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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Transports (PRI&#200;RE DE TOUCHER)</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Transports-PRIERE-DE-TOUCHER</link>
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		<dc:date>2021-08-30T13:05:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Muracciole</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt; Les contradictions sont notre seul espoir. Bertolt Brecht Si Pierre-Lin Reni&#233; prend de nombreuses photographies, dont il a imprim&#233; et class&#233; pr&#232;s de 4&#160;000 depuis 2004, ce texte parlera surtout de sa mani&#232;re de les montrer &#8211; de les mettre entre nos mains et sous nos yeux en jouant avec ses modalit&#233;s&#160;: la syncope du temps et du choix, la reproductibilit&#233;, la capacit&#233; de circulation, de m&#233;tamorphose ou de r&#233;apparition. Il sera donc question de d&#233;multiplication et de transports, mais&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-26687" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les contradictions sont notre seul espoir.&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Bertolt Brecht&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Pierre-Lin Reni&#233; prend de nombreuses photographies, dont il a imprim&#233; et class&#233; pr&#232;s de 4&#160;000 depuis 2004, ce texte parlera surtout de sa mani&#232;re de les montrer &#8211; de les mettre entre nos mains et sous nos yeux en jouant avec ses modalit&#233;s&#160;: la syncope du temps et du choix, la reproductibilit&#233;, la capacit&#233; de circulation, de m&#233;tamorphose ou de r&#233;apparition. Il sera donc question de d&#233;multiplication et de transports, mais aussi de tact &#8211; de discr&#233;tion et de toucher &#8211; sans occulter la nature vernaculaire et narrative des images, et leur relation &#224; la description et au sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(Disjoncteurs)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Temporal Clash&#160;: &lt;i&gt;Saisons&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Je parcours trois cahiers annuels intitul&#233;s &lt;i&gt;Saisons&lt;/i&gt; &#8211; 2011, 2012, 2013. Sur chaque page, six photographies au format d'une vignette sont juxtapos&#233;es &#224; autant de dates. Inscrites &#224; la mani&#232;re d'un titre et non d'une l&#233;gende, ces dates mettent l'image et le jour donn&#233; dans une relation d'&#233;quivalence, et parlent d'actualit&#233;. Mais l'aspect invariable de la pr&#233;sentation des photographies et leur &#233;galit&#233; de traitement &#233;vacuent la mythologie de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'instant d&#233;cisif&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8211; les photographies elles-m&#234;mes sont aux antipodes d'une manifestation de la r&#233;v&#233;lation ou du miracle, elles ne sacralisent ni le d&#233;clenchement de la machine, ni ce qu'elles montrent ni celui qui les a faites. Les sujets trait&#233;s sont issus de la vie quotidienne et tr&#232;s sp&#233;cifiquement de l'espace public occidental. Le caract&#232;re accumulatif de la pr&#233;sentation des images, comme leur nombre, confirme une d&#233;dramatisation totale de la saisie. D'un cahier &#224; l'autre leur organisation n'offre aucune variation d'intensit&#233;, aucun accent&#160;: ni progression ni r&#233;gression. Tout se complique lorsque l'on observe que les jours et les mois des dates qui signent chaque image sont ordonn&#233;s dans le temps, mais non les ann&#233;es. Si l'on a d'abord vu dans cette succession de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;jours&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ponctu&#233;s par une image un flux r&#233;gulier et une tentative d'inventaire quantitatif ou temporel comme un journal intime, on a fait fausse route. &lt;br class='manualbr' /&gt;Reprenons. Mes doigts glissent sur un ciel immacul&#233;, franchissent un paysage d'eau, un rond-point vide, un fragment de chauss&#233;e o&#249; tra&#238;ne un chiffon, une vitrine o&#249; la poussi&#232;re maquille une publicit&#233; p&#233;rim&#233;e. Je plie des arbres pouss&#233;s par le vent, des buissons d&#233;pouill&#233;s devant un mur, les branches d'un arbre en fleur sur le ciel. Je fais tourner des morceaux de macadam, des mat&#233;riaux de construction en vrac, des jardins pavillonnaires. Ma main froisse une route qui brille sous la pluie, un coin de rue qui fond dans la chaleur, elle corne un panneau publicitaire d&#233;cati et un trottoir vide. Ces fragments urbains, ces villages inertes ou presque, je les tiens. Je parcours des kilom&#232;tres d'horizon en quelques minutes, comme dans un voyage en train. Puis je replie &lt;i&gt;Saisons&lt;/i&gt; et le puzzle insoluble de ces fragments du monde et du temps se referme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rewind&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;La description qui pr&#233;c&#232;de est inad&#233;quate&#160;: elle constitue ce que j'ai vu en cat&#233;gories, selon des s&#233;quences relativement signifiantes&#160;qui oscillent entre paysage urbain et nature. Elle file un r&#233;cit. L'invention de ma m&#233;moire signale des attentes et des habitudes &#8211; la photographie devrait faire appara&#238;tre des liens entre les choses et les gens, faire tenir un propos au visible, bref, d&#233;rouler un tableau dont les rouages me seraient d&#233;chiffrables et dont la cl&#233; serait les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;intentions&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de Pierre-Lin Reni&#233;, ou encore sa &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sensibilit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. En r&#233;alit&#233;, &lt;i&gt;Saisons&lt;/i&gt; ne cherche &#224; produire ni ordre ni narration. Ces images suppos&#233;es &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;documentaires&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, par opposition &#224; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;mises en sc&#232;ne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, ne cherchent pas &#224; me tenir un discours &#8211; elles sont plus simplement &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d'apr&#232;s nature&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, tant l'information y est contenue, retenue m&#234;me. Plus frappant encore, leur refus de constituer ce qu'elles montrent en un tout. Des lieux, des objets, des images, des tableaux dans des mus&#233;es, des silhouettes, le d&#233;tail d'une fresque de foire, des ciels, des enseignes, le fragment d'un panneau publicitaire, des portraits de face ou de dos, une silhouette, des vitrines de magasin, un &#233;l&#233;ment du sol, des textes ou un mot placard&#233; se c&#244;toient sans unit&#233; formelle &#8211; gros plans, panoramas, fragments, plans d'ensemble. L'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des registres, de la &lt;i&gt;street photography&lt;/i&gt; au vocabulaire de calendrier des postes, et la dissidence chronologique contrarient tout &#233;lan vers les voies trac&#233;es, les mondes offerts, pour les histoires qui entra&#238;nent. Ces syncopes nous mettent pourtant en pr&#233;sence d'un battement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Touch&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Pour un peu plus d'information on peut consulter &lt;i&gt;D'autres jours&lt;/i&gt;, un blog qui se pr&#233;sente comme un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;almanach r&#233;trospectif&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2020, ce blog tenu durant deux ann&#233;es compl&#232;tes (2014-15) a fait l'objet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&#160;: &lt;i&gt;chaque jour, une photographie &#8211; ou pas &#8211; prise le m&#234;me jour de l'une des dix ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes&lt;/i&gt; est-il indiqu&#233; &#224; la rubrique &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#224; propos&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le 10&#160;mars 2015 est &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;post&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; une photographie dont la l&#233;gende indique &lt;i&gt;Trottoir, New York, 10&#160;mars 2013&lt;/i&gt;. Et ainsi de suite. Le web fait flotter la forme du livre, il l'&#233;tend, la dilue, la diss&#233;mine, et Reni&#233; y offre &#224; ses photographies la contrepartie d'un ancrage dans l'espace g&#233;ographique, un nom sur le globe. Mais toujours pas de r&#233;cit. Une fonction dominante des images du 2.0 est la re-publication des images, la s&#233;lection &#224; posteriori d'un &lt;i&gt;ready-made&lt;/i&gt; pour son &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;retour&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8211; et ce n'est pas tant la culture du pass&#233; qui est au travail qu'un accent mis sur la publication, l'adresse instantan&#233;e, qui imprime &#224; la m&#233;moire visuelle un va-et-vient &#233;tranger au passage du temps. Selon la r&#232;gle du Tumblr ou du blog, chaque image de &lt;i&gt;D'autres jours&lt;/i&gt; fait l'objet de commentaires de la part de ses visiteurs, leurs noms figurent au bas de l'image accompagn&#233;s de l'option choisie&#160;: ajouter &#224; ses coups de c&#339;ur, rebloguer, etc. Cette connexion passag&#232;re des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pratiquants&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, laquelle n'est pas tant une relation entre eux qu'une fugitive conjonction d'int&#233;r&#234;t, ne rapproche ni les images, ni ceux qui les regardent. Elle inscrit ces derniers sur une liste en constante reformation &#8211; le web est rempli de ces communaut&#233;s qui se forment du bout des doigts, dont la liste se r&#233;actualise constamment en laissant dans son sillage des intensit&#233;s et des fr&#233;quences&#160;: le fr&#233;missement d'une nu&#233;e de d&#233;clics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mat&#233;rialisation des images donne une place de plus en plus importante &#224; la main&#160;: on regarde en touchant, on ouvre ou on ferme l'image qu'on fait grandir entre nos doigts. &#192; l'omnipr&#233;sence de ces contacts, Pierre-Lin Reni&#233; r&#233;pond par une forme de tact&#160;: sa retenue, son attention port&#233;e aux d&#233;tails mat&#233;riels de l'apparition, la l&#233;g&#232;ret&#233; des mat&#233;riaux employ&#233;s. Une mani&#232;re de d&#233;samorcer l'impact massif des surfaces de visualisation autour de nous, d'y opposer une forme de silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Clich&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;L'absence de r&#233;cit et le battement temporel des dates, le refus d'un encha&#238;nement logique entre les images, entrent dans un vrai projet de d&#233;pareillage, dont la vis&#233;e n'est pas &#233;vidente. L&#233;g&#232;rement sid&#233;rantes, les photographies flirtent avec l'insignifiance sans occulter la r&#233;alit&#233; d'o&#249; elles proviennent. Et il n'y en a pas qui soit vraiment plus &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;belle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; que les autres. Les portraits en particulier ne s'attachent pas &#224; ce qui fait d&#233;j&#224; image chez quelqu'un pour en produire une. D'ailleurs Reni&#233; photographie parfois des affiches publicitaires ab&#238;m&#233;es o&#249; la pollution et l'usure fanent des figures parfaites, effet boomerang du narcissisme standard. On dirait qu'il collectionne ce qui ne se constitue pas en &lt;i&gt;ready-made&lt;/i&gt; du d&#233;sir et de l'imaginaire &#8211; ce que la photographie commerciale prend en charge et que beaucoup de photographes mentionnent par d&#233;faut. Ses figures semblent nettoy&#233;es de la tension dramatique du cadre &#8211; &#224; l'inverse d'une longue tradition de la &lt;i&gt;street photography&lt;/i&gt; qui enregistre un rapport de force visuel entre une personne, un environnement et un format&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et reproduit ainsi un rapport de force entre la sph&#232;re priv&#233;e et sa &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;publication&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Pour Reni&#233;, l'espace public est libre d'acc&#232;s, et presque tous les instants sont &#233;gaux &#8211; d&#232;s lors que s'y produit un clich&#233;. Le r&#233;flexe conjuratoire ordinaire du d&#233;clic trouve une forme nouvelle&#160;: transformer l'invisibilit&#233; en l'inscrivant &#224; plusieurs reprises. Tel est peut-&#234;tre l'angle d'attaque de ce corpus d'enregistrements qui trouve sa logique hors de lui et non dans un principe interne, annulant ainsi toute hi&#233;rarchie des objets, des lieux et des visages, disjonctant d'un support &#224; l'autre et dissociant les images de la fluidit&#233; du sens. Reni&#233; donne &#224; son travail la texture aride d'un r&#233;el d&#233;maquill&#233;, ce &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;n'importe quoi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qu'il est si difficile d'atteindre en r&#233;alit&#233;, et qui n'est ni l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;inattendu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ni le jamais vu, mais le clash du vivant&#160;: le r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(Fusibles)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ciels&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Les images de Reni&#233; ne nous parviennent donc pas n'importe comment, et s'ali&#232;nent volontairement aux rythmes qui nous les offrent, aux objets et aux mati&#232;res qui les portent. Elles apparaissent et r&#233;apparaissent d'un support &#224; l'autre, comme une m&#233;lodie traversant des &lt;i&gt;grooves&lt;/i&gt;, plus ou moins reconnaissables. L'image la plus &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;visible&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d'entre elles est sans doute celle du ciel qui rythme diff&#233;rentes s&#233;ries, publications ou expositions. La r&#233;currence du ciel r&#233;sonne chaque fois pr&#233;cis&#233;ment sur le papier, l'&#233;cran, le cadre, la s&#233;quence. Des photographies du ciel occupent par exemple la part centrale d'un livre &#224; la consistance d'un catalogue et dont le poids donne au mouvement des pages tourn&#233;es l'&#233;lan des magazines. &lt;i&gt;Parc, Palendriai&lt;/i&gt; est un volume rectangulaire d'un jaune clair, presque p&#226;le, une teinte peu figurative qui s'&#233;tale sur le livre &#224; partir de ses extr&#233;mit&#233;s, fournit un fond pour le premier cahier et le dernier qui sont deux s&#233;ries de photographies de nature. Ce cadre d'un centim&#232;tre ne dispara&#238;t, selon un &lt;i&gt;lay-out&lt;/i&gt; parfaitement sym&#233;trique, que dans le cahier central o&#249; les photographies de ciel occupent chaque fois deux pleines pages. Le jaune est un signe, on per&#231;oit diff&#233;remment une couleur selon qu'elle impr&#232;gne une mati&#232;re ou qu'elle la recouvre et celle-ci est clairement imprim&#233;e&#160;: on surfe, on ne plonge pas. Lorsque ce cadre s'&#233;carte, la double page s'ouvre int&#233;gralement &#224; l'impression photographique qui dispara&#238;t dans le pli central.&lt;br class='manualbr' /&gt;Rien de transcendantal dans ces ciels, ni d'anodin dans ce choix. Aucun toit ou horizon dans le cadre pour donner l'&#233;chelle ou signaler un hors champ, comme dans la plupart des &lt;i&gt;&#201;tudes de nuages&lt;/i&gt; de Johan Christian Dahl par exemple. Dans l'exposition &lt;i&gt;Ciel / Sol&lt;/i&gt;, la s&#233;rie &#233;ponyme, &lt;i&gt;Ciel&lt;/i&gt;, s'accouplait syst&#233;matiquement &#224; une image terrestre, comme une prise de terre, selon deux lignes parall&#232;les sur les murs blancs. Le ciel &#233;tait litt&#233;ralement d&#233;tach&#233; &#224; hauteur du regard. Le m&#234;me rectangle bleu habite une vignette de &lt;i&gt;Saisons&lt;/i&gt;, une affiche, un livre, mais selon des hi&#233;rarchies visuelles diff&#233;rentes et il n'y montre pas le m&#234;me visage. La dramaturgie de l'accrochage s'installe dans le rythme du livre, dans l'association des images, dans le maniement des couleurs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; chaque fois&#160;le signifi&#233; se plie litt&#233;ralement au signifiant.&lt;br class='manualbr' /&gt;Bien s&#251;r l'insistance des repr&#233;sentations de ciel est parlante. Selon le titre complet du livre &lt;i&gt;Ciel (Rome_Assise_25.08.2012&#8211;01.09.2012_09:12&#8211;20:15)&lt;/i&gt;, les photographies ont &#233;t&#233; prises &#224; Rome et &#224; Assise &#8211; une r&#233;gion o&#249; les surfaces d'azur se sont substitu&#233;es aux fonds d'or byzantins en usage dans les ic&#244;nes pour codifier un espace divin, &#233;tranger aux contingences terrestres. L'azur introduisait dans la peinture un espace profane car soumis &#224; la pesanteur. Il signalait le d&#233;sir nouveau et grandissant de se rapporter &#224; la vision humaine. Son apparition marque aussi l'individuation des figures et le retour de la profondeur du champ. &lt;br class='manualbr' /&gt;Enfin le ciel, comme la photographie, est un lieu d'inscription d'indices physiques li&#233;s &#224; des ph&#233;nom&#232;nes invisibles&#160;: son apparence r&#233;sulte des effets de la lumi&#232;re sur la temp&#233;rature, l'humidit&#233;, la pression et les d&#233;placements d'air. Le ciel est un espace proto-photographique en constante &#233;volution, et Reni&#233; en fait un signe des contingences terrestres&#160;: un monochrome figuratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Langues&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Index &lt;/strong&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;La pratique de l'inventaire suppose un syst&#232;me ferm&#233; de repr&#233;sentations ob&#233;issant &#224; un nombre limit&#233; de principes et la photographie se pr&#234;te parfaitement &#224; l'indexation du visible. Sa capacit&#233; de subordination &#224; des consignes et des structurations programmatiques offre la possibilit&#233; de langues visuelles parfaitement fonctionnelles, que son &#233;tat digital a ouvert &#224; des quantit&#233;s incalculables. Nous nageons d&#233;sormais avec plus ou moins de succ&#232;s et de risques dans la bab&#233;lisation du visible, et plus ou moins pr&#232;s de la surface. Mais toute collection raisonn&#233;e d'images ne produit pas de l'art. L'usage de la photographie en langue de l'inventaire a &#233;t&#233; marqu&#233; par les diff&#233;rentes id&#233;ologies de constructions d'archive humaine scientifique destin&#233;es &#224; mesurer les sujets &#224; partir de leurs corps &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet Allan Sekula, &#171;&#160;Le Corps et l'archive&#160;&#187; (1986), &#201;crits sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, mais aussi des pratiques de studio plus exploratoires comme celle d'August Sander. Toute archive visuelle du portrait pr&#234;te &#224; la mythologie identitaire, en ce qu'elle produit &#224; la fois l'inscription d'un groupe dans un cadre commun et l'effacement potentiel des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;autres&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. &#192; moins d'y travailler sp&#233;cifiquement. &lt;br class='manualbr' /&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;L'art n'est jamais un document, bien qu'il puisse en adopter le style&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Leslie Katz, &#171;&#160;Entretien avec Walker Evans&#160;&#187;, (1971), Walker Evans. Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&#160;: Walker Evans a formul&#233; le concept de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;style documentaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pour des photographies qui empruntaient au vocabulaire de la photographie scientifique &#8211; mais transfigur&#233; par la sortie du studio. Son retrait devant les sujets trait&#233;s et la simplicit&#233; affich&#233;e des moyens disaient un projet de neutralit&#233;. Une situation donn&#233;e &#8211; la mis&#232;re du Sud &#233;tasunien, la grande d&#233;pression que la magie du noir et blanc sur les sc&#232;nes de rue et les visages tann&#233;s des paysans du Sud transcende en langage esth&#233;tique &#8211; est visuellement circonscrite. Il en r&#233;sulte des images habit&#233;es par un texte implicite sur le rapport d'exactitude que le m&#233;dium garantit, induisant une relation particuli&#232;re du documentaire &#224; la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;v&#233;rit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. &lt;br class='manualbr' /&gt;D&#232;s lors qu'il s'agit d'art, la v&#233;rit&#233; est une arme &#224; double tranchant car elle fait autorit&#233;, et l'effet de v&#233;rit&#233; peut recouvrir des op&#233;rations formelles et subjectives tr&#232;s diverses&#160;: donner un tour h&#233;ro&#239;que &#224; une d&#233;marche individuelle dont les vis&#233;es peuvent &#234;tre purement narcissique et commerciale, transformer des archives en marchandises mus&#233;ales. Au d&#233;partement photo du MoMA de New York, la photographie documentaire a &#233;t&#233; sanctifi&#233;e dans l'odeur de sa &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;v&#233;rit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, produisant ainsi des ic&#244;nes qui t&#233;moignaient d'une identit&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;am&#233;ricaine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; tout en mettant au second plan la r&#233;alit&#233; sociale capt&#233;e par l'appareil. La formule d'Evans date de 1971, apr&#232;s que l'art conceptuel r&#233;invente le document et l'archive en luttant contre le devenir marchandise de l'art&#160;: &lt;i&gt;l'art n'est jamais un document, bien qu'il puisse en adopter le style&lt;/i&gt;. Sa photographie avait fait exactement le chemin inverse, le document &#233;tait devenu de l'art et des clich&#233;s des paysans du Sud des &#201;tats-Unis avaient &#233;t&#233; transform&#233;s en marchandises pour les mus&#233;es et les collectionneurs du Nord. Pierre-Lin Reni&#233; prend la prescription du documentaire en &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;style&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; revers. Comme nous tous, il est un s&#233;rial-photographe sans aucune restriction de m&#233;thode. Et loin de resserrer le vocabulaire photographique, il s'offre &#224; la noyade. Sa collection balaie toutes les cat&#233;gories&#160;: photographie d'amateur ou scientifique, photographie de rue ou de paysage, les ciels comme exercices impressionnistes qui font le portrait de la lumi&#232;re et de la photographie, figurations d'objets sans aura, de visages pris &#224; la vol&#233;e, vol&#233;s&#8230; Les objets, figures, lieux et temps disparates auxquels seule leur convocation sur un support ou un autre offre une connexion temporaire sont les motifs d'un principe de coupure. Ce que l'extravagante datation des images indique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre-courant&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;En r&#233;alit&#233; aucune unit&#233; th&#233;matique ou formelle, aucune op&#233;ration esth&#233;tique ne suffit &#224; extraire la photographie de ses fonctions vernaculaires et commerciales, ni de sa charge id&#233;ologique, d&#232;s lors qu'elle enregistre des faits. Par ailleurs, toute pratique artistique visuelle fond&#233;e sur un m&#233;dium a besoin de travailler contre la ma&#238;trise que ce m&#233;dium propose, et contre les facult&#233;s qu'il d&#233;tient &#224; consolider des certitudes. Le coefficient artistique d'une photographie se loge sans doute entre l'activation de l'appareil selon des principes &#233;tablis et l'activation des donn&#233;es qui constituent ce que nous voyons pour produire leur subversion &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce que Evans dans le m&#234;me entretien r&#233;sume par l'opposition &#171;&#160;flash / edit&#160;&#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Marcel Duchamp, qui s'int&#233;ressait beaucoup &#224; la capacit&#233; de f&#233;tichisation offerte par la photographie, substituait &#224; chaque &lt;i&gt;ready-made&lt;/i&gt; original et g&#233;n&#233;ralement perdu ou d&#233;truit, sa photographie, &#224; la fois repr&#233;sentation et r&#233;duction parfaitement m&#233;canique &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Duchamp a soigneusement &#233;gar&#233; la plupart des &#171;&#160;originaux&#160;&#187; de ses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Comme la photographie est en soi un &lt;i&gt;ready-made&lt;/i&gt;, la fortune critique du concept se transpose avec profit sur le m&#233;dium. Enfin, dans ces &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;documents&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et vestiges que sont les photographies de Duchamp, et qui sont aussi des &#233;chantillons pour de futurs duplicatas, les ombres projet&#233;es et anamorphos&#233;es jouent un r&#244;le important. Elles sont autant d'animations du d&#233;sir au travers des diff&#233;rentes formes prises par son &#233;chec. La photographie marque une amputation du r&#233;el, et &#224; la fois en produit l'image presque id&#233;ale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Respirer&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Lorsque nous laissons nos yeux tra&#238;ner sur les images d'un livre ou d'un magazine, contrairement aux passagers d'un train soumis au d&#233;filement du transport, nous gardons le choix de la vitesse. Ce qui va le plus vite est notre &#233;crasante m&#233;moire dont les cat&#233;gories, arborescences, associations &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;ditent&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ce que nous voyons, privil&#233;gient telle vue &#224; telle autre. Freiner la production imaginaire pour devenir r&#233;ceptif &#224; ce qui n'y est pas encore int&#233;gr&#233; est un travail, exige une forme d'attention au d&#233;fil&#233; int&#233;rieur. Ce qui dispara&#238;t, ce qui appara&#238;t&#160;: choisir la vitesse de la vie est un luxe, et le ralenti&#160;revient &#224; la photographie. Avec Pierre-Lin Reni&#233;, l'articulation du visible est un rythme, et c'est l&#224; que le sens op&#232;re &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt;&#160;: le c&#244;toiement que trouvent &#224; chaque fois les images les affecte, comme un mot prend une signification diff&#233;rente selon la phrase o&#249; il s'inscrit. Le sens est la cons&#233;quence d'un geste&#160;: il ne r&#233;side ni dans les choses, ni en nous, ni encore moins au dessus de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; l'on fait des photos comme on respire, c'est l'apparition d'une photographie, non sa prise, qui est un &#233;v&#233;nement. Cette apparition n'est jamais le fait du hasard et elle engage un jeu de transports, de passages d'informations d'un &#233;tat &#224; un autre, dans lesquels la lumi&#232;re (et avec elle le r&#233;cit de la r&#233;v&#233;lation photographique) joue un r&#244;le de moins en moins clair. Le num&#233;rique a fait de la photographie une d&#233;cision banale, un programme constant d'ouverture ou de cl&#244;ture de circuits de passage, un bruissement visuel qui la met au d&#233;fi d'exister autrement que comme un &#233;quivalent technique des flux de m&#233;moire, un instrument d'oubli. Reni&#233; travaille &#224; contre-courant de cet &#233;coulement, &#224; partir de l'exposition des choses, et ne produit aucun style mais des syncopes de nos automatismes. Accepter de ne pas nommer les choses imm&#233;diatement est une option exigeante mais lib&#233;ratrice. Suspendre le langage un instant oblige &#224; regarder &#224; partir du battement et des intervalles entre les choses, dans une respiration entre le monde et nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie Muracciole&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Juillet 2017&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;a href=&#034;http://pierrelinrenie-dautresjours.tumblr.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://pierrelinrenie-dautresjours.tumblr.com&lt;/a&gt; En 2020, ce blog tenu durant deux ann&#233;es compl&#232;tes (2014-15) a fait l'objet d'une &#233;dition en deux volumes, accompagn&#233;e du pr&#233;sent cahier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Voir &#224; ce sujet Allan Sekula, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le Corps et l'archive&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (1986), &lt;i&gt;&#201;crits sur la photographie&lt;/i&gt; (M.&#160;Muracciole ed.), Beaux-Arts de Paris, 2013, p. 227-297.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Leslie Katz, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Entretien avec Walker Evans&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, (1971), Walker Evans. &lt;i&gt;Le Secret de la photographie&lt;/i&gt; (Anne Bertrand ed.), Centre Pompidou, 2017, p. 31. La phrase d'Evans confirme par d&#233;faut sa demande d'admission du documentaire dans le domaine de l'art. Au sujet du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;style documentaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, voir Olivier Lugon, &lt;i&gt;Le Style documentaire. D'August Sander &#224; Walker Evans, 1920-1945&lt;/i&gt;, Paris, Macula, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Ce que Evans dans le m&#234;me entretien r&#233;sume par l'opposition &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;flash / edit&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je pense aussi que la photographie est affaire d'&#233;dition, d'&#233;dition apr&#232;s la prise de vue. Il ne suffit pas de savoir quoi prendre, il faut ensuite l'&#233;diter.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (&lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 28).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Duchamp a soigneusement &#233;gar&#233; la plupart des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;originaux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de ses &lt;i&gt;ready-mades&lt;/i&gt; qui ressemblent &#224; posteriori &#224; des mod&#232;les pour des photographies, la photographie de Stieglitz pour &lt;i&gt;Fontaine&lt;/i&gt; en &#233;tant le mod&#232;le exemplaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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