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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Entretien</title>
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		<dc:date>2024-07-08T07:39:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex Chevalier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Photographe, Pierre-Lin Reni&#233; consid&#232;re l'espace de la publication comme un espace potentiel de monstration dans lequel son travail prend place. L'artiste produit depuis plusieurs ann&#233;es maintenant une collection d'images qui ne sont li&#233;es, ni par leur sujet, ni par leur r&#233;cit ou leur espace-temps, mais bien par leur h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;, le tout formant une base dans laquelle il pioche pour r&#233;aliser son &#339;uvre. Dans cet entretien, r&#233;alis&#233; &#224; la fin de l'automne 2021, nous revenons notamment sur le&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photographe, Pierre-Lin Reni&#233; consid&#232;re l'espace de la publication comme un espace potentiel de monstration dans lequel son travail prend place. L'artiste produit depuis plusieurs ann&#233;es maintenant une collection d'images qui ne sont li&#233;es, ni par leur sujet, ni par leur r&#233;cit ou leur espace-temps, mais bien par leur h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;, le tout formant une base dans laquelle il pioche pour r&#233;aliser son &#339;uvre. Dans cet entretien, r&#233;alis&#233; &#224; la fin de l'automne 2021, nous revenons notamment sur le rapport qu'entretient l'artiste &#224; la photographie, au quotidien, &#224; l'auto-&#233;dition et &#224; l'histoire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alex Chevalier&#160;: Pierre-Lin, pourrions-nous dans un premier temps revenir sur ta pratique de la photo&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Elle me semble constitutive de la fa&#231;on dont ton travail se construit et surtout, de ton rapport &#224; l'&#233;dition.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre-Lin Reni&#233;&#160;: Comme beaucoup de personnes de ma g&#233;n&#233;ration (je suis n&#233; en 1966), j'ai appris la photographie dans le cadre familial. L'un de mes oncles &#233;tait photographe amateur, de fa&#231;on tr&#232;s investie et s&#233;rieuse. Il a su comprendre que cela pouvait m'int&#233;resser, et m'a offert un petit appareil de type Instamatic quand j'avais dix ans&#160;&#8211; j'en avais achet&#233; un l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, encore plus rudimentaire, mais il pensait qu'il me fallait mieux. Nous nous retrouvions au moins chaque &#233;t&#233; chez ma grand-m&#232;re, et nous discutions longuement en regardant nos photographies et des magazines sp&#233;cialis&#233;s. Cela a &#233;t&#233; d&#233;terminant, et a stimul&#233; le go&#251;t de l'observation que j'avais commenc&#233; &#224; d&#233;velopper naturellement. Apr&#232;s deux ans en histoire de l'art &#224; l'universit&#233;, j'ai rejoint l'&#201;cole Nationale de la Photographie &#224; Arles. Ce furent trois ann&#233;es intenses et enthousiasmantes de formation, au sens le plus fort du terme. Mais apr&#232;s mon dipl&#244;me en 1989, je me suis trouv&#233; dans une impasse&#160;: je ne voyais pas d'issue en dehors de ce qui venait d'appara&#238;tre &#224; l'&#233;poque, une photographie &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;forme tableau&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, souvent mise en sc&#232;ne, alors que cette pratique ne m'int&#233;ressait pas personnellement, m&#234;me si j'en mesurais les qualit&#233;s. Une quinzaine d'ann&#233;es d'interruption suivirent, durant lesquelles j'ai eu une pratique &#233;pisodique de volumes et d'assemblages, n&#233;cessaire et qui reste un moment important, mais qui s'est effiloch&#233;e d'elle-m&#234;me. &lt;br class='manualbr' /&gt;&#192; la faveur d'un s&#233;jour de six mois &#224; New York en 2004, j'ai achet&#233; l'un de ces petits appareils num&#233;riques qui &#233;taient encore nouveaux, et je me suis remis &#224; photographier, dans cette ville que je connaissais un peu, mais mal, et o&#249; tout apparaissait sous le jour excitant de la nouveaut&#233;. Je retrouvais l&#224; un plaisir et une insouciance &#224; regarder le monde et &#224; l'enregistrer sous forme d'images, sans autre pr&#233;tention que celle de l'amateur &#8211; l&#224; aussi au sens fort &#8211; d&#233;gag&#233; de tout imp&#233;ratif de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;projet&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Au retour en France, j'ai continu&#233;, non sans &#234;tre troubl&#233; par la grande h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; de ce que je photographiais. Apr&#232;s avoir accumul&#233; plusieurs centaines d'images, j'ai d&#233;cid&#233; que cela allait devenir un travail artistique. Mais au lieu de r&#233;duire le champ, de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;trouver un sujet&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui finirait peut-&#234;tre par &#233;merger de cette masse, j'ai au contraire d&#233;cid&#233; de l'ouvrir au maximum. Au moins potentiellement, je voudrais pouvoir tout photographier &#8211; en tout cas, d&#232;s lors que cela a lieu dans l'espace public au sens large, un espace partag&#233; et qui nous concerne donc collectivement. Tout peut faire image. Tout, sans hi&#233;rarchie, de fa&#231;on d&#233;mocratique, pour reprendre la belle expression de William Eggleston. Et sans hi&#233;rarchie m&#234;me &#224; l'int&#233;rieur de chaque image&#160;: dans le plan rabattu du cadre photographique, tout devient visible, et tout rev&#234;t une importance &#233;gale. La photographie est un merveilleux moyen pour d&#233;crire le monde, ce qui est une partie de mon ambition. Cela implique que les images soient nettes, claires, souvent frontales, dans la tradition du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;style documentaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; h&#233;rit&#233; de Walker Evans, et en couleur. Cette diversit&#233; affirm&#233;e des sujets est aussi une fa&#231;on de r&#233;investir les grands genres de la photographie, dans toute la complexit&#233; et l'&#233;tendue de son histoire, y compris celle de la photographie amateur de mon enfance, bien s&#251;r. &lt;br class='manualbr' /&gt;Puisque le sujet n'&#233;tait plus un crit&#232;re, il fallait choisir au moins un param&#232;tre de classement pertinent qui soit ext&#233;rieur &#224; l'image. J'ai commenc&#233; &#224; organiser mon corpus en planches portant chacune la date de prise de vue. C'est une fa&#231;on simple d'ancrer chaque image dans une exp&#233;rience commune. Cela me permet de les ranger, non pas chronologiquement, mais en tenant seulement compte des jours et des mois, en m&#233;langeant les ann&#233;es &#8211; tous les 6&#160;d&#233;cembre ensemble, suivis de tous les 7&#160;d&#233;cembre, etc. Ce jeu sur la temporalit&#233; et ses r&#233;currences est une autre des lignes du travail. Cette forme de planche (une image bord&#233;e de marges, un texte centr&#233; en dessous) est issue du monde de l'&#233;dition, en particulier de la tradition de l'estampe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment en es-tu arriv&#233; &#224; d&#233;velopper ton travail sous la forme d'&#233;ditions&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s mes &#233;tudes, j'ai travaill&#233; longuement au mus&#233;e Goupil, sp&#233;cialis&#233; dans l'&#233;dition d'art au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, estampe, photographie, livres et revues illustr&#233;s. C'est une collection passionnante, et j'ai beaucoup appris durant ces ann&#233;es. J'ai con&#231;u plusieurs expositions et publi&#233; des &#233;tudes sur ces d&#233;buts de la production industrielle des images, moment clef qui r&#233;sonne encore aujourd'hui. Cela m'a ouvert &#224; nouveau les yeux sur une caract&#233;ristique fondamentale de la photographie, sa multiplicit&#233;. Elle a eu tendance &#224; &#234;tre gomm&#233;e, en particulier dans les ann&#233;es 1990, o&#249; l'acceptation de la photographie sur la sc&#232;ne et le march&#233; de l'art contemporain s'est faite en affirmant &#224; la fois sa raret&#233; et son autonomie de tableau, non sans lourdeur ni autoritarisme, au d&#233;triment de sa capacit&#233; &#224; se multiplier, en une forme l&#233;g&#232;re et volante. Impr&#233;gn&#233; de cette histoire des images produites en nombre, j'ai eu l'intuition de la r&#233;actualiser avec mes propres photographies. Ce moment correspondait &#224; l'essor d'internet, les images se mettant &#224; circuler de plus en plus vite, et aussi au d&#233;clin de la photographie argentique et aux d&#233;veloppements de l'impression num&#233;rique &#224; jet d'encre. L'image photographique devenait encre et papier, renouant avec des exp&#233;rimentations du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Depuis toujours, elle est li&#233;e &#224; l'&#233;dition et &#224; l'imprim&#233; &#8211; c'est m&#234;me cela qui a dirig&#233; les recherches de son inventeur, Nic&#233;phore Ni&#233;pce. Les planches que j'&#233;voquais pr&#233;c&#233;demment ne font que reprendre des formules d'apparition des photographies en vigueur dans les ann&#233;es 1850, calqu&#233;es sur celles de l'estampe. &lt;br class='manualbr' /&gt;Le travail au mus&#233;e, puis sur mes propres images, a suscit&#233; un regain d'int&#233;r&#234;t pour des questions que j'avais d&#233;laiss&#233;es&#160;: les &#233;ditions d'artistes, particuli&#232;rement de la mouvance conceptuelle des ann&#233;es 1960-70, le livre d'artiste et le livre de photographies, le multiple&#8230; Tout cela a &#233;clair&#233; ma pratique. D&#232;s le d&#233;but, il y a eu aussi la certitude que chaque image peut appara&#238;tre sous une grande quantit&#233; de formes &#8211; de formats, de supports, isol&#233;e ou assembl&#233;e avec d'autres, dans un montage ou une s&#233;quence&#8230; Elle n'est certainement pas condamn&#233;e &#224; une apparition unique qui disqualifierait toutes les autres, r&#233;duite &#224; un format et un support qui en seraient la r&#233;solution ultime, comme c'est le cas avec la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;forme tableau&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Je crois au contraire que le potentiel de r&#233;sistance de la photographie r&#233;side dans sa capacit&#233; &#224; se multiplier. Elle est d&#233;sesp&#233;r&#233;ment plate, pauvre, fragile&#8230; elle n'existe pas tant qu'elle n'a pas trouv&#233; un support sur lequel se fixer&#8230; mais en contrepartie, elle est fluide &#8211; liquide, m&#234;me, pouvant se couler &#224; peu pr&#232;s n'importe o&#249;, dot&#233;e de cette force extraordinaire d'appara&#238;tre simultan&#233;ment o&#249; bon lui semble, de se glisser sous la porte et de rentrer m&#234;me l&#224; o&#249; elle n'est pas invit&#233;e. J'ai simplement d&#233;cid&#233; de mettre &#224; profit cette remarquable puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un entretien datant de 2015 r&#233;alis&#233; avec Didier Arnaudet, tu y expliques un rapport &#224; l'&#233;dition qui m'est cher et que nous partageons, tu dis du livre qu'il est &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;comparable &#224; un espace d'exposition &#8211; un espace d'exposition transportable, manipulable, produit en nombre, et appropriable par chacun &#224; faible co&#251;t.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Pourrions-nous justement revenir sur ta conception du livre d'artiste et la place qu'il prend dans ta d&#233;marche&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sol LeWitt est un artiste qui compte beaucoup pour moi, sur bien des plans, et ses livres font partie de ceux que je regarde r&#233;guli&#232;rement. Il m'est m&#234;me arriv&#233; de mesurer les marges de certains d'entre eux, pour mieux saisir comment les images occupent la page. &#192; mon sens, personne n'a expos&#233; mieux que lui les caract&#233;ristiques et avantages du livre d'artiste. C'est un court texte paru dans &lt;i&gt;Art-Rite&lt;/i&gt; en 1976 &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sol LeWitt, &#034;Statement on Artists' Books&#034;, Art-Rite Magazine, janvier 1976. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, si concis, si dense, si pr&#233;cis&#8230; vraiment admirable. En une dizaine de lignes seulement, il affirme plusieurs points avec lesquels je suis en total accord&#160;: l'id&#233;e d'un espace autonome, transportable, qui s'ouvre et se ferme &#224; volont&#233;, proposant une s&#233;quence sans l'imposer (le lecteur conserve la libert&#233; de sauter des pages, ou de revenir en arri&#232;re), publi&#233; en quantit&#233;, et qui ne co&#251;te pas n&#233;cessairement cher, ni &#224; produire, ni &#224; acqu&#233;rir. Tout ceci fait du livre un outil incomparable, non seulement pour reproduire et diffuser un travail, mais plus fondamentalement pour lui donner une forme.&lt;br class='manualbr' /&gt;J'ai r&#233;alis&#233; mon premier livre en 2011, apr&#232;s l'exp&#233;rience d'une premi&#232;re exposition en galerie, avec toute la lourdeur de production que cela implique, m&#234;me si elle restait raisonnable. J'y voyais une alternative pour continuer &#224; travailler, de fa&#231;on autonome et plus souple, en explorant plus en profondeur ce caract&#232;re multiple de la photographie si important &#224; mes yeux. Depuis, il y en a eu une dizaine, certains tr&#232;s denses (&lt;i&gt;D'autres jours&lt;/i&gt; comporte deux volumes de 734 pages, accompagn&#233;s d'un cahier de textes), d'autres assez l&#233;gers (souvent une trentaine de pages, jusqu'&#224; &lt;i&gt;Arracher les ronces&lt;/i&gt;, un simple A3 pli&#233; en deux, soit quatre pages). Il y a aussi des publications autres que des livres&#160;: cartes, posters, d&#233;pliants&#8230; Elles r&#233;pondent souvent &#224; une vieille marotte&#160;: &#233;laborer une forme qui ait sa place aussi bien dans les rayonnages d'une biblioth&#232;que que sur un mur, que l'on puisse ouvrir, d&#233;plier et manipuler assis &#224; une table, ou contempler une fois expos&#233;e. C'est le cas de &lt;i&gt;[minutes]&lt;/i&gt;, des d&#233;pliants-posters publi&#233;s depuis 2016. Chacun rassemble une suite de photographies prises sur quelques minutes, dans une grille de mise en page et des pliages variables. &lt;br class='manualbr' /&gt;Tout ceci est possible du fait des technologies num&#233;riques, permettant d'imprimer avec une qualit&#233; standard et de petits tirages, de l'ordre d'une centaine d'exemplaires, &#224; des co&#251;ts assez r&#233;duits. Les supports num&#233;riques eux-m&#234;mes m'int&#233;ressent aussi, en particulier les plateformes de blogs ou de r&#233;seaux sociaux. Leurs fortes contraintes permettent paradoxalement de s'y couler ais&#233;ment, et ils offrent une imm&#233;diatet&#233; stimulante &#8211; publication et diffusion confondues en un seul geste &#8211;, m&#234;me si leur port&#233;e est parfois illusoire. &lt;i&gt;D'autres jours&lt;/i&gt; a d'abord exist&#233; sur Tumblr. Durant deux ans, chaque jour, j'ai post&#233; une photographie prise le m&#234;me jour, mais lors d'une ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente &#8211; une sorte d'almanach r&#233;trospectif, qui est toujours en ligne. Tr&#232;s vite, j'ai eu conscience que cette aventure trouverait un prolongement imprim&#233;, et que se construisait &#233;galement l&#224; le chemin de fer d'un livre. Mais au lieu d'y travailler intens&#233;ment sur un laps de temps donn&#233;, comme cela se produit d'ordinaire, cela avait lieu sur deux ann&#233;es, entra&#238;nant une dilution des choix &#224; op&#233;rer, en les remettant en jeu chaque jour durant un bref moment. &#201;tirer ainsi la dur&#233;e du travail le rendait perm&#233;able &#224; tout le quotidien &#8211; les &#233;v&#233;nements du jour, l'humeur, la m&#233;t&#233;orologie, etc. &#8211; jouant sur la temporalit&#233; d'une autre fa&#231;on encore. Je r&#233;fl&#233;chis actuellement &#224; la fa&#231;on dont publier autrement la longue s&#233;quence figurant d&#233;j&#224; sur mon compte Instagram, &lt;i&gt;Delay Included&lt;/i&gt;, que je consid&#232;re l&#224; encore comme un travail &#224; part enti&#232;re, men&#233; depuis 2017. Mais je ne crois pas que cela sera un livre cette fois-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a aussi un autre aspect de ton travail qui m'interpelle, le fait que tu r&#233;alises tout toi-m&#234;me, de la conception &#224; la r&#233;alisation, en passant par la distribution. Il y a quelque chose de tr&#232;s li&#233; au Do It Yourself dans tout &#231;a. Est-ce que cela semble important &#224; tes yeux, en tant qu'artiste (et &#233;diteur), de maitriser chaque maillon de la cha&#238;ne &#233;ditoriale&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disons que j'ai un certain go&#251;t pour la solitude et l'autonomie&#8230;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais plus qu'une volont&#233; de ma&#238;trise, c'est surtout le choix d'utiliser des moyens assez ordinaires, &#224; ma port&#233;e. L'une des grandes br&#232;ches ouvertes par la g&#233;n&#233;ration de l'art conceptuel a &#233;t&#233; de montrer que l'on peut produire de l'art en faisant &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;comme tout le monde&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Robert Smithson et Douglas Huebler utilisaient un Instamatic, l'appareil de la photo de famille par excellence, et donnaient leurs pellicules &#224; d&#233;velopper au laboratoire du coin. C'&#233;tait une rupture radicale avec les usages &#233;tablis de la photographie &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;artistique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;professionnelle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Je me reconnais dans cette position, et j'y retrouve aussi le caract&#232;re d'une pratique amateur qui m'est ch&#232;re, comme je l'ai d&#233;j&#224; indiqu&#233;. Pour les &#233;ditions, je n'utilise pas de mat&#233;riel sophistiqu&#233;, et je recours &#224; des services d'impression num&#233;rique en ligne, offrant une qualit&#233; standard &#224; prix modiques. Je travaille en ce moment &#224; la conception d'une publication p&#233;riodique tr&#232;s l&#233;g&#232;re que j'imprimerai moi-m&#234;me, sur mon imprimante jet d'encre domestique on ne peut plus ordinaire, fa&#231;onn&#233;e &#224; la main. Cela produit un r&#233;sultat diff&#233;rent de l'impression num&#233;rique industrielle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les images ne sont pas tram&#233;es et conservent leur continuit&#233;. En l'occurrence, mon imprimante de bureau me suffit, et il serait inutile de passer par un atelier d'impression &#233;quip&#233; de traceurs utilisant huit ou douze nuances d'encre diff&#233;rentes, sur des papiers pur coton de 350 grammes. Ce serait disproportionn&#233;, et le r&#233;sultat sans doute un peu ridicule, m&#234;me si une certaine disproportion peut parfois &#234;tre pertinente. La question est toujours&#160;: quels sont les moyens n&#233;cessaires &#8211; vraiment n&#233;cessaires&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le rapport d'&#233;chelle entre ce qui est mis en &#339;uvre et le r&#233;sultat doit &#234;tre ajust&#233; pr&#233;cis&#233;ment, et il s'agit toujours d'obtenir la meilleure qualit&#233; pour la mise de fonds effectu&#233;e. &lt;br class='manualbr' /&gt;Il y a aussi une micro utopie derri&#232;re tout cela, une &#233;conomie restreinte, comme en mod&#232;le r&#233;duit, presque un jeu d'enfant, mais qui existe &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pour de vrai&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; dans le monde r&#233;el. Je vends certaines de mes productions en &#233;tablissant des factures de 20 ou 30 euros, et ce geste est tr&#232;s important pour moi. Il les affirme comme une &#339;uvre assum&#233;e et officialise la circulation et l'&#233;change. Ces &#233;ditions volontairement bon march&#233; &#8211; parfois m&#234;me gratuites &#8211; font autant partie de mon travail que les tirages encadr&#233;s, plus ou moins grands, tr&#232;s bien produits, limit&#233;s &#224; quelques exemplaires num&#233;rot&#233;s, avec des nuances somptueuses, qui se vendent m&#233;caniquement plus cher. J'accorde aux unes et aux autres une attention identique en termes de conception et de r&#233;alisation. Je tiens ces deux lignes ensemble, l'une &#233;clairant l'autre. &lt;br class='manualbr' /&gt;Pour autant, je ne suis pas du tout oppos&#233; &#224; l'id&#233;e de collaborer avec des &#233;diteurs. L'occasion ne s'est simplement pas pr&#233;sent&#233;e jusqu'ici &#8211; &#224; une exception pr&#232;s, les 12 cartes pour le cdla, &#233;dit&#233;es par le Centre des livres d'artistes de Saint-Yrieix-la-Perche, une institution remarquable que tu connais bien. Je crois que l'un des grands probl&#232;mes pour un artiste est de tenir. Continuer. Avancer, poser sur la table une chose apr&#232;s l'autre, avec les moyens dont on dispose. Par l'autonomie qu'elle procure, l'&#233;dition me permet de continuer, sans attendre un hypoth&#233;tique appel t&#233;l&#233;phonique ou un mail de quelqu'un qui me proposerait &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;quelque chose&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Mais cela ne m'emp&#234;che pas de r&#233;pondre aussi au t&#233;l&#233;phone et aux mails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'aimerais &#233;galement que l'on aborde la question de l'archive. Il y a diff&#233;rents &#233;l&#233;ments que nous retrouvons d'une &#233;dition &#224; une autre, outre les mises en pages syst&#233;matiques, il y a ces titres, ou en tous cas ces l&#233;gendes, tr&#232;s m&#233;thodiques o&#249; l'on peut lire le sujet, le lieu et la date de chaque photographie. Cela a alors pour effet direct d'inscrire ton travail dans notre pr&#233;sent, mais aussi de traduire une forme de journal de bord, une archive de ton quotidien qui nous permet de te suivre, de lire tes d&#233;placements. Cet ancrage dans le pr&#233;sent est-il important &#224; tes yeux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et aussi, quel lien dirais-tu que tu entretiens avec l'archive&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que l'archive, qui a tendance &#224; se constituer d'elle-m&#234;me, je pr&#233;f&#232;re le terme de collection, qui implique d'&#234;tre plus raisonn&#233;, de faire des choix, et autorise des modes d'organisation plus fluctuants. Enfant, je collectionnais les timbres, que j'agen&#231;ais et r&#233;-agen&#231;ais durant des heures. J'ai ensuite pass&#233; plusieurs ann&#233;es de ma vie professionnelle dans un mus&#233;e, &#224; m'occuper d'une collection d'images. Cela n'a pas beaucoup chang&#233;. La photographie telle que je la pratique est une forme de collecte d'images. Mais l'ensemble, ou ses fragments tels qu'ils apparaissent publiquement dans les &#233;ditions ou les expositions, ne forme pas un journal de bord. Bien s&#251;r, on peut d&#233;duire que j'&#233;tais &#224; tel endroit &#224; tel moment, que j'y ai visit&#233; telle &#233;glise ou tel mus&#233;e, etc. Mais cela reste anecdotique et p&#233;riph&#233;rique. La chronologie est le plus souvent bouscul&#233;e, les temporalit&#233;s distordues, et tout se d&#233;roule dans l'espace public. Pour autant &#8211; et je te rejoins ici&#160;&#8211;, &#224; ces strates temporelles s'ajoute celle du pr&#233;sent, dans lequel tout est projet&#233;, &#224; chaque apparition de chaque image. Il s'agit de r&#233;organiser et publier maintenant des morceaux du monde que nous partageons, de produire des formes de r&#233;cits, ou plut&#244;t des machines &#224; r&#233;cits, plus ou moins fictionnels. &lt;br class='manualbr' /&gt;Mes histoires personnelles ne sont pas tr&#232;s passionnantes, et je n'ai gu&#232;re le d&#233;sir de les partager en dehors de la sph&#232;re priv&#233;e. En revanche, c'est tr&#232;s important que tout cela reste ancr&#233; dans le monde, et dans une exp&#233;rience commune (en tous les sens du terme) du monde. J'ai &#233;videmment conscience qu'il existe une grande vari&#233;t&#233; de mondes, s&#233;par&#233;s par des foss&#233;s parfois infranchissables. Mais, l&#224; encore, je travaille &#224; partir de ce &#224; quoi j'ai acc&#232;s, en m'attachant souvent &#224; ce qui appara&#238;t le plus commun. Poser les cadres et les structures d'histoires potentielles &#224; imaginer par qui le souhaitera, en donnant divers &#233;l&#233;ments tir&#233;s du monde qui nous entoure, voil&#224; qui m'int&#233;resse. Peut-&#234;tre pour r&#233;&#233;crire l'histoire, sans &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;delay included&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, retard inclus, accomplissant &#224; l'aide d'images ce que ne peut pas faire l'ange de Walter Benjamin et Paul Klee, pris dans la temp&#234;te, mais qui &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;voudrait bien s'attarder, r&#233;veiller les morts, et rassembler ce qui a &#233;t&#233; d&#233;membr&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Walter Benjamin, Sur le concept d'histoire, th&#232;se IX, 1940. Delay included (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est sans doute un travail plus litt&#233;raire qu'il y para&#238;t au premier abord &#8211; soit une autre proximit&#233; avec l'&#233;dition. Comme tu le soulignes, le texte joue un r&#244;le important, et tend &#224; prendre une place de plus en plus grande. Le seul &#233;cart entre les deux versions de D'autres jours, &#233;lectronique et imprim&#233;e, r&#233;side dans les titres de chaque image, qui se sont complexifi&#233;s et affin&#233;s entre temps. Sur Instagram, les photographies de &lt;i&gt;Delay Included&lt;/i&gt; sont accompagn&#233;es de l&#233;gendes pr&#233;cises, descriptives, en plus du lieu et de la date. Elles sont complexes, en g&#233;n&#233;ral r&#233;dig&#233;es sur le mod&#232;le&#160;: Ceci (avec cela, cela, cela, etc.). Elles tendent &#224; montrer qu'il n'y a pas de sujet unique, mais des relations entre des &#233;l&#233;ments nomm&#233;s, circonscrits dans une forme close et la plus compacte possible. Pour autonomes qu'elles soient, chacune de ces images est potentiellement un maillon de r&#233;cits &#224; imaginer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Entretien paru dans &lt;i&gt;Point contemporain&lt;/i&gt;, s&#233;rie &lt;i&gt;Entretiens sur l'&#233;dition&lt;/i&gt;, n&#176;&#160;24, mars 2022&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Sol LeWitt, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Statement on Artists' Books&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Art-Rite Magazine&lt;/i&gt;, janvier 1976. Repris et traduit en fran&#231;ais dans &lt;i&gt;Sol LeWitt&lt;/i&gt;, Centre Pompidou Metz, 2012, p. 236&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Walter Benjamin, Sur le concept d'histoire, th&#232;se &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IX&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, 1940. &lt;i&gt;Delay included&lt;/i&gt; est le texte int&#233;gral d'une note manuscrite que Marcel Duchamp envoie &#224; Joseph Cornell par la poste le 19&#160;avril 1943&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Carnet de r&#233;sidence, Centre des livres d'artistes (CDLA)</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Carnet-de-residence-Centre-Des-Livres-d-Artsites-automne-2017</link>
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		<dc:date>2019-11-29T14:15:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex Chevalier</dc:creator>



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		<title>Contempler le silence</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Contempler-le-silence</link>
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		<dc:creator>Alex Chevalier</dc:creator>



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&lt;p&gt;Entre espace public, espace quotidien et espace d'exposition, la pratique d&#233;velopp&#233;e par Alex Chevalier s'inscrit dans un registre pictural h&#233;rit&#233; des pratiques minimales et conceptuelles dans laquelle le geste, simple et r&#233;p&#233;t&#233;, r&#233;pond &#224; l'asc&#232;se visuelle que cherche l'artiste. Ce dernier trace d'incessantes lignes dont la gestuelle est celle de l'ent&#234;tement et de l'absence de motifs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des lignes qui sont comme autant de r&#233;signations et de prise de position. Des lignes engag&#233;es dans une&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-27053" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Entre espace public, espace quotidien et espace d'exposition, la pratique d&#233;velopp&#233;e par Alex Chevalier s'inscrit dans un registre pictural h&#233;rit&#233; des pratiques minimales et conceptuelles dans laquelle le geste, simple et r&#233;p&#233;t&#233;, r&#233;pond &#224; l'asc&#232;se visuelle que cherche l'artiste. Ce dernier trace d'incessantes lignes dont la gestuelle est celle de l'ent&#234;tement et de l'absence de motifs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des lignes qui sont comme autant de r&#233;signations et de prise de position. Des lignes engag&#233;es dans une perspective qui ouvre vers un horizon si infini qu'elles en perdent la raison pour devenir une po&#233;tique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; celle de l'action. Alex Chevalier inscrit et la main-outil r&#233;p&#232;te un geste qui requi&#232;re l'engagement du corps. Aussi, les r&#232;gles d'Ignace de Loyola s'appliquent dans chacun des protocoles de dessin que met en place l'artiste&#160;: retraite, posture, silence et contemplativit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacune des &#339;uvres que pense et r&#233;alise l'artiste sont r&#233;alis&#233;es sur des supports qui comportent leur propre histoire. Ces derniers, que ce soit dans des installations, des dessins, des peintures, des vid&#233;os, des sculptures, des &#233;ditions ou des performances, sont utilis&#233;s selon leurs propres caract&#233;ristiques et particularit&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'ocre par exemple, couleur naturelle du bois, apportera de la couleur dans un recouvrement r&#233;alis&#233; au graphite alors que le noir d'un papier carbone r&#233;fl&#233;chi l'espace autour de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De par les positions que l'artiste adopte et les recherches qu'il m&#232;ne, un hiatus semble se creuser au sein m&#234;me de sa propre pratique, entre le retrait de la parole d'un c&#244;t&#233; et l'engagement et la confrontation du corps dans son enti&#232;ret&#233; de l'autre. Cette position permettrait alors de reconcentrer les int&#233;r&#234;ts que porte l'artiste pour la peinture et le pictural. Faire fi de la figure et de toutes distractions pour nous rappeler que la peinture est avant tout une question de couleurs et de juxtaposition de &#8220;touches&#8221; plus ou moins visibles. Aussi, par le recours aux formes primaires qu'adoptent les dessins et sculptures r&#233;alis&#233;s par l'artiste et par un travail de mise en espace, il semblerait qu'Alex Chevalier nous invite &#224; contempler le silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alex Chevalier, &lt;i&gt;Contempler le silence,&lt;/i&gt; 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/AChevalier_contempler%20le%20silence&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;T&#233;l&#233;charger le texte (pdf)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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