<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/spip.php?id_auteur=1597&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Les gouttes</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Les-gouttes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Les-gouttes</guid>
		<dc:date>2019-12-12T15:14:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Montebello</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J'ai totalement oubli&#233; l'article auquel vous faites allusion. Si j'ai bien collabor&#233; &#224; la Revue des Fossiles, comme vous avez l'obligeance de me le rappeler dans votre message, je ne me souviens plus de l'&#233;poque, de la fr&#233;quence ni de la teneur de mes contributions. Je sais seulement qu'&#224; la fin mon correspondant me demande mon adresse jurassique. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Mon adresse jurassique , lui dis-je dans ma r&#233;ponse, dans la r&#233;ponse &#224; son mail d'adieu, qu'entendez-vous par l&#224;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Ce&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-27394" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai totalement oubli&#233; l'article auquel vous faites allusion. Si j'ai bien collabor&#233; &#224; la &lt;i&gt;Revue des Fossiles,&lt;/i&gt; comme vous avez l'obligeance de me le rappeler dans votre message, je ne me souviens plus de l'&#233;poque, de la fr&#233;quence ni de la teneur de mes contributions. Je sais seulement qu'&#224; la fin mon correspondant me demande mon adresse jurassique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Mon adresse jurassique , lui dis-je dans ma r&#233;ponse, dans la r&#233;ponse &#224; son mail d'adieu, qu'entendez-vous par l&#224;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce que je vois, moi, dans la question de cet ami perdu de vue depuis presque quinze hivers et retrouv&#233; par hasard il y a &#224; peine un mois sur Facebook, dans la demande qu'il m'adresse au moment de quitter d&#233;finitivement Facebook, ce monde virtuel qu'il juge oppressant (un autre ami y voit en ce moment la forme moderne de l'ivrognerie), ce que je vois, c'est l'erreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Non sur la personne, c'est bien &#224; moi qu'il envoie son adresse en Italie et ses num&#233;ros de t&#233;l&#233;phones. Et c'est bien mon &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;adresse jurassique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qu'il me demande, &#224; moi et &#224; personne d'autre qu'il la demande. J'ai beau chercher qui il cherche, si c'est bien moi qu'il vise ou l'autre cach&#233; derri&#232;re, l'autre qui vit chez moi, qui parle pour moi. L'autre qui r&#233;pond &#224; mon &#233;diteur quand celui-ci m'interroge. L'autre qui, non seulement parle &#224; ma place, mais aussi s'&#233;coute parler. Se regarde parler dans le grand miroir de la salle &#224; manger. Au point qu'on ne sait plus qui est l'un, qui est l'h&#244;te. Qui est l'amphitryon. Qui est cet amphitryon qui me re&#231;oit chez moi. Me r&#233;gale de ses bons mots. De ses grands crus. De son Massique et de son Falerne. Qui diable parle par ma bouche. Si c'est le diable qui parle par ma bouche. Le diable, quand il parle, c'est en latin. Le latin est la langue du diable. La langue de l'&lt;i&gt;ultragauche&lt;/i&gt;. D'aucuns diront que c'est la m&#234;me chose, qui veulent diaboliser tout ce qui conteste le syst&#232;me et le gouvernement en place. Pourtant, ce n'est pas pareil. Le diable, quand il parle latin, c'est en le farcissant de mots italiens ou espagnols, pour contrefaire la langue de l'&#201;glise. Tandis que ceux qui ne se r&#233;clament pas de la mouvance libertaire ou autonome, qui en d'autres temps auraient fait d'excellents moines-soldats ou le Petit S&#233;minaire, ceux-l&#224;, m&#234;me quand ils taguent le Baptist&#232;re Saint-Jean, c'est dans un latin impeccable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est le latin que parlait Maternus quand il saccageait Poitiers avec sa troupe de paysans ruin&#233;s et de d&#233;serteurs. Avec ses &lt;i&gt;mis&#233;rables&lt;/i&gt;. Cela, tout le monde le sait. Tout le monde a lu Hugo ou vu son nom au g&#233;n&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mon ami italien parle de m&#234;me. Sans la moindre faute. Et avec un vocabulaire des plus riches. Il parle comme un dictionnaire. Me rappelant (aujourd'hui que je l'&#233;voque) que c'est avec son fameux &lt;i&gt;Gaffiot&lt;/i&gt; que le vieux F&#233;lix a pu se payer sa cave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Non, j'ai beau me retourner, je ne vois personne. S'il y a erreur, et il y a manifestement erreur, il faut la chercher ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mon ami ne peut pas confondre le Jura et les Vosges. Il conna&#238;t trop bien la France, ses r&#233;gions, ses terroirs. Son amour du latin, je le r&#233;p&#232;te, n'a d'&#233;gal que sa passion du vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; M&#234;me si nous nous sommes un peu &#233;loign&#233;s ces derniers temps, il sait que je suis n&#233; dans les Vosges, mais que je n'y habite plus depuis des lustres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les Helv&#232;tes avaient le projet de s'&#233;tablir dans l'actuelle Saintonge. C&#233;sar qui guettait ce pr&#233;texte les en a emp&#234;ch&#233;s et a conquis la Gaule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Moi j'ai quitt&#233; sans probl&#232;mes ni trop de regrets les Vosges (et non le Jura) et personne ne m'a barr&#233; la route ni interdit de m'installer &#224; La Rochelle. Et puis, cet ami d'Italie ne peut pas l'ignorer, l'Aunis n'est pas la Saintonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce n'est pas non plus une erreur de traduction. L'ami ma&#238;trise parfaitement les deux langues, l'italien et le fran&#231;ais. Sans parler du latin qu'il cause comme personne et auquel j'ai un peu de mal &#224; r&#233;pondre quand nous bavardons sur Facebook. Je n'ai pas son aisance, je n'ai pas le rythme, le temps que je cherche mes mots, que je v&#233;rifie dans le dictionnaire, dans ma grammaire la correction de ma phrase, l'autre &#224; l'autre bout est parti pisser, ou se servir un verre, ou fatigu&#233; d'attendre il a mis fin &#224; la conversation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Non, ce n'est pas davantage une erreur de traduction. Comme celle que nous avons relev&#233;e ensemble &#224; Vigevano, dont nous avons ri ensemble, quand cherchant &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'entr&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de l'&#233;glise nous sommes tomb&#233;s sur &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'engrais&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Une traduction approximative du mot italien &lt;i&gt;ingresso&lt;/i&gt;. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Jurassique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, cela se dit &lt;i&gt;giurassico&lt;/i&gt; en italien. Ou encore &lt;i&gt;jurassico,&lt;/i&gt; mais le terme a vieilli. Il n'y a pas l&#224; de faux amis. Des amis comme ceux qu'on se fait sur Facebook, qu'on retrouve sur Facebook et qui restent, en d&#233;pit des affinit&#233;s affich&#233;es sur leur mur, irr&#233;m&#233;diablement &#233;loign&#233;s. Parfaitement &#233;trangers. Ils croient s'&#234;tre trouv&#233;s, ces deux-l&#224;, et ils sont aussi proches que &lt;i&gt;morbido&lt;/i&gt; et &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;morbide&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Dans l'illusion d'une ressemblance. Autrement dit dans l'erreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous n'en sommes pas l&#224; avec cet ami qui me demande mon &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;adresse jurassique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; avant de quitter ce monde virtuel et oppressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ni avec Florian de la Salle, dans nos &#233;changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans le dernier, voici ce qu'il m'&#233;crit&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Cher Denis,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Merci pour votre envoi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Toujours aussi captivant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Maintenant une derni&#232;re s&#233;rie de &#034;premi&#232;re pierre&#034;, &lt;i&gt;Les gouttes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je collectionne certaines encyclop&#233;dies comme la premi&#232;re &#233;dition du Larousse Grand Dictionnaire Universel, le Dictionnaire de la conversation et de la lecture ou encore l'Encyclop&#233;die Anarchiste&#8230; Un jour que je les feuilletais je lis le mot &lt;i&gt;c&#233;ramiste&lt;/i&gt;. Et je d&#233;couvre que le c&#233;ramiste est un personne qui ma&#238;trise un protocole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je ne fais que du protocole, je suis c&#233;ramiste alors&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je d&#233;couvre au m&#234;me moment que l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ENSA&lt;/span&gt;-Limoges appelle &#224; la constitution d'une &#233;quipe (candidature pour la r&#233;sidence Kaolin 16-17), voici ma lettre&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ''Cher Kaolin,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; j'ai lu votre article sur &lt;i&gt;le Mont Gaoling&lt;/i&gt;. Je m'&#233;tais cru le seul, jusqu'ici, &#224; &#234;tre convaincu de son existence. Aujourd'hui, nous sommes deux, demain nous serons dix, plus peut-&#234;tre, et on pourra tenter l'exp&#233;dition. Il faut que nous prenions contact le plus vite possible. T&#233;l&#233;phonez-moi d&#232;s que vous pourrez &#224; un des num&#233;ros cidessous. Je vous attends.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Florian de la Salle'' *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'embarque pour Jingdezhen en octobre 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; *Le passage, vous l'avez reconnu, est dans le livre de Ren&#233; Daumal, &lt;i&gt;Le Mont &lt;/i&gt;&lt;i&gt;Analogue&lt;/i&gt;. C'est le 37, passage des Patriarches, Paris. L'adresse de Pierre &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SOGOL&lt;/span&gt;, son myst&#233;rieux correspondant. C'est de l&#224; qu'il &#233;crit. Qu'il lui donne du Monsieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Voici donc Les Gouttes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Porcelaine, &#233;mail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Parall&#233;l&#233;pip&#232;de en porcelaine et &#233;mail vaporis&#233;, r&#233;alis&#233; avec l'entreprise Legle-Lebouc. (pour l'instant seul 7 sur 23 sont finis)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois le volume r&#233;alis&#233;, il est enti&#232;rement recouvert d'&#233;mail. &#192; la cuisson, l'&#233;mail se retire des ar&#234;tes, le blanc de la porcelaine r&#233;appara&#238;t aux ar&#234;tes du volume. Les volumes ainsi que les couleurs des parall&#233;l&#233;pip&#232;des reprennent ceux d'encyclop&#233;dies que j'affectionne et collectionne. Le titre peut faire &#233;cho &#224; un motif d&#233;coratif de l'architecture grecque classique dont l'origine est fonctionnelle&#160;: &lt;i&gt;les &lt;/i&gt;&lt;i&gt;gouttes&lt;/i&gt; repr&#233;sentent les chevilles qui solidarisaient la charpente &#224; l'entablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reproduites plus tard en pierre &#224; des fins d&#233;coratives, les gouttes illustrent le passage de la technique &#224; l'ornement. Ayant perdu sa fonction, la forme demeure et en elle est inscrit le souvenir d'un syst&#232;me de construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le Larousse, qui est encore en mer, arrive de Jingdezhen le 15&#160;f&#233;vrier &#224; Limoges.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'ai envoy&#233;, en guise de post scriptum, une photo. Elle a &#233;t&#233; prise en 2010, dans les Vosges. Vers La Bresse. Lors d'une marche. Nous revenions vers le col de Menufosse d'o&#249; nous &#233;tions partis et o&#249; nous avions gar&#233; notre voiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Gouttes,&lt;/i&gt; C'est le nom qu'on donne aux tout petits ruisseaux, dans les Vosges&#160;: ils font, pour peu qu'on les &#233;coute, les grandes rivi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais on pouvait y lire autre chose, chercher &#224; voir l'envers du d&#233;cor, ce qui se cache derri&#232;re les gouttes, de l'autre c&#244;t&#233; de la pluie. De ce miroir liquide qui ressemble, dans mon souvenir, &#224; l'&#233;tang de Gemnaufaing dont nous faisons le tour, pour cette marche, une tourbi&#232;re comme il n'en existe qu'aux d&#233;buts du monde et que nous d&#233;couvrons &#224; la fin du parcours (c'est notre r&#233;compense&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!), juste avant la Roche des Chats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je l'ai envoy&#233;e aussi, cette photo, parce que &lt;i&gt;Les gouttes&lt;/i&gt; ont continu&#233; leur travail, leur goutte &#224; goutte, que me venaient, lorsque je pensais au petit cylindre, aux sculptures tourn&#233;es &#224; la motte et &#224; la corde, des images de stalactites, de stalagmites, et surtout d'&lt;i&gt;excentriques&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Voici donc la photo&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_224728 spip_documents spip_documents_sous'
style=&#034;max-width:486px;&#034; data-w=&#034;486&#034;&gt;
&lt;span &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:74.691358024691%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/local/cache-vignettes/L160xH120/af7a1aa1d63c8418170ba40ff0271e17-1902b.png?1751407737' alt='' data-src='IMG/media/90-florian-de-la-salle/capture-d-e-cran-2019-12-13-a-10-36-15.png' data-l='486' data-h='363' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/af7a1aa1d63c8418170ba40ff0271e17.png?1710940560&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/af7a1aa1d63c8418170ba40ff0271e17.png?1710940560&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/af7a1aa1d63c8418170ba40ff0271e17.png?1710940560&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-486\/af7a1aa1d63c8418170ba40ff0271e17.png?1710940560&#034;},&#034;486&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-486\/af7a1aa1d63c8418170ba40ff0271e17.png?1710940560&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-486\/af7a1aa1d63c8418170ba40ff0271e17.png?1710940560&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/af7a1aa1d63c8418170ba40ff0271e17.png.webp?1710940560&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/af7a1aa1d63c8418170ba40ff0271e17.png.webp?1710940560&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/af7a1aa1d63c8418170ba40ff0271e17.png.webp?1710940560&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-486\/af7a1aa1d63c8418170ba40ff0271e17.png.webp?1710940560&#034;},&#034;486&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-486\/af7a1aa1d63c8418170ba40ff0271e17.png.webp?1710940560&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-486\/af7a1aa1d63c8418170ba40ff0271e17.png.webp?1710940560&#034;}}' class='image_responsive' width='160' height='120' /&gt;&lt;/picture&gt;
&lt;/span&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt; Et la r&#233;ponse de Florian de la Salle&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;En parlant de gouttes, voici des images du travail sur la couleur que vous avez d&#233;couvert sous la forme de papiers buvard, ici sur cylindre en porcelaine. Ce travail m'a pris une ann&#233;e. J'ai compt&#233; des gouttes pendant une ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je compte les gouttes. De l'ancien fran&#231;ais &lt;i&gt;conter&lt;/i&gt;. Je compte &#224; la fois dans le sens de &#034;calculer&#034;, mais je compte aussi dans le sens de raconter&#160;: je raconte &#224; la place des gouttes.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denis Montebello, 2018&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/FdlSalle_DMontebello_les_gouttes_2018.pdf'&gt;&gt; t&#233;l&#233;charger le texte int&#233;gral&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quinze pi&#232;ces &#224; ce jour</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Quinze-pieces-a-ce-jour</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Quinze-pieces-a-ce-jour</guid>
		<dc:date>2019-12-12T15:04:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Montebello</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Voici maintenant quelques images d'un projet de sculpture compos&#233; de 15 pi&#232;ces &#224; ce jour. Elles font 110 cm de hauteur, sont en porcelaine, seul le disque au sommet du cylindre est &#233;maill&#233;. Ces sculptures sont tourn&#233;es &#224; la motte et &#224; la corde. Des fissures apparues apr&#232;s cuisson sont r&#233;par&#233;es avec de la r&#233;sine charg&#233;e d'aluminium. On pense &#224; une motte qui serait du mot le f&#233;minin, qui aurait m&#234;me origine, qui nous &#233;loignerait comme il faut de la recherche du vrai pour nous&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-27394" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici maintenant quelques images d'un projet de sculpture compos&#233; de 15 pi&#232;ces &#224; ce jour. Elles font 110 cm de hauteur, sont en porcelaine, seul le disque au sommet du cylindre est &#233;maill&#233;. Ces sculptures sont tourn&#233;es &#224; la motte et &#224; la corde. Des fissures apparues apr&#232;s cuisson sont r&#233;par&#233;es avec de la r&#233;sine charg&#233;e d'aluminium.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On pense &#224; une motte qui serait du mot le f&#233;minin, qui aurait m&#234;me origine, qui nous &#233;loignerait comme il faut de la recherche du vrai pour nous plonger dans d'autres &#233;tymologies et autrement remotivantes, nous pr&#233;cipiterait sur l'autre versant du langage, celui du r&#234;ve et de la po&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il y aurait des tours, mais ce seraient aussi des tours, des mottes de terre comme celles qu'on lan&#231;ait quand la chasse aux cerises &#233;tait ouverte, pour savoir s'il y avait quelqu'un pr&#232;s du cerisier. On bombardait l'arbre de mottes de terre avant le chapardage, et on ne se demandait pas si le mot venait du latin ou du gaulois (ou de plus haut si c'&#233;tait possible). L'enfant a plus d'un tour dans son sac, plus d'une tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il soit d&#233;niquoiseau ou voleur de cerises, il faut voir comme il escalade les ab&#238;mes. Le nain grimpe au g&#233;ant, comme chez Hugo et sans l'avoir jamais lu, il a vite fait de passer de la motte au monticule, puis &#224; la cha&#238;ne de montagne. C'est l&#224; que nous le retrouvons, occup&#233; &#224; baratter le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; notre tour de questionner, de nous demander quelle &lt;i&gt;chavande&lt;/i&gt; on dresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec quels rondins de bois, quelles dosses de sapin fournies par les scieries locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ne pas nous le demander.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est un b&#251;cher constitu&#233; de palettes empil&#233;es, autour duquel on dansera. Dans les Vosges et &#224; la Saint-Jean.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous ne nous demanderons pas non plus quel g&#226;teau on pr&#233;pare, en versant une p&#226;te liquide sur une broche. Quel g&#226;teau &#224; la broche cuit au feu de chemin&#233;e. Quel &lt;i&gt;Baumkuchen,&lt;/i&gt; comme on l'appelle en Allemagne, quel &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;g&#226;teau arbre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (du fait de son int&#233;rieur qui &#233;voque les cernes d'un tronc, et rappelle qu'on n'est jamais tr&#232;s loin, dans ces montagnes, du solstice).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous dirons seulement que les cernes d'un tronc, c'est la m&#233;moire de l'arbre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De m&#234;me ici, avec ces pi&#232;ces tourn&#233;es, c'est un peu cela qui appara&#238;t. La gen&#232;se, l'origine. Au moment o&#249; la pi&#232;ce est finie -finie d'&#234;tre tourn&#233;e, et avant d'&#234;tre d&#233;croch&#233;e de sa motte. Il se produit comme une r&#233;v&#233;lation. Sous toutes nos assiettes, bols, objets tourn&#233;s, dit Florian de la Salle, il y a la partie immerg&#233;e de l'iceberg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette motte garde en m&#233;moire le travail du geste, des coulures, du fa&#231;onnage. Ce qui manque sous tous nos objets. Notre obsession a effac&#233; le geste, le mouvement, le vivant. Encore une fois, j'ai souhait&#233; rendre visible ce qui &#233;tait cach&#233;, conclut Florian de la Salle, ce qui faisait sens pour moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ici la pi&#232;ce tourn&#233;e est ce petit cylindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denis Montebello, 2018&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/FdlSalle_DMontebello_quinze_piece_a_ce_jour_2018.pdf'&gt;&gt; t&#233;l&#233;charger le texte int&#233;gral&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Artefact</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Artefact-45962</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Artefact-45962</guid>
		<dc:date>2019-12-12T15:02:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Montebello</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;De quel artefact parle-t-on&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Du mot ou de la chose&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? D'un terme qui a chez nous un si&#232;cle &#224; peine, deux en Angleterre, ou de ces choppers qui sont les premiers objets fa&#231;onn&#233;s par l'homme&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les premiers &#224; nous &#234;tre parvenus, car il y a certainement eu des tentatives avant, sur des mati&#232;res p&#233;rissables, v&#233;g&#233;tales ou animales, mais il n'en reste rien, pas la moindre trace. Des galets am&#233;nag&#233;s (par percussion et enl&#232;vement de quelques &#233;clats, de mani&#232;re &#224; cr&#233;er une ar&#234;te tranchante) qui ont&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-27394" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De quel artefact parle-t-on&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Du mot ou de la chose&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? D'un terme qui a chez nous un si&#232;cle &#224; peine, deux en Angleterre, ou de ces &lt;i&gt;choppers&lt;/i&gt; qui sont les premiers objets fa&#231;onn&#233;s par l'homme&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les premiers &#224; nous &#234;tre parvenus, car il y a certainement eu des tentatives avant, sur des mati&#232;res p&#233;rissables, v&#233;g&#233;tales ou animales, mais il n'en reste rien, pas la moindre trace. Des galets am&#233;nag&#233;s (par percussion et enl&#232;vement de quelques &#233;clats, de mani&#232;re &#224; cr&#233;er une ar&#234;te tranchante) qui ont 2,5 millions d'ann&#233;es. Et je ne parle pas des pierres-outils de Lomekwi, non loin du lac Turkana, au Kenya, &#226;g&#233;es de 3,3 millions d'ann&#233;es, elles montrent qu'avant l'apparition d'Homo, des hominines taillaient d&#233;j&#224; des outils en pierre. Aujourd'hui, je parle de Florian de la Salle et de ses p&lt;i&gt;ierres de foudre&lt;/i&gt;&#160;: j'en parle avec ses mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Cet artefact qui est arriv&#233; entre vos mains a un nom, m'&#233;crit-il, c'est p&lt;i&gt;ierre de &lt;/i&gt;&lt;i&gt;foudre&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les Grecs sont les premiers &#224; d&#233;crire les silex, pierre polie... Ils pensaient que c'&#233;tait des pierres tomb&#233;es du ciel envoy&#233;es par les dieux par le moyen des orages, d'ou p&lt;i&gt;ierre de foudre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Donc il pensaient ces objets contemporains, anhistoriques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; p&lt;i&gt;ierre de foudre&lt;/i&gt; est devenu un nom plus scientifique, li&#233; &#224; un ph&#233;nom&#232;ne&#160;: lorsque l'orage tombe sur une pierre siliceuse, l'&#233;nergie lib&#233;r&#233;e fait fondre dans la roche et produit du verre naturel amorphe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mes &lt;i&gt;pierres de foudre&lt;/i&gt; sont r&#233;alis&#233;es avec de la porcelaine recycl&#233;e. Les empreintes de mains sont dues au p&#233;trissage qui permet d'enlever les bulles d'air. Une fois s&#232;ches, les &#034;pierres&#034; sont cuites &#224; haute temp&#233;rature au four &#224; gaz (1380&#176;C). Puis elles sont taill&#233;es en diff&#233;rents outils coupants. L'entrechoquement de deux pierres en porcelaine cr&#233;e des &#233;tincelles (triboluminescence) ainsi qu'une odeur tr&#232;s particuli&#232;re de pierre chaude. Une vitrification apparente sur certaines de ces pierres vient de la pr&#233;sence de d&#233;floculant en trop grande concentration dans la terre (la terre de recyclage vient essentiellement de terre de coulage qui contient des d&#233;floculants).&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si je lui demande ce que ces pierres signifient, voici ce que Florian de la Salle r&#233;pond&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ces pierres ne sont pas des all&#233;gories&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elles ne signifient rien d'autre que ce qu'elles sont. Sous leur forme vivante elles laissent percevoir leur construction, ce qui &#233;loigne toute illusion. En tant que sculpteur, je vois le monde au prisme du geste. Et pourtant le myst&#232;re de la pr&#233;sence des choses reste inalt&#233;rable. Je suis donc sensible &#224; ces indices, aussi fins qu'ils puissent &#234;tre. Et le monde me para&#238;t plus intelligible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Une grotte aux parois d'horizons&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce titre est celui d'un travail de chromatographie sur papiers buvard (&lt;i&gt;Farbe &lt;/i&gt;&lt;i&gt;macht Feuer - C'est la couleur qui fait le feu&lt;/i&gt; - chromatographie que je r&#233;alise sur porcelaine, le titre est un emprunt au vers de Novalis &lt;i&gt;Licht macht Feuer&lt;/i&gt;), r&#233;alis&#233;entre 2016 et 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je commence par dissoudre un sel dans de l'eau jusqu'&#224; saturation. Puis je pr&#233;pare 10 r&#233;cipients dans lesquels je dilue la solution initiale, en diminuant la concentration en sel par paliers de 10%. Les r&#233;cipients sont remplis de mani&#232;re &#224; ce que l'objet tremp&#233; ne soit immerg&#233; que d'un centim&#232;tre. Quand tout est pr&#234;t, j'immerge les pi&#232;ces, des cylindres, des plaquettes, voire des buvards pour une s&#233;rie exp&#233;rimentale en papier. Je laisse alors remonter la solution par capillarit&#233;, dans un temps d&#233;termin&#233;. Je note le temps du bain. Apr&#232;s cuisson j'identifie les zones de recherche &#224; retravailler afin d'obtenir un balayage le plus fin possible. Ainsi de suite jusqu &#224; avoir les r&#233;sultats &#8220;attendus&#8221;. Alors je recommence en changeant les conditions de cuissons, de papiers, ou bien je choisis un nouveau sel.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour parler de ce qui &#233;chappe &#224; l'histoire, les arch&#233;ologues ont une expression, emprunt&#233;e &#224; Buffon, c'est &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;le sombre ab&#238;me du temps&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. C'est le titre qu'a donn&#233; &#224; son livre l'un d'eux, Laurent Olivier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ces trois buvards, je les regarde comme des sympt&#244;mes. Comme les sympt&#244;mes d'une m&#233;moire qui continue &#224; travailler le pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je voyage aussi avec eux, je remonte &#224; l'origine. Avec l'espoir de toucher &#224; la v&#233;rit&#233;, de la toucher. Cette couleur qui est d'abord, selon l'&#233;tymologie, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ce qui cache&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Autrement dit r&#233;v&#232;le. Un espoir que Florian de la Salle entretient comme un feu&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La particularit&#233; du travail sur porcelaine est l'action du feu pour rendre visible les couleurs qui ne l'&#233;taient pas pendant la remont&#233;e par capillarit&#233;. Une mani&#232;re de reproduire les couleurs du ciel ou encore celle des grottes, falaises, montagnes que j'arpentais pendant mon adolescence, quand je r&#234;vais d'&#234;tre guide de haute-montagne. Du rouge, rose, jaune... du gr&#232;s des Vosges, le gris, jaune, brun des falaises de calcaire de Ceu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?se ou encore le rouge du massif des Aiguilles Rouges...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les trois buvards que je vous envoie, sont r&#233;alis&#233;s &#224; partir de couleur noire industrielle. La remont&#233;e par capillarit&#233; d&#233;compose la couleur elle-m&#234;me compos&#233;e de couleurs. Le noir dispara&#238;t pour laisser appara&#238;tre les couleurs qui le composent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une citation de Maldiney qui me parle beaucoup&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; '' Le rayonnement de la couleur engendre une figure dont l'existence pr&#233;c&#232;de la d&#233;finition de son contour. ''&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce n'est peut-&#234;tre pas la cueillette esp&#233;r&#233;e, la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;belle page de terre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; dont r&#234;vait le po&#232;te, qu'il lit si souvent dans ses r&#234;ves, mais c'est la promesse de traces, de vestiges o&#249; mettre ses pas, ses mots. Un &lt;i&gt;&#233;largissement du po&#232;me,&lt;/i&gt; pour parler comme Jean-Christophe Bailly. D'un po&#232;me qui d&#233;borderait du cadre, exc&#232;derait les limites du po&#232;me, ferait trembler puis dispara&#238;tre les parois de la grotte, repousserait la fronti&#232;re jusqu'&#224; l'horizon, un horizon &#224; la fois proche et inatteignable. Comme la v&#233;rit&#233; que je croyais saisir avec cette &lt;i&gt;Pierre de foudre&lt;/i&gt;. Quelque chose qui &lt;i&gt;&#233;tonne&lt;/i&gt;. Et qui &lt;i&gt;&#233;largisse&lt;/i&gt; les prisonniers que nous sommes. Qui les lib&#232;re des apparences. De la forme. De l'avoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je consid&#232;re cette p&lt;i&gt;ierre de foudre&lt;/i&gt; comme un objet-m&#233;moire. Je renonce, m&#234;me quand je la tiens dans ma main, surtout quand je la tiens dans ma main, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#224; cette esp&#233;rance d'un pass&#233; enfin saisissable en tant que tel, pour (me) laisser engloutir dans la bouche d'ombre o&#249; ont &#233;t&#233; pr&#233;cipit&#233;s les temps anciens.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Laurent Olivier op. cit.) Je prends, en la prenant dans ma main, le risque de me perdre dans &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;le sombre ab&#238;me du temps&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denis Montebello, 2018&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/FdlSalle_DMontebello_artefact_2018.pdf'&gt;&gt; t&#233;l&#233;charger le texte int&#233;gral&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
