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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>{Fictions en kit pour piscine hors sol}</title>
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		<dc:creator>L&#233;o Marin</dc:creator>



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&lt;p&gt;Chez R&#233;mi Duprat, l'exotisme ne vient pas d'ailleurs mais de ce qui est sous nos yeux &#8211; satur&#233;, domestiqu&#233;, consommable. Son travail prend appui sur les formes et les fictions du quotidien&#160;: mobiliers de jardin, d&#233;corations standardis&#233;es, sculptures de rocaille, objets gonflables, couleurs industrielles. Il les manipule, les photographie, les d&#233;tourne ou les met en sc&#232;ne dans des installations o&#249; le trivial bascule doucement dans l'absurde, o&#249; le familier prend une teinte de fiction&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-29177" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chez R&#233;mi Duprat, l'exotisme ne vient pas d'ailleurs mais de ce qui est sous nos yeux &#8211; satur&#233;, domestiqu&#233;, consommable. Son travail prend appui sur les formes et les fictions du quotidien&#160;: mobiliers de jardin, d&#233;corations standardis&#233;es, sculptures de rocaille, objets gonflables, couleurs industrielles. Il les manipule, les photographie, les d&#233;tourne ou les met en sc&#232;ne dans des installations o&#249; le trivial bascule doucement dans l'absurde, o&#249; le familier prend une teinte de fiction discr&#232;te. Les objets standardis&#233;s rejouent nos d&#233;sirs d'&#233;vasion sur fond de b&#233;ton et de chlorophylle artificielle. Quelque chose vacille&#160;: une &#233;tranget&#233; feutr&#233;e s'installe, un r&#234;ve en plastique priv&#233; de sa promesse. &lt;br class='manualbr' /&gt;Dans cette collision douce entre r&#233;el et faux-semblant, l'artiste recompose les paysages mentaux d'une soci&#233;t&#233; qui fantasme le d&#233;paysement depuis le confort de son pavillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Duprat, rien n'est l&#224; pour faire joli. Il r&#233;v&#232;le le vernis fragile d'un monde o&#249; l'aventure se vend en kits, o&#249; la nature est redessin&#233;e en plastique et o&#249; l'&#233;vasion prend la forme d'une piscine hors sol pos&#233;e sur une dalle b&#233;ton. &lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Phoenicopterus-wallpaper-Flamenco-power' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Un flamant rose gonflable&lt;/a&gt; tr&#244;ne au milieu d'un mar&#233;cage. &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/D-ici-je-vois-la-mer' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Un spa &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DIY&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; devient un vestige grotesque de nos am&#233;nagements intimes. Plus loin, des &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Catalina' class=&#034;spip_in&#034;&gt;accessoires&lt;/a&gt; de &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Loco-en-el-coco' class=&#034;spip_in&#034;&gt;piscine&lt;/a&gt; en granit et b&#233;ton cellulaire incarnent les promesses creuses d'un bonheur standardis&#233;. Ces gestes simples et ironiques tracent une critique douce-am&#232;re de nos projections sur le bonheur, de nos d&#233;sirs am&#233;nag&#233;s et de nos paradis artificiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Duprat travaille avec les mat&#233;riaux du monde tel qu'il est&#160;: plastique, r&#233;sine, b&#233;ton, bois agglom&#233;r&#233;, polystyr&#232;ne, couleurs &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RAL&lt;/span&gt;, artefacts bricol&#233;s. Il ne cherche pas l'illusion du vrai, mais la collision du factice avec le vivant. L'&#233;l&#233;mentaire et l'artificiel cohabitent dans des mises en sc&#232;ne qui oscillent entre th&#233;&#226;tralit&#233; et documentaire. En cela, son &#339;uvre agit comme une arch&#233;ologie invers&#233;e de nos d&#233;sirs : elle exhume les formes banales de notre environnement pour en r&#233;v&#233;ler les ressorts id&#233;ologiques, les impens&#233;s, mais aussi, parfois, le comique involontaire d'un d&#233;cor qui se prend au s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui pourrait ressembler &#224; un jeu formel est en r&#233;alit&#233; une &#233;tude sensible de nos paysages intimes et de l'&#233;cosyst&#232;me culturel qui fabrique nos r&#234;ves d'&#233;vasion. &#192; travers ses sculptures ou ses installations, Duprat interroge notre rapport au confort et &#224; la simulation du naturel. Son geste n'est pas cynique, il est r&#233;v&#233;lateur. &lt;br class='manualbr' /&gt;Derri&#232;re l'ironie, c'est une attention tenace &#224; ce qui r&#233;siste : aux formes pauvres, aux mat&#233;riaux dits &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;sans qualit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, aux objets us&#233;s par l'usage. Ce n'est pas un retour nostalgique au simple, mais une mani&#232;re de creuser dans le rebut, le pr&#233;fabriqu&#233;, le secondaire &#8211; pour y faire surgir d'autres r&#233;cits, moins glorieux mais plus justes. Dans ces installations bricol&#233;es, ces paysages d&#233;plac&#233;s, l'artiste ne cherche pas une v&#233;rit&#233; universelle, mais l'exp&#233;rience concr&#232;te d'un monde mal ajust&#233;, dissonant, o&#249; quelque chose &#8211; malgr&#233; tout &#8211; insiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de tout spectaculaire, le travail de R&#233;mi Duprat propose une &#233;conomie du d&#233;risoire qui redistribue les signes du d&#233;cor comme autant de sympt&#244;mes culturels. Il invite &#224; d&#233;sapprendre les images qu'on nous vend pour r&#233;apprendre &#224; voir ce que nous avons sous les yeux. Et si c'&#233;tait l&#224;, entre deux fausses plantes et une piscine vide, qu'un paysage pouvait commencer &#224; se reformer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les mots comme mati&#232;re picturale</title>
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		<dc:creator>L&#233;o Marin</dc:creator>



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&lt;p&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le plus dur quand on fait de l'art, c'est que cet art soit justement fait sur ce qui n'est pas de l'art.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Aude Anquetil, A Casa Mia ou la pens&#233;e de derri&#232;re C'est entour&#233;e de formes communes, un n&#233;on rose &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;A &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CASA&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MIA&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, un cr&#226;ne maquill&#233; d'un rouge &#224; l&#232;vres lie de vin, des couleurs toscanes et quelques photos qu'Aude Anquetil me parle de son &#339;uvre&#160;: A Casa Mia, ou la pens&#233;e de derri&#232;re. Ce que je ne savais pas encore, c'est que ce travail serait compos&#233; d'une constellation de&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-28503" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le plus dur quand on fait de l'art, c'est que cet art soit justement fait sur ce qui n'est pas de l'art.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;br class='manualbr' /&gt;Aude Anquetil, &lt;i&gt;A Casa Mia ou la pens&#233;e de derri&#232;re&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est entour&#233;e de formes communes, un n&#233;on rose &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;A &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CASA&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MIA&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, un cr&#226;ne maquill&#233; d'un rouge &#224; l&#232;vres lie de vin, des couleurs toscanes et quelques photos qu'Aude Anquetil me parle de son &#339;uvre&#160;: &lt;i&gt;A Casa Mia, ou la pens&#233;e de derri&#232;re&lt;/i&gt;. Ce que je ne savais pas encore, c'est que ce travail serait compos&#233; d'une constellation de moments. Des moments qui enrobent son travail et d&#233;multiplient la beaut&#233; de ce devant quoi nous sommes pass&#233;s sans nous attarder, sans comprendre, sans savoir. Des moments v&#233;cus par elle, des moments v&#233;cus par moi, de moments v&#233;cus par d'autres qui, dans une fluidit&#233; constante, renaissent dans des formes auxquelles on ne s'attendait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aude Anquetil &#233;crit. D&#233;j&#224; auparavant, via le r&#233;cit cin&#233;matographique, elle &#233;crivait. Des personnages se cr&#233;aient et des narrations se construisaient, et m&#234;me alors, ce n'&#233;tait pas sur ces instants de tournage que son int&#233;r&#234;t se portait. Son int&#233;r&#234;t allait invariablement vers tout ce qui faisait &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;effet&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, toutes ces cr&#233;ations ext&#233;rieures qui rendaient possible, presque tangible, et qui servaient &#224; la narration que l'on vous pr&#233;sentait, aux personnages que l'on vous demandait de suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la suite de ces exp&#233;riences filmiques qu'Aude poursuit son travail dans l'&#233;criture de fiction. Elle d&#233;cide alors de faire de l'&#233;criture son &#339;uvre, comme d'autres artistes ont choisi le son ou la vid&#233;o. Ce sera parfaitement consciente de l'importance de ce choix qu'elle continuera de cr&#233;er. Le livre sera son &#339;uvre, ses personnages seront une part d'elle-m&#234;me et les objets produits seront les d&#233;clencheurs de moments de gr&#226;ce o&#249; l'enti&#232;ret&#233; de son travail existera comme un tout, savamment construit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;J'essaie, en d'autres termes, de mettre &#224; jour quelque chose qui n'est pas extraordinaire, que l'on pourrait qualifier de banal aux yeux de ce qu'il convient de d&#233;signer comme romanesque, mais je crois que raconter une r&#233;alit&#233; ordinaire tout en lui appliquant cet &#233;cran litt&#233;raire peut concentrer un peu l'espoir d'une
r&#233;alit&#233; universelle. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aude Anquetil, A Casa Mia ou la pens&#233;e de derri&#232;re, extrait&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; en 2016 avec &lt;i&gt;Bruno, ou le manifeste du n&#233;o-bovarysme&lt;/i&gt;, Aude ne d&#233;peint pas, mais nous livre un tableau complet. Compos&#233; et dessin&#233; avec une multitude de touches, son livre, &#233;crit en quatre temps, suit l'arc narratif d'un grand tableau. Comme &lt;i&gt;Le radeau de la M&#233;duse&lt;/i&gt; en son temps, le tableau de Bruno, un tableau bien &#224; elle, se d&#233;coupe en plusieurs grandes sc&#232;nes, et ces sc&#232;nes se composent elles-m&#234;mes de sayn&#232;tes entrecoup&#233;es de citations choisies, ajoutant au d&#233;corum pictural de son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;En une seule pens&#233;e cr&#233;atrice revivent mille nuits d'amour oubli&#233;es qui en font la grandeur et le sublime. Ceux qui se joignent au cours des nuits, qui s'enlacent, dans une volupt&#233; berceuse, accomplissent une &#339;uvre grave. Ils amassent douceurs, gravit&#233;s et puissances pour le chant de ce po&#232;te qui se l&#232;vera et dira d'inexprimables bonheurs. Tous ils appellent l'avenir. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bruno, ou le manifeste du n&#233;o-bovarysme, extrait&#160;; R.M.&#160;Rilke, Lettres &#224; un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assez rapidement, en lisant cette &#339;uvre d'Aude Anquetil, on se rend compte que l'image qui se forme n'est pas celle d'un roman conventionnel. La d&#233;coupe des paragraphes et les annotations accompagn&#233;es de citations sont autant de touches picturales qui vont piocher dans la palette graphique de l'artiste. Une palette riche de mots et de connaissances. Toutes ces touches, en grappes de mots, en paragraphes et en r&#233;f&#233;rences construisent un tout qui peut aussi &#234;tre s&#233;cable. Comme on pourrait avoir envie de regarder un tableau de loin, dans son ensemble, et comme nous pourrions avoir envie de le d&#233;tailler de plus pr&#232;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; alors m&#234;me que l'&#339;uvre, dans sa forme de livre, s'empare de tout ce qui conventionnellement en fait l'essence&#160;: un aspect livre, avec ses notes et son p&#233;ritexte, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je suis toujours &#224; la recherche de cr&#233;ation de personnages, d'ic&#244;nes, d'incarnations all&#233;gorique d'une pens&#233;e &#224; mettre en &#339;uvre. De l&#224; je me suis int&#233;ress&#233;e &#224; ces figures st&#233;r&#233;otyp&#233;es, notamment celle de l'&#233;crivaine. A tel point, qu'il a fallu expliquer, dans les notes de l'auteur de &lt;i&gt;Bruno&#8230;&lt;/i&gt;, &#224; quel point - moi
&#233;crivaine&#160;-, &#233;tait un personnage. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait de l'entretien d'Aude Anquetil par L&#233;o Marin, le 24&#160;avril 2018, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que l'artiste ne s'exprime plus seulement en auteure mais v&#233;ritablement en m&#232;re d'une production cr&#233;atrice de pens&#233;e. Ce qui est m&#234;me parfaitement assum&#233; par Aude Anquetil lorsqu'elle &#233;crit&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Cette histoire est alors la vie du personnage Bruno, champion de patinage artistique d&#233;chu, racont&#233; par Aude, personnage d'&#233;crivain romantique, jeune femme accoud&#233;e &#224; la fen&#234;tre de sa chambre pour &#233;crire, la nuit.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou bien quand elle cl&#244;ture sa premi&#232;re &#339;uvre fictionnelle&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je suis Aude Anquetil, j'ai 23 ans et je me regarde dans le miroir.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Dans ce miroir que l'on retrouvera plus tard dans son deuxi&#232;me &#233;crit, Aude se voit et se d&#233;couvre, mais sous les traits de Bruno, livre- portrait. A la foi auteure, personnage de fiction, clich&#233; st&#233;r&#233;otyp&#233; ou encore analyste de sa propre cr&#233;ation, elle nous livre ici non pas un autoportrait, mais plut&#244;t l'all&#233;gorie d'un personnage pluric&#233;phale qui s'incarne dans une pens&#233;e manifeste&#160;: celle du N&#233;o-bovarysme.
&lt;i&gt;A Casa Mia, ou la pens&#233;e de derri&#232;re&lt;/i&gt; continue d'explorer cette forme cr&#233;atrice. Toujours en reprenant les codes norm&#233;s du livre, une fois encore, Aude Anquetil fait mouche et joue avec le lecteur en lui proposant une suite de fragments &#224; la Pascal, qui se concluent par un dialogue schizophr&#233;nique entre le personnage de l'auteure &#8211; qui n'est toujours pas le copier-coller de l'artiste &#8211; et son psychanalyste, sorte de Jiminy Cricket / conscience auto-analytique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Cette volont&#233; de rendre r&#233;elles mes fictions mentales est un projet au long court, aux multiples formes. Si je les &#233;cris, cela ne veut pas dire que je livre en p&#226;ture mon intimit&#233;, non, &#231;a veut dire que je fais de mes divagations mentales
une r&#233;alit&#233; tangible&#160;: des mots. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aude Anquetil, A Casa Mia, ou la pens&#233;e de derri&#232;re, page 44.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces m&#234;mes mots qui, parce que vous les lisez, cr&#233;ent une nouvelle image et, par le biais de votre propre lecture continuent de faire des divagations de l'artiste une r&#233;alit&#233; tangible. C'est &#224; ce compte que votre propre personnage, celui du lecteur comme celui du regardeur, entre dans certaines composition picturales, entre en jeu et ajoute une ultime couche de pens&#233;e, infinie, puisque renouvelable &#224; chaque lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi en cela que se d&#233;veloppe &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la pens&#233;e de derri&#232;re&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, sans remettre en cause aucunement les dogmes de la litt&#233;rature romantique, Aude questionne et pointe du doigt des &#233;tats, via sa
propre exp&#233;rience, au travers des multiples masques qu'elle endosse, au fil de son r&#233;cit. Chacun de ces masques, chacun des personnages qui l'habillent, sont l'incarnation all&#233;gorique d'un &#233;tat d'&#234;tre, d'un constat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, chacun de ces &#233;tats, de ces figures, de ces pens&#233;es, en plus d'&#234;tre incarn&#233;s par ces personnages, se retrouvent g&#233;n&#233;rateurs, producteurs d'objets r&#233;f&#233;rents, &#224; la fois d&#233;corum propre &#224; l'artiste mais aussi identifiables via les personnages qu&#8216;elle cr&#233;&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cr&#233;ations plastiques, qu'elles soient chambre, n&#233;on, lit, &lt;i&gt;memento mori&lt;/i&gt;, etc., ces objet-&#339;uvres qui r&#233;utilisent des motifs litt&#233;raires et/ou propre &#224; l'histoire de l'art bien connus mais non plus compos&#233;es de mots, sont pour le regardeur du travail d'Aude Anquetil qui a lu ses &#339;uvres-livres, les d&#233;clencheurs de moments quasi-&#233;piphanique. C'est &#224; ce moment pr&#233;cis que cette pens&#233;e de derri&#232;re devient la leur, la n&#244;tre, et non plus seulement celle des personnages que l'artiste a cr&#233;&#233; et qu'elle nous partage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important que le spectateur et le lecteur se retrouvent, consciemment ou non, eux-m&#234;mes vecteurs d'une pens&#233;e de derri&#232;re. Pour ce faire il suffit de suivre la piste des objets signifiants, diss&#233;min&#233;s par l'artiste dans ses &#339;uvres et dans les expositions qui les accompagnent. Car c'est par ce biais que nous pouvons avoir le meilleur acc&#232;s possible au travail pr&#233;sent&#233;. Au moment o&#249;, vous, tout comme je l'ai v&#233;cu, vous retrouverez, en train de lire le fragment correspondant, dans le dispositif de lecture qui vous sera offert, qui est aussi le dispositif d'&#233;criture de l'artiste,qui est tout autant un motif all&#233;gorique, que l'incarnation d'une pens&#233;e, vous aurez vous aussi eu acc&#232;s aux questionnements r&#233;v&#233;lateurs de possibles infinis propos&#233;s par Aude Anquetil. Ce moment incroyable o&#249; l'artiste-auteure, le personnage et le lecteur fusionnent en une seule et m&#234;me personne &#224; la pens&#233;e commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Texte r&#233;alis&#233; dans le cadre de sa r&#233;sidence #G&#233;n&#233;rator pour 40mCube &#224;
Rennes, et pour Aude Anquetil en vue de son exposition &#224; Arondit &lt;i&gt;Cellar Door&lt;/i&gt;, juin 2018, deuxi&#232;me collaboration entre Arondit et les artistes r&#233;sidents de 40mCube pour le programme G&#233;n&#233;rator4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Aude Anquetil, &lt;i&gt;A Casa Mia ou la pens&#233;e de derri&#232;re&lt;/i&gt;, extrait&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;i&gt;Bruno, ou le manifeste du n&#233;o-bovarysme&lt;/i&gt;, extrait&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; R.M.&#160;Rilke, &lt;i&gt;Lettres &#224; un jeune po&#232;te&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Extrait de l'entretien d'Aude Anquetil par L&#233;o Marin, le 24&#160;avril 2018, Place Saint Germain, Rennes, Bretagne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Aude Anquetil, &lt;i&gt;A Casa Mia, ou la pens&#233;e de derri&#232;re&lt;/i&gt;, page 44.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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