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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Les fleurs ont toujours raison</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Les-fleurs-ont-toujours-raison</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elise Girardot</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Joyeux et chaotique, jusqu'&#224; l'envahissement, le d&#233;bordement presque intrusif voire impudique des formes exulte. Duda Moraes cr&#233;e des profondeurs et des &#233;blouissements qui submergent notre r&#233;tine avec persistance, compos&#233;s d'&#233;clats et d'aplats parfois opaques et enferm&#233;s. On tente de se frayer un chemin dans cet univers tentaculaire form&#233; par une succession de couches. Les &#233;chelles prolif&#232;rent, du macro au micro, une ambig&#252;it&#233; s'en d&#233;gage&#160;: entre force et fragilit&#233;, on assiste &#224; une danse&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-29465" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Joyeux et chaotique, jusqu'&#224; l'envahissement, le d&#233;bordement presque intrusif voire impudique des formes exulte. Duda Moraes cr&#233;e des profondeurs et des &#233;blouissements qui submergent notre r&#233;tine avec persistance, compos&#233;s d'&#233;clats et d'aplats parfois opaques et enferm&#233;s. On tente de se frayer un chemin dans cet univers tentaculaire form&#233; par une succession de couches. Les &#233;chelles prolif&#232;rent, du macro au micro, une ambig&#252;it&#233; s'en d&#233;gage&#160;: entre force et fragilit&#233;, on assiste &#224; une danse aussi radieuse qu'inqui&#233;tante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si la peinture n'&#233;tait pas encore s&#232;che, la couleur semble fl&#233;chir, s'affaisser, tomber. &#192; partir de gestes esquiss&#233;s, de contours rehauss&#233;s, les couleurs s'&#233;talent. Les fleurs sont contenues dans des vases. Ils ont tendance &#224; dispara&#238;tre, tant Duda Moraes d&#233;veloppe un travail expressionniste qui d&#233;passe la repr&#233;sentation litt&#233;rale.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je ne peins pas les fleurs, ce sont les fleurs qui me font peindre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; dit-elle. La for&#234;t tropicale n'est pourtant pas aussi color&#233;e que ses grandes peintures nous le font croire&#160;: le climat, l'humidit&#233; et la luminosit&#233; flamboyante du Br&#233;sil diffusent des variations de couleurs parfois extr&#234;mes. Ici, s'exprime la quintessence de la recherche de Duda Moraes. Elle s'inspire toujours d'images glan&#233;es, puis s'en d&#233;tache rapidement, par l'action du geste et de la couleur entrem&#234;l&#233;s. Auparavant, ces images relevaient d'une nostalgie du pays lointain&#160;: la saudade la r&#233;chauffait.&lt;br class='manualbr' /&gt;Depuis son arriv&#233;e en France en 2017, le processus cr&#233;atif de Duda Moraes traverse la maturit&#233;. Sa peinture est sans cesse habit&#233;e par le souvenir carioca, son atmosph&#232;re chaude et moite. Elle est d&#233;sormais en qu&#234;te d'affirmation et se pr&#233;sente d'une nouvelle fa&#231;on &#224; sa ville natale, Rio de Janeiro. Son identit&#233; s'est impr&#233;gn&#233;e d'une autre culture&#160;: le climat continental infuse la pratique artistique et d&#233;cale peu &#224; peu le propos. Aujourd'hui, on sillonne les m&#233;andres d'une peinture qui d&#233;voile l'empreinte des couleurs utilis&#233;es successivement. On discerne alors une m&#233;moire de la peinture&#160;: Duda Moraes accumule les strates de formes, r&#233;v&#232;le les &#233;volutions tectoniques de sa peinture. Comme lors du passage d'un seuil, le corps entre dans la toile. Ce portail est constitu&#233; d'une toile de fond abstraite recouverte de motifs figuratifs. La sensation des couches et l'apparition de la lumi&#232;re viennent des profondeurs. Parfois, les tranches fluorescentes se refl&#232;tent sur les murs et cr&#233;ent des aur&#233;oles autour des iris, des narcisses, des pivoines, des arums ou des tulipes perroquet. Peu &#224; peu, l'artiste se d&#233;place. Elle tente de peindre sur soie ou aborde la couleur par le prisme de nouvelles techniques comme la c&#233;ramique. Les tissus sont d&#233;coup&#233;s, les fleurs apparaissent sous la forme de collages textiles, cette fois-ci &#224;
partir de motifs europ&#233;ens. &#192; travers ces exp&#233;rimentations, Duda Moraes
d&#233;cortique, d&#233;membre et malaxe le processus pictural.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur de &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/{52386'&gt;l'exposition&lt;/a&gt; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entre force et fragilit&#233; e a continua&#231;&#227;o do gesto (2024)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, un long polyptyque fonctionne comme un panorama immersif d'un geste continu, la peinture fragment&#233;e nous donne la sensation d'&#234;tre dans la for&#234;t, tout contre les plantes. L'artiste joue avec le hasard d'une r&#233;union de six peintures cr&#233;&#233;es ind&#233;pendamment les unes des autres, pour produire finalement cette jungle tropicale, et d&#233;passer le format classique du tableau. Elle tend la toile sur le ch&#226;ssis, soup&#232;se la forme et visualise, avant de peindre, l'espace qui entoure ce cadre rigide. Depuis qu'elle s'est emplie de la lumi&#232;re de l'h&#233;misph&#232;re nord, elle s'&#233;loigne de ce qui la nourrit depuis toujours et s'int&#233;resse aux v&#233;g&#233;tations europ&#233;ennes, plus timides et silencieuses. Elle d&#233;veloppe alors un int&#233;r&#234;t pour l'empi&#232;cement, le patchwork, l'exp&#233;rience textile abord&#233;e par le prisme de la picturalit&#233;. La couture lui permet de fixer la composition en canalisant le geste. Son regard tropical est influenc&#233; par un mat&#233;riau qu'elle voit comme typiquement occidental, compos&#233; de morceaux r&#233;colt&#233;s et chutes de tissus &#233;pais aux couleurs sombres. La vitalit&#233; de l'artiste se fonde sur un aller-retour permanent, une travers&#233;e mentale de l'oc&#233;an Atlantique, et se d&#233;cline jusqu'&#224; la d&#233;couverte d'autres mati&#232;res, pour observer les r&#233;actions de la fibre au flux incessant des tiges, p&#233;tales et bourgeons. Face aux &#339;uvres textiles, trois toiles plus petites repr&#233;sentent les fleurs europ&#233;ennes, qui semblent plus d&#233;coratives. On passe &#224; travers cette m&#233;tamorphose. Enfin, on contemple une ardeur d&#233;sesp&#233;r&#233;e, mouvement&#233;e comme la vie, cahot&#233;e par les sentiments contradictoires. Duda Moraes r&#233;pond &#224; ce que la peinture lui demande, avec des gestes rapides, une profusion incessante, une pratique tr&#232;s intense de l'atelier. Elle revient toujours vers la peinture, d&#233;sosse le motif floral, pour cr&#233;er de nouveaux espaces qui nous
englobent. L'exposition r&#233;unit un ensemble de formes interconnect&#233;es, les tiges naviguent dor&#233;navant d'une &#233;chelle &#224; l'autre, d'une surface accroch&#233;e &#224; une suspension, d'une image fantasm&#233;e &#224; une r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;i&gt;Entre force et fragilit&#233; e a continua&#231;&#227;o do gesto&lt;/i&gt; (2024)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Enfilades</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elise Girardot</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;V&#233;g&#233;tal sans racine, tronc ni feuille, fait de filaments microscopiques nucl&#233;&#233;s et se reproduisant au moyen de spores, le champignon est omnipr&#233;sent sur Terre depuis 450 millions d'ann&#233;es. M&#233;connus, dangereux et parfois comestibles, les champignons &#233;laborent des protections et communiquent entre eux. Leur pr&#233;sence discr&#232;te dans l'exposition r&#233;sonne avec la solennit&#233; du prieur&#233; de Pont-Loup. Une succession de connexions et d&#233;connections jaillissent des formes famili&#232;res et &#233;nigmatiques&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-29224" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;V&#233;g&#233;tal sans racine, tronc ni feuille, fait de filaments microscopiques nucl&#233;&#233;s et se reproduisant au moyen de spores, le champignon est omnipr&#233;sent sur Terre depuis 450 millions d'ann&#233;es. M&#233;connus, dangereux et parfois comestibles, les champignons &#233;laborent des protections et communiquent entre eux. Leur pr&#233;sence discr&#232;te dans l'exposition r&#233;sonne avec la solennit&#233; du prieur&#233; de Pont-Loup. Une succession de connexions et d&#233;connections jaillissent des formes famili&#232;res et &#233;nigmatiques observ&#233;es dans les travaux de Barbara Schroeder. De la peinture &#224; la sculpture, nous sommes guid&#233;s vers l'abside principale par un long chemin de st&#232;les. Ailleurs, un autre fil s'&#233;coule du clocher. La multitude de formes arrondies prolif&#232;re, formant une &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Arbre-en-pleurs#chapelet' class=&#034;spip_in&#034;&gt;cord&#233;e&lt;/a&gt; de pommes de terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers les vastes espaces du prieur&#233;, on d&#233;couvre des &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Saprobionte' class=&#034;spip_in&#034;&gt;champignons&lt;/a&gt; en silicone, des &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Fleurs-de-terre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;choux&lt;/a&gt; en porcelaine, des &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Monolythes#mono' class=&#034;spip_in&#034;&gt;monolithes&lt;/a&gt; en acier bross&#233;, des &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Knysna#ecorce' class=&#034;spip_in&#034;&gt;st&#232;les&lt;/a&gt; de b&#233;ton carbonis&#233; et de grandes &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/2020-51353' class=&#034;spip_in&#034;&gt;toiles&lt;/a&gt; compos&#233;es d'enchev&#234;trements de filaments. S'en d&#233;gagent des visions microscopiques amplifi&#233;es qui r&#233;v&#232;lent de grands mouvements naturels imperceptibles. Les produits de la terre apparaissent m&#233;tamorphos&#233;s. Ils sont sublim&#233;s, transform&#233;s par le jeu des mati&#232;res interchangeables. Proposant une &#339;uvre totale &#224; sillonner, la sc&#233;nographie de l'exposition dessine les contours d'un rituel. Ce d&#233;ploiement affirme une attention au temps qui passe, celui des &#234;tres vivants comme celui des fossiles, des catacombes, des mausol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le motif du feu, sa r&#233;g&#233;n&#233;rescence parfois mena&#231;ante fascine aussi Barbara Schroeder. Des fum&#233;es s'&#233;chappent des &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/2020-51353#feu' class=&#034;spip_in&#034;&gt;toiles&lt;/a&gt;, des p&#232;lerins traversent les espaces du prieur&#233;. Une combustion vive semble saisir certaines images. On entend l'&#233;cho des sols et des racines enfouies qui surgissent d'un autre si&#232;cle. Les traces de ce passage pars&#232;ment le sol de cercles et de cailloux. Barbara Schroeder compose un m&#233;morial d&#233;di&#233; au banal&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle s'int&#233;resse aux &#233;paisseurs, aux cro&#251;tes, aux &#233;corces, aux mousses et aux lichens forg&#233;s par le temps long. De la &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Saprobionte' class=&#034;spip_in&#034;&gt;brillance phosphorescente&lt;/a&gt; &#224; la matit&#233;, l'opposition des mati&#232;res s'exprime dans la diversit&#233; des techniques employ&#233;es. Comme les champignons naissent de petits agglom&#233;rats de fibres d&#233;licates, une myriade de r&#233;seaux et de savoirs ancestraux et artisanaux inspire l'artiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Texte &#233;crit dans le cadre de l'exposition &lt;i&gt;Enfilades&lt;/i&gt; (2020), Lieu d'Art Contemporain Le Prieur&#233; de Pont-Loup, Moret-Loing-et-Orvanne&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Voyage en ventriloquie</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Voyage-en-ventriloquie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Voyage-en-ventriloquie</guid>
		<dc:date>2024-05-07T08:59:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elise Girardot</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;K&#233;vin Huber appartient &#224; une cat&#233;gorie d'artistes inclassable. Il navigue constamment du th&#233;&#226;tre &#224; la performance, du dessin &#224; l'&#233;criture. Sa pens&#233;e s'articule &#224; la crois&#233;e de ces mondes qui fusionnent parfois. &#192; chaque performance, K&#233;vin Huber semble devenir lui-m&#234;me encore davantage. Les usages sont simples et sans artifices&#160;: peu de costumes, peu d'&#233;l&#233;ments techniques, peu de d&#233;cors. En toile de fond, un vocabulaire pr&#233;cis&#160;: celui des sitcoms low-cost ou des cha&#238;nes d'information en&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-28487" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;K&#233;vin Huber appartient &#224; une cat&#233;gorie d'artistes inclassable. Il navigue constamment du th&#233;&#226;tre &#224; la performance, du dessin &#224; l'&#233;criture. Sa pens&#233;e s'articule &#224; la crois&#233;e de ces mondes qui fusionnent parfois. &#192; chaque performance, K&#233;vin Huber semble devenir lui-m&#234;me encore davantage. Les usages sont simples et sans artifices&#160;: peu de costumes, peu d'&#233;l&#233;ments techniques, peu de d&#233;cors. En toile de fond, un vocabulaire pr&#233;cis&#160;: celui des sitcoms &lt;i&gt;low-cost&lt;/i&gt; ou des cha&#238;nes d'information en continu. On ignore s'il faut rire, pleurer, s'indigner, et K&#233;vin Huber ne nous donnera gu&#232;re d'indices &#224; ce sujet-l&#224;. Ses r&#233;f&#233;rences sont plut&#244;t inattendues, il puise tant&#244;t dans l'exigu&#239;t&#233; des discours standardis&#233;s de l'info-divertissement, des &lt;i&gt;small talks&lt;/i&gt;, des &lt;i&gt;teen movies&lt;/i&gt;, des dramaturgies saugrenues et d&#233;risoires de la t&#233;l&#233;-r&#233;alit&#233; ou des t&#233;l&#233;-crochets, tant&#244;t dans le charme quotidien des br&#232;ves de comptoirs, ces courtes interactions survenues au tabac-presse, &#224; la piscine municipale ou &#224; l'&#233;picerie de quartier. Soudain, au c&#339;ur du r&#233;cit, surgit une allusion cinglante aux violences domestiques ou polici&#232;res. On ne s'y attendait pas. K&#233;vin Huber manie avec aisance plusieurs registres de parole. Il bifurque, et par un hochement de t&#234;te ou un simple changement de voix, endosse tour &#224; tour le r&#244;le de Samantha, Hugo ou Hermione. Certains pr&#233;noms font allusion &#224; des amis, coll&#232;gues, connaissances, ou &#224; notre personnage favori de la saga Harry Potter. Sans distinction, il fait co-exister ces figures &#224; l'unisson, pour cr&#233;er des fictions d&#233;brid&#233;es, d&#233;routantes, d&#233;nu&#233;es de rep&#232;res et qui d&#233;bordent sans cesse de la trame narrative. K&#233;vin Huber est un ventriloque du r&#233;cit. Il laisse tr&#232;s peu de place &#224; l'improvisation&#160;: chaque texte est minutieusement &#233;crit, voire r&#233;-&#233;crit plusieurs ann&#233;es apr&#232;s une premi&#232;re base. On retrouve cette minutie et ce go&#251;t du d&#233;tail &#224; travers ses dessins qui l'accompagnent depuis toujours. Les personnages pr&#233;sents dans ses performances, comme les stars d'Hollywood ou les personnalit&#233;s politiques controvers&#233;es, ont ici disparu au profit de silhouettes anonymes et de banales sc&#232;nes de vacances. Une douce tranquillit&#233; transparait aussi &#224; travers les titres choisis&#160;: &lt;i&gt;Les temps heureux&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Je t'emm&#232;ne pr&#232;s d'une for&#234;t&lt;/i&gt;. Les dessins au stylo bille &#233;voquent le souvenir adolescent des croquis gribouill&#233;s sur les carreaux bleu-clairs des copies-doubles d'une dissertation coll&#233;gienne. Des peintures compl&#232;tent la pratique du dessin&#160;: captures, instants de paysage. Nulle frivolit&#233;. Il manipule les mat&#233;riaux ordinaires, comme pour les objets de ses performances r&#233;alis&#233;s &#224; partir de morceaux de carton et de fil de p&#234;che. K&#233;vin retourne alors vers le petit &#233;cran. Il invente des g&#233;n&#233;alogies, des conflits ou des romances improbables. Kim Jong-un rencontre Donald Trump qui vient de commencer un traitement pour changer de sexe et devenir Marguerite. Cette derni&#232;re se dispute avec sa m&#232;re Madonna&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Madonna reste sans voix, demande &#224; son fils de quitter la maison. Donald Trump a bris&#233; l'&#233;ducation parentale. Toutes les attentes de sa m&#232;re en mati&#232;re de virilit&#233; ont vol&#233; en &#233;clat. Donald Trump se retrouve &#224; la rue. Il devait reprendre l'entreprise de son p&#232;re, devenir un homme riche, fort, et faire perdurer le prestige de la famille Preston&lt;/i&gt;.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fronti&#232;res effrang&#233;es</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Frontieres-effrangees</link>
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		<dc:date>2023-09-06T13:45:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elise Girardot</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Comme une coupe je soul&#232;ve mon cr&#226;ne, plein &#224; ras bord de po&#233;sie. Au loin, la rumeur bourdonne. Nous la distinguons &#224; peine, entre le clapotis d'une rivi&#232;re et le bruissement des feuillages. En arrivant pr&#232;s de l'ancienne ferme, le son devient strident, les cordes claquent, la guitare vibre. Quelque part dans le Tarn, le travail d'Erwan Venn fait irruption dans un paysage bucolique. L'artiste nous invite &#224; d&#233;ambuler d'une histoire &#224; l'autre, &#224; suivre une trame narrative o&#249; chaque &#233;l&#233;ment a&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27591" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comme une coupe je soul&#232;ve mon cr&#226;ne, plein &#224; ras bord de po&#233;sie.&lt;/i&gt; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vladimir Ma&#239;akovski. La fl&#251;te des vert&#232;bres (prologue), 1915&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au loin, la rumeur bourdonne. Nous la distinguons &#224; peine, entre le clapotis d'une rivi&#232;re et le bruissement des feuillages. En arrivant pr&#232;s de l'ancienne ferme, le son devient strident, les cordes claquent, la guitare vibre. Quelque part dans le Tarn, le travail d'Erwan Venn fait irruption dans un paysage bucolique. L'artiste nous invite &#224; d&#233;ambuler d'une histoire &#224; l'autre, &#224; suivre une trame narrative o&#249; chaque &#233;l&#233;ment a son importance. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Everything counts&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, comme le sugg&#232;re le titre de son projet, emprunt&#233; &#224; une chanson du groupe Depeche Mode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La musique, fil conducteur d'une exposition chez l'habitant, envahit la b&#226;tisse jusqu'au fond du jardin. Cinq grin&#231;antes &#233;pines dorsales tr&#244;nent &#224; l'entr&#233;e. Elles nous accueillent sous le porche de la maison familiale et r&#233;sonnent avec la guitare &#233;lectrique d'Eddie Van Halen. Nous approchons la rumeur hard-rock, comme une &#233;vidence, une correspondance id&#233;ale. Les sculptures en pl&#226;tre reposent sur un porte-guitare noir. Elles composent une nouvelle danse macabre dont les personnages, r&#233;duits &#224; une colonne vert&#233;brale, sont constitu&#233;s de moulages de m&#226;choires et d'empreintes de pieds. On oscille entre le film d'horreur, le concert post-punk et la col&#232;re noire. Tel l'orage qui menace la colline, l'assombrissant peu &#224; peu, les foudres d'Erwan Venn &#233;clatent. L'artiste fait jaillir les hydres qui gesticulent dans sa t&#234;te&#160;: celles de son histoire familiale, celles de son grand-p&#232;re breton, s&#233;minariste et collaborateur. Son travail plastique est une vaste entreprise de re-m&#233;morisation. Il d&#233;terre et d&#233;construit l'Histoire collective ou personnelle, l'id&#233;ologie, le diktat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salon de la maison constitue l'acte &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;II&lt;/span&gt; de la promenade champ&#234;tre. Une voix de gar&#231;on fredonne un chant scout&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Papa, Maman, votre enfant n'a qu'un oeil / Papa, Maman, votre enfant n'a qu'une dent / Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Qu'c'est emb&#234;tant d'avoir un enfant qui n'a qu'un oeil / Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Qu'c'est emb&#234;tant d'avoir un enfant qui n'a qu'une dent&#8230;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le logis est encombr&#233; d'objets, de rideaux, de drapeaux r&#233;gionaux. L'ensemble est d&#233;suet, massif et opaque. Cette maison est emplie de fant&#244;mes, comme le travail de l'artiste invit&#233; &#224; l'habiter. Un dessin est accroch&#233; au mur. L'enfant poupon aux joues gonfl&#233;es nous fixe d'un regard vitreux et morbide&#160;: le portrait du grand-&#173;p&#232;re spectral d'Erwan Venn appara&#238;t. Il murmure la terrifiante chansonnette des Louveteaux sur fond de papier peint psych&#233;d&#233;lique. En creux, encastr&#233;s dans la chemin&#233;e, les motifs de la vid&#233;o Killing Wallpaper nous aspirent dans un tourbillon hallucinant&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Dans la troupe y'a pas d'jambe de bois / Y'a des nouilles mais &#231;a n'se voit pas / La meilleure fa&#231;on d'marcher / C'est s&#251;rement la n&#244;tre / C'est de mettre un pied d'vant l'autre / Et d'recommencer&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#8230; Le papier peint anim&#233; d&#233;gouline de formes et couleurs criardes, autant de m&#233;taphores plastiques d'une id&#233;ologie anesth&#233;siante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de la chemin&#233;e, on discerne un carr&#233; de papier peint seventies accol&#233; &#224; un carr&#233; d'image-&#173;texte. On devine une autre m&#233;lodie. L'installation murale Cris et Vocif&#233;rations dispara&#238;t dans le d&#233;cor, en &#233;cho aux imprim&#233;s du mobilier. Les paroles de L'&#233;t&#233; indien de Joe Dassin ressurgissent&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Tu sais, je n'ai jamais &#233;t&#233; aussi heureux que ce matin l&#224;&#8230;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Par&#233;e d'une ironie cinglante, ponctu&#233;e de r&#233;f&#233;rences historiques et de m&#233;taphores po&#233;tiques, la sarabande d'Erwan Venn r&#233;v&#232;le le trauma et scande la douce r&#233;volte. Pos&#233;es sur la commode en ch&#234;ne, deux photographies closent le cheminement int&#233;rieur. Les images de la s&#233;rie Headless proviennent d'un fonds d'archives familiales d&#233;couvertes par l'artiste. Il supprime les corps des protagonistes, devenus des spectres de l'Histoire. La pr&#233;sence du grand-&#173;p&#232;re r&#244;de toujours, tant&#244;t derri&#232;re ou devant l'objectif. Ici, Erwan Venn choisit des mises en sc&#232;ne collectives datant de l'&#233;poque du s&#233;minaire, o&#249; son grand-&#173;p&#232;re est rest&#233; dix ans. On l'observe en retrait derri&#232;re ses &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;p&#232;res&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou au premier rang, bras crois&#233;s et cheville nonchalante. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Mon coeur balance&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; entre &#233;pouvante et rire cathartique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dehors, la rumeur &#233;lectrique de Van Halen gronde encore. On quitte les fant&#244;mes scouts et s&#233;minaristes, pour longer la fa&#231;ade ext&#233;rieure et apercevoir une petite maison dans le jardin. Les notes stridentes et cyniques du morceau Eruption retentissent de l'int&#233;rieur. Elles nous attirent irr&#233;m&#233;diablement, rebondissent sur les murs de la maisonnette et ne demandent qu'&#224; en sortir. Alors, on s'approche doucement d'une vieille porte en bois, fendue en son centre. Comme on fouillerait en tremblant le grenier familial pour y d&#233;terrer les secrets de famille, on s'abaisse l&#233;g&#232;rement et on scrute l'int&#233;rieur. Les fleurs de la vid&#233;o dansent une ronde sarcastique au rythme du solo de Van Halen. La guitare hurlante &#233;clate d'un rire infernal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Coleres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;D&#233;couvrir l'&#339;uvre.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Vladimir Ma&#239;akovski. &lt;i&gt;La fl&#251;te des vert&#232;bres&lt;/i&gt; (prologue), 1915&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>En cherchant &#224; la ronde dans tout le vaste monde</title>
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		<dc:creator>Elise Girardot</dc:creator>



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&lt;p&gt;Nous arpentons la galerie en fr&#244;lant des cercles &#233;nigmatiques. La lumi&#232;re fait virevolter les reflets roses, violets, verts et jaunes, tant&#244;t cuivr&#233;s, argent&#233;s ou fluorescents. Ils nous happent et nous appellent &#224; franchir un univers, un espace parall&#232;le. Quel est ce monde r&#233;v&#233;l&#233; par les formes arrondies&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Lyse Fournier observe la lumi&#232;re du sud-ouest &#224; la tomb&#233;e de la nuit. Elle y per&#231;oit des &#233;clairs, des assombrissements&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; autant de revirements de situation propices au r&#234;ve et &#224; la&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-28731" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous arpentons la galerie en fr&#244;lant des cercles &#233;nigmatiques. La lumi&#232;re fait virevolter les reflets roses, violets, verts et jaunes, tant&#244;t cuivr&#233;s, argent&#233;s ou fluorescents. Ils nous happent et nous appellent &#224; franchir un univers, un espace parall&#232;le. Quel est ce monde r&#233;v&#233;l&#233; par les formes arrondies&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lyse Fournier observe la lumi&#232;re du sud-ouest &#224; la tomb&#233;e de la nuit. Elle y per&#231;oit des &#233;clairs, des assombrissements&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; autant de revirements de situation propices au r&#234;ve et &#224; la contemplation. Dans une marche lente et silencieuse, les nuages imperturbables se succ&#232;dent. Tels des vaisseaux gorg&#233;s de vents et de pluies, leurs masses sont imposantes et l&#233;g&#232;res tout &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste d&#233;cline dans ses travaux des motifs pr&#233;lev&#233;s (le pli, l'&#233;cume, la roche, le sel, l'eau) pour les transformer en un autre langage o&#249; la fiction appara&#238;t. Lyse Fournier puise tour &#224; tour dans le paysage et l'Histoire de l'art. Lors d'un voyage &#224; Rome, elle s'impr&#232;gne des drap&#233;s de sculptures antiques. Ici, les surfaces merveilleuses semblent fig&#233;es par de longues barres m&#233;talliques. Le nuage se d&#233;ploie d'un objet &#224; l'autre, le mouvement s'enclenche et la repr&#233;sentation devient mat&#233;riau. Par effet de transparence, le traitement plastique r&#233;v&#232;le un rapport pictural &#224; l'image. Souvent, nos ciels diffus d&#233;roulent des coul&#233;es de couleurs lourdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'installation &lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Jet-Stream-1&#034;&gt;&lt;i&gt;Jet Stream&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; dessine une constellation, un alignement de plan&#232;tes qui flottent et s'approfondissent. Les miroirs magiques nous hypnotisent. Ils &#233;voquent tant&#244;t un cadran solaire, tant&#244;t une aurore bor&#233;ale. Lyse Fournier nous rem&#233;more la Renaissance artistique italienne et le &lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle aquitaine.org/Tondo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;tondo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, un profil sculpt&#233; ou peint sur un support de format rond ou &#224; l'int&#233;rieur d'un disque. Nos silhouettes se r&#233;fl&#233;chissent et ponctuent les nuages, on imagine autour des cercles brillants un rituel divinatoire. Les miroirs seront-ils un jour dou&#233;s de parole&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Quelles v&#233;rit&#233;s invisibles nous d&#233;voileront-ils&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sculpter la distance</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Sculpter-la-distance</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elise Girardot</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Encercl&#233;e par une barre d'immeubles, elle frappe dans le vide et se fait encourager par un lointain groupe. La boxeuse, concentr&#233;e sur sa d&#233;pense est juch&#233;e sur un ring imaginaire. Elle l&#232;ve &#224; peine le regard pour identifier les crieurs. &#192; l'image, une mise en route cardio-pulmonaire, une mobilisation articulo-musculaire, l'absurdit&#233; d'un combat contre un &#234;tre invisible. Plus loin, une trace. Le poids d'une t&#234;te venue frapper un bloc d'argile inlassablement. Puis des formes ind&#233;termin&#233;es,&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-28391" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Encercl&#233;e par une barre d'immeubles, elle frappe dans le vide et se fait encourager par un lointain groupe. La boxeuse, concentr&#233;e sur sa d&#233;pense est juch&#233;e sur un ring imaginaire. Elle l&#232;ve &#224; peine le regard pour identifier les crieurs. &#192; l'image, une mise en route cardio-pulmonaire, une mobilisation articulo-musculaire, l'absurdit&#233; d'un combat contre un &#234;tre invisible. Plus loin, une trace. Le poids d'une t&#234;te venue frapper un bloc d'argile inlassablement. Puis des formes ind&#233;termin&#233;es, sortes de flotteurs encastr&#233;s dans une pesante matrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ronique Lamare &#233;prouve la dur&#233;e. L'action du corps humain sculpte la mati&#232;re par des gestes accessibles, simples et m&#233;caniques. Tel le sculpteur qui taille et incise, elle choisit de travailler au corps le vide comme mat&#233;riau brut. Elle utilise la cire ou son propre corps et s'approprie aussi la densit&#233; que constitue l'espace environnant, l'air, le vide intersid&#233;ral. La s&#233;rie des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;l&#233;ments pr&#233;lev&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et celle des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;penses&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; constituent les deux socles de sa sculpture mentale. Pour l'exposition Sculpter la distance, qui marque l'ouverture du Cycle 1 de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LEVD&lt;/span&gt;, V&#233;ronique Lamare propose un ensemble mouvant d'&#233;l&#233;ments qui forment un &#233;co-syst&#232;me&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; chaque particule de ce syst&#232;me pouvant &#234;tre r&#233;activ&#233;e en permanence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de ses rep&#233;rages pour les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;penses&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; venir, l'artiste rencontre et pr&#233;l&#232;ve des &#233;l&#233;ments de l'espace public, comme on extrait la roche. Elle ne se laisse pas bercer par la r&#234;verie du promeneur solitaire mais entame une marche tonique et met son corps &#224; l'&#233;preuve, jusqu'&#224; traverser une ville en tirant derri&#232;re elle une charge de trente kilogrammes. Une accumulation d'exp&#233;riences corporelles qui demandent un effort, une confrontation qui r&#233;v&#232;lent le caract&#232;re performatif de la d&#233;marche. Oisifs et observateurs, entretenant un rapport intense avec le collectif, les fl&#226;neurs du romantisme &#233;pousaient la foule. Ici&#160;: &#233;conomie de mati&#232;res, des formes, des sujets, du langage. Actions discr&#232;tes, silencieuses et solitaires. Chez Beckett, les corps morcel&#233;s des protagonistes errent. Ils ne sont pas &#233;gar&#233;s&#160;: leur errance est existentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'architecture urbaine d&#233;finit le cadre des actions de l'artiste et de la captation vid&#233;o. Ce cadre architectural impose un positionnement du corps et le corps impose le cadre vid&#233;o, en vases communicants. La ville constitue le terrain d'investigation privil&#233;gi&#233; de V&#233;ronique Lamare et devient l'atelier, un atelier o&#249; chaque recoin rec&#232;le d'indices, de traces &#224; histoires potentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; vient ce micro-Polaro&#239;d, montrant un paysage d&#233;lav&#233;, ce banal panorama de village de campagne du sud de la France, d'Espagne ou du Portugal&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Qui est l'auteur de cette photographie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pourquoi avoir abandonn&#233; &#224; la rue un livre de linguistique allemande, dont les pages jaunies &#233;voquent un romantisme aux antipodes du contenu m&#233;canique d&#233;livr&#233; dans ce manuel&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='manualbr' /&gt;Une phrase ressort de la page ouverte&#160;:&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;- Tout est en ordre. - Alors, je peux partir.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, comme une injonction &#224; l'attention de l'artiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;-placement. Le d&#233;placement de V&#233;ronique Lamare, sa position, son cadrage, son point de vue primordial, c'est son corps. Le corps en activit&#233; sans finalit&#233; pr&#233;cise, le corps qui d&#233;pense de l'&#233;nergie physique, le corps confront&#233; &#224; des r&#233;sistances. L'engagement physique,
l'&#233;chauffement, la concentration, la fatigue, la r&#233;sistance&#160;: Autant d'&#233;tapes qui investissent le corps dans son enti&#232;ret&#233;. Il s'agit de l'activer, pour partir quelque part, vers un ailleurs aussi physique que psychologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lutte restaure un rapport po&#233;tique &#224; la ville. Les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;penses&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; proposent de regarder autrement les alentours. Elles sculptent la distance. Une distance physique et une distance mentale&#160;: une distance du regard &#224; entreprendre. &#202;tre artiste, est-ce regarder diff&#233;remment les choses&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pour bien frapper, le boxeur doit &#234;tre &#224; bonne distance. Pour saisir, l'artiste doit-il positionner son regard &#224; une distance juste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &#202;tre ici et maintenant, mais avec une forme de recul qui permet de capter un instant donn&#233;, une &#233;tincelle, une r&#233;flexion&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Si je suis trop pr&#232;s ou trop loin, &#231;a ne marche pas&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Devenir passe-muraille</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Devenir-passe-muraille</link>
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		<dc:date>2022-02-10T09:46:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elise Girardot</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Au jardin public, les arbres sont &#233;bouriff&#233;s, les troncs d&#233;coiff&#233;s. Les plantes hirsutes exultent et s'esclaffent. Elles rampent peu &#224; peu et traversent les barri&#232;res, transpercent les fronti&#232;res et se r&#233;pandent dans la ville. Cette nuit-l&#224;, le calme ordonn&#233; a laiss&#233; place au joyeux tumulte. Alors, les racines se lib&#232;rent et fomentent un espace vert illimit&#233;. Elles reprennent leurs marques autour du fleuve et ses mar&#233;cages. Sans un bruit, la rumeur murmure une nouvelle cartographie des&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-28392" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au jardin public, les arbres sont &#233;bouriff&#233;s, les troncs d&#233;coiff&#233;s. Les plantes hirsutes exultent et s'esclaffent. Elles rampent peu &#224; peu et traversent les barri&#232;res, transpercent les fronti&#232;res et se r&#233;pandent dans la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nuit-l&#224;, le calme ordonn&#233; a laiss&#233; place au joyeux tumulte. Alors, les racines se lib&#232;rent et fomentent un espace vert illimit&#233;. Elles reprennent leurs marques autour du fleuve et ses mar&#233;cages. Sans un bruit, la rumeur murmure une nouvelle cartographie des souches et des arbustes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la ville a colonis&#233; les plantes, elles sont partout en nous&#160;: un espace vert est volatile, omnipr&#233;sent dans nos v&#234;tements et plastiques. Ici, &#224; la Galerie des Tables, Ge&#246;rgette Power saisit le caract&#232;re imperceptible de ces espaces publics&#160;: leur spatialit&#233;. Les &#233;crans vid&#233;os sont sectionn&#233;s par de grandes grilles diss&#233;min&#233;es dans l'exposition. De part et d'autre, s'&#233;chappent les plantes de toutes tailles et provenances. Ici, on aper&#231;oit un travelling dans une carte, un poumon vert qui r&#233;pond &#224; la tendance officielle. L&#224;, le tramway, jardin humain quotidien, devient jardin v&#233;g&#233;tal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plantes d&#233;ploient un autre r&#233;cit anthropomorphique et contemplent interloqu&#233;es un mur de briques se dresser. Dissimul&#233;es sous les pierres de taille jaunes et fabriqu&#233;es avec les glaises de la Garonne, les briques sont les mat&#233;riaux invisibles du b&#226;ti bordelais. Elles incarnent les cicatrices bouch&#233;es. Ici, le mur ne monte pas jusqu'en haut, l'&#233;vasion devient possible. Une s&#233;rie de photographies en d&#233;bordent. Des mains pr&#233;sentent des plantes&#160;: on distingue un vernis, de larges phalanges. Les images glan&#233;es sur des forum de botanique r&#233;v&#232;lent une relation entre l'humain et le v&#233;g&#233;tal. Les doigts sugg&#232;rent l'&#233;chelle, soutiennent ou d&#233;signent. Alors, un nouveau langage des signes se dessine, une typologie de pr&#233;sentation. Chaque geste pourrait contenir un verbe&#160;: &#233;crire, tenir, tendre, soulever, soupeser, d&#233;broussailler... Quelle est cette plante, quel est cet humain, quel rapport les lie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ge&#246;rgette Power creuse une pens&#233;e du langage initi&#233;e il y a une dizaine d'ann&#233;es. Dans la vid&#233;o &lt;i&gt;R&#233;agir&lt;/i&gt;, il r&#233;-interpr&#232;te les consignes vigipirate qui nous proposent de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;r&#233;agir en cas d'attaque terroriste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. L'image source est d&#233;coup&#233;e et chaque &#233;l&#233;ment est anim&#233; par le mouvement. Ces coutures num&#233;riques sont caract&#233;ristiques de la pratique de l'artiste. Par le collage et le dessin, il d&#233;cortique la chor&#233;graphie de gestes
s&#233;curitaires qui n'ont de cesse aujourd'hui de red&#233;finir la notion de seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Texte produit dans le cadre de &lt;strong&gt;Jardin public&lt;/strong&gt;, une exposition de Ge&#246;rgette Power propos&#233;e par l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AAA&lt;/span&gt; - Association des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ALUMNI&lt;/span&gt; et Amis de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EBABX&lt;/span&gt;, &#201;cole sup&#233;rieure des Beaux-Arts de Bordeaux du 08 au 25&#160;janvier 2020 &#224; la Galerie des Tables, Bordeaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>{&#199;a n'existe pas}</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Ca-n-existe-pas</link>
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		<dc:date>2021-07-23T09:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elise Girardot</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Aux confins de l'abstraction et de la figuration, l'&#339;uvre d'Emmanuelle Leblanc laisse libre cours &#224; l'interpr&#233;tation. Travaillant sans rel&#226;che de la couleur &#224; la lumi&#232;re, elle navigue de l'une &#224; l'autre et s'octroie la libert&#233; de ne donner aucun statut d&#233;finitif &#224; sa peinture. Les pr&#233;mices de l'image s'impr&#232;gnent d'une recherche photographique assidue. Emmanuelle Leblanc glane, cadre et s&#233;lectionne des instants &#233;clair&#233;s, comme pour La ligne de peinture et la s&#233;rie Photom&#233;t&#233;ores.&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-28081" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aux confins de l'abstraction et de la figuration, l'&#339;uvre d'Emmanuelle Leblanc laisse libre cours &#224; l'interpr&#233;tation. Travaillant sans rel&#226;che de la couleur &#224; la lumi&#232;re, elle navigue de l'une &#224; l'autre et s'octroie la libert&#233; de ne donner aucun statut d&#233;finitif &#224; sa peinture. Les pr&#233;mices de l'image s'impr&#232;gnent d'une recherche photographique assidue. Emmanuelle Leblanc glane, cadre et s&#233;lectionne des instants &#233;clair&#233;s, comme pour &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/La-Ligne-de-peinture&#034;&gt;La ligne de peinture&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; et la s&#233;rie &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Photometeores&#034;&gt;Photom&#233;t&#233;ores&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Progressivement et dans une approche immersive, les formats sont pens&#233;s &#224; l'&#233;chelle du corps. Le regardeur est invit&#233; &#224; p&#233;n&#233;trer un espace &#224; la fois pictural et architectural. D'embl&#233;e, la peinture est envisag&#233;e dans sa verticalit&#233;. Une succession d'&#233;tapes rythment sa lente conception&#160;: rappelant les proc&#233;d&#233;s picturaux traditionnels, le geste pr&#233;cis est r&#233;p&#233;t&#233;, couche apr&#232;s couche. Ces enveloppes de mati&#232;re catalysent paradoxalement une luminosit&#233; &#233;clatante. Les halos iris&#233;s r&#233;v&#232;lent une pratique de l'effacement&#160;: du lissage au pon&#231;age, la trace du geste dispara&#238;t. Forgeant un minimalisme sensible, l'artiste &#244;te sa lourdeur &#224; la peinture &#224; l'huile et cr&#233;e une apparition immat&#233;rielle. Devenue tour &#224; tour m&#233;ditative puis myst&#233;rieuse, la peinture produit un effet de synth&#232;se. Emmanuelle Leblanc serait-elle illusionniste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De longs d&#233;grad&#233;s lumineux nous absorbent. Avec la s&#233;rie &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Diffuses&#034;&gt;Diffuses&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, initi&#233;e en 2014, l'artiste r&#233;alise la symbiose de ses travaux pr&#233;c&#233;dents. Rythm&#233;s par des aplats color&#233;s, les portraits de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Matiere-a-reflexion&#034;&gt;Mati&#232;re &#224; r&#233;flexion&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; en &#233;taient d&#233;j&#224; la pr&#233;figuration. Les coulisses des &lt;i&gt;Diffuses&lt;/i&gt; sont imperceptibles tant le labeur se dissimule derri&#232;re une sensation imm&#233;diate, proche d'une rencontre contemplative avec un paysage. La couleur est le point de d&#233;part de ce travail au long cours qui parvient &#224; condenser une pr&#233;sence au-del&#224; de la toile. Notre perception de la couleur est relative&#160;: insaisissable, elle n'est jamais tout &#224; fait la m&#234;me selon notre &#233;tat ou l'heure &#224; laquelle nous la regardons. Au gr&#233; du contexte, le vert s'&#233;tend, s'all&#232;ge ou s'assombrit. Les couleurs sont habit&#233;es par l'onde de la lumi&#232;re&#160;: elles vibrent, elles muent. Des gris nordiques aux ors italiens, l'environnement ext&#233;rieur exerce une influence directe sur les palettes. Fin 2019, Emmanuelle Leblanc voyage en Inde. Le choc des myriades d'odeurs, de tissus et de sons produit un renouvellement de sa gamme chromatique. C'est un tournant pictural. Soudain, l'ocre jaune c&#244;toie l'ocre rouge, le safran et l'outremer. Cherchant l'oxymore, l'artiste invente aussi des couleurs qui n'existent pas&#160;: un vert &#233;carlate unit deux p&#244;les que tout devait opposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuelle Leblanc poursuit sa qu&#234;te visant &#224; faire sortir la peinture du cadre. La d&#233;marche s'&#233;tend &#224; l'espace public, comme dans une s&#233;rie d'images photographiques en devenir intitul&#233;e &lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Shine-28774&#034;&gt;&lt;i&gt;Shine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Cette tentative s'accompagne d'un travail sculptural qui prend la forme de grandes colonnes. L'artiste y reproduit la technique des &lt;i&gt;Diffuses&lt;/i&gt;, la peinture investit le volume et l'espace, en conversation avec le corps de l'observateur invit&#233; &#224; plonger dans une vague ou un faisceau lumineux. Le souvenir appara&#238;t, celui de notre derni&#232;re baignade oc&#233;anique, o&#249; la sensation de la vague qui frappe notre corps est plus forte que la forme de la vague elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lise Girardot&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Juillet 2021&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; travers la fen&#234;tre de l'atelier</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/A-travers-la-fenetre-de-l-atelier</link>
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		<dc:date>2021-07-07T13:46:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elise Girardot</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;De larges gouttes d'eau rouges tombent en fracas sur la dune. Lourdes et solides, elles sont trans- perc&#233;es par le soleil couchant. Pourquoi Simon Rayssac nous d&#233;livre t-il un geste &#233;vanescent&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Toile apr&#232;s toile, le peintre semble d&#233;rouler une impression personnelle et fugace, une histoire d'intimit&#233; pudique, une qu&#234;te incessante et jamais rassasi&#233;e. Observ&#233;es par la fen&#234;tre de l'atelier, les apparitions sont baign&#233;es dans la peinture. Les empreintes se d&#233;clinent et rythment de grands&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-28271" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De larges gouttes d'eau rouges tombent en fracas sur la dune. Lourdes et solides, elles sont trans- perc&#233;es par le soleil couchant. Pourquoi Simon Rayssac nous d&#233;livre t-il un geste &#233;vanescent&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Toile apr&#232;s toile, le peintre semble d&#233;rouler une impression personnelle et fugace, une histoire d'intimit&#233; pudique, une qu&#234;te incessante et jamais rassasi&#233;e. Observ&#233;es par la fen&#234;tre de l'atelier, les apparitions sont baign&#233;es dans la peinture. Les empreintes se d&#233;clinent et rythment de grands aplats. Ces leitmotivs glan&#233;s par l'artiste, tels des pr&#233;textes &#224; la repr&#233;sentation, mat&#233;rialisent tant&#244;t des souvenirs, tant&#244;t des impressions de paysages fragment&#233;s o&#249; le d&#233;tail pr&#233;domine&#160;: un tablier ondulant, un vide laiss&#233; par une feuille d'abricotier sur laquelle la lumi&#232;re rasante scintille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux antipodes des grandes manifestations de la nature, un geste caract&#233;rise l'humain. Les variations d&#233;peintes par Simon Rayssac seraient alors les mouvements de corps naturels personnifi&#233;s d&#233;clinant une multiplicit&#233; de personnages&#160;: feuilles, fleurs, pierres, pluies, sables&#8230; Toujours, les motifs arborent une expression propre, un trait de caract&#232;re. Ici, des ondulations terreuses nous traversent, nous sommes &#233;cras&#233;s par la boue qui s'accumule. L&#224;, des fruits g&#233;ants ou des pivoines psych&#233;d&#233;liques exultent en couleurs et disproportions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois absurdes, les sujets surchargent la toile sans vouloir la lib&#233;rer, &#224; l'image de la persistance r&#233;tinienne ressentie par l'artiste lorsque son regard balayait la r&#233;alit&#233;. La bu&#233;e froide et les oursins agresseurs font alors place &#224; une sombre chevelure dissimul&#233;e sous le va-et-vient d'un &#233;ventail. Les variations de Simon Rayssac forgent cette peinture d'&#233;motions &#233;clat&#233;es qui saturent des paysages jamais d&#233;coratifs. Rien n'est cach&#233; dans cette partition, la fabrique de l'artiste est visible et chaque tableau est le t&#233;moignage d'un &#233;lan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Renversements atemporels</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Renversements-atemporels</link>
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		<dc:date>2021-06-24T14:53:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elise Girardot</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Une fois que l'on aura rassembl&#233; en un m&#234;me lieu un nombre cons&#233;quent de raret&#233;s de toutes sortes, que l'on choisisse une pi&#232;ce expos&#233;e au sud-est &#224; l'abri des vents incommodes, aux murs sains, au plafond vo&#251;t&#233;, o&#249; la lumi&#232;re du jour soit uniform&#233;ment r&#233;partie, et qui se trouve en outre bien pr&#233;munie contre tout accident.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Julius Von Schlosser, Les cabinets d'art et de merveilles de la Renaissance tardive, 1908. Des barres de pluie traversent le ciel. Au dernier &#233;tage du ch&#226;teau, on ne&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-24770" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Une fois que l'on aura rassembl&#233; en un m&#234;me lieu un nombre cons&#233;quent de raret&#233;s de toutes sortes, que l'on choisisse une pi&#232;ce expos&#233;e au sud-est &#224; l'abri des vents incommodes, aux murs sains, au plafond vo&#251;t&#233;, o&#249; la lumi&#232;re du jour soit uniform&#233;ment r&#233;partie, et qui se trouve en outre bien pr&#233;munie contre tout accident.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; Julius Von Schlosser, &lt;i&gt;Les cabinets d'art et de merveilles de la Renaissance tardive&lt;/i&gt;, 1908.&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des barres de pluie traversent le ciel. Au dernier &#233;tage du ch&#226;teau, on ne sait si on distingue des peintures ou des miroirs tant le bleu du ciel se confond avec la mati&#232;re picturale. Muriel Rodolosse orchestre un ensemble de soixante-trois peintures sur Plexiglas install&#233;es de mani&#232;re p&#233;renne. Tel un kal&#233;idoscope grandeur nature,&#160;&lt;i&gt;Mirabilia&lt;/i&gt;&#160;se d&#233;ploie face &#224; nous. D'un &#233;tage &#224; l'autre, une&#160;ritournelle&#160;nous entra&#238;ne&#160;: on d&#233;couvre des personnages, des animaux, des objets qui envahissent les murs. Flottant dans le ciel et interpellant notre m&#233;moire, ils nous d&#233;fient d'un air &#233;nigmatique malgr&#233; les masques qui recouvrent leurs visages. Enivr&#233; par les points de vue en contre-plong&#233;e, l'imaginaire r&#233;veille la b&#226;tisse. La composition r&#233;alis&#233;e selon une technique invers&#233;e (les motifs sont peints avant les fonds) est observ&#233;e &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#224; l'envers&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, de l'autre c&#244;t&#233; de la surface expos&#233;e. Par cette mise &#224; distance entre la peinture et celui qui la regarde, l'artiste renverse la perception et nous fait entrer&#160;&#224; l'ext&#233;rieur de la peinture. Cette prouesse trouble l'&#233;chelle et pr&#233;sente sur un seul et m&#234;me plan chaque d&#233;tail, qu'il soit animal, humain ou hybride.&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Bois fleuri, une enfilade d'arbres centenaires jalonne le parc. Les lignes asym&#233;triques composent l'architecture qui surgit derri&#232;re les branches de grands ch&#234;nes, c&#232;dres, s&#233;quoias et sapins. Tourelles, moulures et balcons accompagnent le donjon cr&#233;nel&#233; dont la d&#233;coupe habille le ciel. Les murs tristes tombent en d&#233;su&#233;tude&#160;: ici, nulle trace&#160;d'un&#160;ma&#238;tre des lieux. Une porte m&#233;tallique ponctu&#233;e&#160;de rouille et d'inscriptions sugg&#232;re le passage r&#233;cent d'occupants intempestifs. Aujourd'hui, l'acc&#232;s&#160;est&#160;condamn&#233; &#224; jamais.&#160;Les images de Muriel Rodolosse r&#233;v&#232;lent les mythologies invisibles du ch&#226;teau. La nature invasive, parfois tropicale, entoure des &#234;tres surnaturels. Tout autour, des habitats d'urgence pars&#232;ment le parc. Ce futur visionnaire est d&#233;peupl&#233; d'&#234;tres humains. On voit les branches des ch&#234;nes encore feuillus se balancer dans les couleurs de la peinture. Dans un mouvement d'agitation chaotique, le ch&#226;teau est r&#233;-enchant&#233;. Une myriade de motifs habite les images aux formats multiples. Une grande peinture nous appelle&#160;:&#160;au milieu, un cavalier noir masqu&#233;.&#160;Sur une autre peinture, on observe&#160;l'ombre port&#233;e de ses fers. Puis, le regard guid&#233; vers les sommets d'ardoise, on aper&#231;oit un &#339;il-de-b&#339;uf et une &#233;troite meurtri&#232;re o&#249; chante un perroquet.&#160;&#199;a et l&#224;, les int&#233;rieurs r&#233;apparaissent, &#224; l'image des escaliers tournants ou des carreaux d&#233;labr&#233;s de la salle de bain qui s'effacent dans un nuage de bu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, les Bordelais&#160;fr&#233;quentent&#160;Lormont &#224; la recherche de loisir dominical. La ville attire les guinguettes qui fleurissent non loin de la Garonne. Un si&#232;cle plus tard, les &#233;tag&#232;res d'une biblioth&#232;que municipale recouvrent les murs du rez-de-chauss&#233;e du ch&#226;teau. Apr&#232;s les grandes r&#233;ceptions des ann&#233;es folles, l'occupation de soldats allemands&#160;puis&#160;am&#233;ricains, chacun peut d&#233;sormais aller et venir &#224; sa guise &#224; la recherche de l'ouvrage d&#233;sir&#233; et de ses tr&#233;sors narratifs.&#160;La maison hant&#233;e alimente ses l&#233;gendes, nous scrutons &#224; distance cet &#233;crin d'apparence &#233;trange. Pourquoi avoir assouvi un tel fantasme n&#233;ogothique &#224; une &#233;poque moderne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par l'usage de r&#233;f&#233;rences disparates, une narration extra-ordinaire s'&#233;l&#232;ve des peintures de Muriel Rodolosse. Les d&#233;tails h&#233;t&#233;rog&#232;nes se superposent au lieu jusqu'&#224; faire corps avec lui, produisant une &#339;uvre atemporelle. Ces g&#233;ographies al&#233;atoires composent une fiction. Les &#233;tages et les fa&#231;ades se succ&#232;dent pour former une parure de peintures-proth&#232;ses, tant&#244;t empreintes de r&#233;miniscences, ancr&#233;es dans le pr&#233;sent ou pr&#233;monitoires.&#160;Symboles, ic&#244;nes et reliques fondent le panth&#233;on de r&#233;f&#233;rences d'une &#232;re post-humaine. Dans un m&#234;me mouvement o&#249; pass&#233;, pr&#233;sent et futur sont devenus indissociables, l'accrochage englobe le ch&#226;teau et rappelle les salons de peinture d&#233;crits par Baudelaire au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Pourtant, ici, tout est vou&#233; &#224; se m&#233;tamorphoser au gr&#233; des saisons et de la d&#233;cadence in&#233;luctable. Le manoir fan&#233; combat les affres du temps&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;;&#160;&lt;i&gt;Mirabilia&lt;/i&gt;&#160;annonce la future ruine de la b&#226;tisse. L'artiste l&#226;che prise&#160;: elle envisage la destruction des tableaux,&#160;leur confrontation avec les pierres, les branches, les al&#233;as de la lumi&#232;re. Des sensations magiques, paranormales et surr&#233;alistes&#160;c&#244;toient une r&#233;alit&#233; tangible et immat&#233;rielle tout &#224; la fois&#160;: d'autres &#233;l&#233;ments nous ram&#232;nent &#224; un r&#233;alisme plus moderne, comme la Cadillac gar&#233;e sous un lustre et dont les phares &#233;blouissent soudain le kangourou.&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mirabilia&lt;/i&gt;&#160;est la symbiose du merveilleux et du monstrueux, &#224; l'image de la d&#233;esse Mirabilia, totem mi-femme, mi-fleur qui incarne l'esprit du lieu. Tel le r&#233;ceptacle d&#233;sordonn&#233; du rare et du prodigieux, ces chim&#232;res c&#244;toient&#160;les poutres qui d&#233;goulinent des toits. Entra&#238;n&#233;s par une hallucination fantasmagorique, les idoles sortent peu &#224; peu du ch&#226;teau tandis que les oiseaux d&#233;vorent sa ruine en devenir. Longtemps expos&#233;s dans les cabinets de curiosit&#233;s, les fragments disparates, cornes de rhinoc&#233;ros, oiseaux empaill&#233;s, pierres et fossiles de toutes sortes renaissent. Ils semblent prendre leur revanche. Les coiffes et masques des sorci&#232;res, magiciennes ou chamanes s'animent. Dans plusieurs tableaux, des portes ouvertes d&#233;voilent des &#234;tres hybrides au milieu d'herbes hautes. Des dichotomies s'articulent du visible &#224; l'invisible, &#224; l'image du rideau dor&#233; qui sugg&#232;re un rituel dissimul&#233;. Les miroirs pr&#233;sents dans les peintures catalysent de nouvelles chim&#232;res et proposent les visions d&#233;multipli&#233;es d'une m&#234;me image. Les tableaux aux murs repr&#233;sentent tant&#244;t d'autres animaux, tant&#244;t une vanit&#233;. Peu &#224; peu, le plafond s'&#233;croule, le papier peint se d&#233;chire et tombe en lambeaux. Les monstres exultent derri&#232;re les tableaux&#160;: ils sont les augures d'un monde en devenir, d'une cosmologie in&#233;dite.&#160;D'une peinture &#224; l'autre, Muriel Rodolosse dresse une architecture du temps.&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lise Girardot&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;septembre 2020&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Mirabilia-28148' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Consulter la documentation de &lt;i&gt;Mirabilia&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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