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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Salon de Montrouge 2018</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Salon-de-Montrouge-2018</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Audrey Teichmann</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Marianne Vieul&#232;s, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;astronaute ind&#233;pendante&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, livre, dans un r&#233;cit &#224; l'ironie cosmique, les &#233;tapes de son entra&#238;nement en vue d'une impossible conqu&#234;te de l'espace. Les &#339;uvres produites selon ce principe d'autofiction poursuivent le pacte oxymorique commandant l'existence contingente d'un r&#233;cit de soi et d'une fiction, d'une forme de mensonge, ou utopie, et d'une sorte de v&#233;rit&#233;, ou mat&#233;rialit&#233;. Transposition au sol d'une aventure stellaire, l'installation You Are an Astronaut est ainsi&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-28841" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Marianne Vieul&#232;s, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;astronaute ind&#233;pendante&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, livre, dans un r&#233;cit &#224; l'ironie cosmique, les &#233;tapes de son entra&#238;nement en vue d'une impossible conqu&#234;te de l'espace. Les &#339;uvres produites selon ce principe d'autofiction poursuivent le pacte oxymorique commandant l'existence contingente d'un r&#233;cit de soi et d'une fiction, d'une forme de mensonge, ou utopie, et d'une sorte de v&#233;rit&#233;, ou mat&#233;rialit&#233;. Transposition au sol d'une aventure stellaire, l'installation &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/You-Are-an-Astronaut' class=&#034;spip_in&#034;&gt;You Are an Astronaut&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; est ainsi lieu d'entra&#238;nement et de pr&#233;figuration, tout comme l'apparition du visage de Youri Gagarine sur un toast grill&#233; (&lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Breakfast-Youri' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Breakfast Youri&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 2017) est la r&#233;v&#233;lation d'une vocation &#224; l'image du visage christique sur le voile de V&#233;ronique.&#8232;&lt;br class='manualbr' /&gt;Vocation, pr&#233;cis&#233;ment, dont l'artiste d&#233;multiplie les champs de l'impossible r&#233;alisation, jusqu'&#224; la mythologisation d'objets et discours &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;r&#233;agenc&#233;s en une configuration esth&#233;tique qui aboutit &#224; une refiguration du r&#233;el&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rudimentaire &lt;i&gt;Tin can ou Space Green House&lt;/i&gt; (2017) est alors une capsule-serre spatiale &#233;tudiant la possible survie de la biosph&#232;re au-del&#224; de l'atmosph&#232;re terrestre. Un large tissu vert est &lt;i&gt;L'espace sid&#233;ral digital&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Le-fond-vert-des-galaxies' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le fond vert des galaxies&lt;/a&gt;, base d'entra&#238;nement pour sortie extra-v&#233;hiculaire&lt;/i&gt; (2017), un paysage abyssal transposable de sol terrestre en sol terrestre avec l'espoir sarcastique d'un voyage qui n'aura pas lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En lien avec la conqu&#234;te spatiale, dont l'artiste rappelle le r&#244;le historique de contr&#244;le et de cartographie, Marianne Vieul&#232;s traite de l'omnipr&#233;sence des cam&#233;ras de surveillance&#160;: &lt;i&gt;Closed-circuit television&lt;/i&gt; (2015) m&#233;diatise ainsi au travers d'un compte Instagram des images issues de ces sources illimit&#233;es et masqu&#233;es. &lt;i&gt;Work work work&lt;/i&gt; se concentre sur les images de personnes au travail, que l'artiste sophistique au moyen d'un algorithme de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;reconnaissance du travail&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. L'ironie confine &#224; l'absurdit&#233;, n'emp&#234;chant pas l'artiste de continuer &#224; propulser des objets &#224; d&#233;faut de s'envoler elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le r&#233;el capital</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Le-reel-capital-49036</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Le-reel-capital-49036</guid>
		<dc:date>2023-03-03T10:05:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Audrey Teichmann</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Difficile de dire si, &#224; la fr&#233;quentation des &#339;uvres de Pierre Labat, le corps ou le regard se trouve en premier interpel&#233;. Dans une salle d'exposition dont ne d&#233;tournent ni couleur d&#233;monstrative, ni formes ostentatoires, ni fiction famili&#232;re, se reconstruit le lieu tout entier, activ&#233; par le temps distendu de la d&#233;ambulation et la diffraction des espaces successivement travers&#233;s. Chaque l&#233;ger mouvement du visiteur est un surgissement des &#339;uvres, dont l'&#233;quilibre et l'absence d'affectation,&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-28618" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Difficile de dire si, &#224; la fr&#233;quentation des &#339;uvres de Pierre Labat, le corps ou le regard se trouve en
premier interpel&#233;. Dans une salle d'exposition dont ne d&#233;tournent ni couleur d&#233;monstrative, ni
formes ostentatoires, ni fiction famili&#232;re, se reconstruit le lieu tout entier, activ&#233; par le temps
distendu de la d&#233;ambulation et la diffraction des espaces successivement travers&#233;s. Chaque l&#233;ger
mouvement du visiteur est un surgissement des &#339;uvres, dont l'&#233;quilibre et l'absence d'affectation,
la tension, donnent l'illusion d'une simultan&#233;it&#233; &#224; la fois avec le lieu qui les accueille - qui pourrait
les contenir depuis toujours et leur &#234;tre contemporain - et avec celui qui les observe. Propices &#224;
une approche empirique, elles accordent aux formes 'pures' et &#224; la s&#233;rialit&#233; de l'art minimal une
troublante humanit&#233;, la r&#233;miniscence d'&#233;l&#233;ments de repr&#233;sentation identifiables mais non
identifi&#233;es, la marque de l'&#233;chelle mais aussi de la forme anthropomorphique, amenant &#224; la
conviction que ces &#339;uvres sont, &#224; de nombreux &#233;gards, v&#233;cues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers quatre &#339;uvres expos&#233;es, ce sont quatre mondes ou rapports au monde que partage
Pierre Labat, dont la pr&#233;sence en creux trace la voie &#224; celle du spectateur. Dans &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Strong-Evidence-48887&#034;&gt;Strong Evidence&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, c'est l'extension m&#233;tallique de ses cinq doigts qui, invitant le spectateur &#224; y superposer sa main, fait le lien entre le vide la pi&#232;ce et la frontalit&#233; de ses murs. Il y a chiasme entre la simple observation de cette forme, issue du vide et plant&#233;e dans la rigidit&#233; du mur, et sa lecture, qui identifie sa source corporelle plant&#233;e au sol, et son orientation vers le ciel, lieu immat&#233;riel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Solide &#233;l&#233;ment de preuve&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, cette projection &#224; la fois limit&#233;e par le mur et prolong&#233;e par l'esprit, dont les fermes diagonales rappellent les stigmates du Saint Fran&#231;ois d'Assises de Giotto, est le lieu paradoxal de confrontation entre des aspirations supraterrestres, mystiques ou non - le ciel comme si&#232;ge du divin ou comme destination de la conqu&#234;te spatiale&#160;-, et la pr&#233;sence sur le sol terrien de cet ailleurs - m&#233;t&#233;orites et religions. Cette main prolong&#233;e entre en-de&#231;&#224; et au-del&#224; est comme un pont entre le domaine supralunaire du syst&#232;me aristot&#233;licien, monde uniforme et constant, et la Terre sublunaire alt&#233;rable. Solide s&#233;rialit&#233; des formes, mais possible corruption du fer qui les constitue&#160;: c'est le contraste entre la puissance de ce d&#233;ploiement et la contingence de son origine, la main de l'artiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Main que trahit l'empreinte d'une paume dans l'oeuvre compos&#233;e de trois cercles, haute comme un homme. Ces cercles sont scell&#233;s &#224; deux &#233;gards&#160;: &#233;troitement reli&#233;s entre eux, ils sont aussi marqu&#233;s par l'empreinte digitale, &lt;i&gt;sigillaire&lt;/i&gt; de leur auteur. Le 'sceau', du latin &lt;i&gt;sigillum&lt;/i&gt;, diminutif de &lt;i&gt;signum&lt;/i&gt;, le 'signe', est bien convoqu&#233; ici au titre d'une main-signe&#160;: celle qui fabrique et celle qui touche. La premi&#232;re, ouvri&#232;re, est le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;r&#233;el capital&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du titre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; expression d&#233;riv&#233;e d'une gravure du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, sur laquelle un ouvrier en tablier, tendant ses bras devant deux camarades et un garde national, leur dit &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;faut pas perd &#231;a d'vue - le vrai capital - le v'l&#224;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le &lt;i&gt;r&#233;el capital&lt;/i&gt;, c'est ce corps agissant, cette ressource dont dispose l'artiste pour assurer sa productivit&#233;, sous un vocable &#233;minemment politique et sociologique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais c'est aussi, par glissement onomastique, la r&#233;alit&#233; essentielle&#160;: celle d'une mat&#233;rialit&#233; des &#339;uvres, de l'&#233;vidence d'un corps-auteur / corps-matrice / corps-visiteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'allusion anthropomorphique est en effet au c&#339;ur de cette &#339;uvre qui s'inscrit dans le lieu comme une structure-&#233;talon, qui d&#233;finirait l'&#233;chelle humaine au m&#234;me titre que l'homme de Vitruve du corpus l&#233;onardien&#160;: inscrit similairement dans un cercle, il touche du bout des doigts la mod&#233;lisation g&#233;om&#233;trique de ses proportions. Pour autant, il n'y a pas un, mais trois cercles&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; orbes cohabitantes, comme cohabitent celles des plan&#232;tes d'un syst&#232;me au centre duquel la Terre n'est dogmatiquement plus. Sculpture o&#249; le corps peut p&#233;n&#233;trer et s'inscrire, &#224; l'&#233;chelle humaine telle que la souhaitait Carl Andre, elle est le si&#232;ge de perceptions trompeuses et successivement d&#233;construites&#160;: c'est l'illusion d'un homme solidement camp&#233; au coeur de l'univers qu'abolit l'ambigu&#776;it&#233; de ces formes, rondes de face, ovales de biais, formant triangle pour qui les voit de haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ambivalence de la forme, n&#233;e de l'impossible d&#233;finition d'un objet par la seule perception, est au c&#339;ur de &lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/2007-48876&#034;&gt;&lt;i&gt;The First Time I Ever Saw Your Face&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Compos&#233;e d'un rectangle blanc pos&#233; sur le mur, dont il r&#233;p&#232;te la blancheur et la plan&#233;it&#233;, elle contient une autre figure&#160;: c'est &#224; la fois un parall&#233;l&#233;pip&#232;de et la mat&#233;rialisation, en creux, de la d&#233;formation qu'il subit lorsqu'il est regard&#233; depuis le seuil de la salle. Cette &#339;uvre, offrant simultan&#233;ment une forme et la trace du premier regard port&#233; sur cette forme, dit l'impossibilit&#233; de la saisir une fois pour toutes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; au contraire, compos&#233;e de l'infini possible des angles de vue qu'elle permet, elle n'existe que dans l'addition de temps successifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette dimension &#224; la fois spatiale et temporelle que joue ironiquement en simultan&#233; l'&#339;uvre, dont le r&#233;cepteur visuel contribue &#224; la fois &#224; faire et d&#233;faire la stricte structure, et dont le lieu
d'exposition conditionne la perception. L&#224; encore, Pierre Labat fournit une &#233;chelle de mesure&#160;: non celle du corps seul, mais celle de la salle, dont le champ de vision, d&#233;termin&#233; par l'ouverture et sa distance au mur cimaise, o&#249; se confrontent l'abscisse du regard et l'ordonn&#233;e de la cloison, a command&#233; la r&#233;alisation pr&#233;cise de l'oeuvre. D&#233;finie par l'artiste, le spectateur, l'espace, le temps, elle est, quoique finie, en permanente r&#233;activation, jamais compl&#233;t&#233;e, sinon par la somme dilat&#233;e
et impossible de ses exp&#233;rimentations. Monde a priori orthonorm&#233;, il est de fait d&#233;fini par l'instabilit&#233;, le pouvoir de basculement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; si l'on ne se baigne jamais deux fois dans le m&#234;me fleuve, jamais l'on ne voit deux fois la m&#234;me oeuvre. Quelle est-elle donc&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce basculement perceptif est celui de la structure compos&#233;e de demi-cercles m&#233;talliques, nou&#233;s en leur centre par un point qui fait axe de sym&#233;trie. Sym&#233;trie centrale, mais aussi axiale, lorsque, se pla&#231;ant juste en face de l'un de ses arcs, l'observateur le per&#231;oit alors comme une ligne verticale de part et d'autre de laquelle se d&#233;ploient des courbes, &#339;uvre imaginable dans sa forme essentielle, mais jamais observable de toutes parts au point de la saisir parfaitement, elle est concevable mais pas saisissable dans sa totalit&#233;. Au m&#234;me titre que la finitude de l'esprit peut concevoir l'infini, ou se repr&#233;senter l'irrepr&#233;sentable, au fil des raisonnements par r&#233;currence ou par induction des sciences exp&#233;rimentales, de m&#234;me le spectateur peut-il combiner en lui l'ensemble des points de vue qu'il exp&#233;rimente par d&#233;placement autour de l'oeuvre pour s'en faire la perception la plus compl&#232;te qui soit. La compl&#233;tude de l'objet n'induit pas celle de son appr&#233;hension, encore une fois, et c'est face &#224; un faisceau litt&#233;ral de chemins que l'observateur se trouve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La structure-ossature, constitu&#233;e &#224; la fois des courbes m&#233;talliques et du vide qui les rythme, lie pr&#233;cis&#233;ment sol et plafond par le biais de deux faisceaux similaires &#224; ceux qui couronnent les colonnes supportant les crois&#233;es d'ogives. Syst&#232;me de pouss&#233;e &#233;quilibrant de lui-m&#234;me ses diff&#233;rentes forces, son caract&#232;re double, autor&#233;f&#233;rent, peut &#233;tonner&#160;: quelle surface soutient laquelle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Faut-il maintenir la paroi au-dessus ou au-dessous de soi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? oeuvre aux tensions manifestes, la compression stabilisatrice de ses diverses parties sugg&#232;re une tens&#233;grit&#233; commune &#224; plusieurs pi&#232;ces de Pierre Labat&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; oeuvre en mouvement malgr&#233; sa stabilit&#233;, elle est la mat&#233;rialisation de ces flux invisibles dont l'influence est majeure sur les &#233;l&#233;ments physiques, tels que les courants marins, ou les champs magn&#233;tiques mus autour de la Terre &#224; partir de son noyau m&#233;tallique. Ce travail invoquant des forces en &#233;quilibre, la m&#233;canique des fluides et de la physique des flux, est &#224; la fois de l'ordre du ph&#233;nom&#232;ne et de la mod&#233;lisation de ce ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans la tension permanente entre l'id&#233;e et sa mise en &#339;uvre, entre le pouvoir de suggestion et la puissance de la forme elle-m&#234;me, appr&#233;hend&#233;e diversement dans l'espace et le temps, que r&#233;side partiellement l'&#233;motion. Surfaces trompeuses, consid&#233;ration critique de la plan&#233;it&#233; et de la mat&#233;rialit&#233;, mais profond ancrage dans la &lt;i&gt;r&#233;alit&#233; essentielle&lt;/i&gt;, contribuent au surgissement d'&#339;uvres h&#233;t&#233;rotopiques&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;lieux effectifs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;aux formes vari&#233;es&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, que Foucault opposait aux utopies, auxquelles pourrait pourtant parfois, devant la lin&#233;arit&#233; des formes et la simplicit&#233; des mat&#233;riaux, rattacher celui qui les traverse les &#339;uvres de Pierre Labat. La construction sym&#233;trique de certaines de ses pi&#232;ces, quasi sp&#233;culaire, fait surgir cet &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;univers r&#233;versible&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; o&#249; le sol est au ciel et le ciel au sol, ce &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;vertige cosmologique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; auquel &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;vient s'ajouter un vertige m&#233;taphysique qui est comme le double int&#233;rieur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Genette,&lt;i&gt; Figures I)&lt;/i&gt;. La dimension profond&#233;ment anthropologique de ces pi&#232;ces, leur prise en compte de la figure humaine non seulement en terme d'&#233;chelle, mais aussi en terme d'absente convoqu&#233;e, cet &#234;tre &#224; la perception fragmentaire des &#339;uvres, et pour autant invit&#233; par elles, ne fait qu'approfondir la question de leur pouvoir de suggestion. Non pas de suggestion hors d'elles-m&#234;mes - quoique &#233;voquant des sources, non n&#233;cessaires &#224; leur compl&#233;tude - mais dans leur constante r&#233;activation, et l'illusion qu'elles se dressent, s'appuient au sol, sortent du mur depuis toujours et pour toujours, au prix de ce r&#233;el capital qu'est l'artiste d&#233;miurge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>The real capital</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/The-real-capital</link>
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		<dc:date>2023-02-01T15:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Audrey Teichmann</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;It's hard to say, when in the company of Pierre Labat's artworks, whether it is one's body or one's gaze that is the first to be called upon. Neither expressive colour, nor ostentatious shapes, nor familiar fiction distract us from the exhibition room, in which the space rebuilds itself entirely, thanks to the distension of the time spent walking around and the diffraction of the spaces crossed one after the other. Each slight movement of the visitor brings forth a new arising of the&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-28618" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;It's hard to say, when in the company of Pierre Labat's artworks, whether it is one's body or one's gaze that is the first to be called upon. Neither expressive colour, nor ostentatious shapes, nor familiar fiction distract us from the exhibition room, in which the space rebuilds itself entirely, thanks to the distension of the time spent walking around and the diffraction of the spaces crossed one after the other. Each slight movement of the visitor brings forth a new arising of the artworks, whose balance, absence of allocation and tension, give the illusion of a simultaneity with the space that welcomes them &#8211; that could have always contained them and be contemporary to them &#8211; as well as with the one who observes them. Allowing an empiric approach, they bring a troubling humanity to &#8216;pure' shapes and the serial aspect of minimal art, the reminiscence of elements of representation that are identifiable but unidentified, a scale but also an anthropomorphic shape, convincing us that these artworks are, in many respects, to be experienced.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Through four exhibited artworks, it is four worlds or relations to the world that Pierre Labat is sharing, with his implicit presence setting the tone for the spectator's. In &lt;i&gt;Strong evidence&lt;/i&gt;, it is the metal extension of his five fingers that, inviting the spectator to place his/her hand on top of his, connects the emptiness of the room with the frontal aspect of its walls. There is a chiasmus between the simple observation of this shape, stemming from emptiness and planted into the rigidity of the wall, and its interpretation, that sets its bodily source in the floor, and its positioning in the direction of the sky, an immaterial space. &#8220;Strong evidence&#8221;, the projection is at the same time limited to the space of the wall and prolonged by the mind, with firm diagonals that remind us of the stigma of Giotto's Saint Francis of Assisi. It is the paradoxical place of confrontation between supra-terrestrial aspirations, mystical or not &#8211; the heavens being the place for the divine or a destination for space exploration &#8211; and the presence on terrestrial ground of this otherworldliness &#8211; meteorites and religions. This hand, drawn out between here and beyond, is like a bridge between the Aristotelian system's supra-lunar domain, a uniform and constant world, and the sub-lunar modifiable Earth. A sturdy serial aspect of shapes, with a possible corruption of the iron that it is made of&#160;: it is the contrast between its powerful deployment and the contingency of its origin, the artist's hand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A hand that betrays a palm print in the artwork made up of three circles, as tall as a man. These circles are sealed in two respects&#160;: tightly linked to one another, they are also marked by their author's fingerprint, like a seal. The &#8216;seal', taken in French (&#8220;sigillaire&#8221;) from the Latin sigillum, diminutive of signum, the &#8216;sign', is summoned here as a hand-sign&#160;: the one that creates and touches. The first one, a worker's hand, is the &#8216;real capital' from the title, an expression taken from a nineteenth-century engraving on which a worker in an overall, holding his hands out in front of two friends and a national guard, says &#8220;mustn't lose sight of this &#8211; the real capital &#8211; this is it&#8221;. The real capital is this body in action, the resource that the artist disposes of to ensure his productivity, in a highly political and sociological term&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; but it is also, by an onomastic shift in meaning, the basic reality&#160;: that of the materiality of artworks, of the obviousness of a body-author / body-matrix / body-visitor. The anthropomorphic allusion is indeed at the heart of this artwork. It inscribes itself into space like a benchmark structure, and defines human scale as well as the Vitruvian man of Leonardo&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; inscribed in a similar way in a circle, he touches with the tip of his fingers the geometrical pattern of his proportions. For all that however, there is not one, but three circles&#160;: orbs cohabitating, as do cohabitate those of a system's planets, at the centre of which the Earth is dogmatically no more. A sculpture into which the body can penetrate and inscribe itself, on a human scale as wanted Carl Andre, it is the heart of deceptive and successively deconstructed perceptions&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; it is the illusion of a man, planted firmly at the core of the universe that abolishes the ambiguity of these shapes, full frontal rounds, sideways ovals, forming a triangle for those who see it from above.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This ambivalence of form, stemming from the impossible definition of the object from a sole perception, is at the heart of &lt;i&gt;The First Time I Ever Saw Your Face&lt;/i&gt;. Made up from a white rectangle put on a wall, of which it repeats the whiteness and flatness, it contains another figure&#160;: it is at the same time a parallelepiped and the implicit materialisation of the distortion it is put through when it is looked at from the threshold of the room. This artwork, simultaneously offering a shape and the trace of the first gaze laid on this shape, tells us of the impossibility of grasping it once and for all&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on the contrary, made up of the infinite possibilities of points of view that it allows, it only exists in the sum of these successive moments. It is the spatial and temporal aspect that ironically plays with the simultaneity of the artwork, to which the visual recipient also contributes to the making up and undoing of the basic structure, and of which the exhibition area determines the perception. Here again, Pierre Labat gives a scale for measure&#160;: not that of the body on its own, but that of the room, whose field of vision, determined by the opening and its distance with the wall, where the abscissa of one's gaze is confronted with the ordinate of the wall, has determined the precise realisation of the work. Defined by the artist, the spectator, the space, the time, it is, although finished, being permanently reactivated, never complete, if not by the distended and impossible sum of its experimentations. In an orthonormal world in principle, it is in fact defined by its instability, its changing power&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; if one does not swim twice in the same river, never does one see the same artwork twice. What is it then&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This perceptive change is that of the structure composed of metal half-circles, joined together in their centre by a point that acts as a symmetrical axis. A central symmetry, but also an axial one, when one places oneself straight in front of one of the arcs, the observer sees a sort of vertical line, on either side of which curved lines open out. An artwork imaginable in its basic shape, but never observable from all sides in order to grasp it perfectly, it is conceivable but not graspable in its entirety. Like the finitude of the mind that can conceive infinity, or represent what cannot be shown, through experimental science's recurrent and inductive reasoning, the spectator can combine in himself the full amount of viewpoints that he experiments by moving around the artwork, in order to get the most complete perception possible. The object's completeness does not result in its understanding, once again, and the observer finds himself faced with a literal cluster of paths. The frame-structure, made up at the same time of metallic curves and the emptiness that gives rhythm to them, brings the floor and the ceiling together in a precise manner, using two elements similar to those that are on top of columns supporting a ribbed arc. As a pressure-system that balances out its different strengths itself, its double and auto-referential character is surprising&#160;: which surface supports the other&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Must one maintain the partition above or underneath oneself&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? With obvious tensions in the artworks, the stabilising compression of its different parts suggests a tensegrity shared by several of Pierre Labat's works&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; as an artwork in movement in spite of its stability, it is the materialisation of this invisible flux, a flux with a major influence on physical elements, like tidal currents, or magnetic fields moving around Earth from its metallic core. This work, which calls upon strengths in balance, the mechanics of fluids and physics' flux, is at the same time a phenomenon and the pattern of a phenomenon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is in this permanent tension between the idea and its realisation, between the power of suggestion and the power of a shape in itself, grasped in diverse manners in space and time, that emotion partially resides. Deceptive surfaces, critical consideration of flatness and materiality, but also taking root in basic reality, contribute to the appearance of heterotypic artworks&#160;: &#8216;effective spaces', &#8216;with varied shapes', that Foucault opposed to utopia. One could, when faced with the linearity of the shapes and the simplicity of the materials, link what crosses Pierre Labat's artworks to this. The symmetrical, almost specular, construction of some of his pieces brings to mind this &#8216;reversible universe' where the ground is in the sky and the sky is in the ground, this &#8216;cosmological vertigo' to which &#8216;one adds a metaphysical vertigo that is like a double interior' (Genette, Figure I). The profoundly anthropological aspect of these artworks, their taking into account of the human figure not only in terms of scale, but also in terms of summoned absence, this being with a fragmented perception of artworks, that has also been invited by them, only extends the question of their power of suggestion. Not a suggestion outside of them &#8211; whilst also bringing to mind sources, not necessary to their completeness &#8211; but in their constant reactivation, and the illusion that they summon, that they base in the ground, that has always and will always come out of the wall, at the price of the real capital that is the demiurge artist.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consulter la documentation du projet&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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