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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Le cr&#233;puscule (Permanent paradise)</title>
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		<dc:date>2022-05-03T15:46:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvain Coatleven</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ext&#233;rieur-cr&#233;puscule. Une esplanade de bitume, un b&#226;timent en arri&#232;re-plan, du b&#233;ton manifestement. Le bruit du moteur d'une voiture am&#233;ricaine en approche. Les voitures am&#233;ricaines, sp&#233;cialement les mod&#232;les des ann&#233;es 1960 &#224; 1980, ne font pas le m&#234;me bruit que les voitures europ&#233;ennes. Il s'agit d'une marchandise imm&#233;diatement signifiante, dont l'image et le son, la carburation, ont &#233;t&#233; m&#233;diatis&#233;s jusqu'&#224; nous par de nombreux films&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la voiture am&#233;ricaine est en effet directement&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ext&#233;rieur-cr&#233;puscule. Une esplanade de bitume, un b&#226;timent en arri&#232;re-plan, du b&#233;ton manifestement. Le bruit du moteur d'une voiture am&#233;ricaine en approche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les voitures am&#233;ricaines, sp&#233;cialement les mod&#232;les des ann&#233;es 1960 &#224; 1980, ne font pas le m&#234;me bruit que les voitures europ&#233;ennes. Il s'agit d'une marchandise imm&#233;diatement signifiante, dont l'image et le son, la carburation, ont &#233;t&#233; m&#233;diatis&#233;s jusqu'&#224; nous par de nombreux films&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la voiture am&#233;ricaine est en effet directement spectaculaire&#160;: elle a une gueule et elle a un bruit, presque une musique. Elle consomme quinze litres au cent.
Une ligne de fissure parcourt le pare-brise du mod&#232;le qui vient de se garer face au b&#226;timent en b&#233;ton, en dehors de tout marquage au sol. En tout &#233;tat de cause, il y a de fortes chances que la taille de cette Buick 1973 exc&#232;de fortement la surface d'une place de parking fran&#231;aise, pas assez large, carrosserie trop imposante, c'est presque certain, mais ne nous &#233;garons pas et continuons notre observation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la Buick, c&#244;t&#233; passager, celle que l'on appelle commun&#233;ment la place du mort, sort une femme, en trench beige, Burberry sans doute, lunettes noires, cheveux noirs, elle fume une cigarette. Il y a fort &#224; parier qu'il s'agit d'une marque de tabac am&#233;ricain, car tout ou presque a un aspect &lt;i&gt;am&#233;ricain&lt;/i&gt; ici, l'ensemble de cette mise en sc&#232;ne s'inscrit dans un r&#233;seau de signifiants, c'est-&#224;-dire que cet agencement d'objets et de marchandises convoque avec lui une formidable quantit&#233; de r&#233;cits, pour ne pas dire un monde &#224; part enti&#232;re. Ce sont les &#233;l&#233;ments d'un discours imm&#233;diatement compr&#233;hensible. C'est ce moment o&#249; dans les films am&#233;ricains quelques d&#233;tails suffisent au spectateur pour qu'il ressente l'Am&#233;rique, pour qu'il se dise, ah oui, l&#224; on y est vraiment, on y est pour de vrai, il s'agit vraiment d'un film am&#233;ricain. Regardez maintenant, la femme n'a tir&#233; que deux lattes sur sa cigarette et elle l'&#233;crase d&#233;j&#224;, du bout du pied, nonchalamment&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce que l'on vient de voir est d&#233;cid&#233;ment profond&#233;ment &lt;i&gt;am&#233;ricain&lt;/i&gt;, une telle d&#233;sinvolture face &#224; la vie ne s'observe que l&#224;-bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fum&#233;e de la derni&#232;re bouff&#233;e est exhal&#233;e et se perd dans la lumi&#232;re des projecteurs, car c'est important et je me dois de le mentionner, la sc&#232;ne dont je viens d'effectuer la description est &#233;clair&#233;e par de puissants projecteurs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est &#233;videmment excessivement cin&#233;matographique, et/ou th&#233;&#226;tral, et surtout plaisant. Tr&#232;s &lt;i&gt;neo-noir&lt;/i&gt; dirions-nous s'il fallait s'essayer &#224; cat&#233;goriser, s'il fallait faire entrer dans une case stylistique ce &#224; quoi nous assistons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette femme, qui vient d'&#233;craser sa cigarette, nous l'appellerons A. Une courte attente et A se dirige vers le coffre. Il est vrai que dans la fiction am&#233;ricaine il s'agit souvent de la v&#233;ritable place du mort, les coffres am&#233;ricains sont plus volumineux, on peut y mettre tr&#232;s facilement tout un tas de choses, des outils, des pelles par exemple, mais &#233;galement des corps. Tout est toujours plus grand en Am&#233;rique, et les corps qui prennent place dans des coffres peuvent d'ailleurs y &#234;tre indiff&#233;remment, &#224; des degr&#233;s divers, vivants ou morts. Les am&#233;ricains savent m&#233;nager le suspense et si l'on &#233;tait au cin&#233;ma, disons dans un film noir, ou dans un film jouant avec les codes du film noir, on pourrait alors imaginer un montage r&#233;pondant &#224; une logique de plong&#233;e/contre-plong&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; plong&#233;e, correspondant au point de vue interne de A lorsqu'elle ouvre le coffre, nous verrions alors ce qu'elle voit, c'est &#224; dire un homme dont les yeux vont devoir s'habituer &#224; la lumi&#232;re dont il &#233;tait priv&#233; et qui viendrait vriller l'objectif de la cam&#233;ra, ce serait l&#224; la contre-plong&#233;e. Un homme dont les poumons vont se remplir d'un air salvateur au moment o&#249; son regard, d&#233;sormais lib&#233;r&#233; de l'obscurit&#233;, r&#233;ussit &#224; cerner la silhouette qui se dessine &#224; contre-jour&#160;: celle d'une femme qui vient de s'y reprendre &#224; trois fois pour d&#233;verrouiller l'ouverture du coffre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est donc ce &#224; quoi l'on assiste, un homme vient de sortir du coffre, sous nos yeux et ceux de A.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En toute logique, c'est-&#224;-dire conform&#233;ment aux attentes des productions am&#233;ricaines, l'homme aurait d&#251; recevoir une balle de revolver dans la t&#234;te, traitement administr&#233; par la femme se tenant devant lui, ou &#234;tre d&#233;j&#224; mort, mais ce n'est pas le cas. Cela aurait sans doute n&#233;cessit&#233; trop d'effets sp&#233;ciaux, c'est une hypoth&#232;se, mais il faut bien avoir &#224; l'esprit que l'un des talents d'Hollywood est pr&#233;cis&#233;ment de d&#233;tourner les codes hollywoodiens, de nous emmener l&#224; o&#249; on s'y attend le moins. C'est g&#233;n&#233;rateur de plaisir, on aime &#234;tre pris &#224; contre-pied, c'est ce qui a lieu ici. Aussi, lorsque la femme se d&#233;tache de la voiture, &#224; quelques m&#232;tres, tandis que l'homme qui s'est extrait du coffre se tient debout comme &#233;tonn&#233; d'avoir &#233;chapp&#233; &#224; une mort certaine, on comprend que c'est le moment o&#249; l'on oblique. C'est la premi&#232;re fois que le film/performance s'&#233;carte des signifiants/codes bien connus, o&#249; s'installe une l&#233;g&#232;re distorsion des r&#232;gles en vigueur. Paradoxalement, tout n'en devient que plus r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet homme, qui sort en bleu de chauffe du coffre de la Buick 73, pour les besoins du r&#233;cit, nous l'appellerons B.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite des &#233;v&#233;nements, &#224; mesure que d&#233;cline la lumi&#232;re du jour, va s'inscrire dans une toute autre logique que celle du &lt;i&gt;film noir am&#233;ricain&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une nouvelle s&#233;quence qui s'ouvre, le deuxi&#232;me acte en quelque sorte. Les sch&#233;mas du film noir continuent de se tordre lorsque B, aucunement menac&#233;, l'air vaguement surpris, commence &#224; se changer. On pourrait se dire que tout cela est tout de m&#234;me bizarre, cette fa&#231;on de s'affranchir autant des codes, car B s'habille d'une chemise, puis d'un pantalon, une paire de chaussures, une veste, il se refait le portrait dans le r&#233;tro ext&#233;rieur gauche de la caisse, se rase. B est un homme nouveau. On pourrait d&#233;sormais l'appeler B' tant ce n'est plus le m&#234;me&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de fait, ce n'est peut-&#234;tre plus tout &#224; fait la m&#234;me histoire, apr&#232;s tout, c'est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, A, &#224; quelques m&#232;tres de la voiture, se dirige vers ce qui pourrait &#234;tre d&#233;crit comme une table basse mont&#233;e sur des grosses roues de caoutchouc gonflables avec des jantes renforc&#233;es en polypropyl&#232;ne rouge. Plut&#244;t qu'une table basse, il faudrait davantage parler de plateaux de bois, bien que le terme ne convienne pas non plus tout &#224; fait. Ici, vous comprenez bien que la difficult&#233; &#224; nommer correctement cet objet annonce quelque chose de parfaitement inhabituel, quelque chose qui d&#233;raille. D'aucuns diront qu'une telle h&#233;sitation sur les mots &#224; employer ajoute au malheur du monde, ce qui serait tout de m&#234;me, convenons-en, l&#233;g&#232;rement excessif&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car le monde est bien assez malheureux comme cela et les mots n'y changeront rien, mais c'est un autre sujet, passons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que nous digressons, A dispose m&#233;ticuleusement au centre du chariot quelques galets en cercle et une fois cette op&#233;ration termin&#233;e, elle verse quelques pell&#233;es de braises de charbon de bois au milieu du cercle, ce n'est ni inqui&#233;tant ni tr&#232;s bizarre, c'est simplement peu commun, et tr&#232;s intrigant. On se dit que tout cela est un peu dangereux, mais passons &#224; nouveau. Les galets sont align&#233;s un peu &#224; la mani&#232;re dont doivent le faire des scouts avec des pierres lorsqu'ils s'appr&#234;tent &#224; faire du feu, du moins c'est ce que l'on imagine des scouts et du d&#233;corum bucolique qui les caract&#233;rise, des chansons jou&#233;es &#224; la guitare autour d'un feu. Car du feu, il va y en avoir mais pas tout de suite, pour le moment il serait plus juste de parler de fum&#233;e. Apr&#232;s tout, il n'y a que des braises en contact avec le bois du chariot, c'est une combustion lente dont il est question ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;trange objet que ce chariot, support d'un rituel tout aussi &#233;trange car du plateau s'&#233;chappe de la musique, &#224; fort volume &#224; travers des hauts parleurs viss&#233;s dans le bois, c'est une chanson de Sreamin' Jay Hawkins, son c&#233;l&#232;bre tube de 1956, &lt;i&gt;I put a spell on you&lt;/i&gt;. Je t'ai jet&#233; un sort. Le feu, le sort, le rituel, c'est de cela dont il sera question maintenant, c'est en quelque sorte, je le r&#233;p&#232;te, le v&#233;ritable d&#233;but du deuxi&#232;me acte, la fin du roman noir et l'amorce de ce qui ressemble &#224; une c&#233;r&#233;monie pa&#239;enne, un rituel difforme qui m&#234;le de la musique am&#233;ricaine et des &#233;l&#233;ments de sorcellerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B' se joint &#224; A et d&#233;pose &#233;galement des braises &#224; l'int&#233;rieur du cercle. En la rejoignant, il a d&#251; fendre la petite foule qui entourait la voiture, je dis &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;petite foule&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; car les corps de A et de B' ne sont pas les seuls pr&#233;sents sur cette esplanade goudronn&#233;e, il y a un public qui assiste &#224; ces gestes et comportements, un public qui observe pr&#233;sentement les deux personnes &#224; l'&#339;uvre. Ce public nous ne l'appellerons pas C, non, nous l'appellerons P, comme public, &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A et B', sous les yeux de P, vont se livrer &#224; une liturgie tout &#224; fait r&#233;jouissante, tout &#224; fait chelou. Cela d&#233;bute par une d&#233;ambulation au milieu du b&#226;timent, dont les portes sont ouvertes. A tire le chariot, B' est &#224; ses c&#244;t&#233;s et P suit, tout le monde &#233;coute Screamin Jay Hawkins qui tourne en boucle. Les braises fument, c'est saisissant, on se retrouve alors dehors, de l'autre c&#244;t&#233; du b&#226;timent, A et B' jettent du petit bois dans les braises et cela s'enflamme, cette fois cela prend feu, les flammes ont un pouvoir de fascination &#233;vident sur P, d'autant que ces flammes sont port&#233;es par un genre de chemin&#233;e musicale sur roulettes parfaitement inhabituelle, P est pour le moins intrigu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ambulation continue sur une centaine de m&#232;tres et l'on arrive &#224; un endroit que l'on pourrait qualifier de jardin, un petit jardin qui borde la terrasse d'un restaurant, c'est &#224; dire derri&#232;re le b&#226;timent de d&#233;part, et il se passe alors quelque chose de tr&#232;s int&#233;ressant&#160;: les gens en terrasse quittent leurs chaises et se l&#232;vent, attir&#233;s par le c&#233;r&#233;monial qui est en train de se d&#233;rouler &#224; c&#244;t&#233; d'eux. Le feu et la musique attirent les gens qui viennent grossir les rangs de P.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble va prendre une tournure formidable. Tandis que les flammes consument de plus en plus le plateau de bois, la musique s'est arr&#234;t&#233;e. Mais sont-ils toujours A et B'&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? On peut en douter, on dirait qu'ils nous racontent une nouvelle histoire. A est assise sur un banc &#224; proximit&#233; du chariot et sort une feuille de papier de sa poche. D'une mani&#232;re d&#233;tach&#233;e, elle lit le texte qui y est imprim&#233;, sa voix est reprise par un microphone qu'elle tient &#224; la main pour &#234;tre ensuite amplifi&#233;e et diffus&#233;e &#224; travers des enceintes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; puis B' lit un autre texte, puis c'est encore au tour de A d'en lire un troisi&#232;me, etc. Les lectures se succ&#232;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi tous les textes lus par les deux personnages, retenons seulement cet extrait de la Bible, tir&#233; de l'&#201;z&#233;chiel, 25:17, je ne le relaterai pas en entier aussi citons seulement cette courte phrase qui r&#233;sumera parfaitement tout ce dernier acte&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Et tu conna&#238;tras pourquoi mon nom est l'&#201;ternel quand sur toi s'abattra la vengeance du Tout-Puissant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lectures ont pris fin, et de la musique sort maintenant des enceintes, de celles qui ont port&#233; les voix de A et B', c'est un medley un peu fou qui m&#233;lange aussi bien Lady Gaga que James Brown, les Bee Gees, Frank Sinatra. Les flammes, elles, prennent de plus en plus d'ampleur sur le chariot. Les chansons ne se succ&#232;dent pas vraiment, elles s'entrem&#234;lent et se chevauchent. &#199;a commence vraiment &#224; monter en temp&#233;rature. A et B' dansent autour des flammes tandis que le juke-box devient tar&#233;, ils se marrent, c'est un tohu-bohu o&#249; tout se t&#233;lescope&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; puis un pneu en caoutchouc du chariot &#233;clate sous la pression de la chaleur, l'explosion est l&#233;g&#232;rement inqui&#233;tante, on se demande jusqu'o&#249; cela va aller, personne ne rie, tout le monde regarde ce spectacle hallucin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les flammes consument le plateau de bois, jusqu'&#224; y faire un trou, &#231;a br&#251;le vraiment, B' interrompt alors sa danse et s'approche avec un seau d'eau pour calmer l'incendie mais ce n'est pas simple. La musique s'arr&#234;te et de grands rires enregistr&#233;s sortent des haut-parleurs. Ce rire est la conclusion de la soir&#233;e. Un rire en forme de question&#160;: de quoi rit-on lorsque tout br&#251;le&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Qui rit et pourquoi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je ne sais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#201;ternel, celui dont il &#233;tait question plus haut, l'&#201;ternel, Lui, le sait sans doute. Forc&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Permanent-paradise-48256' class=&#034;spip_in&#034;&gt;D&#233;couvrir l'&#339;uvre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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