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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>L'&#233;preuve du paysage</title>
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		<dc:date>2020-01-15T09:11:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Rignault</dc:creator>



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&lt;p&gt;Spitzberg 78&#176;15' N, 16&#176; E. De prime abord, le titre de la s&#233;rie de David Falco impose une r&#233;alit&#233; topographique, celle d'une &#238;le montagneuse de l'archipel du Svalbard situ&#233;e dans l'oc&#233;an Arctique, et ne manque pas de rappeler les exp&#233;ditions scientifiques et militaires des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles. Reviennent alors en m&#233;moire les missions qui permirent &#224; Timothy O'Sullivan de photographier l'Ouest am&#233;ricain ou encore celles qui men&#232;rent Roald Amundsen aux P&#244;les. Aussi, le rappel de telles&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Spitzberg 78&#176;15' N, 16&#176; E&lt;/i&gt;. De prime abord, le titre de la s&#233;rie de David Falco impose une r&#233;alit&#233; topographique, celle d'une &#238;le montagneuse de l'archipel du Svalbard situ&#233;e dans l'oc&#233;an Arctique, et ne manque pas de rappeler les exp&#233;ditions scientifiques et militaires des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles. Reviennent alors en m&#233;moire les missions qui permirent &#224; Timothy O'Sullivan de photographier l'Ouest am&#233;ricain ou encore celles qui men&#232;rent Roald Amundsen aux P&#244;les. Aussi, le rappel de telles coordonn&#233;es &#233;voque l'activit&#233; des chercheurs qui, aux P&#244;les, interrogent l'histoire et le devenir de notre plan&#232;te. Pourtant, c'est une vision beaucoup plus onirique de ce territoire que le photographe propose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment dissocier le regard de nos repr&#233;sentations et voir les choses telles qu'en elles-m&#234;mes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Comment appr&#233;hender un paysage quand la peinture et la photographie ont d&#233;j&#224; imprim&#233; en nous l'id&#233;e du paysage&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Lorsque le regard seul ne suffit plus, les longues marches de David Falco sonnent comme une tentative de r&#233;ponse. &#192; plusieurs heures de la moindre habitation, chaque travers&#233;e, chaque pas, chaque obstacle poss&#232;de sa part de danger. En outre, dans le froid d'un air &#224; la texture si particuli&#232;re, l'effort physique associ&#233; &#224; l'extr&#234;me vigilance port&#233;e aux &#233;l&#233;ments, aiguise la perception de l'espace environnant. David Falco d&#233;fend l&#224; une approche physique de la nature consistant &#224; se perdre en elle pour en percevoir une autre qualit&#233;, approche qui n'est pas sans rappeler le travail d'Hamish Fulton. Ici, toutefois, la marche n'est pas tant le sujet de l'&#339;uvre que le moyen d'insuffler aux images une &#233;nergie in&#233;dite. Abordant les n&#233;gatifs photographiques comme des croquis, par un lent et patient travail de tirage, David Falco retrouve la lumi&#232;re et les couleurs de sa m&#233;moire des lieux. Con&#231;ues comme des miniatures, ces photographies ne cherchent pas &#224; rendre l'immensit&#233; par le spectaculaire. Elles subjuguent jusqu'&#224; se perdre dans le grain de la pellicule. Sous nos yeux, le monde physique repr&#233;sent&#233; s'&#233;vanouit alors et nous avec lui.La contemplation minutieuse de l'artiste impr&#232;gne la photographie et d&#233;voile l'intimit&#233; d'un paysage. Dans une atmosph&#232;re sourde et humide, le vestige du son d'un lointain cours d'eau semble traverser la matit&#233; d'une lumi&#232;re sans &#226;ge. La nature appara&#238;t puissante, brute, immuable et, paradoxalement, les alluvions, la rare v&#233;g&#233;tation accroch&#233;e aux rochers disent l'instabilit&#233; d'un &#233;quilibre fragile. Un bloc de glace comme en plein vol, la masse sombre d'une falaise qui donne l'impression de n'&#234;tre qu'un fr&#234;le amas de poussi&#232;re pr&#234;t &#224; s'effondrer sous nos yeux&#160;: chaque &#233;l&#233;ment, aussi infime soit-il, est mis en valeur, et signifie sa participation &#224; la construction d'un monde en perp&#233;tuelle transformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelle distance les choses nous apparaissent-elles&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? L&#224;, un glacier &#224; la blancheur griff&#233;e de noir traverse l'image et annule toute sensation de profondeur. Ici, la distance et l'absence d'horizon interdisent de voir l'aval d'une rivi&#232;re. Dans un vertige de lignes courbes, de cr&#234;tes, d'ar&#234;tes, de lentes variations de couleurs, la brume et les nuages se lient &#224; la pr&#233;sence radicale de la roche. Les constants jeux d'&#233;chelle et d'aplats associ&#233;s &#224; la difficult&#233; de trouver des points de rep&#232;re nous plongent dans un paysage o&#249; chaque s&#233;diment semble receler la photographie tout enti&#232;re. Ainsi de cette masse min&#233;rale &#224; l'aplomb instable&#160;: simple caillou ou bien rocher&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Peu importe finalement. Au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVI&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, Joachim Patinir ne repr&#233;sentait-il pas des montagnes en prenant des cristaux pour mod&#232;le&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Par un savant jeu de construction plastique, le photographe se joue de nos perceptions afin que l'ivresse du regardeur croise celle du marcheur.Lors de la prise de vue, ou a posteriori, David Falco associe ses images en diptyques ou triptyques. Ind&#233;fectiblement li&#233;es &#224; l'exp&#233;rience v&#233;cue, ces recompositions refl&#232;tent le souvenir des lieux. Ainsi, une cr&#234;te de montagne &#224; la couleur sombre sur laquelle se dessinent deux rochers est photographi&#233;e de deux points de vue diff&#233;rents. Telles des r&#233;miniscences, du rapprochement des images et de notre r&#233;flexe de faire paysage d'une simple proximit&#233; de lignes, apparaissent des espaces illusoires. Le pouvoir de l'imagination comble les lacunes de l'image. On retrouve l&#224; un peu de ce qui, du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVII&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle aux surr&#233;alistes, fascinait dans les apparitions marbr&#233;es des pa&#233;sines. Ailleurs, deux vall&#233;es diff&#233;rentes finissent par n'en former qu'une, tel Caspar David Friedrich composant des paysages &#224; partir de montagnes distantes les unes des autres de plusieurs centaines de kilom&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Temps g&#233;ologique et temps humain d&#233;but et fin des temps semblent ici s'unir dans leur rencontre avec la lumi&#232;re. Un sentiment de m&#233;lancolie &#233;mane de la mati&#232;re vaporeuse de ces r&#234;veries sensibles d'espaces d&#233;sol&#233;s. L'activit&#233; humaine est r&#233;duite &#224; ses traces&#160;: route devenue sillon en mouvement vers l'oc&#233;an, habitation ponctuant d'une tache rouge ou blanche la composition. Les constructions, expressions du d&#233;sir humain d'appropriation et de contr&#244;le, deviennent alors semblables, jusque dans leur fragilit&#233;, aux &#233;l&#233;ments naturels. Ainsi ces espaces, &#224; l'allure pourtant intemporelle, font &#233;cho &#224; notre propre solitude, &#224; notre propre finitude. Et l'on se dit finalement que ces photographies sont peut-&#234;tre moins des paysages que des vanit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Texte publi&#233; dans le catalogue d'exposition &#233;dit&#233; en 2011 avec le soutien de l'Ambassade Royale de Norv&#232;ge en France, Grand Poitiers et de la R&#233;gion Nouvelle-Aquitaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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