouve bouscul&#233;e. En actrice majeure des oeuvres, la temporalit&#233; r&#232;gne, saupoudrant d'ambigu&#239;t&#233; le mythe persistant de l'oeuvre finie&#160;: dans cette po&#233;tique du d&#233;tail, toute action visible sur l'oeuvre compte, qu'elle soit trace, coulure, courbure ou renflement. Traditionnellement mises de c&#244;t&#233;, les contingences de l'existence mat&#233;rielle de l'oeuvre se retrouvent donc au centre et &#224; l'origine m&#234;me de sa conception. La richesse du mat&#233;riau se d&#233;voile dans ses vicissitudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suspendu &#224; la cha&#238;ne, le verre souffl&#233; semble &#234;tre sur le point de la brisure mais se maintient, r&#233;gi par un savant &#233;quilibre&#8230; Le territoire po&#233;tique dans lequel s'installe l'&#339;uvre d'Alexia Chevrollier est ce temps incertain qui pr&#233;c&#232;de la destruction, ce moment d'infime tension et de vuln&#233;rabilit&#233; &#8211; cet &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;inframince&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, comme aime &#224; l'appeler l'artiste. C'est l&#224;, pr&#233;cis&#233;ment, que r&#233;side la puissance profonde de ses &#339;uvres&#160;: dans l'&#233;ventualit&#233; de leur fracture et de leur d&#233;gradation. Derri&#232;re leur instabilit&#233;, la plasticienne prouve sa r&#233;sistance face au march&#233; et joue avec cet in&#233;vitable paradoxe&#160;: faire vivre la mati&#232;re implique de la fragiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car derri&#232;re chaque &#339;uvre, un ou plusieurs geste(s) sont &#224; l'origine de cette m&#233;lodie formelle&#160;: le souffle de la respiration derri&#232;re la formation du verre, l'effort des bras ou des genoux derri&#232;re la torsion du cuivre, la palpation qui mod&#232;le la terre puis la laisse glisser sur le m&#233;tal, le mouvement qui &#233;tale le jus de rouille sur les surfaces d'une toile ou d'un voile de coton&#8230; Chaque &#339;uvre porte bel et bien dans sa forme les marques son geste cr&#233;ateur, induisant le r&#244;le d&#233;miurgique &#8211; parfois performatif &#8211; du corps d'Alexia Chevrollier. Outre cette derni&#232;re, plusieurs &#339;uvres requi&#232;rent &#233;galement le concours d'un ma&#238;tre verrier&#160;: loin de s'en distancier, l'artiste &#8211; pr&#233;sente &#224; ses c&#244;t&#233;s lors du soufflage &#8211; per&#231;oit cette intervention ext&#233;rieure comme une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;annexe de son propre corps&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reflet de sa pratique d'&#233;quilibriste, le titre &lt;i&gt;&#192; force &#233;gale&lt;/i&gt; &#233;voque cette &#233;nergie des contraires qui compose des ensembles d'une &#233;tonnante harmonie. &lt;i&gt;&#192; force &#233;gale&lt;/i&gt;, aussi, car c'est avant tout sous la forme d'un &#233;change avec la mati&#232;re, v&#233;ritable rituel fond&#233; sur le don, que la plasticienne envisage sa d&#233;marche&#160;: son intervention na&#238;t de ce dialogue, d'&#233;gal &#224; &#233;gal. Secondaire &#224; l'existence de la mati&#232;re, l'artiste n'est jamais qu'une de ses destinataires, &#224; qui celle-ci viendrait confier certains de ses secrets. &#192; Champigny-sur-Marne, Alexia Chevrollier se fait la cheffe d'orchestre d'un concert de mat&#233;riaux qui jouent chacun leur propre partition. Rassembl&#233;es dans ce nouvel espace, ses &#339;uvres y &#233;pousent sa lumi&#232;re, ses formes, ses niveaux, s'adaptent &#224; ses recoins, d&#233;couvrent ses ext&#233;rieurs et bravent ses intemp&#233;ries&#8230; Puis, une fois le concert termin&#233;, chacune continuera de vivre et de lentement se transformer, attendant que sa partition soit &#224; nouveau jou&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Texte &#233;crit dans le cadre de l'exposition &lt;i&gt;&#192; force &#233;gale&lt;/i&gt; (2019), Maison des arts plastiques de Champigny-sur-Marne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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