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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Sambre et Meuse versus Alte kameraden</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Sambre-et-Meuse-versus-Alte-kameraden</link>
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		<dc:date>2020-11-16T14:31:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Luc Dorchies</dc:creator>



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&lt;p&gt;Combats hom&#233;riques figurant sur les vases grecs, Batailles de Paolo Uccello, odyss&#233;e napol&#233;onienne magnifi&#233;e par le Baron Gros, souffrance outrag&#233;e de Guernica, univers guerrier des jeux vid&#233;o, sans oublier la photographie de presse qui a racont&#233; le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la repr&#233;sentation des conflits arm&#233;s s'inscrit dans une longue tradition d'expression artistique et visuelle. Cette question a naturellement tenu une place centrale dans le cycle de deux ann&#233;es, 2012 et 2013, qui a conduit l'Ecole&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Combats hom&#233;riques figurant sur les vases grecs, &lt;i&gt;Batailles&lt;/i&gt; de Paolo Uccello, odyss&#233;e napol&#233;onienne magnifi&#233;e par le Baron Gros, souffrance outrag&#233;e de &lt;i&gt;Guernica,&lt;/i&gt; univers guerrier des jeux vid&#233;o, sans oublier la photographie de presse qui a racont&#233; le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la repr&#233;sentation des conflits arm&#233;s s'inscrit dans une longue tradition d'expression artistique et visuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question a naturellement tenu une place centrale dans le cycle de deux ann&#233;es, 2012 et 2013, qui a conduit l'Ecole d'art &#224; collaborer avec deux mus&#233;es incontournables de Saumur, le Mus&#233;e de la cavalerie et le Mus&#233;e des blind&#233;s, dont les collections contribuent au rayonnement culturel et touristique de la ville et de son territoire. Ce partenariat s'inscrit dans le cadre du dispositif &lt;i&gt;Artiste associ&#233;, Ecole du regard,&lt;/i&gt; mis en place par Silvio Pacitto, directeur de la Culture et du Patrimoine Historique de la Ville. Le principe est d'inviter des artistes &#224; porter un regard singulier sur telle ou telle r&#233;alit&#233; de la cit&#233;, ce regard nourrissant les contenus p&#233;dagogiques de l'Ecole d'art tout en permettant aux Saumurois de red&#233;couvrir leur environnement quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revisiter l'histoire toujours actuelle de la cavalerie militaire &#224; Saumur s'imposait. En 2012, le sculpteur Gilles Fromonteil a donn&#233; sa vision d'une des plus terribles batailles d'Empire en installant dans les salles du Mus&#233;e de la cavalerie son &#233;trange service de table en porcelaine. Apr&#232;s la cavalerie &#224; cheval, c'est de la cavalerie motoris&#233;e dont il est question ici avec &lt;strong&gt;Parades, Sambre et Meuse versus Alte Kamaraden,&lt;/strong&gt; cr&#233;ation originale d'Erwan Venn au c&#339;ur du Mus&#233;e des blind&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'&#233;tait pas simple sur le papier de convaincre un artiste de venir s'affronter aux mastodontes de fer et d'acier du mus&#233;e des blind&#233;s. Encore fallait-il que son travail soit &#224; m&#234;me de r&#233;sister &#224; l'imposante pr&#233;sence de ces pi&#232;ces de collection, objets de fascination pour certains, d'inqui&#233;tude et d'angoisse pour d'autres. Il fallait aussi que la recherche de l'artiste se nourrisse d'interrogations sur la guerre et sur l'Histoire. Car en r&#233;alit&#233; le Mus&#233;e des blind&#233;s nous raconte une Histoire du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle.Peu d'artiste s'int&#233;ressent aujourd'hui &#224; ces questions avec autant de passion qu'Erwan Venn. Marqu&#233; par le souvenir douloureux de la seconde guerre mondiale entendu et ressenti au sein de sa famille, il s'est pench&#233; sur cet &#233;pisode dramatique qu'est la d&#233;faite fran&#231;aise de 1940. Grand lecteur, il a presque &#233;puis&#233; la litt&#233;rature sur le sujet, cherchant &#224; comprendre comment ce cataclysme avait &#233;t&#233; possible.Vivant &#224; Saumur il y a quelques ann&#233;es, Erwan Venn &#233;tait un visiteur assidu du Mus&#233;e des blind&#233;s, dont il percevait que les collections entraient en &#233;cho avec un questionnement qui d&#233;j&#224; le taraudait. Exposer cette &#339;uvre nouvelle, qu'il a cr&#233;&#233;e pour l'occasion, est donc la r&#233;alisation d'un vieux r&#234;ve ou pour le moins d'une vieille envie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parades est une installation vid&#233;o et sonore qui fait appel &#224; l'interactivit&#233;. C'est en effet le visiteur qui d&#233;clenche son fonctionnement en cliquant sur l'une ou l'autre souris mise &#224; sa disposition. Selon le dictionnaire Larousse, une installation est une &#339;uvre d'art contemporain dont les &#233;l&#233;ments, de caract&#232;re plastique ou conceptuel, sont organis&#233;s dans un espace donn&#233; et &#224; la mani&#232;re d'un environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cidant d'utiliser ce moyen artistique qui s'est d&#233;velopp&#233; &#224; partir des ann&#233;es 1960, m&#233;dium &#224; part enti&#232;re aux c&#244;t&#233;s de la peinture, de la sculpture ou de la photographie, Erwan Venn a choisi l'outil le plus appropri&#233; pour donner sa vision de la campagne de mai 1940, ce moment terrible de l'histoire de la France et de l'Europe, qui est racont&#233; dans la salle du mus&#233;e des blind&#233;s o&#249; l'&#339;uvre est install&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un char Tigre, l'une des plus effrayantes machines de guerre jamais con&#231;ues, on p&#233;n&#232;tre dans une salle de projection o&#249; sont pr&#233;sent&#233;s deux films d'animation projet&#233;s sur quatre &#233;crans. Ici, deux protagonistes se confrontent&#160;: d'un c&#244;t&#233; le Panzerkampfwagen &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;III&lt;/span&gt; allemand de 1938, de l'autre le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;S.O.M.U.&lt;/span&gt;A S 35 fran&#231;ais, son contemporain. Ce sont ces deux blind&#233;s qui s'affront&#232;rent en France en 1940. Les deux chars sont physiquement pr&#233;sents, et donc visibles &#224; proximit&#233;. Le premier dans la salle Allemagne du mus&#233;e o&#249; est situ&#233;e l'installation, le second dans la salle consacr&#233;e &#224; la France, que le visiteur du mus&#233;e aura pr&#233;c&#233;demment travers&#233;e.Sur fond sonore de Alte Kamaraden, marche militaire prussienne de 1890, l'animation mettant en sc&#232;ne le Panzerkampfwagen &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;III&lt;/span&gt; d&#233;marre sur le dessin du char qui devient un motif destin&#233; &#224; se d&#233;multiplier &#224; l'envi pour former un groupe compact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Na&#238;t ensuite le chaos d'une mer de glace, allusion &#224; un tableau de Caspar David Friedrich, le grand peintre romantique Allemand qu'Adolf Hitler admirait. L'animation s'ach&#232;ve sur le retour au dessin froid et technique du char Panzerkampfwagen &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;III&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur l'air patriotique Sambre et Meuse, compos&#233; dans les ann&#233;es 1870 &#224; la m&#233;moire des arm&#233;es de la R&#233;volution, que la partie fran&#231;aise s'anime. L&#224; encore, cela commence avec le dessin du char, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;S.O.M.U.A.&lt;/span&gt; S 35 recouvert d'un motif de camouflage. Invention fran&#231;aise lors de la premi&#232;re guerre mondiale et avatar de la modernit&#233; des peintres cubistes recrut&#233;s pour les besoins du conflit, le camouflage tient ici une place pr&#233;pond&#233;rante. En effet, le char Allemand de 1940 &#233;tait simplement peint en vert de gris, alors que le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;S.O.M.U.A.&lt;/span&gt; S 35 &#233;tait recouvert de plus de six sch&#233;mas de camouflage diff&#233;rents et de 16 nuances de couleurs. Cela en faisait presque un char artistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'esquisse alors&lt;i&gt; La libert&#233; guidant le peuple,&lt;/i&gt; de Delacroix, peinture embl&#233;matique de la R&#233;publique peinte pour les journ&#233;es de Juillet 1830. Elle arbore la m&#234;me gamme de couleurs que les camouflages et s'inscrit en contre-point de &lt;i&gt;La Mer de glace&lt;/i&gt; de Caspar David Friedrich. Deux cultures, deux processus dans la constitution de l'Etat Nation s'affrontent ici, alors que les motifs de camouflage fran&#231;ais semblent s'animer sans grande conviction sur l'air pourtant martial de Sambre et Meuse.Les signes qui apparaissent &#224; la fin de l'animation - As de couleur verte, rouge, bleu ciel et bleu marine - indiquent les unit&#233;s qui combattirent pendant la campagne de mai 1940. Le film s'ach&#232;ve avec la cocarde bleu-blanc-rouge et le retour au dessin technique du char &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;S.O.M.U.&lt;/span&gt;A S. 35.Une certaine forme de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;r&#233;alisme&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d&#233;pourvu de tout artifice d&#233;coratif caract&#233;riserait le totalitarisme et son d&#233;ferlement sur l'Europe dans la premi&#232;re animation, alors que la d&#233;mocratie, peu encline &#224; la guerre, aurait opt&#233; pour une abstraction lui permettant de se camoufler pour &#233;viter le conflit, ce que montrerait la seconde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Parades&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, comme toutes les &#339;uvres d'art, n'a pas pour ambition de r&#233;pondre &#224; ces questions. Elle ne fait que les susciter et les provoquer. Il n'emp&#234;che, Erwan Venn, au regard de cette histoire qui opposa tant de fois les deux peuples situ&#233;s d'un c&#244;t&#233; et de l'autre du Rhin, nous rappelle que c'est au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle que cette inimiti&#233; profonde, heureusement oubli&#233;e aujourd'hui, s'est forg&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, pensons au tableau de Gustave Courbet intitul&#233; &lt;i&gt;Les Demoiselles de bord de Seine,&lt;/i&gt; peint bien avant que ces conflits n'&#233;clatent. On y voit deux femmes alanguies, &#233;tendues dans l'herbe d'un coin d'Ile de France, dont la pr&#233;sence picturale semble pouvoir r&#233;sister &#224; tous les blind&#233;s du monde. S'il est consid&#233;r&#233; comme le ma&#238;tre de ce qu'on appelle le R&#233;alisme en peinture, Courbet repr&#233;sente une &#233;tape d&#233;cisive sur le chemin qui m&#232;ne &#224; l'art moderne, d'o&#249; &#233;mergera le cubisme et l'abstraction qu'on retrouve sur le char &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;S.O.M.U.A.&lt;/span&gt; S 35.Ces paradoxes nous d&#233;montrent une fois de plus que rien n'est plus complexe que l'art et c'est bien tout l'int&#233;r&#234;t de la cr&#233;ation qu'Erwan Venn nous pr&#233;sente au Mus&#233;e des blind&#233;s de ne pas se donner naturellement &#224; la compr&#233;hension tout en nous ouvrant des horizons insoup&#231;onn&#233;s de r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Parades' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Texte de Jean-Luc Dorchies dans le cadre de la pr&#233;sentation de l'installation vid&#233;o &lt;i&gt;Parade&lt;/i&gt; d'Erwan Venn&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exposition Sambre et Meuse versus Alte kameraden, Salle 1940, Mus&#233;e des Blind&#233;s de Saumur, 2013&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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