<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/spip.php?id_auteur=1678&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; propos de &#171;&#160;La boucle&#160;&#187;</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/a-propos-de-La-Boucle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/a-propos-de-La-Boucle</guid>
		<dc:date>2022-06-17T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emmanuelle Samson</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Marchant dans la ville en ce d&#233;but d'automne, j'observe jour apr&#232;s jour les rues se consteller de feuilles mortes. Coll&#233;es &#224; plat par l'humidit&#233;, elles contrastent sur le bitume, d&#233;coupent ici un ovale jaune tilleul ou rouge marronnier aux bordures finement dentel&#233;es, et plus loin, une &#233;toile brun platane. Tout en prenant la pr&#233;caution de ne pas marcher dessus pour ne pas glisser, j'imagine qu'il pourrait exister un moyen d'enregistrer, par exemple &#224; l'&#233;chelle d'un seul arbre, la quantit&#233; de&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-28458" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Marchant dans la ville en ce d&#233;but d'automne, j'observe jour apr&#232;s jour les rues se consteller de feuilles mortes. Coll&#233;es &#224; plat par l'humidit&#233;, elles contrastent sur le bitume, d&#233;coupent ici un ovale jaune tilleul ou rouge marronnier aux bordures finement dentel&#233;es, et plus loin, une &#233;toile brun platane. Tout en prenant la pr&#233;caution de ne pas marcher dessus pour ne pas glisser, j'imagine qu'il pourrait exister un moyen d'enregistrer, par exemple &#224; l'&#233;chelle d'un seul arbre, la quantit&#233; de ces impacts ainsi que leur fr&#233;quence, jusqu'&#224; ce que toutes les feuilles soient tomb&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que j'ai pass&#233; la porte du 14 rue Leyteire et d&#233;couvert la s&#233;rie photographique &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La Boucle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de Sophie Mouron qui nous entra&#238;ne dans une formidable exp&#233;rience po&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle nous fait traverser un intervalle de temps mesurable, fractionn&#233; en trois s&#233;quences d'&#233;quivalentes longueurs, et qui se mat&#233;rialisent sur le mur en trois bandes horizontales. Trois lignes qui se lisent de gauche &#224; droite et nous incitent &#224; d&#233;ambuler puis &#224; revenir sur nos pas, comme sur une page, pour entamer la ligne suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images, toutes de m&#234;mes dimensions (environ, de m&#233;moire, 20 x 25 cm), se succ&#232;dent avec la r&#233;gularit&#233; d'un m&#233;tronome en empruntant les nuances grises d'un toit de zinc. Car c'est sur les toits de Paris que Sophie Mouron nous prom&#232;ne. Les photographies sont l&#233;g&#232;rement espac&#233;es exactement comme sur la pellicule d'un film. Le cadre est serr&#233;, la vue en plong&#233;e. On peut penser que les dimensions des tirages photographiques sont &#224; l'&#233;chelle 1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nervure rectiligne qui marque une ombre, probablement un pli de jointure entre deux plaques de m&#233;tal, se poursuit dans chaque image et nous entreprenons de la suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure, des gouttes d'eau, deux, trois, dix, viennent piquer la surface lisse. Elle se multiplient tandis que nous nous avan&#231;ons. Sur la deuxi&#232;me ligne le nombre de taches augmente jusqu'&#224; ce que le gris fonc&#233; de la zone mouill&#233;e prenne autant de place que le gris clair de celle qui est s&#232;che. Le parcours continue jusqu'&#224; ce que l'eau ait envahi tout l'espace &#224; la fin de la troisi&#232;me ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors nous pensons &#234;tre arriv&#233;s &#224; proximit&#233; du point d'impact d'o&#249; est partie cette grande &#233;claboussure. Nous n'avons pas mesur&#233; la distance parcourue ni compt&#233; le nombre des images mais supposons pouvoir faire le chemin en sens inverse et remonter le fil du r&#233;cit. Nous essayons d'imaginer le sc&#233;nario qui a pr&#233;c&#233;d&#233; la s&#233;rie de prises de vue&#160;: quelqu'un a-t-il saut&#233; &#224; pieds joints dans la flaque d'eau&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En reculant de quelques pas pour voir l'ensemble des images, nous remarquons une similarit&#233; entre la premi&#232;re photographie en haut &#224; gauche et celle qui est accroch&#233;e tout en bas &#224; droite. Elles sont toutes les deux sans taches. Sur la derni&#232;re photographie la surface de l'eau est parfaitement immobile. Hormis la fracture entre les plaques de zinc, le gris est uniforme. Pas la moindre trace d'ondulation. Aucun reflet. Et finalement on s'aper&#231;oit que les tons de gris ne sont pas si diff&#233;rents entre les deux images. Le gris fonc&#233; s'est imperceptiblement adouci. Le plein ressemble au vide. Peut-&#234;tre la lumi&#232;re a-t-elle chang&#233; entre temps&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que survient le doute&#160;: y a-t-il v&#233;ritablement un d&#233;placement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ne s'agit-il pas plut&#244;t d'un plan fixe qui aurait d&#233;but&#233; avec la venue d'une averse et se serait achev&#233; apr&#232;s la pluie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Dans ce cas, on peut penser que le processus pictural s'est form&#233; au hasard des &#233;l&#233;ments naturels, la quantit&#233; d'eau, la vitesse de la chute, la direction du vent, le retour du soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en avoir le c&#339;ur net nous avan&#231;ons de nouveau vers le mur afin de scruter les d&#233;tails &#224; l'int&#233;rieur des images et tenter de d&#233;tecter un indice. Nous observons en effet une petite rayure tr&#232;s fine de couleur brique sur la plaque de zinc. Une trace qu'on a pu laisser en d&#233;pla&#231;ant un pot de fleur. Il est invisible de loin mais se r&#233;p&#232;te, exactement &#224; la m&#234;me place, sur toutes les photographies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, tout le sc&#233;nario est boulevers&#233;. Nous mesurons &#224; quel point ce travail &#233;mane d'une patiente observation de la part de l'artiste. Elle a eu le courage d'installer un complexe dispositif sans aucune garantie de r&#233;sultat face &#224; l'al&#233;atoire et &#224; l'impr&#233;vu. Elle a pris le parti de s'attarder sur un petit &#233;v&#233;nement tout &#224; fait anodin qui aurait tout aussi bien pu passer inaper&#231;u. Sophie Mouron est parvenue &#224; lui donner l'ampleur d'une exp&#233;rience esth&#233;tique et sensorielle qui nous a permis de faire un large d&#233;tours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/La-boucle&#034;&gt;Consulter la documentation visuelle de l'&#339;uvre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
