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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>&#192; propos de l'exposition Jour Blanc</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/A-propos-de-l-exposition-Jour-Blanc</link>
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		<dc:date>2018-05-15T15:13:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chlo&#233; Grondeau</dc:creator>



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&lt;p&gt;Longtemps pr&#233;sent&#233; de fa&#231;on exclusive au travers d'oeuvres filmiques, le travail de Julie Chaffort trouve un nouveau souffle en la proposition monographique Jour Blanc, restitution d'une r&#233;sidence men&#233;e &#224; Clark, centre d'art montr&#233;alais. Op&#233;r&#233;e par une pratique explos&#233;e et nouvellement prot&#233;iforme, cette mutation prend corps dans l'espace de la galerie et se mat&#233;rialise sous forme d'une installation &#224; la dimension plus objectale, au coeur de laquelle se m&#234;lent films et enregistrements&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27240" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Longtemps pr&#233;sent&#233; de fa&#231;on exclusive au travers d'oeuvres filmiques, le travail de Julie Chaffort trouve un nouveau souffle en la proposition monographique &lt;i&gt;Jour Blanc,&lt;/i&gt; restitution d'une r&#233;sidence men&#233;e &#224; Clark, centre d'art montr&#233;alais. Op&#233;r&#233;e par une pratique explos&#233;e et nouvellement prot&#233;iforme, cette mutation prend corps dans l'espace de la galerie et se mat&#233;rialise sous forme d'une installation &#224; la dimension plus objectale, au coeur de laquelle se m&#234;lent films et enregistrements sonores, imagin&#233;s comme moyens de penser son lien &#224; la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les portes du centre montr&#233;alais pass&#233;es, le regard du visiteur peut appr&#233;cier d&#232;s lors le processus installatif parmi lequel Julie Chaffort l'invite &#224; &#233;voluer d'une pi&#232;ce &#224; l'autre. S'assoir, se pencher, faire face puis dos aux &#339;uvres, la circulation du corps engag&#233; dans l'exp&#233;rience monstratoire semble r&#233;sulter d'un calcul quasi chirurgical qui s'op&#232;re d&#232;s l'entr&#233;e de &lt;i&gt;Jour Blanc&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition se d&#233;ploie au coeur d'une salle obscure ayant pour seule source lumineuse une vid&#233;o &#233;ponyme venu fendre son intimit&#233;, et laisser d&#233;couvrir les contours d'une oeuvre rest&#233;e parcellaire. Dans l'espace, un socle coiff&#233; d'une platine vinyle et une enceinte boudeuse condamn&#233;e &#224; occuper le &#8220;coin&#8221;. Le premier redonnant vie &#224; des sons d'animaux tel le phonographe d'Ambrose Bierce&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Phonographe&#160;: Jouet irritant qui redonne vie &#224; des bruits morts&#160;&#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, la seconde diffusant la plainte sourde d'un dr&#244;ne, actif participant &#224; l'inconfort des h&#244;tes de ces lieux. Situ&#233; au centre de la galerie, un banc contribue par sa pr&#233;sence &#224; organiser le white cube autour d'une tension entre la pi&#232;ce vid&#233;ographique et les autres composantes, tel un v&#233;ritable espace sc&#233;nique dessinant le tout comme des possibles autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au coeur du triptyque, Julie Chaffort invite le regardeur &#224; observer la nature comme th&#233;&#226;tre de ses projections fantasm&#233;es. En son centre, une for&#234;t verdoyante alt&#233;r&#233;e et alternant un inqui&#233;tant cach&#233;/montr&#233; au moyen d'une &#233;paisse fum&#233;e noir. &#192; sa gauche, et venues enrichir cette vision post apocalyptique, une Bailaora &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nom espagnol qui d&#233;signe une danseuse de flamenco.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, une femme mill&#233;naire et une chanteuse lyrique, telles des figures semblant mu&#233;es dans l'intemporel, prises au pi&#232;ge et mal men&#233;es par la force invisible d'un &#201;ole &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans la mythologie grecque, &#201;ole est le ma&#238;tre et le r&#233;gisseur des vents.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; fac&#233;tieux. &#192; sa droite, un tourne-disque &#224; l'allure enfantine, tr&#244;nant seul, en pleine nature, et g&#233;n&#233;rant de troublants hurlements de loups, ou comment faire &#233;couter des cris d'animaux morts &#224; une nature vivante &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En r&#233;f&#233;rence au titre de l'&#339;uvre de Joseph Beuys, Comment expliquer les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. L'&#339;uvre &#233;ponyme diffus&#233;e ainsi en boucle, devenu l'&#233;crin d'un paysage pluriel o&#249; prend place la folie, mise en lumi&#232;re par l'incessant et flirtant avec la complexe avenue de dessiner l'absence sous de tangibles traits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jour blanc&lt;/i&gt; se r&#233;v&#232;le comme contours d'un volume r&#233;el et virtuel, un terrain fertile au jeu de l'invisible rendu visible et des apparitions sonores devenues palpables. Des images et sons organiques aux motifs obs&#233;dants, pris dans un mouvement de boucle infinie, miroir d'une folie et capables de redonner vie &#224; l'absent, condamn&#233;s &#224; se r&#233;p&#233;ter tel Sisyphe et son rocher &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Mythe de Sisyphe, Alberts Camus, 1942.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;
. Et si l'artiste d&#233;finit un cadre avant d'en abreuver le contenant, les sens des visiteurs se voient malmen&#233;s de sons se d&#233;robant partiellement de leurs faiseurs. Chant et hurlements venus colorer ce que le visuel nous donne &#224; voir, repoussant le &#8220;canevas&#8221; qui leur est imparti. Le regardeur entre ainsi au coeur d'une proposition installative peupl&#233;e d'entit&#233;s fonctionnant en circuit ferm&#233;, &#224; la fois autophages et auto-g&#233;n&#233;ratrices. Les images des uns se nourrissant des sons des autres, apportant une nouvelle lecture &#224; l'unique et au tout. Loin de ce qui pourrait approcher un processus soustractif menant, de par ces juxtapositions, &#224; l'effacement du sujet, l'intelligibilit&#233; de l'&#339;uvre ne cesse ici de proposer des valeurs ajout&#233;es, telles des strates &#224; la lisibilit&#233; plurielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, si l'intellect et le sensible de Julie Chaffort s'exprime au travers des familiers de l'art contemporain, la plasticienne rel&#232;ve &#233;galement de l'ailleurs. Celui qui lui permit de construire son identit&#233; au moyen de codes cin&#233;matographique et th&#233;&#226;traux. Berc&#233;e de r&#233;f&#233;rences, l'installation &lt;i&gt;Jour blanc,&lt;/i&gt; comme l'ensemble de son travail, cristallise l'attrait de la jeune femme pour les &#339;uvres de l'esprit puis&#233;es au coeur du corpus d'illustres penseurs tels Pascal Quignard, Roy Andersson, Apichatpong Weerasethakul, ou encore Aki Kaurism&#228;ki. Il n'est d'ailleurs pas surprenant de d&#233;couvrir que cette proposition doit son nom au po&#232;me &lt;i&gt;Jour Blanc&lt;/i&gt;, d'Arseni Tarkovski &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P&#232;re du r&#233;alisateur Andre&#239; Tarkovski&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; (1942), traduisant parfaitement l'&#233;tat de l'artiste, alors enfant, lors de ses premiers contacts avec la nature. R&#233;v&#233;lateur d'un &#233;tat-moment int&#233;rieur, &lt;i&gt;Jour blanc&lt;/i&gt; am&#232;ne le visiteur &#224; mirer son enfance, peupl&#233;e de mondes parall&#232;les oniriques et empreinte d'un paysage chaotique garant de tous les possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Install&#233; face au triptyque, le court-m&#233;trage &lt;i&gt;Pas un bruit&lt;/i&gt; apporte une posture plus intime &#224; l'ensemble. Le visiteur, contraint de tourner le dos &#224; la composition et de s'isoler au moyen d'&#233;couteurs, afin d'en r&#233;v&#233;ler pleinement le contenu. Deuxi&#232;me pi&#232;ce vid&#233;ographique pr&#233;sent&#233;e, celle-ci fait figure de pr&#233;c&#233;dent. Tourn&#233;e en 2013 mais mont&#233; quelques mois avant la venue de l'artiste en terre canadienne, cet objet filmique met en lumi&#232;re les pr&#233;misses des changements pr&#233;sents aujourd'hui dans son oeuvre, en usant d'une narration cont&#233;e et po&#233;tique. Habitu&#233;e &#224; travailler au moyen de complexes mises en sc&#232;ne accessoiris&#233;es, Julie Chaffort op&#232;re un d&#233;placement pour tendre &#224; l'esssence(tiel). Le propos. Nu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/Chlo&#233;%20Grondeau_JourBlanc_2014.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&gt; T&#233;l&#233;charger le texte (pdf)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Phonographe&#160;: Jouet irritant qui redonne vie &#224; des bruits morts&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Le dictionnaire du diable,&lt;/i&gt; Ambroise Bierce.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Nom espagnol qui d&#233;signe une danseuse de flamenco.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Dans la mythologie grecque, &#201;ole est le ma&#238;tre et le r&#233;gisseur des vents.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;En r&#233;f&#233;rence au titre de l'&#339;uvre de Joseph Beuys, &lt;i&gt;Comment expliquer les tableaux &#224; un li&#232;vre,&lt;/i&gt; 1965.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;i&gt;Le Mythe de Sisyphe,&lt;/i&gt; Alberts Camus, 1942.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;P&#232;re du r&#233;alisateur Andre&#239; Tarkovski&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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