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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Drive</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Drive-48258</link>
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		<dc:date>2022-05-03T15:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maya Trufaut</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Acte I Ch&#226;teau royal de Blois. Sous le porche d'entr&#233;e, une agitation. Un attroupement s'est form&#233; et les chuchotements se chevauchent pour se r&#233;v&#233;ler &#224; l'unisson&#160;: que se passe-t-il dans la cour d'honneur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Soudain la grille s'ouvre et le silence s'installe. Seul le bruit des pas r&#233;sonne sur les pav&#233;s. Il est 20h. L&#224;, au beau milieu de la cour, des automobiles de collection tr&#244;nent fi&#232;rement face &#224; l'aile classique du ch&#226;teau. Cadillac, Morgan, Alfa Romeo, M&#233;hari et Austin-Healey&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-26797" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acte I&lt;br class='manualbr' /&gt;Ch&#226;teau royal de Blois.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le porche d'entr&#233;e, une agitation. Un attroupement s'est form&#233; et les chuchotements se chevauchent pour se r&#233;v&#233;ler &#224; l'unisson&#160;: que se passe-t-il dans la cour d'honneur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Soudain la grille s'ouvre et le silence s'installe. Seul le bruit des pas r&#233;sonne sur les pav&#233;s. Il est 20h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, au beau milieu de la cour, des automobiles de collection tr&#244;nent fi&#232;rement face &#224; l'aile classique du ch&#226;teau. Cadillac, Morgan, Alfa Romeo, M&#233;hari et Austin-Healey brillent sous les rayons d'un soleil de soir d'&#233;t&#233;, inesp&#233;r&#233;, apr&#232;s une longue journ&#233;e grise. Le public s'avance et d&#233;ambule entre les voitures, intrigu&#233; et attentif &#224; l'action qui semble suspendue. Pourquoi les conducteurs attendent dans les v&#233;hicules &#224; l'arr&#234;t&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En suivant leur regard, tout s'explique. Quelques m&#232;tres plus loin, sur les marches de l'entr&#233;e de l'&#233;difice, un homme et une femme se tiennent fi&#232;rement, en tenue tr&#232;s habill&#233;e, pr&#232;s d'un micro. Leur apparition inopin&#233;e donne &#224; cet instant un air de c&#233;r&#233;monie. L'homme descend de son estrade improvis&#233;e et sort un chiffon pour frotter le capot de l'une des automobiles, comme pour enlever une poussi&#232;re qui la ferait moins briller qu'une autre. Tout est fin pr&#234;t, astiqu&#233; dans le moindre d&#233;tail, parfait comme un d&#233;cor factice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme saisit le micro et prononce un discours. Assez rapidement, les phrases d&#233;clam&#233;es semblent famili&#232;res et laissent une &#233;trange impression de d&#233;j&#224;-vu. La sensation persiste. Puis tout se r&#233;v&#232;le. Ce sont les mots de Malraux. Non, de Kennedy. Les deux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? C'est dans les bribes de phrases reconnues que l'on comprend que l'hybridit&#233; de ce discours n'a qu'un but&#160;: c&#233;l&#233;brer l'automobile d'hier comme un chef d'&#339;uvre d'aujourd'hui. Un patrimoine qu'il faut avoir le courage de faire revivre, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;non pas parce que c'est facile, mais bien parce que c'est difficile&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on s'attend &#224; voir partir les voitures vers la lune, ce n'est pas pour tout de suite. L'homme descend les marches et tend une pancarte sur laquelle il est &#233;crit &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;klaxon&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, rappelant les panneaux &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;applaudissez&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; au th&#233;&#226;tre. Avant m&#234;me que les v&#233;hicules n'op&#232;rent, il pointe une baguette de direction et r&#233;partit les coups de klaxons, &#224; la mani&#232;re d'un orchestre. La femme le rejoint et tous deux, ensemble, alternent les panneaux qu'ils brandissent avec emphase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vrombissements des moteurs et le bruit des klaxons se m&#234;lent et retentissent dans la cour du Ch&#226;teau royal de Blois en un concerto d'automobiles, auquel se superposent les rires interloqu&#233;s du public. C'est la cacophonie. Mais elle a quelque chose de m&#233;lodieux, dans la singularit&#233; de sa dissonance. On pense &#224; Fluxus, aux concerts de bruits et au potentiel musical de ce vacarme inou&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudain le calme revient. On peut lire sur les derni&#232;res pancartes &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;action&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#231;a tourne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les voitures d&#233;marrent et puis s'&#233;clipsent. Le film peut commencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acte &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;II&lt;/span&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Fondation du doute&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve les v&#233;hicules un peu plus tard dans la Cour du doute, devant le &lt;i&gt;Mur des mots&lt;/i&gt; de Ben. Ils sont de nouveau &#224; l'arr&#234;t mais, cette fois, les conducteurs ont d&#233;sert&#233;. Face &#224; eux, un &#233;cran de projection blanc, et vide. Que s'est-il pass&#233; pendant ce laps de temps o&#249;, hors-champ, les voitures ont pris la fuite&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Dans ce silence &#233;quivoque et fantomatique, le public circule, observe et se questionne. Il est &#233;vident que quelque chose se trame, mais quoi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; 22h, dans la nuit noire, que l'action reprend subitement son cours. D'un coup, la lumi&#232;re, l'image, le son. Une surcharge d'informations. Tout se m&#233;lange et on ne sait plus o&#249; donner de la t&#234;te. Sur la toile de projection, des extraits de films connus s'encha&#238;nent. Tous diff&#233;rents et pourtant, tous montrent des images similaires de routes. Les v&#233;hicules, quant &#224; eux, sont toujours &#233;teints et statiques mais ne demeurent pas pour muets pour autant. Chacun diffuse un extrait sonore d'une sc&#232;ne de voiture dans un film, nous plongeant ainsi dans un univers fictif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;coutant les extraits de &lt;i&gt;La fureur de vivre&lt;/i&gt;, du &lt;i&gt;M&#233;pris&lt;/i&gt;, en passant par &lt;i&gt;Chat noir, chat blanc&lt;/i&gt; ou encore &lt;i&gt;Le gendarme de St Tropez&lt;/i&gt;, on comprend que la figure de l'automobile est partout, tout le temps. C'est un leitmotiv qui lie toutes les histoires. Plus, c'est l'incarnation de l'action, du mouvement, de l'aventure et de la libert&#233;. Le discours prononc&#233; plus t&#244;t nous revient alors en m&#233;moire&#160;: la voiture de collection est ici une &#339;uvre d'art, un ready-made, activ&#233; par la performance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudain, une jeune fille passe entre les v&#233;hicules, avec des accessoires, allant des bougies aux plaquettes de frein. Est-ce une garagiste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pourtant, elle a l'apparence d'une ouvreuse de cin&#233;ma, avec sa pani&#232;re. Et l&#224;, on sait qu'on a fait fausse route, depuis le d&#233;but. Il ne s'agit pas de la voiture, dans son individualit&#233;, mais de l'ensemble. La cour, l'&#233;cran de projection, la lumi&#232;re, les films. Tout. Le public est alors pris au pi&#232;ge, transport&#233; dans un drive-in des ann&#233;es 1950. Il n'est plus seulement spectateur, mais bien acteur. En levant les yeux, sur le &lt;i&gt;Mur des mots&lt;/i&gt; de Ben, on peut lire&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Tout est art&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Oui. Et ce soir, c'est sous l'effet du &lt;i&gt;The George Tremblay Show&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Drive' class=&#034;spip_in&#034;&gt;D&#233;couvrir l'&#339;uvre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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