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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>La ligne de peinture</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brice Jubelin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'une image&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? N&#233;cessairement, quelque chose qui vient de tr&#232;s loin. S'il n'y a pas une image &#8213; l'image, rayonnante, couronn&#233;e de sa dimension ontologique &#8213; mais bien des images, ainsi que l'affirme Georges Didi-Huberman, avec pour chacune sa structure propre, son rythme et son battement, reste malgr&#233; tout ceci&#160;: l'image, dans sa dimension cat&#233;gorique du moins, prise comme une variable s'ajustant entre la chapelle Brancacci et la moindre des photographies qui peuplent nos&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-28081" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'une image&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? N&#233;cessairement, quelque chose qui vient de tr&#232;s loin. S'il n'y a pas une image &#8213; l'image, rayonnante, couronn&#233;e de sa dimension ontologique &#8213; mais bien des images, ainsi que l'affirme Georges Didi-Huberman, avec pour chacune sa structure propre, son rythme et son battement, reste malgr&#233; tout ceci&#160;: l'image, dans sa dimension cat&#233;gorique du moins, prise comme une variable s'ajustant entre la &lt;i&gt;chapelle Brancacci&lt;/i&gt; et la moindre des photographies qui peuplent nos t&#233;l&#233;phones portables (les soci&#233;t&#233;s pr&#233;c&#233;dentes auraient, quant &#224; elles, d&#233;sign&#233; &#224; ce lieux pr&#233;cis le graffiti obsc&#232;ne griffonn&#233; au mur des toilettes publiques) &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michael Baxandall, L'&#339;il du Quattrocento, Biblioth&#232;que illustr&#233;e des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Qu'il y est, ou non, de l'image &#224; la peinture un saut qualitatif, la question reste en suspens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail d'Emmanuelle Leblanc parle &#224; mon sens de cela, cette interrogation. Interroger cette relation de l'image &#224; la peinture, jusqu'&#224; trouver, dans l'image la plus pauvre qui soit, ce &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;graffiti&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, une dimension proprement picturale, un point d'identit&#233; (ou d'ad&#233;quation) permettant de la tirer vers la peinture justement. En fin de compte, qu'est-ce qui d&#233;signe une image comme &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;bonne &#224; peindre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ses qualit&#233;s propres, l'&#339;il du peintre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &lt;i&gt;Pittoresque&lt;/i&gt;, ce qui, &#233;tymologiquement, est &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;digne d'&#234;tre peint&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Mais est-il possible aujourd'hui encore de penser la peinture comme &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;dignit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de l'image&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Est-il possible ensuite, d'&#233;tablir une hi&#233;rarchie dans ce monde des images &#8213; voire dans notre propre monde satur&#233; d'images&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Suspension ici &#233;galement.
On sait qu'&#224; l'or&#233;e de la premi&#232;re Renaissance, la qualit&#233; des mat&#233;riaux employ&#233;s (les ors et les outremers par exemple) primaient dans les contrats sur la r&#233;alisation des figures par la main du ma&#238;tre &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette d&#233;finition, encore, est restrictive, en ce sens que nous vivons dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Avec la Renaissance, le rapport s'inversa. Au vingti&#232;me si&#232;cle, la question de la reproductibilit&#233; technique, notamment dans le cadre de la photographie et du cin&#233;ma, r&#233;introduisit d'une certaine mani&#232;re cette notion de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;qualit&#233; de mat&#233;riaux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (pour le cas, entre autre, des supports, notamment les pellicules ou les papier photographiques et leurs charges en sels argentiques). Avec la r&#233;volution num&#233;rique, l'immat&#233;rialit&#233; des images produites, leur &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gratuit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en quelque sorte, engendre de nouveaux comportements, largement &#233;tudi&#233;s par ailleurs, et la possibilit&#233; d'une consommation &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;compulsive&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d'images.
Ainsi, la banque d'images num&#233;riques constitu&#233;e pour la &lt;i&gt;Ligne de peinture&lt;/i&gt; ob&#233;it &#224; cela &#8213; une fabrication infinie d'images de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;basse qualit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; l'aide d'un t&#233;l&#233;phone portable. Des centaines d'images r&#233;alis&#233;es ainsi, sans logique propre, au gr&#233; de l'humeur, du moment ou du lieu, et dont la fabrication m&#234;me s'apparente plus &#224; des prises de notes ou croquis qu'&#224; une r&#233;elle pratique photographique. De ces multiples images, et par le biais de s&#233;lections successives, Emmanuelle Leblanc s'attache &#224; faire appara&#238;tre celles qui, de son point de vue, sont effectivement dou&#233;es de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;qualit&#233;s picturales&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8213; qualit&#233;s qui souvent sont le fait d'un d&#233;faut inh&#233;rent &#224; l'appareil (mauvaise gestion de la lumi&#232;re et des couleurs), &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pixellisant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; l'image et cr&#233;ant ainsi d'&#233;tranges perturbations color&#233;es. Ce sont ces perturbations qu'elle s'attache &#224; reproduire avec minutie. Chaque photographie s&#233;lectionn&#233;e sert par la suite de mod&#232;le &#224; une peinture de petit format (huile sur contreplaqu&#233; 18 x 25 cm) con&#231;ue non comme &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;tableau&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; mais comme le module d'un ensemble plus vaste, cette &lt;i&gt;Ligne de peinture&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces images reproduites au plus pr&#232;s n'entretiennent pourtant qu'une parent&#233;&#160;lointaine avec l'hyperr&#233;alisme, le but &#233;tant moins de produire une illusion photographique que quelque chose qui justement &lt;i&gt;fasse&lt;/i&gt; peinture. Elles n'ont, en d&#233;finitive, aucune signification propre, aucun sens. Des boug&#233;s ou des flous les relient encore &#224; quelque chose pouvant se lire comme photographie, mais habit&#233;e par une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;id&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la peinture, la trace du pinceau&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la nettet&#233;, au contraire, produisant une impr&#233;cision plus grande&#160;: ces rectangles color&#233;s, comme des briques peintes (pixels), densifiant et reliant toute la surface de l'image, avec les figures qui semblent prises &#224; l'int&#233;rieur. Des statues, un sac plastique flottant &#224; la surface du sol, un camion filant, lumineux, dans un paysage de gris color&#233;s et de vert sombre, des immeubles, des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;canaris&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (ces touristes v&#234;tus de cir&#233;s), d'autres images encore, illisibles. Certaines, r&#233;currentes, font signes. Chacun de ces modules forme la plus petite unit&#233; narrative qui soit, permutable et combinable avec toutes les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, la &lt;i&gt;Ligne de peinture&lt;/i&gt; ressemble &#224; la longue pr&#233;delle d'un tableau &lt;i&gt;absent&lt;/i&gt; et dont le vocabulaire de figures et de couleurs forme les articulations logiques et les &#233;l&#233;ments narratifs d'une quelconque histoire (po&#233;tique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? personnelle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? collective&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? artistique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?...). Peut-&#234;tre encore que, dans cette place laiss&#233;e libre par l'absence, se loge quelque chose qui se nommerait &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;peinture&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Michael Baxandall, &lt;i&gt;L'&#339;il du Quattrocento&lt;/i&gt;, Biblioth&#232;que illustr&#233;e des Histoires, Gallimard&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Cette d&#233;finition, encore, est restrictive, en ce sens que nous vivons dans un monde int&#233;gralement for-m&#233; ou inform&#233; d'images, et ne retient pas les divers sens sp&#233;cifiques que la philosophie, la psychana-lyse ou la psychologie conf&#232;rent &#224; cette notion.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Emmanuelle Leblanc. Chercher des traces. L'affirmation de peinture.</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Emmanuelle-Leblanc-Chercher-des-traces-L-affirmation-de-peinture</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brice Jubelin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La grande qualit&#233; des images, c'est leur mutisme propre, qui est, paradoxalement, le lieu m&#234;me, le site de leur &#233;nonciation. De cette &#233;nonciation, il faut dire, avant toute chose, qu'elle est &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;contenu de connaissance&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, mais non univoque, au contraire de ce qu'en affirmait Platon. Les images d'Emmanuelle Leblanc &#8211; ses peintures &#8211; poss&#232;dent &#233;minemment cette qualit&#233;. La ligne de peinture. Des formats simples (&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;hors&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la grande peinture), identiques, agenc&#233;s comme des modules en&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-28081" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La grande qualit&#233; des images, c'est leur mutisme propre, qui est, paradoxalement, le lieu m&#234;me, le &lt;i&gt;site&lt;/i&gt; de leur &#233;nonciation. De cette &#233;nonciation, il faut dire, avant toute chose, qu'elle est &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;contenu de connaissance&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, mais non univoque, au contraire de ce qu'en affirmait Platon. Les images d'Emmanuelle Leblanc &#8211; ses peintures &#8211; poss&#232;dent &#233;minemment cette qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La ligne de peinture&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des formats simples (&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;hors&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la grande peinture), identiques, agenc&#233;s comme des modules
en une seule ligne horizontale &#8211; cette &lt;i&gt;Ligne de peinture&lt;/i&gt; men&#233;e depuis 2006, qui, &#224; l'heure o&#249; je l'&#233;cris, mesure dix-huit centim&#232;tres de haut pour sept-cents de long. De quoi s'agit-il&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? D'images, avant tout. Mais il me faut signaler encore l'aspect de prop&#233;deutique, voire de prol&#233;gom&#232;nes, propre &#224; ce travail. &lt;i&gt;La Ligne de peinture&lt;/i&gt; est, tout &#224; la fois, ceci&#160;: laboratoire d'images et de formes picturales, comme elle est, &#233;galement, un lieu de technicit&#233;, d'apprentissage &#8211; de m&#234;me qu'&lt;i&gt;avant-propos&lt;/i&gt;, ample introduction aux peintures &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre ce laboratoire pour une collection, c'est manquer d'embl&#233;e l'espace dans lequel il se d&#233;ploie. Chacune de ces images provient, &#224; son origine, de photographies de basse r&#233;solution obtenues &#224; l'aide d'un t&#233;l&#233;phone portable. Toutefois, le choix d'un tel mat&#233;riaux correspond bien plus &#224; une exigence profonde, qu'&#224; un quelconque sacrifice &#224; l'air du temps. C'est la nature m&#234;me de ces images &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;jetables&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qu'il est n&#233;cessaire de &lt;i&gt;r&#233;cup&#233;rer&lt;/i&gt;. &#192; l'inverse, ces peintures ne visent ou ne font pas signes en direction de la photographie (comme tel &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;type sp&#233;cifique d'images&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;), mais, au contraire, vers ce qui, &#224;
l'int&#233;rieur m&#234;me de la photographie, peut &#234;tre d&#233;sign&#233; comme &lt;i&gt;peinture&lt;/i&gt; &#8211; tend vers elle. Il s'agit, pour Emmanuelle Leblanc, de rep&#233;rer pr&#233;cis&#233;ment l'indice pictural de toute image. Peindre ces images, c'est les fixer dans un temps poss&#233;dant la dimension transitive du devenir, l&#224; o&#249; elles ne sont que des objets fugaces, des tremblements. &#192; l'instantan&#233;it&#233; de la photographie, substituer cette temporalit&#233; inh&#233;rente &#224; la peinture &#8211; &#224; la superficialit&#233; opaque de ces images, la profondeur sourde de cette &lt;i&gt;chose&lt;/i&gt;, si mince soit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La preuve par la couleur&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la totalit&#233; des images picturales qui citent ou font r&#233;f&#233;rence au &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pixel&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, ici, une justesse et une acuit&#233; toute particuli&#232;re. Non, en effet, quelque chose de purement ext&#233;rieur et d'affect&#233; (&lt;i&gt;factice&lt;/i&gt;), mais la structure m&#234;me de l'image, &lt;i&gt;la totalit&#233; des composantes&lt;/i&gt; qui l'animent (au sens de &lt;i&gt;factuel&lt;/i&gt;). Tout r&#233;side, en d&#233;finitive, dans le jeu et l'agencement si pr&#233;cis de ces perturbations color&#233;es. Cet entassement de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;briques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; biffe la possibilit&#233; de l'illusion. En aucun endroit, le r&#233;el n'est en jeu, ni sa recollection ni sa reconqu&#234;te &#8211; pas plus que ces peintures ne se posent comme son possible redoublement, portant elle-m&#234;me leur&lt;i&gt; brillance&lt;/i&gt;, comme leur qualit&#233; propre. &lt;i&gt;Peinture&lt;/i&gt;. Texture du
pinceau, bross&#233;s, transparence et fondus. Statues, tour, fa&#231;ades. Gammes. R&#233;manence de la couleur qui bave, empi&#232;te sur toute forme. La perception originaire doit ressembler &#224; cela&#160;: des taches color&#233;es. Le domaine du photographique n'a pas de sens dans ce travail, ce sont, seules, les conditions du voir qui comptent &#8211; &lt;i&gt;sont &#224; l'&#339;uvre&lt;/i&gt; &#8211; nulle part ailleurs plus que dans la peinture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caract&#232;re ind&#233;cis, labile, o&#249; la nettet&#233; elle-m&#234;me produit la plus grande impr&#233;cision. Pixels densifiant et reliant toute la surface de l'image, o&#249; les figures sont prises, &lt;i&gt;fig&#233;es&lt;/i&gt; dedans. Broderies color&#233;es. En retour, le flou, le boug&#233; ne sont pas des choix de l'impr&#233;cis ou de l'al&#233;atoire &#8211; l'expression d'un quelconque d&#233;faut de vision &#8211; mais la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;p&#233;trification&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; m&#234;me de l'image, son caract&#232;re de chose. La figure, son contenu r&#233;siduel. Un sac plastique flottant &#224; la surface du sol. Un camion filant, lumineux, dans un paysage de gris color&#233;s, de bleus et de verts sombres. Un coin d'ombre. Un couple. Des sacs de
gravats. Des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;canaris&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, touristes v&#234;tus de cir&#233;s jaunes. Monochromes. Fen&#234;tres. Nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absence ou quasi absence des figures humaines, qui n'entretiennent d'ailleurs avec nous qu'un rapport de lointain. D'elles &#224; moi, pas d'empathie possible &#8211; aucune identification, aucune surface de pr&#233;hension. Elles ne sont ni mon pass&#233; ni mon avenir, ext&#233;rieures &#224; mon pr&#233;sent. Signes fugitifs d'une pr&#233;sence inatteignable. Le temps de ces figures &#8211; comme de tout signe pictural &#8211; hors de toute fiction. L'humanit&#233; enti&#232;re r&#233;duite &#224; l'&#233;tat de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;bonhommes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou de corps tronqu&#233;s. Objets, &#234;tres, au m&#234;me rang. Aussi, pourraient-ils, tout autant, n'&#234;tre que des empreintes. L'air, l'ombre, comme un &lt;i&gt;fond &lt;/i&gt; conservant ses variations. Fixation de la variabilit&#233;, stratification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le neutre, l'insignifiant&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces images, dans leur mutisme, ne s'ouvrent que sur elles-m&#234;mes &#8211; elles portent, en elles, leur propre condition. Nulle possibilit&#233;, donc, de les tirer vers un ext&#233;rieur qui ferait sens. Pas de message, ni r&#233;f&#233;rent &#224; une quelconque actualit&#233;, pas plus de discours que de dialogues entre elles. Chaque module de la &lt;i&gt;Ligne de peinture&lt;/i&gt; repr&#233;sente la plus petite unit&#233; narrative qui soit, combinable, en ce sens, avec toute autre, mais cette &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pr&#233;delle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; poss&#232;de &#233;galement le sens intime de notre caract&#232;re d'&#234;tres historiques &#8211; comme ce caract&#232;re, elle se pr&#233;sente, aujourd'hui, sans narrativit&#233; aucune. Aspect indiciel, neutre, de ces peintures, au sens &#233;minemment positif de l'&lt;i&gt;insignifiant&lt;/i&gt;. Et l'indiciel s'oppose au
superficiel, &#224; la surface, supposant ce qu'il faut chercher, l'indice, aussi t&#233;nu soit-il, la &lt;i&gt;trace&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche, la saisie de ces peintures, s'op&#232;re alors dans la po&#233;sie &lt;i&gt;minutieuse&lt;/i&gt; de la couleur. Elles sont comme repli&#233;es dans ce domaine, propres &#224; se d&#233;ployer seulement dans l'espace attentif du regard, car il semble, encore, que l'attente soit l'une des modalit&#233;s privil&#233;gi&#233;es de leur r&#233;ception. Ainsi, la neutralit&#233; de l'image exigerait presque des qualit&#233;s de myope pour lesquelles voir signifie poser le nez dessus, &lt;i&gt;fixer attentivement au plus pr&#232;s de l'image&lt;/i&gt;. Ce qui creuse d'autant cet &#233;cart &#8211; car, si l'image porteuse d'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;actualit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; commande d'&#234;tre saisie d'un bloc, imm&#233;diatement, et ses articulations rendues visibles, pour &#234;tre aussit&#244;t d&#233;membr&#233;e, ing&#233;r&#233;e, comprise, ces peintures, elles, ajoutent &#224; l'attente la plus profonde &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;inactualit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8211; leur complexit&#233; se refusant &#224; toute d&#233;composition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce mutisme, rien ne les soutient que leurs qualit&#233;s picturales propres. Ainsi, pour prendre une comparaison psychopathologique, plus le fantasme, ou la d&#233;viance (c'est-&#224;-dire, encore, l'&lt;i&gt;id&#233;e&lt;/i&gt;), sera pr&#233;gnant, moins sera importante, comme v&#233;hicule ou r&#233;ceptacle, la qualit&#233; de l'image pornographique (&lt;i&gt;actualit&#233;&lt;/i&gt;). Sade ne nous a-t-il pas appris que l'on peut jouir avec plus de d&#233;lectation encore de l'objet le plus sale et le plus vil, jusqu'&#224; l'immondice, que de l'objet le plus beau&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Mais cette jouissance n'est rendue possible, justement, que par la pr&#233;gnance de l'id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cela, il faudrait pouvoir encore parler des toiles de moyen ou grand format qui &#233;mergent dans le sillage de la &lt;i&gt;Ligne&lt;/i&gt;. Peintures r&#233;alis&#233;es d'apr&#232;s les m&#234;mes modalit&#233;s, mais charg&#233;es ou satur&#233;es de significations. Figures d'une certaine histoire de l'art&#160;: Nymphe ac&#233;phale paraissant sortir de l'eau, ou s'y refl&#233;tant comme dans un miroir diapr&#233;. Ce Saint-Georges, aussi, au gilet phosphorescent. Mais, tout autant que les autres, &lt;i&gt;elles exigent cette myopie qui est elle-m&#234;me condition d'acc&#232;s &#224; ces contenus de connaissance&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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