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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Une peinture atmosph&#233;rique</title>
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		<dc:date>2021-07-12T10:16:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Verhaeghe</dc:creator>



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&lt;p&gt;A&#768; certains e&#769;gards, il semble que l'on puisse dire des peintures d'Emmanuelle Leblanc qu'elles s'inscrivent dans une forme d'ambivalence. D'un co&#770;te&#769;, en effet, il est vrai que ces compositions restituent des univers visuels qui ont quelque chose d'e&#769;vocateur&#160;: ainsi des e&#769;manations un peu atmosphe&#769;riques, comme des ciels sans nuage, des paysages brumeux dont on ne discerne plus tout a&#768; fait les lignes d'horizon, ou des cre&#769;puscules dilue&#769;s par des teintes vivifiantes. De l'autre, ces&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A&#768; certains e&#769;gards, il semble que l'on puisse dire des peintures d'Emmanuelle Leblanc qu'elles s'inscrivent dans une forme d'ambivalence. D'un co&#770;te&#769;, en effet, il est vrai que ces compositions restituent des univers visuels qui ont quelque chose d'e&#769;vocateur&#160;: ainsi des e&#769;manations un peu atmosphe&#769;riques, comme des ciels sans nuage, des paysages brumeux dont on ne discerne plus tout a&#768; fait les lignes d'horizon, ou des cre&#769;puscules dilue&#769;s par des teintes vivifiantes. De l'autre, ces me&#770;mes compositions occultent toute allusion au re&#769;el, n'e&#769;tant jamais que des de&#769;grade&#769;s de couleurs. Elles repoussent au loin des re&#769;alite&#769;s discursives ou narratives, et de&#769;jouent ainsi les e&#769;ventuelles interpre&#769;tations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ambivalence qui, par conse&#769;quent, e&#769;vacue la possibilite&#769; d'affilier ces compositions a&#768; une forme de minimalisme, ou a&#768; une tradition de la peinture monochrome car, en de&#769;pit de l'absence de re&#769;fe&#769;rent visuel, de point d'ancrage pour l'&#339;il, en de&#769;pit e&#769;galement d'une certaine imminence conforte&#769;e par le format rectangulaire, tel un plan ou un bloc qui ope&#769;rerait d'un seul tenant, force est de constater qu'il subsiste, dans ces peintures, une dimension me&#769;morielle, imaginative, en tous les cas, une invite a&#768; la contemplation. En cela, ces peintures laissent une impression re&#769;tinienne, la perception parait ralentie, un peu silencieuse&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les surfaces semblent diffuser une lumie&#768;re voile&#769;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-e&#770;tre est-ce lie&#769; au caracte&#768;re diaphane des compositions&#160;: les nuances de couleur renvoyant continuellement a&#768; une ide&#769;e de la transparence, comme s'il s'e&#769;tait agi de discerner des motifs au-dela&#768; d'une membrane, d'un filtre, pour ne laisser transiter que des masses aux contours inde&#769;finis. En d'autres endroits, la lumie&#768;re est sugge&#769;re&#769;e par une sensation de mouvance, de diffusion, voire de profondeur, par exemple dans la se&#769;rie des &lt;i&gt;Focus&lt;/i&gt; ou&#768; une physionomie vaguement circulaire, un peu bombe&#769;e, agit visuellement comme si elle allait au-devant du regardeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lumie&#768;re constituant le ve&#769;ritable motif des peintures d'Emmanuelle Leblanc, on observe, par ailleurs, qu'elle est parfois soutenue par des dispositifs visuels ou picturaux qui relaient ses proprie&#769;te&#769;s physiques. Ainsi, par exemple, de certaines &lt;i&gt;Diffuse&lt;/i&gt; dans lesquelles un socle dore&#769; impre&#768;gne de sa teinte la partie infe&#769;rieure de la peinture qu'elle supporte, imageant un phe&#769;nome&#768;ne de re&#769;flexion optique par lequel la lumie&#768;re se de&#769;verse sur un mate&#769;riau donne&#769;. Ainsi e&#769;galement de la se&#769;rie des &lt;i&gt;Photome&#769;te&#769;ore&lt;/i&gt; ou&#768; un arc-en-ciel se de&#769;tache d'un fond diffus, rappelant au phe&#769;nome&#768;ne de dispersion de la lumie&#768;re, de fac&#807;on a&#768; ce que l'on observe le spectre continu de ses couleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, chez Emmanuelle Leblanc, la lumie&#768;re en tant que motif, en tant que phe&#769;nome&#768;ne physique, prend une autre dimension lorsqu'on l'envisage au regard de la photographie, technique de capture lumineuse par excellence. En effet, outre le fait que les diffe&#769;rentes compositions citent parfois directement le me&#769;dium photographique &#8211; a&#768; l'image de certaines peintures encadre&#769;es par des bordures blanches dissyme&#769;triques, lesquelles ne sont pas sans rappeler le format du polaroid &#8211;, de me&#770;me faut-il insister sur le mode ope&#769;ratoire de l'artiste, essentiel, qui consiste a&#768; flouter des photographies bien re&#769;elles, des photographies relativement banales, pour, par la suite, reproduire, au moyen de la peinture cette fois, ce qu'il en subsiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette fac&#807;on, les peintures e&#769;tant, avant tout, des peintures de photographies pre&#769;alablement estompe&#769;es, sans doute sommes-nous invite&#769;s, par anticipation, a&#768; percevoir du travail d'Emmanuelle Leblanc, la volonte&#769; d'articuler deux me&#769;diums, deux pratiques habituellement concurrentes qui auraient, dans le cas pre&#769;sent, la lumie&#768;re pour arbitre. Toutefois, tout indique qu'il s'agit moins d'affirmer la supe&#769;riorite&#769; d'un me&#769;dium sur un autre que de s'emparer d'un dispositif de composition propice a&#768; des restitutions lumineuses. En effet, pluto&#770;t que d'agir dans la rivalite&#769;, peinture et photographie enclenchent une sorte de mise en relief mutuelle afin de re&#769;pondre a&#768; un but commun, l'une prenant appui sur l'autre, quand il ne s'agit pas d'emprunter a&#768; son alter ego des e&#769;le&#769;ments qui lui permettent d'outrepasser sa propre nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs e&#769;le&#769;ments semblent aller en ce sens. Les aplats de couleur, par exemple, finissent par minimiser le geste de la main, voire a&#768; l'effacer, offrant des surfaces lisses et limpides qui pourraient avoir la nettete&#769; d'une application me&#769;canique. La photographie, quant a&#768; elle, court-circuite son rapport d'exactitude a&#768; l'e&#769;gard du re&#769;el pour, au contraire, mettre en avant une forme de flottement et d'approximation&#160;: ses motifs ne sont plus visibles, sa nature photographique est me&#770;me remise en cause&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il s'agit davantage d'une image sur laquelle une intervention a eu lieu, d'une image re&#769;agence&#769;e, manipule&#769;e, mais surtout d'une image qui se regarde pour les impressions qu'elle stimule pluto&#770;t que pour les informations qu'elle donne. En cela, elle partage sans doute avec la peinture la possibilite&#769; d'e&#770;tre perc&#807;ue avec lenteur et e&#769;vasion, mais aussi avec recul et contentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par conse&#769;quent, ce qui surprend, dans la pratique d'Emmanuelle Leblanc, est, d'une part, le fait de constater que ces peintures reproduisent, somme toute, avec pre&#769;cision et exactitude, les photographies, ou pluto&#770;t, les images re&#769;interpre&#769;te&#769;es dont elles s'inspirent. Autrement dit, la peinture intervient de fac&#807;on &lt;i&gt;photore&#769;aliste&lt;/i&gt;, quand bien me&#770;me une premie&#768;re perception reste marque&#769;e par la mise en exergue de masses brumeuses, de masses mi-opaques, mi-translucides qui parfois s'assimilent a&#768; des paysages brouille&#769;s par le temps. D'autre part, ce qui surprend est la capacite&#769; avec laquelle un mode ope&#769;ratoire, pourtant relativement limpide, est a&#768; me&#770;me d'explorer des interstices techniques ou conceptuels propres a&#768; chacun des me&#769;diums. Le rapport au re&#769;el est interroge&#769; de part et d'autres, la me&#769;moire e&#769;galement, tout comme, sans doute, les connivences entre repre&#769;sentation et perception. Le plus admirable reposant, a&#768; vrai dire, sur le fait que tous ces aspects se mettent en mouvement a&#768; partir de la lumie&#768;re et de ses modes d'acquisition, comme pour rappeler a&#768; quel point elle est et demeure une impulsion essentielle dans tous les champs de la cre&#769;ation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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