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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Les histoires aussi se laissent tomber, les unes dans les autres</title>
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		<dc:creator>Fiona Vilmer</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En observant le travail de Ludovic Beillard, une pens&#233;e pas vraiment dissimul&#233;e mais toujours en suspens&#160;: les &#233;tats &#233;motionnels, ceux qui s'engloutissent et ressurgissent, prouvent toujours que l'esprit se retrouve seul face au choc. Le m&#233;contentement, la frustration, la crudit&#233; de l'affect en se propageant dans le temps, s'inscrit dans l'espace et fa&#231;onne depuis l'int&#233;rieur le masque que l'on porte, et transforme, &#224; l'ext&#233;rieur de soi. Ludovic Beillard est s&#251;rement lui aussi d&#233;j&#224; pass&#233; par&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En observant le travail de Ludovic Beillard, une pens&#233;e pas vraiment dissimul&#233;e mais toujours en suspens&#160;: les &#233;tats &#233;motionnels, ceux qui s'engloutissent et ressurgissent, prouvent toujours que l'esprit se retrouve seul face au choc. Le m&#233;contentement, la frustration, la crudit&#233; de l'affect en se propageant dans le temps, s'inscrit dans l'espace et fa&#231;onne depuis l'int&#233;rieur le masque que l'on porte, et transforme, &#224; l'ext&#233;rieur de soi. Ludovic Beillard est s&#251;rement lui aussi d&#233;j&#224; pass&#233; par l&#224;. Les dessins et sculptures qui composent sa pratique, regardent dans les profondeurs de ces changements d'&#233;tats, o&#249; se rencontrent le drame, la com&#233;die, le grotesque et d'autres situations d&#233;sesp&#233;r&#233;es d'o&#249; s'&#233;chappe une sensibilit&#233; de l'exp&#233;rience intime, &#233;ventuellement accompagn&#233; d'un rire grin&#231;ant, plus lointain &#224; d&#233;celer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La repr&#233;sentation de la mort tient une place importante dans le rapport que Ludovic Beillard entretient &#224; la figuration dans ses sculptures, &#233;voquant les momies obs&#233;dantes de Palerme (Italie), nich&#233;es dans les catacombes des Capucins dont les t&#234;tes tombantes de ces vestiges, fig&#233;s &#224; la verticale, les renvoient &#224; une galerie spectrale de marionnettes. Mais ces figures sont m&#233;tamorphos&#233;es, comme les masques en latex et en tissu de la s&#233;rie &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Peste-noire' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Peste Noire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2017). Elles contiennent cet &#233;tirement gestuel dans les visages mall&#233;ables et d&#233;goulinants, dont les contorsions semblent amplifier l'incarnation de sentiments pr&#233;alablement enfouis qui auraient finit par se liqu&#233;fier, proches des effets sp&#233;ciaux justement fabriqu&#233;s &#224; la main, des films de genre tels que &lt;i&gt;The Thing&lt;/i&gt; (John Carpenter, 1982), &lt;i&gt;The Fly&lt;/i&gt; (David Cronenberg, 1986) ou encore &lt;i&gt;Society&lt;/i&gt; (Brian Yuzna, 1992) o&#249; des personnages fondent litt&#233;ralement, vers leur propre extinction. Une transmission de ce qui se trouve &#224; la lisi&#232;re des sentiments r&#233;prim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'univers de Ludovic Beillard, les &#234;tres sont quasiment d&#233;sint&#233;gr&#233;s, fr&#244;lant la destruction, mais dont la travers&#233;e des extr&#233;mit&#233;s &#233;motionnelles permet de les pr&#233;server. Les personnages s'isolent, reclus en petit comit&#233;, ou en t&#234;te-&#224;-t&#234;te, intercesseurs de r&#233;cits sous la forme de sayn&#232;tes. Dans l'exposition &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Concerts-et-maladies' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Concert &amp; Maladies&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2021) percole l'id&#233;e d'un enfermement civilisationnel, o&#249; les protagonistes dessin&#233;s se retrouvent confin&#233;s dans la repr&#233;sentation d'espaces clos. Chacun semble aplati par une dialogue de sourd qui pourtant r&#233;sonne dans les verres de bi&#232;res pos&#233;s sur les tables, auxquels de petits instruments en verre ont &#233;t&#233; jouxt&#233;s. Les lumi&#232;res de la f&#234;te sont blafardes, l'alcool est triste, la c&#233;l&#233;bration se superpose &#224; sa propre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet imaginaire traduit un r&#233;el qui partout s'infiltre, teint&#233; d'une anxi&#233;t&#233; latente qui se refl&#232;te dans les mod&#232;les miniatures patin&#233;s et l&#233;g&#232;rement d&#233;fra&#238;chis d'appartements, de bars et de vitrines, de l'exposition &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Tout-s-arrange' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Tout s'arrange&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2020). Des fantasmes o&#249; l'espace se fabrique, peupl&#233;s d'idiosyncrasies, de preuves de soi imbriqu&#233;es dans des d&#233;cors. Tout dans ces mises en sc&#232;ne sugg&#232;re des maquettes tout droit sorties d'espaces mentaux qui se rejouent ind&#233;finiment, tel qu'une rupture, un d&#233;part ou peut-&#234;tre juste la fin des vacances. Dans l'exposition &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Chagrin-de-merde' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Chagrin de Merde&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2021) des figures sculpt&#233;es en bois figent des t&#234;tes animales et celle d'un berger, soufflant dans des instruments, la m&#233;lodie inaudible d'une c&#233;r&#233;monie doucereuse. Ni vraiment joyeux, ni compl&#232;tement entach&#233; de l'&#233;chec, l'espace des relations rev&#234;t une psychologie des angles morts o&#249; les petites histoires et les drames quotidiens, &#224; la fois minuscules et insurmontables, guettent dans l'ombre du moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2021, Ang&#233;lique Aubrit et Ludovic Beillard ont une pratique collaborative de sculptures, installations, vid&#233;os et dessins. Dans ce travail, leurs propres histoires se m&#234;lent &#224; la mise en sc&#232;ne de personnages dans des vid&#233;os et des performances, pris des situations intimes charg&#233;es de psychodrames, avant de redevenir des poup&#233;es inanim&#233;es sous la forme de sculptures, encapsulent ces histoires. Les mains, les t&#234;tes et les pieds sculpt&#233;es en bois s'apparentent &#224; des casques surdimensionn&#233;s, isolant les voix et les gestes rendus aveugles sous des traits seulement creus&#233;s, proche des repr&#233;sentations des masques mortuaires. Costumes de tissus bouffants, satin et velours, habillent ces poup&#233;es grandeur nature qui se manipulent depuis l'int&#233;rieur avec contrainte, alourdissant les mouvements. Des sosies sans visages auxquels il est possible de s'identifier par leurs caract&#232;res et leurs attitudes. &lt;br class='manualbr' /&gt;Dans ces reconstitutions, des sc&#232;nes de vies aux bord de l'autofiction sont c&#233;l&#233;br&#233;es dans ce qu'elles ont de plus tragique, comique, mais aussi de plus confus, n&#233;buleux, et tendre, adressant une situation &#233;motionnelles o&#249; les poup&#233;es &#233;chouent inlassablement &#224; communiquer. Le grotesque de leur apparence &#224; autant pour fonction de relater la lente &#233;bullition que couve l'exp&#233;rience de la d&#233;ception, qu'&#224; d&#233;dramatiser certains traumatismes. Dans &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Je-n-entends-plus-aucune-voix' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Je n'entends plus aucune voix&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2021), deux personnages se s&#233;parent sur fond de papier peint jauni, et se livrent &#224; la l'infinie com&#233;die humaine, d'abord sous la forme d'une vid&#233;o (R&#233;sidence Lindre-Basse - Centre d'art contemporain - la synagogue de Delme, 2021), puis d'une performance (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CAPC&lt;/span&gt;, 2022). Le &lt;i&gt;reenactement&lt;/i&gt; et ses diff&#233;rents contextes accentuent l'ambigu&#239;t&#233; entre objets morts et personnages vivants, entre le sujet et l'objet, entre les limites de la dur&#233;e r&#233;aliste et les &#233;tendus de l'espace fictionnel, qui semble d&#232;s lors, autant exister qu'un espace r&#233;el. L'&#233;chelle du d&#233;cor, des personnage, de leur rapport &#224; l'alt&#233;rit&#233;, joue sur un r&#233;el lui-m&#234;me d&#233;form&#233; par l'exp&#233;rience, si bien qu'il est au d&#233;part difficile de d&#233;terminer s'il s'agit de poup&#233;es anim&#233;es install&#233;es dans des int&#233;rieurs miniaturis&#233;s ou des costumes port&#233;s par des performeur&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;euses, activ&#233;s dans des maquettes &#224; tailles humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture, le couple, la difficult&#233; d'&#234;tre en groupe, le rapport &#233;crasant &#224; l'alt&#233;rit&#233;, la violence des amiti&#233;s, ou encore les compromis et les r&#233;conciliations qui font tenir une histoire, entretiennent la boucle &#233;ternelle de la d&#233;flagration entre soi et les autres. Ang&#233;lique Aubrit et Ludovic Beillard nous accueillent dans ces &#233;tats inconfortables, o&#249; le visiteur pris &#224; parti dans les environnements, scrute la psychologie ambivalente de chacune des poup&#233;es, qui pourraient &#234;tre nous. Dans &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Avec-inquie&#769;tude-mais-aussi-avec-espoir' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Avec inqui&#233;tude mais aussi avec espoir&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2021), une maison en papier kraft &#224; l'&#233;chelle du lieu abolie le quatri&#232;me mur, et fait entrer le spectateur dans le groupe en l'int&#233;grant &#224; une sc&#232;ne de famille et &#224; son possible malaise, sans vraiment y avoir &#233;t&#233; convi&#233;. Nous sommes chez elleux, mais chez nous aussi. La vraisemblance de ces situations, l'espoir des salles d'attente des affects, l'absence de script clair, l'ennui des bassesses humaines, se fixent dans les palettes d'actions r&#233;duites de chaque personnages, mises en boucles. Une platitude effective qui allongent la dur&#233;e &#233;prouv&#233;e du r&#233;el autant qu'elle en ouvre les ab&#238;mes. Dans le film &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Gris-clair' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Gris Clair&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2022), deux personnages se disputent sur un lit film&#233; en plan s&#233;quence rapproch&#233;. Le spectateur, voyeur des m&#233;andres &#233;motionnelles des sujets, est t&#233;moin d'une pesanteur de l'ambiance. Celle dont la lenteur s'installe dans l'image, et rappelle les versants du cin&#233;ma de Chantal Akerman ou de Bel&#224; Tarr, entre documentaire et fiction de la r&#233;alit&#233; observ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En existant &#224; la fois comme costumes et comme sculptures, les poup&#233;es s'envisagent comme des objets transitionnels, des interfaces poreuses aux &#233;carts &#233;motionnels. Elles incarnent des figures dissoci&#233;es, permettant de se projeter dans les formes d'&#160;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;un refoulement collectif&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Dans &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Je-veux-que-tu-meures' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Je veux que tu meures&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2022), des personnages de plusieurs &#233;poques se c&#244;toient dans le d&#233;cor d'un vaisseau spatial. Les relations s'encombrent, l&#224; o&#249; un sentiment inavouable courtise le d&#233;sir de mettre fin &#224; la domination, &#224; la manipulation ou &#224; l'effacement de l'autre. &#192; l'int&#233;rieur de ces r&#233;cits th&#233;&#226;tralis&#233;s, les personnages d&#233;veloppent une fiction du traumatisme, d'o&#249; une possible consolation &#233;merge dans la g&#233;om&#233;trie des relations. Les poup&#233;es s'&#233;crasent autant qu'elles se r&#233;confortent face &#224; la complexit&#233; de l'alt&#233;rit&#233;. Tout se d&#233;lite, chaque personnage traverse la fiction, d&#233;rive, comme un moi d&#233;fonc&#233; aux &#233;tats n&#233;vros&#233;s qui enflent et menacent, encore, litt&#233;ralement de tomber en se d&#233;pla&#231;ant p&#233;rilleusement dans le d&#233;cor. Comme quoi les histoires aussi se laissent tomber. Les unes dans les autres, c'est un film qui n'en finit pas de recommencer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les histoires aussi se laissent tomber, les unes dans les autres</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fiona Vilmer</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les dessins et les sculptures de Ludovic Beillard regardent dans les profondeurs de changements d'&#233;tats &#233;motionnels o&#249; se rencontrent le drame, la com&#233;die, le grotesque et d'autres situations d&#233;sesp&#233;r&#233;es qui t&#233;moignent de sa sensibilit&#233; &#224; l'exp&#233;rience intime. Les masques en latex et tissu de la s&#233;rie Peste Noire (2017) semblent amplifier l'incarnation de sentiments enfouis qui auraient fini par se liqu&#233;fier. Les personnages s'isolent, reclus en petit comit&#233; ou en t&#234;te-&#224;-t&#234;te, intercesseurs&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/local/cache-vignettes/L150xH110/beillard_je_n-entends-plus-aucune-voix_2021_01-2-1aec3.jpg?1751466366' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les dessins et les sculptures de Ludovic Beillard regardent dans les profondeurs de changements d'&#233;tats &#233;motionnels o&#249; se rencontrent le drame, la com&#233;die, le grotesque et d'autres situations d&#233;sesp&#233;r&#233;es qui t&#233;moignent de sa sensibilit&#233; &#224; l'exp&#233;rience intime. Les masques en latex et tissu de la s&#233;rie &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Peste-noire' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Peste Noire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (2017) semblent amplifier l'incarnation de sentiments enfouis qui auraient fini par se liqu&#233;fier. Les personnages s'isolent, reclus en petit comit&#233; ou en t&#234;te-&#224;-t&#234;te, intercesseurs de r&#233;cits propos&#233;s sous forme de sayn&#232;tes. Dans &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Concerts-et-maladies' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Concert et maladies&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (2021) percole l'id&#233;e d'un enfermement civilisationnel o&#249; les protagonistes se retrouvent confin&#233;s dans la repr&#233;sentation d'espaces clos. Cet imaginaire traduit un r&#233;el teint&#233; d'une anxi&#233;t&#233; latente qui se refl&#232;te dans les mod&#232;les miniatures patin&#233;s et l&#233;g&#232;rement d&#233;fra&#238;chis des appartements, des bars et des vitrines de l'exposition &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Tout-s-arrange' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Tout s'arrange&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (2020). Ce sont des fantasmes peupl&#233;s d'idiosyncrasies, de preuves de soi imbriqu&#233;es dans des d&#233;cors, des maquettes tout droit sorties d'espaces mentaux o&#249; se rejouent ind&#233;finiment une rupture, un d&#233;part, la fin des vacances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2021, Ludovic Beillard d&#233;veloppe avec Ang&#233;lique Aubrit une pratique collaborative. Au sein de vid&#233;os et de performances, leurs propres histoires se m&#234;lent &#224; la mise en sc&#232;ne de personnages pris dans des psychodrames, avant de devenir des poup&#233;es inanim&#233;es qui encapsulent &#224; leur tour ces histoires. Dans ces reconstitutions, des sc&#232;nes de vie au bord de l'auto-fiction sont c&#233;l&#233;br&#233;es dans ce qu'elles ont de plus tragique, comique, mais aussi de plus confus, n&#233;buleux et tendre. L'&#233;chec de la communication, le couple, la difficult&#233; d'&#234;tre en groupe, le rapport &#233;crasant &#224; l'alt&#233;rit&#233;, la violence des amiti&#233;s ou encore les compromis et les r&#233;conciliations qui font tenir une histoire, entretiennent la boucle &#233;ternelle de la d&#233;flagration entre soi et les autres. Dans &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Je-n-entends-plus-aucune-voix' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Je n'entends plus aucune voix&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (2021), deux personnages se s&#233;parent sur fond de papier peint jauni et se livrent &#224; l'infinie com&#233;die humaine, d'abord sous la forme d'une vid&#233;o puis d'une performance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;reenactement&lt;/i&gt; et ses diff&#233;rents contextes accentuent l'ambigu&#239;t&#233; entre objets morts et personnages vivants, entre le sujet et l'objet, entre les limites de la dur&#233;e r&#233;aliste et les &#233;tendues de l'espace fictionnel, lequel semble d&#232;s lors autant exister qu'un espace r&#233;el. &#192; la fois costumes et sculptures, les poup&#233;es s'envisagent comme des objets transitionnels, des interfaces poreuses aux &#233;carts &#233;motionnels. Elles incarnent des figures dissoci&#233;es, permettant de se projeter dans les formes d'un refoulement collectif. &#192; l'int&#233;rieur de ces r&#233;cits th&#233;&#226;tralis&#233;s, elles s'&#233;crasent autant qu'elles se r&#233;confortent face &#224; la complexit&#233; de l'alt&#233;rit&#233;. Tout se d&#233;lite, chaque personnage traverse la fiction, d&#233;rive comme un moi d&#233;fonc&#233;, n&#233;vros&#233;, qui enfle et menace de tomber en se d&#233;pla&#231;ant p&#233;rilleusement dans le d&#233;cor. Comme quoi les histoires aussi se laissent tomber. Les unes dans les autres, c'est un film qui n'en finit pas de recommencer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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