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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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<item xml:lang="fr">
		<title>Je n'ai jamais su si elle &#233;tait accompagn&#233;e par une personne r&#233;elle ou imaginaire</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Je-n-ai-jamais-su-si-elle-etait-accompagnee-par-une-personne-reelle-ou</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clare Mary Puyfoulhoux</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est une femme et qui voit. Trace. La femme note&#160;: un banc public. Une embrouille dans le village. La palombi&#232;re, on y tire le pigeon. Une autre femme prend en auto-stop quelqu'un qui travaille la terre. La femme danse dans sa t&#234;te. Au sol, tandis qu'elle marche, arpente l'espace qu'elle est invit&#233;e &#224; rencontrer, des lignes se m&#234;lent. On les nomme d&#233;sir, elles sont laiss&#233;es par les pas de celles et ceux qui ont, par commodit&#233;, d&#233;cid&#233; d'aller au point suivant de leur trajet sans passer par&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-28948" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une femme et qui voit. Trace. La femme note&#160;: &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Les-dernieres-vues-des-bancs-publics' class=&#034;spip_in&#034;&gt;un banc public&lt;/a&gt;. Une embrouille dans le village. &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Miradance' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La palombi&#232;re&lt;/a&gt;, on y tire le pigeon. Une autre femme prend en auto-stop quelqu'un qui travaille la terre. La femme danse dans sa t&#234;te. Au sol, tandis qu'elle marche, arpente l'espace qu'elle est invit&#233;e &#224; rencontrer, des lignes se m&#234;lent. On les nomme &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Flux-de-desir-et-lignes-de-besoin' class=&#034;spip_in&#034;&gt;d&#233;sir&lt;/a&gt;, elles sont laiss&#233;es par les pas de celles et ceux qui ont, par commodit&#233;, d&#233;cid&#233; d'aller au point suivant de leur trajet sans passer par le bitume, m&#233;diane de singularit&#233;s irr&#233;m&#233;diables&#160;: le cadastre se r&#233;v&#232;le compromis. Il en va souvent ainsi dans le travail de Lidia Lelong. &#192; force de voir, celle qui agit, artiste, en elle, r&#233;v&#232;le. Je regarde ce qui est autre et que je vois, sans comprendre, mais que j'entends, qui m'accueille, me cr&#233;e un champ, &#224; &#234;tre ainsi, encore et toujours diff&#233;rent.&lt;br class='manualbr' /&gt;Lidia dit qu'un artiste est comme un boulanger, aussi pertinent &#224; la communaut&#233;. Lidia-artiste ne produit pas des objets, tandis que Lidia-menuisi&#232;re adore ce qui est bien fait. Lidia s'autorise la lisi&#232;re.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ailleurs, Lidia voit les pierres qui sont mises pour emp&#234;cher les voitures de se garer &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; partir de 108 euros la pi&#232;ce de 4 &#224; 600 kilogrammes.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, y voit aussi l'impossibilit&#233; de fuir en cas de poursuite. Dessine alors &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/SAD-sad-comme-les-pierres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;dix pierres&lt;/a&gt; au fusain sur papier aquarelle 75 x 105 cm. Entoure 240 pav&#233;s, en tas, de ces reproductions en 2D, format 1/1. Lidia lit par exemple &lt;i&gt;Surveiller et punir&lt;/i&gt;. Peut-&#234;tre que, comme le boulanger, dont le levain, s'il est naturel, parle du terroir, de l'&#233;tat de sant&#233; de la main qui p&#233;trit, de la saison o&#249; il a &#233;t&#233; travaill&#233;, l'artiste a pour fonction de faire un geste et qu'il s'ensuit que les &#339;uvres produites sont &#224; regarder comme on chercherait &#224; se renseigner. C'est-&#224;-dire que, comme le pain du boulanger nourrit, en plus d'&#234;tre bon, et informe, en plus de nourrir, l'&#339;uvre charrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que veut dire Lidia quand elle compare la fonction sociale de l'artiste &#224; celle du boulanger, c'est aussi qu'ils peuvent tous deux s'engager. Qu'ils ont tous deux la m&#234;me responsabilit&#233; sociale. Elle pourrait dire&#160;: ni plus ni moins. Ce qu'il faudrait alors entendre, c'est qu'en face il y a&#160;: ceux et celles qui mangent le pain et qui regardent les &#339;uvres.&lt;br class='manualbr' /&gt;Souvent, le geste, technique, est une (re)tenue. Ne presque rien faire, sinon regarder, reconna&#238;tre le s&#233;rieux n&#233;cessaire &#224; la vision, fruit de myst&#232;re et de labeur, au sens de r&#233;p&#233;tition, et qui requiert tant implication que disponibilit&#233;, retrait. &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Venissieux' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Embrasser la d&#233;rive&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Monflanquin-28963' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Istoire sans h&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Peregrinations' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;P&#233;r&#233;grinations&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Chateauroux' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Et aller n'importe o&#249; ailleurs&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&#8230; Ces titres d'&#339;uvres ou de projets, disent d'ailleurs cela du travail, qu'il est ouvert.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ailleurs, pensant aux &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Peregrinations' class=&#034;spip_in&#034;&gt;labyrinthes&lt;/a&gt; &#224; bras radial agenc&#233;s pour les rats de laboratoires, Lidia coule du b&#233;ton et traduit, &#224; &#233;chelle, les nombreux habitats qu'elle a occup&#233;s. Formes g&#233;om&#233;triques, blocs massifs, lignes creuses qui ne sont pas des sillons et renvoient &#224; l'&#233;trange myst&#232;re qui anime nos &#233;crans&#160;: un circuit. Ce qui autrefois avait un toit, ressemblait &#224; un squat, une maison, un appartement, peut-&#234;tre une voiture, une tente, une grange, un immeuble, est &#224; pr&#233;sent &#233;l&#233;ment dans une collection lourde, qui occupe le sol en fonction de l'espace. Lidia fait de ceci un cela qu'elle laisse au spectateur la responsabilit&#233; de g&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Le titre de ce texte est tir&#233; de l'&lt;i&gt;Istoire sans h&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#192; partir de 108 euros la pi&#232;ce de 4 &#224; 600 kilogrammes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Destin&#233;</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Destine-51041</link>
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		<dc:date>2024-10-18T08:28:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clare Mary Puyfoulhoux</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un coin de ciel. Il prend un coin de ciel et le transporte ailleurs. Cela avait &#233;t&#233; fait avant lui, et les nuages de Baudelaire l'ont fait, et la m&#233;lancolie de Kaspar Friedrich le fait, tout Turner. Il prend un ciel de quartier populaire, sa teinte. Il est possible, du ciel, de pr&#233;lever une teinte, d'en faire une toile. C'est un mat&#233;riau synth&#233;tique, l&#233;ger. Cela vole, une &#233;tendue caresse ainsi ailleurs, le ciel. C'&#233;tait un ciel, c'est sur un ciel. Une teinte rappelle. C'est un quartier&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-27053" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Espace-50845' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Un coin de ciel&lt;/a&gt;. Il prend un coin de ciel et le transporte ailleurs. Cela avait &#233;t&#233; fait avant lui, et les nuages de Baudelaire l'ont fait, et la m&#233;lancolie de Kaspar Friedrich le fait, tout Turner. Il prend un ciel de quartier populaire, sa teinte. Il est possible, du ciel, de pr&#233;lever une teinte, d'en faire une toile. C'est un mat&#233;riau synth&#233;tique, l&#233;ger. Cela vole, une &#233;tendue caresse ainsi ailleurs, le ciel. C'&#233;tait un ciel, c'est sur un ciel. Une teinte rappelle. C'est un quartier populaire qui est celui o&#249; il vit, c'est un quartier populaire qui est celui o&#249; il expose. Ce qu'il expose, c'est de dresser un drapeau dans le ciel. Un drapeau c'est un signe qui manifeste, qui s'approprie, qui signale, un indicateur. Ici, c'est une caresse, et ce n'est presque rien puisque ton sur ton, puisque le ciel&#160;: immat&#233;riel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La feuille A4. Le commun, socle commun, l'imprimante, le livre, la ramette, le papier, le blanc du papier, le bureau, le polycopi&#233;, temps presque surann&#233;. Espace. Invite &#224; montrer. Format g&#233;n&#233;rique, europ&#233;en. Support de tant d'informations, de savoirs, vecteur. Arbre, poubelle, et au milieu&#160;: feuille de papier. En Europe, au Japon&#160;: la feuille A4. R&#233;sulte de la feuille une nomenclature, des outils, un cadre de lecture, des attentes. &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Kontakt-50903' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Kontakt&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; part peut-&#234;tre de l&#224;. A4, format de base de tous les logiciels bureautiques &#8211; accessible, banal. Ce sont des gens qui sont invit&#233;s, depuis dix ans. Investissant l'espace offert par l'artiste, qui est l'espace connu de la feuille, l'espace commun de notre temps, ces gens offrent &#224; leur tour un geste et la feuille ensuite, jonction entre le mailart artisanal, tangible d'autrefois et l'immensit&#233; immat&#233;rielle du pr&#233;sent, se t&#233;l&#233;charge et s'imprime. Aussi simplement que &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible d'imaginer Alex Chevalier &#224; son bureau, soulignant le terme de public dans la locution &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;espace public&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il est possible aussi de lire la sensibilit&#233; politique du geste, sa port&#233;e. Il est possible enfin de voir la grande pr&#233;cision des protocoles, leur articulation fine. C'est l&#233;ger, pr&#233;cieux &#8211; de l'infime, on rejoint l'infini (in-fin&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;i&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;e). Que dire en effet de cette pratique sans adresser son &#233;conomie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Cela se voit, cela s'emporte, s'imprime, s'envoie, se re&#231;oit (Alex &#233;dite des cartes postales qu'il envoie &#224; qui demande), se duplique, s'&#233;puise. C'est dans une lign&#233;e qu'Alex Chevalier s'inscrit (lire &#224; ce sujet son &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Entretien-avec-Alex-Chevalier' class=&#034;spip_in&#034;&gt;entretien&lt;/a&gt; avec Thierry Fournier). &#201;videmment impr&#233;gn&#233; de la culture du fanzine, de l'&#233;dition, du concept, la pratique se tient sur le seuil&#160;: entre geste et &#339;uvre, tellement ouverte, offerte qu'elle &#233;chappe au rapport du f&#233;tiche, ou le d&#233;place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un moment, Alex Chevalier produit une affiche dans le cadre d'une exposition. Sur l'affiche&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/La-perte-du-langage-50915' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la perte du langage&lt;/a&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. L'affiche va &#224; son endroit sur les murs de la ville de Toulouse, sauvage. Elle est multiple et accessible en exposition, &#224; emporter et coller, invitation &#224; partager les frissons transgressifs de qui parle &#224; la ville, street artiste ou militant. C'&#233;tait 2014, &#231;a reviendra souvent. L'ab&#238;me du langage, disruption dans l'oeil, le slogan recycl&#233;, recouvert, replac&#233;, qui n'est plus publicitaire ou politique mais horizon nouveau, (re)conqu&#234;te par l'int&#233;rieur. C'est, comme &#224; chaque fois, notre perception qui tr&#233;buche puis sourit, le geste r&#233;injectant une part d'humanit&#233; dans la saturation urbaine, agissant comme une adresse &#224; l'endroit du passant, un message enfin destin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;En 2008, alors que Julien Coupat est arr&#234;t&#233; &#224; son domicile suite &#224; ce que la presse appellera ensuite pendant dix ans &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'affaire Tarnac&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, la police a saisi 27 livres dans la biblioth&#232;que du r&#233;volutionnaire, les jugeant &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;dangereux pour la s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/La-bibliotheque-noire' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;La biblioth&#232;que noire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alex Chevalier recopie. Il tape, au clavier, lettre &#224; lettre, le contenu d'ouvrages existant. Il &#233;prouve, lit ou ne lit pas, se confronte &#224; des textes, les d&#233;chiffre. Le geste est minimal, tragi-comique, transgressif encore. Copiste contemporain, l'artiste rajoute du labeur (puisque les textes, parmi lesquels des tracts, se trouvent facilement), mimant peut-&#234;tre le geste d'un enqu&#234;teur cherchant &#224; d&#233;busquer le danger dans ces caract&#232;res align&#233;s &#224; l'int&#233;rieur des 27 livres pr&#233;lev&#233;s sur les 5000 que comportait la biblioth&#232;que de l'incrimin&#233;. Le travail est en cours. Chaque livre est reli&#233; de mani&#232;re artisanale, comme on le ferait d'un document interne, administratif. Les couvertures sont noires, anonymes, bien faites pour la vie clandestine. Elle s'exposent et le contenu se consulte. Lorsque le dispositif est expos&#233;, il est possible d'imaginer Julien Coupat sinon lisant (on sait le sort que l'on r&#233;serve aux textes qui s'accumulent dans nos biblioth&#232;ques), du moins pensant lire chacun des ouvrages, d'imaginer aussi les vies et moteurs des diff&#233;rents auteurs rassembl&#233;s, les forces de l'ordre y d&#233;celant les preuves d'une menace que la personne de Julien Coupat ou le mouvement du Comit&#233; Invisible incarneraient, d'imaginer enfin l'artiste copiant et pensant lui-m&#234;me &#224; cela, recopiant pour cela, ces mots finalement anodins, communs, peut-&#234;tre m&#234;me r&#233;barbatifs ou techniques, par lesquels il lui faut passer pour que nous voyions la disproportion &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Grands r&#233;cits sur fond blanc</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Grands-recifs-sur-fond-blanc</link>
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		<dc:date>2021-07-07T13:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clare Mary Puyfoulhoux</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est une femme et qui cueille des abricots. Ce sont des abricots oranges, ils ont une chair, une forme, ont une empreinte pr&#233;cise &#224; l'int&#233;rieur de la main. Simon Rayssac peint le matin, ou alors en journ&#233;e, cela d&#233;pend du o&#249; il est quand il peint. Il y a un homme assis, cet homme vit. Il a la responsabilit&#233; d'un champ, d'une terre, des saisons de la terre. Il est habill&#233; de bleu, l'un de ses outils est une faux. Celle-l&#224; m&#234;me qui. Cet homme assis, habill&#233; de bleu, n'a pas de visage. Ne&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-28271" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une femme et qui cueille des abricots. Ce sont des abricots oranges, ils ont une chair, une forme, ont une empreinte pr&#233;cise &#224; l'int&#233;rieur de la main.
Simon Rayssac peint le matin, ou alors en journ&#233;e, cela d&#233;pend du o&#249; il est quand il peint. Il y a un homme assis, cet homme vit. Il a la responsabilit&#233; d'un champ, d'une terre, des saisons de la terre. Il est habill&#233; de bleu, l'un de ses outils est une faux. Celle-l&#224; m&#234;me qui. Cet homme assis, habill&#233; de bleu, n'a pas de visage. Ne donne pas son visage, trop singulier, &#224; l'exploration universelle de Simon qui peint depuis trois ans, depuis toujours. Le matin donc, et le reste du jour.
Un cheval se prom&#232;ne et tout le monde se souvient. Il y a la croupe bien ronde des ongul&#233;s sur les parois, il y a les sioux, il y a le regard de l'animal, sa transition perp&#233;tuelle (il est celui qui me meut), sa noblesse, ma libert&#233;. Il n'y a pas de toile, il n'y a pas de souvenir, il n'y a pas de fait, il y a &#224; peine un geste et il est fort. Je suis choqu&#233;e comme lorsque j'ai eu peur de tomber apr&#232;s avoir tr&#233;buch&#233;. Le cheval a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; bleu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il est pass&#233; au format plus fort, Simon a fait une &#233;tape &#224; l'encre noire sur fond blanc. Il nous a montr&#233; les coulisses, les entrailles. Ce n'&#233;tait pas joyeux mais pas non plus d&#233;lirant et la mati&#232;re tout &#224; coup l&#233;g&#232;re fut z&#233;br&#233;e comme le ciel quand l'orage terrasse les sommets. C'est une peinture qui ne vieillira jamais.
Ensuite les choses se collent, occupent les espaces, trahissent tous les vides, se tassent. Une force en s&#233;rie, quand Simon peint. Il prend une id&#233;e, un souvenir, une impression. Il tient quelque chose, il transforme, &#231;a devient autre. &#199;a part de l&#224; pour aller l&#224; et &#231;a ne nous int&#233;resse pas. Il reprend l&#224; pour aller l&#224;. Il y a une phrase, l'herbe qui pousse, son bruit. Il y a le temps, le c&#339;ur encore qui chavire.
Gouache sur format A4. Huile ou encre. Acrylique. Une table pour les mati&#232;res. Des murs, les toiles. Souvent deux en parall&#232;le pour pratiquer l'exercice. Quand la lumi&#232;re tombe des verri&#232;res de l'atelier, quand &#231;a se d&#233;place. C'est toujours grand jour, m&#234;me si le ciel se fait blanc. Le territoire des origines est sauvage mais les rayons traversent les branches comme ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remonter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La main ne parle pas des cavernes puisqu'elle en vient, puisqu'elle y est. Et nous avec elle. La main s'agite un peu, le cerveau pense. C'est tout ce rassembl&#233;, comprim&#233; qui s'exprime. C'est le vertige, le n&#233;ant, le il n'y a rien &#224; pr&#233;sent, jamais rien, plus rien, il n'y avait rien non plus avant. C'est toujours tr&#232;s &#233;clatant. Simon tient, nous voyons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les toiles ne font pas justice, ne pr&#233;tendent &#224; rien, encore. Ne r&#233;solvent rien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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