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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Un grondement certain, une douce fuite</title>
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		<dc:date>2025-10-14T07:59:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Carobolante</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Depuis ses toutes premi&#232;res peintures, Tatiana Defraine a engag&#233; son travail dans un questionnement des arch&#233;types de repr&#233;sentation f&#233;minine. Arch&#233;type entendu comme un type de figuration se rapprochant le plus possible d'une source arbitraire, soci&#233;tale, de discours et de clich&#233;s visuels. Son point de d&#233;part fut l'imagerie de la mode et ses corps objectiv&#233;s, bien souvent accessoiris&#233;s, qui se retrouvaient &#224; lutter avec la mati&#232;re picturale les encerclant, lorsque celle-ci ne les d&#233;formait&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-29346" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis ses toutes premi&#232;res peintures, Tatiana Defraine a engag&#233; son travail dans un questionnement des arch&#233;types de repr&#233;sentation f&#233;minine. Arch&#233;type entendu comme un type de figuration se rapprochant le plus possible d'une source arbitraire, soci&#233;tale, de discours et de clich&#233;s visuels. Son point de d&#233;part fut &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Les-grotesques' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'imagerie de la mode et ses corps objectiv&#233;s&lt;/a&gt;, bien souvent accessoiris&#233;s, qui se retrouvaient &#224; lutter avec la mati&#232;re picturale les encerclant, lorsque celle-ci ne les d&#233;formait pas. Un bon corps est un corps qui se tient, aux limites certaines et aux signifiants clairs, telle semble &#234;tre l'opinion visuelle de masse et la premi&#232;re probl&#233;matique soulev&#233;e par les tableaux de l'artiste. Et de l&#224;, une question purement picturale&#160;: comment repr&#233;senter un corps f&#233;minin norm&#233; sans soumettre le geste artistique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? C'est-&#224;-dire, comment garder une forme de libert&#233; face &#224; un ensemble de codes de visibilit&#233; qui contraignent autant les corps que les modes de repr&#233;sentation&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? On choisit alors des sujets et des mani&#232;res de les peindre qui tendent &#224; mettre en doute ces arch&#233;types. On d&#233;forme, on rend ambig&#252;e l'objet m&#234;me du regard, le poussant vers un voyeurisme st&#233;rile et tragique.&lt;br class='manualbr' /&gt;Les corps devenus doubles, fant&#244;mes ou mythologies forment autant de directions possibles &#224; une peinture s'engouffrant dans de telles r&#233;flexions. Il faut soulever l'arch&#233;type et le conduire vers l'aporie, le rendre inop&#233;rant. Les corps sont fig&#233;s dans des &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Les-baigneuses' class=&#034;spip_in&#034;&gt;baignoires&lt;/a&gt;, dans des paysages, dans le faux-semblant, non pas pour y &#234;tre contraint mais pour y puiser un apaisement salvateur. Face aux arch&#233;types, on oppose de la douceur. Ce n'est plus dans la mondanit&#233; que les figures f&#233;minines exultent, mais bien dans des aplats de couleur. Dans le d&#233;nuement d'un geste d&#233;sirant une fausse na&#239;vet&#233; aussi, certainement. D'autres, cherchant le mouvement, s'enfuient dans le bleu &#224; &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Les-cavalieres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;dos de cheval&lt;/a&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; au loin, elles sont de moins en moins des corps et de plus en plus des id&#233;es, regagnant ainsi une autre source.&lt;br class='manualbr' /&gt;La peinture est plus libre lorsque le peintre la ma&#238;trise moins. Le corps repr&#233;sent&#233; devient sujet, et non plus objet, lorsque ses traits sont plus incertains. Pour Tatiana Defraine, fuir la virtuosit&#233; c'est &#233;manciper sa pratique, sans perdre pour autant en technicit&#233;. Les b&#226;tonnets d'huile trait&#233;s comme des rouges &#224; l&#232;vre gagnent en dimension conceptuelle en m&#234;me temps que le geste s'all&#232;ge. Les couches de peinture s'empilent pour mieux &#234;tre gratt&#233;es. Un processus qui ne cherche pas notre admiration mais notre compr&#233;hension. La peinture et les corps repr&#233;sent&#233;s sont &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Etre-entre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;entre&lt;/a&gt;, pour faire r&#233;f&#233;rence au titre de l'une de ses s&#233;ries&#160;: dans un seuil, forc&#233;ment plus sinc&#232;re car ind&#233;termin&#233;, offrant autant de libert&#233;s que d'introspection. Ces corps f&#233;minins risquant de tomber dans l'incertitude, corps qui fuient ou qui attendent, qui fusionnent avec la nature et avec la couleur, ce sont nous, public, c'est elle, la peintre, mais c'est aussi la peinture elle-m&#234;me, conceptualis&#233;e&#160;: cherchant le salut dans de nouvelles normes, dans de nouveaux possibles, dans des r&#233;cits et des filiations qui puiseraient leur source dans l'image elle-m&#234;me, et non dans des typologies impos&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sommeil l&#233;ger</title>
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		<dc:date>2023-02-28T10:08:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Carobolante</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce qui nous fait face est une mythologie se lovant quelque part entre les figures clefs de l'imagerie contemporaine et l'archa&#239;sme de nos peurs fondamentales. Le sommeil est toujours une mise en danger, une mort simul&#233;e tendant ses bras au repos salvateur et &#224; l'av&#232;nement des spectres qui portent dans leurs ombres un fardeau de traumas. Le sommeil l&#233;ger et le sommeil profond concernent tous deux la passivit&#233; du corps et la disponibilit&#233; de l'esprit aux plis d'images qui ne sont pas les&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce qui nous fait face est une mythologie se lovant quelque part entre les figures clefs de l'imagerie contemporaine et l'archa&#239;sme de nos peurs fondamentales. Le sommeil est toujours une mise en danger, une mort simul&#233;e tendant ses bras au repos salvateur et &#224; l'av&#232;nement des spectres qui portent dans leurs ombres un fardeau de traumas. Le sommeil l&#233;ger et le sommeil profond concernent tous deux la passivit&#233; du corps et la disponibilit&#233; de l'esprit aux plis d'images qui ne sont pas les siennes. Partout, tout le temps, les hommes et les femmes se r&#233;fugient dans la pesanteur insondable de l'obscurit&#233; &#224; partir de laquelle ils pourront fantasmer le meilleur mais surtout le pire. Le cauchemar est exception, rare et recherch&#233;. On ne pr&#233;dit que la catastrophe, et en m&#234;me temps cette derni&#232;re nous surpasse toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un fragment c&#233;l&#232;bre, Aristote nous apprend que l'homme s'incline naturellement vers la repr&#233;sentation car cette derni&#232;re est source de plaisir, et qu'elle lui permet de regarder en biais monstres et cadavres lorsque leur vue de face est intol&#233;rable. Nous pensons qu'il s'agit plut&#244;t de conserver encore au plus pr&#232;s de soi ce qu'il y a de plus horrible pour na&#239;vement le dompter. L'horreur est d&#233;pendance, nous cauchemardons m&#234;me sans sommeil, contemplons les flux de sang et de chair qui d&#233;filent sur nos r&#233;tines puis sous nos pupilles, nous d&#233;sirons tous notre fin. Cette horreur est toujours non discursive, elle est toujours &lt;i&gt;punchline&lt;/i&gt;, toujours autonome, pornographique, toujours li&#233;e &#224; l'orifice que l'on cr&#233;e ou que l'on d&#233;sire remplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plusieurs si&#232;cles, on personnifiait le mal dans la figure de Gorg&#244;, la femme dont les cheveux sont faits de serpents et dont le cri est celui d'un cheval prit de fureur. Elle est peur non d'un danger, mais peur primordiale, instinctive, qui nous saisit et nous d&#233;forme le visage m&#234;me lorsqu'il n'y a rien &#224; craindre. Elle est la peur hypnotique, celle qui vous fige comme un serpent fixe sa proie avant de fondre sur lui. Elle est admirable, d&#233;sirable, car non connue, car r&#233;sidant &#224; la marge. La Gorg&#244; est aussi un masque, celui que l'on rev&#234;t lorsque l'on va au champ de bataille, ou celui que l'on grave sur son bouclier. L'horreur et la peur sont alors autant le seul pr&#233;dateur de l'homme que son plus intime allier. Elle est un troph&#233;e que l'on accroche autant qu'un vice que l'on enfante, elle est une image, elle est une mue, car fondamentalement humaine. Elle est l'image elle-m&#234;me, et le pouvoir p&#233;trifiant qu'elle exerce sur nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Sommeil-leger&#034;&gt;Consulter la documentation de l'exposition.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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