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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Quelques pistes dans le parcours de Jean Bonichon</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Quelques-pistes-dans-le-parcours-de-Jean-Bonichon</link>
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		<dc:date>2020-12-01T11:41:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yannick Miloux</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'itin&#233;raire de Jean Bonichon commence dans l'Allier, &#224; Montlu&#231;on o&#249; il est n&#233; en 1973. Sa famille est bas&#233;e tout &#224; l'est de la Creuse, &#224; Viersat. Sa m&#232;re est une peintre autodidacte et son fr&#232;re Pierre, ferronnier y a sa forge et son atelier. Il commence son parcours d'&#233;tudiant &#224; l'&#226;ge tardif de 32 ans apr&#232;s avoir &#233;t&#233; jongleur de rue, ferronnier d'art, &#233;b&#233;niste, berger, fromager&#8230; &#224; l'Ecole des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand o&#249; il fait de nombreuses rencontres parmi ses professeurs et ses&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27680" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'itin&#233;raire de Jean Bonichon commence dans l'Allier, &#224; Montlu&#231;on o&#249; il est n&#233; en 1973. Sa famille est bas&#233;e tout &#224; l'est de la Creuse, &#224; Viersat. Sa m&#232;re est une peintre autodidacte et son fr&#232;re Pierre, ferronnier y a sa forge et son atelier. Il commence son parcours d'&#233;tudiant &#224; l'&#226;ge tardif de 32 ans apr&#232;s avoir &#233;t&#233; jongleur de rue, ferronnier d'art, &#233;b&#233;niste, berger, fromager&#8230; &#224; l'Ecole des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand o&#249; il fait de nombreuses rencontres parmi ses professeurs et ses coll&#232;gues &#233;tudiants et o&#249; il trouve un terrain d'affirmation tr&#232;s favorable. De cette &#233;poque datent ses premi&#232;res exp&#233;riences de performances film&#233;es, dans un contexte o&#249; le cin&#233;ma et la vid&#233;o exp&#233;rimentale ont un festival annuel, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Vid&#233;oformes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s son dipl&#244;me, il s'installe &#224; Nantes et s'immerge dans la sc&#232;ne nantaise particuli&#232;rement f&#233;conde &#224; l'&#233;poque. Durant cette p&#233;riode, il multiplie les rencontres avec d'autres artistes, r&#233;alise de nombreuses actions film&#233;es tout en produisant des objets, des sculptures et autres &#233;l&#233;ments d'exposition et/ou de d&#233;cor. A ce moment, il commence &#224; construire son langage artistique selon une m&#233;thode souvent empirique qu'on peut r&#233;sumer ainsi. A partir de d&#233;tails, de fragments rep&#233;r&#233;s dans le contexte d'intervention, Jean Bonichon d&#233;veloppe des r&#233;ponses visuelles, qu'elles soient photographiques, filmiques ou d&#233;ploy&#233;es dans l'espace sous forme d'objets, de sculptures, d'environnements o&#249; le langage a une place primordiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;laboration de son langage plastique trouve souvent des &#233;chos sonores, vocaux, mais peut &#233;galement &#234;tre influenc&#233;e par des rencontres et par des associations de mots, d'id&#233;es, des &#224;-peu-pr&#232;s ou des calembours o&#249; les rapports texte/image, pour faire simple, nous entra&#238;nent dans des champs inconnus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple de &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Lecture-gargarythmique' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lecture Gargarythmique&lt;/a&gt;,&lt;/i&gt; une performance donn&#233;e en premier lieu en 2008, pour le Pavillon des Sources au Parc Saint-L&#233;ger &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;pour les petites formes concert&#233;es&#160;: Garden Party&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; puis au Creux de l'Enfer en 2011, &#224; l'issue de ses &#233;tudes &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le cadre de l'exposition annuelle de jeunes dipl&#244;m&#233;s des beaux-Arts de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Juch&#233; sur un tabouret, l'artiste d&#233;clame un texte avec la t&#234;te tr&#232;s relev&#233;e (dans un texte d'une grande pr&#233;cision, il note une inclinaison jusqu'&#224; 33&#176;). Micro tr&#232;s en hauteur, texte dans la main gauche, il performe en ayant pris soin de remplir sa bouche d'un peu d'eau (il pr&#233;cise, une petite quantit&#233; suffit) de fa&#231;on &#224; provoquer un changement de sonorit&#233;. Dans la m&#234;me note explicative, il d&#233;taille&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#10142; les sons aigus font penser aux eaux vives du printemps et &#224; la cacophonie de cette saison o&#249; tout explose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#10142; les sons graves viennent du ventre et permettent des lectures plus dignes et plus s&#233;rieuses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#10142; les sons diphoniques compl&#232;tent l'ensemble en donnant &#224; ce langage nouveau l'importance quasi mystique qu'il m&#233;rite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, et le commentaire critique ne s'en prive pas, on peut faire &#233;merger d'un telle performance tout une g&#233;n&#233;alogie historique, depuis Dada, Schwitters, Tzara, puis au d&#233;but des ann&#233;es 1950, les Ultralettristes, notamment Fran&#231;ois Dufr&#234;ne, Jean-Louis Brau, Henri Chopin, et tous les inventeurs de la po&#233;sie sonore moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, et c'est &#224; la fin de la notice qu'on trouve cette &#233;l&#233;gante pirouette, l'artiste invite son public &#224; s'initier &#224; ce nouveau dialecte original en s'entra&#238;nant quotidiennement dans sa salle d'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dimension assur&#233;ment triviale et communicative d'un devenir r&#233;el de son geste exp&#233;rimental est en fait un v&#233;ritable ressort dans la pratique de l'artiste. S'immergeant souvent litt&#233;ralement dans le r&#233;el pour en extraire des fragments charg&#233;s d'histoire personnelle ou collective, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JB&lt;/span&gt; a un go&#251;t prononc&#233; pour l'interaction, l'irruption soudaine mais pr&#233;par&#233;e de ses gestes et de ses affects dans le r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent, ses performances sont r&#233;alis&#233;es en solo, pour l'objectif de la cam&#233;ra. Alors, l'artiste peut en extraire des photographies ou monter des s&#233;quences film&#233;es. Souvent, on per&#231;oit la r&#233;miniscence de certaines peintures ou sculptures (David Gaspard Friedrich pour &lt;i&gt;Hors Limites&lt;/i&gt;, par exemple, ou &lt;i&gt;Laocoon&lt;/i&gt; citant Le Bernin) ou de films muets (les pantomimes du &lt;i&gt;M&#233;canomime&lt;/i&gt; &#233;voquent Buster Keaton, Pierrick Sorin). D'autres effets photographiques entre le grand et le petit sont utilis&#233;s dans &lt;i&gt;Samso Geyser&lt;/i&gt;, et apparaissent entre &lt;i&gt;Poseidon&lt;/i&gt; et la &lt;i&gt;Grande Piscine&lt;/i&gt;, o&#249; d'une image &#224; l'autre, on doute de la taille de l'objet dans le paysage jusqu'&#224; sa r&#233;v&#233;lation en tant que maquette &#224; proximit&#233; du personnage h&#233;ros endoss&#233; par l'artiste. L'artiste performeur est son propre mod&#232;le dans ses films et ses photographies, m&#234;me si parfois le doute peut pointer lorsqu'il se d&#233;guise, un seau sur la t&#234;te et des bottes en caoutchouc, ou en ouvrier du b&#226;timent, ou plus r&#233;cemment en &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Homo-Pinus-Acus-2019' class=&#034;spip_in&#034;&gt;y&#233;ti&lt;/a&gt;. Par les cadrages de ses photographies et de ses vid&#233;os, on comprend que &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JB&lt;/span&gt; est tr&#232;s attach&#233; aux d&#233;tails de la composition et aux rapports d'&#233;chelle entre les fragments qui lui permettront d'&#233;largir l'espace. Lorsqu'il met en sc&#232;ne des objets, comme dans &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Performances-d-objets' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Champagne&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, il fait en sorte de les cadrer de fa&#231;on frontale, de telle sorte que lorsqu'ils seront ensuite projet&#233;s en vid&#233;o &#224; l'&#233;chelle 1/1, ils pourront faire illusion. Le dessin vid&#233;o en noir et blanc ainsi obtenu met en &#233;vidence l'ordonnancement sym&#233;trique des objets - machine &#224; laver en programme essorage et bouteille de champagne, r&#233;frig&#233;rateur en mode frissonnage et pyramide de coupes en cristal &#8211; et montre de fa&#231;on presque technique les effets produits sur les objets par de tels agencements. On per&#231;oit ici une &#233;conomie presque publicitaire de l'image et un d&#233;paysement de l'objet par assemblage tout &#224; fait ma&#238;tris&#233;e pour produire le maximum d'effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une autre vid&#233;o de performance, &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/De-l-equilibre-par-les-obliques-2497' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;De l'&#233;quilibre par les obliques&lt;/i&gt; (2015)&lt;/a&gt;, Jean Bonichon imagine la retransmission en direct d'une performance de 45mn &#8211; la longueur habituelle d'une marche &#8211; o&#249; il s'escrime &#224; essayer d'avancer sur une rampe en bois inclin&#233;e enduite de savon. Entre la sc&#232;ne inclin&#233;e qui montre l'artiste de profil, fa&#231;on silhouette, et sa retransmission en vid&#233;o projection de grand format, une nuance est apport&#233;e par le cadrage de l'image soudain redress&#233;e, &#224; l'horizontale. On repense autant aux effets cin&#233;matographiques de Georges M&#233;li&#232;s ou Jean-Christophe Averty, qu'&#224; certaines sc&#232;nes film&#233;es par Jacques Tati ou &#224; des actions d&#233;routantes de Roman Signer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la s&#233;rie de photographies et vid&#233;o intitul&#233;e &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/C-est-seau-2520' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;C'est seau&lt;/i&gt; (2012-2019)&lt;/a&gt;, l'artiste avance masqu&#233;, la t&#234;te coiff&#233;e d'un seau et chauss&#233; de bottes, accessoires en plastique blanc, et &#233;prouve son environnement. Il avance sur une longue pile de troncs d'arbre, s'assoit sur un banc au milieu d'un jardin de conif&#232;res enneig&#233;s, ou appara&#238;t juch&#233; debout sur un arbre noueux, tel la flamme d'un cand&#233;labre. Plus tard et ailleurs, il arpente une cour d'&#233;cole d&#233;serte &#224; mi-hauteur, sur les toits des pr&#233;aux qui prot&#232;gent les &#233;l&#232;ves et les professeurs absents. Se travestissant en personnage g&#233;n&#233;rique, il s'inscrit avec un certain impact, presque publicitaire, dans le paysage, l'espace public, l'architecture, et ses postures, ses gestes, ses arpentages apparaissent d'autant plus contrast&#233;s (le pull rouge sur fond vert) et incongrus que l'&#233;conomie des ingr&#233;dients plastiques est ma&#238;tris&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en place d'expositions est &#233;galement un travail pr&#233;cis auquel aime s'adonner Jean Bonichon. Par des sculptures, des environnements, des photographies, des projections vid&#233;os, l'artiste d&#233;ploie et met en sc&#232;ne les &#233;l&#233;ments de son vocabulaire avec une grande attention. Chaque d&#233;tail est pes&#233; et pens&#233; pour s'accorder avec l'espace et agir comme un embrayeur narratif qui permettra &#224; chacun d'imaginer une histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Bestiaire-inadapte' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Bestiaire inadapt&#233;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; animalise des objets, anthropomorphise des arbres, moule des objets en creux, et amplifie certains d&#233;tails v&#233;g&#233;taux, dans un trompe l'&#339;il inventif et humoristique, bien s&#251;r, mais plut&#244;t grin&#231;ant &#224; l'usage. Les changements en cours de route de techniques, de mat&#233;riaux et d'effets, d'une &#339;uvre &#224; l'autre, font r&#233;sonner l'ensemble de fa&#231;on polyphonique (ou cacophonique, selon l'humeur) et peuvent d&#233;router.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'installation r&#233;alis&#233;e aux Pays-Bas en 2013 &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/The-Flying-Dutchman' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;The Flying Dutchman&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, l'artiste r&#233;alise un environnement sc&#233;nique spectaculaire pour pr&#233;senter un ensemble de sculptures taill&#233;es dans des murs de brique qu'il nomme &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Montagnes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Au mur, un bas relief sert de point d'accroche &#224; un mod&#232;le r&#233;duit de bateau en terre cuite. A y regarder de plus pr&#232;s, la mati&#232;re du relief est un morceau de mur en briques redress&#233;, le bateau suspendu y trouve son ancrage verticalement. En amont de cette mise en sc&#232;ne, une vid&#233;o en noir et blanc documente le trajet de l'artiste en voiture derri&#232;re un convoi routier exceptionnel de bateau de plaisance. Une lenteur oblig&#233;e pourrait &#234;tre propice &#224; la contemplation du paysage. Ici, la situation film&#233;e en propose une vue invers&#233;e, le centre de l'&#233;cran &#233;tant largement occup&#233; par l'arri&#232;re du convoi. Situation frustrante et intempestive dont s'inspira l'artiste pour d&#233;ployer son projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/La-langue-apprivoisee-est-un-oiseau-rare' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Dans La langue apprivois&#233;e est un oiseau rare&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, installation de 2015, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JB&lt;/span&gt; proc&#232;de par agrandissement. Deux navettes de tissage sont agrandies en bois sculpt&#233;, peintes en blanc et d&#233;pos&#233;es sur des arrangements de cordes d'amarrage pr&#233;cis&#233;ment dispos&#233;es au sol en lignes ondoyantes rouges en &#233;cho &#224; un aplat mural vert d'eau. Ici l'installation semble r&#233;gl&#233;e comme une image en trois dimensions. Elle s'appuie sur une tradition locale li&#233;e &#224; la filature et au tissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, l'artiste travaille &#224; un projet ambitieux dans l'agglom&#233;ration nantaise. Il r&#233;alise une installation p&#233;renne et praticable sous la forme d'un parcours de mini-golf. S'inspirant de sept romans de Jules Verne, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JB&lt;/span&gt; imagine des parcours plus ou moins imag&#233;s et sculpt&#233;s, souvent subtilement paysag&#233;s. Une mention sp&#233;ciale pour &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;De la terre &#224; la lune&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; o&#249; un bouchon de champagne alunit sur un sol trait&#233; en reliefs gris mats&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pour &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;le tour du monde en 80 jours&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; base de panneaux routiers d'entr&#233;e ou de sortie de villes internationales dispos&#233;s en d&#233;but et fin de parcours&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ou encore &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Cinq semaines en ballon&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; o&#249; une nacelle est juch&#233;e sur un portique l&#233;g&#232;rement inclin&#233; qui porte son ombre sur le dessin du parcours devenu piste d'atterrissage&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ou enfin &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Voyage au centre de la terre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; o&#249; l'artiste n&#233;o-g&#233;ologue dispose au sol des &#233;l&#233;ments min&#233;raux contrast&#233;s qui &#233;voquent un boyau souterrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ensemble de sculptures praticables constitue un v&#233;ritable tournant dans le parcours performatif et sculptural de Jean Bonichon en ce qu'il r&#233;unit les conditions de sa p&#233;rennit&#233; en m&#234;me temps qu'il conserve sa dimension ludique interg&#233;n&#233;rationnelle. Le parcours de mini-golf, dans l'imaginaire collectif, est un lieu fantasm&#233;, version domestique et modeste de l'&#233;litiste terrain de golf. Il est un sujet de recherche pour de nombreux artistes. Parmi les plus connus, r&#233;alis&#233; pour &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Playtime&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, 4&#232; Biennale de Rennes en 2014, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Gogolf&#160;: Echelle 1&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de Fran&#231;ois Curlet est un projet au long cours. D&#233;but&#233; en 2008 &#224; la Galerie Commune de Tourcoing par une exposition de dessins, puis augment&#233; l'ann&#233;e suivante &#224; la Chapelle du G&#233;n&#233;teil &#224; Ch&#226;teau-Gontier par des maquettes, le projet sera finalement r&#233;alis&#233; en 2014, pour l'int&#233;rieur, &#224; l'&#233;chelle 1/1, activ&#233; pour la Biennale. Pour chaque occurrence, l'artiste invite ses amis artistes &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A Rennes en 2014, le g&#233;n&#233;rique est le suivant&#160;: Lilian Bourgeat, Michael (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; et l'&#339;uvre pens&#233;e comme un jeu amical entre artistes et designers, devient &#224; son tour un v&#233;ritable jeu public dont s'emparent en masse les visiteurs.Outre sa qualit&#233; p&#233;renne, les &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/petits-Voyages-Extraordinaires-2016' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;petits Voyages Extraordinaires&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de Jean Bonichon mettent en sc&#232;ne des associations d'objets, de structures et de signaux urbains pour cr&#233;er des mini-paysages &#233;vocateurs. Chaque mini-situation fonctionne comme l'illustration, le d&#233;cor en 3 dimensions d'ambiances extraites des romans d'aventures de Jules Verne, mais les m&#233;thodes d'assemblages et d'hybridation des objets, des dessins en relief et en rev&#234;tements divers contiennent des sinuosit&#233;s, des obstacles au parcours des balles, des m&#233;andres et des ondulations, autant de parties de mini-golf imagin&#233;es par l'artiste. L'&#339;uvre est ici autant dessin&#233;e que sculpt&#233;e et d&#233;ploie des tr&#233;sors de nuances mat&#233;rielles et d'ing&#233;niosit&#233; pour que les joueurs passent un joyeux moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre aspect de la d&#233;marche de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JB&lt;/span&gt; consiste en l'organisation d'expositions. Ayant pris la d&#233;cision de revenir en Creuse, il organise l'exposition &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Entr&#233;e en mati&#232;re&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; Chambon sur Voueize en invitant des amis artistes &#224; exposer dans divers lieux de la ville. On retrouve des complices de Clermont Ferrand, des artistes reconnus, Roland Cognet, Anita Molinero, et d'autres plus jeunes en qu&#234;te de nouvelles formes sculpturales et aux langages plastiques tr&#232;s inventifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un portrait d'artiste r&#233;alis&#233; par Arte, alors qu'il pr&#233;parait &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Les-Polyglottes-2016' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Polyglottes&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, une &#339;uvre pour une s&#233;rie de vitrines dans le centre ville de Nantes, on voit l'artiste au travail qui accoste les passants. Il propose &#224; chaque personne crois&#233;e au hasard de l&#233;cher une plaque de verre, sc&#232;ne qu'il filmera en gros plan pour les besoins de son &#339;uvre &#224; venir. Certains d&#233;clinent, d'autres osent se pr&#234;ter au jeu, en tout cas pr&#234;ter quelques instants leur organe gustatif &#224; l'examen scrutateur de la vid&#233;o en gros plan. Au final, l'&#339;uvre vid&#233;o est un v&#233;ritable &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l&#232;che-vitrine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Dans l'entretien qu'il donne &#224; Arte, l'artiste r&#233;pond simplement&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;J'aime rencontrer les gens&#8230;J'aime aussi beaucoup l'accident, l'incident, parce qu'on se sent vivant...Le burlesque permet de pointer des choses graves sans avoir l'air d'y toucher.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un &#233;pisode de la s&#233;rie Atelier A, coproduit par l'ADAGP et Arte en juin 2016.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci r&#233;sume parfaitement sa d&#233;marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yannick Miloux, novembre 2020.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;pour les petites formes concert&#233;es&#160;: Garden Party&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Dans le cadre de l'exposition annuelle de jeunes dipl&#244;m&#233;s des beaux-Arts de Lyon et de Clermont-Ferrand, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les Enfants du Sabbat&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;A Rennes en 2014, le g&#233;n&#233;rique est le suivant&#160;: Lilian Bourgeat, Michael Dans, Denicolai &amp; Provoost, Vincent D'Houndt, Florence Dol&#233;ac, Daid Dubois, Michel Fran&#231;ois, Gaillard &amp; Claude, Pierre Huygue, Anne Veronica Janssens, Sven'T Jolle, Emilio Lopez-Menchero, M/M, Mrzyk &amp; Moriceau, Jean-Marc Paquot, Tobias Rehberger, Hugues Reip, Franck Scurti, Pierre Tatu, Christophe Terlinden, Donelle Woolford.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Un &#233;pisode de la s&#233;rie Atelier A, coproduit par l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ADAGP&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; et Arte en juin 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelques pistes dans le parcours de Jean Bonichon</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Quelques-pistes-dans-le-parcours-de-Jean-Bonichon-46528</link>
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		<dc:date>2020-07-24T14:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yannick Miloux</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;A partir de d&#233;tails rep&#233;r&#233;s dans un contexte d'intervention, Jean Bonichon d&#233;veloppe des r&#233;ponses visuelles - qu'elles soient photographiques, filmiques ou d&#233;ploy&#233;es dans l'espace - sous forme d'objets, de sculptures, d'environnements o&#249; le langage a une place primordiale. L'&#233;laboration de son langage plastique trouve souvent des &#233;chos sonores et vocaux. Elle peut &#234;tre &#233;galement influenc&#233;e par des rencontres ou des associations de mots, d'id&#233;es, des calembours o&#249; les rapports texte/image&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27680" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A partir de d&#233;tails rep&#233;r&#233;s dans un contexte d'intervention, Jean Bonichon d&#233;veloppe des r&#233;ponses visuelles - qu'elles soient photographiques, filmiques ou d&#233;ploy&#233;es dans l'espace - sous forme d'objets, de sculptures, d'environnements o&#249; le langage a une place primordiale. L'&#233;laboration de son langage plastique trouve souvent des &#233;chos sonores et vocaux. Elle peut &#234;tre &#233;galement influenc&#233;e par des rencontres ou des associations de mots, d'id&#233;es, des calembours o&#249; les rapports texte/image nous entra&#238;nent dans des champs inconnus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Lecture-gargarythmique' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Lecture Gargarythmique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, l'artiste juch&#233; sur un tabouret d&#233;clame un texte avec la t&#234;te relev&#233;e. Micro en hauteur, un papier dans la main gauche, il performe avec un peu d'eau dans la bouche de fa&#231;on &#224; provoquer des sonorit&#233;s dont il donne le d&#233;tail dans une notice explicative. On ne se privera pas de relier cette performance &#224; toute une g&#233;n&#233;alogie depuis Dada et les Ultralettristes jusqu'aux inventeurs de la po&#233;sie sonore moderne. Cependant, et c'est en fin de notice qu'on trouve cette &#233;l&#233;gante pirouette, l'artiste invite son public &#224; s'initier &#224; ce dialecte original en s'entra&#238;nant quotidiennement dans sa salle d'eau. Cette dimension assur&#233;ment triviale et communicative d'un devenir r&#233;el de son geste exp&#233;rimental est en fait un v&#233;ritable ressort dans la pratique de l'artiste. Jean Bonichon a un go&#251;t prononc&#233; pour l'interaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses performances sont souvent r&#233;alis&#233;es en solo pour l'objectif de la cam&#233;ra. L'artiste peut en extraire des photographies, des s&#233;quences film&#233;es o&#249; l'on per&#231;oit la r&#233;miniscence de certaines peintures ou sculptures (Caspar David Friedrich pour &lt;a href=&#034;http://dda-aquitaine.org/fr/jean-bonichon/photographies-2518.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Hors Limites&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;http://dda-aquitaine.org/fr/jean-bonichon/photographies-2518.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Laocoon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; citant Le Bernin), de films muets (les pantomimes du &lt;i&gt;M&#233;canomime&lt;/i&gt; &#233;voquent Buster Keaton et Pierrick Sorin). Les effets photographiques ou les d&#233;guisements qu'il utilise peuvent nous faire douter de la taille d'un objet dans un paysage ou de l'identit&#233; de l'artiste personnage. Tr&#232;s attach&#233; aux d&#233;tails de la composition et aux rapports d'&#233;chelle qui lui permettront d'&#233;largir l'espace, Jean Bonichon montre aussi de fa&#231;on presque technique les effets produits sur les objets par de tels agencements. On per&#231;oit alors une &#233;conomie quasi publicitaire de l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en place d'expositions est &#233;galement un travail pr&#233;cis auquel Jean Bonichon aime s'adonner. Par des sculptures, des environnements, des photographies, des projections vid&#233;os, l'artiste d&#233;ploie les &#233;l&#233;ments de son vocabulaire comme autant d'embrayeurs narratifs incitant chacun &#224; imaginer son histoire. Que l'on pense par exemple aux &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/petits-Voyages-Extraordinaires-2016' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Petits voyages extraordinaires&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Cet ensemble de sculptures praticables constitue un v&#233;ritable tournant dans son parcours performatif et sculptural en ce qu'il r&#233;unit les conditions de sa p&#233;rennit&#233; en m&#234;me temps qu'il conserve sa dimension ludique interg&#233;n&#233;rationnelle. Les parties de mini-golf imagin&#233;es par l'artiste sont autant de mini-situations qui fonctionnent comme l'illustration, le d&#233;cor en 3 dimensions d'ambiances extraites de romans de Jules Verne. Mais les m&#233;thodes d'assemblages et d'hybridation des objets, des dessins en relief et en rev&#234;tements divers contiennent de multiples sinuosit&#233;s, des obstacles au parcours des balles, des m&#233;andres et des ondulations. Autant dessin&#233;e que sculpt&#233;e, l'oeuvre d&#233;ploie des tr&#233;sors de nuances mat&#233;rielles et d'ing&#233;niosit&#233; pour que les joueurs passent un joyeux moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un film*, Jean Bonichon dit&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;J'aime rencontrer les gens&#8230; J'aime aussi beaucoup l'accident, l'incident, parce qu'on se sent vivant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le burlesque permet de pointer des choses graves sans avoir l'air d'y toucher&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;*.Ceci r&#233;sume parfaitement sa d&#233;marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;* Un &#233;pisode de la s&#233;rie L'Atelier A., co-produit par l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ADAGP&lt;/span&gt; et Arte en juin 2016.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yannick Miloux, novembre 2020&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Peintures 2002-2010</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Peintures-2002-2010</link>
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		<dc:date>2019-08-21T12:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yannick Miloux</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pourquoi les peintures de Florent Contin-Roux sont-elles si curieuses aujourd'hui et si prometteuses pour demain&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? En 2003, au Mus&#233;e d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, se d&#233;roula l'exposition &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Hyperr&#233;alismes &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USA&lt;/span&gt; 1965-75&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, premi&#232;re somme europ&#233;enne de ce mouvement pictural essentiellement am&#233;ricain, qu'on appela aussi post-pop, qui eut son heure de gloire au d&#233;but des ann&#233;es 70, et fut ensuite plut&#244;t d&#233;cri&#233;, jug&#233; trop &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;vulgaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; puisque souvent assimil&#233; par le public &#224; un&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27318" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi les peintures de Florent Contin-Roux sont-elles si curieuses aujourd'hui et si prometteuses pour demain&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2003, au Mus&#233;e d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, se d&#233;roula l'exposition &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Hyperr&#233;alismes &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USA&lt;/span&gt; 1965-75&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, premi&#232;re somme europ&#233;enne de ce mouvement pictural essentiellement am&#233;ricain, qu'on appela aussi post-pop, qui eut son heure de gloire au d&#233;but des ann&#233;es 70, et fut ensuite plut&#244;t d&#233;cri&#233;, jug&#233; trop &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;vulgaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; puisque souvent assimil&#233; par le public &#224; un impeccable savoir-faire. Organis&#233;e par Jean-Claude Lebensztejn et Patrick Javault, cette exposition fut relay&#233;e par un &#233;pais livre qui reste, &#224; ce jour, l'un des plus int&#233;ressants ouvrages en fran&#231;ais sur le sujet. Lebensztejn &#233;crit un pr&#233;ambule qui inscrit ce ph&#233;nom&#232;ne dans l'histoire du r&#233;alisme am&#233;ricain, de Charles Scheeler, &#224; la fois peintre et photographe dans les ann&#233;es trente, &#224; Edward Hopper, et pr&#233;cise l' apparition du mouvement dans le contexte artistique des ann&#233;es soixante, apr&#232;s le Pop Art et en m&#234;me temps que l'Art Minimal et Conceptuel. Il publie par ailleurs une s&#233;rie passionnante d'interviews, les plus int&#233;ressants &#233;tant sans nul doute ceux de Richard Artschwager, Malcolm Morley et Chuck Close.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Javault &#233;crit un texte tr&#232;s int&#233;ressant paradoxalement intitul&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Platitudes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il insiste notamment sur l'invention du flou pictural gr&#226;ce &#224; l'apport de la photographie (plus ou moins rat&#233;e) et sur l'apparition contemporaine de l'a&#233;rographe, d'abord utilis&#233; pour la d&#233;coration des voitures et des motos, et sur les m&#233;thodes diff&#233;rentes des peintres (mise au carreau, projection, tableau retourn&#233; pour Morley, comme le Picasso cubiste). Il actualise enfin ce courant en y connectant Dan Graham et Jeff Koons, en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;partition des artistes est tr&#232;s nettement am&#233;ricaine. Seuls quatre europ&#233;ens y trouvent place&#160;: G&#233;rard Gasiorowski, Franz Gertsch, Jean-Olivier Hucleux et Gerhard Richter. Ils ne forment dans le livre qu'une sorte de parenth&#232;se, un simple cahier d'images. Pourtant, la position de Richter semble tr&#232;s originale, puisqu'il est le seul &#224; revendiquer une telle posture de fascination vis-&#224;-vis de la photographie&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La photo poss&#232;de une abstraction qui lui est propre et qu'il est difficile de p&#233;n&#233;trer [&#8230;] La photo est l'image la plus parfaite qui existe&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle ne change pas, elle est absolue, donc ind&#233;pendante, inconditionnelle, sans style. C'est la raison pour laquelle elle a pour moi valeur de mod&#232;le (&#8230;) Peut-&#234;tre est-ce que parce que la photo me d&#233;sole, parce qu'elle v&#233;g&#232;te, m&#232;ne une existence mis&#233;rable bien qu'elle soit une image achev&#233;e, que je souhaite la mettre en &#233;vidence, la valoriser, la faire (m&#234;me si ce que j'en fait est pire).&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Richter, &#171;&#160;Notes, 1964-65&#160;&#187;&#160;: Richter, les presses du r&#233;el, 1995, p. 29-30.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l' &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ex&#233;cution&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de l'image, au sens &#224; la fois de la fid&#233;lit&#233; de sa restitution, de l'imitation de ses d&#233;fauts si le clich&#233; est rat&#233;, ou de ses qualit&#233;s propres si l'image a &#233;t&#233; tram&#233;e pour &#234;tre imprim&#233;e, par exemple, voire dans le sens tr&#232;s litt&#233;ral de sa mise &#224; mort (si on pense au morbide Warhol, par exemple), pose le fond du probl&#232;me du photo-r&#233;alisme. A la fois la qualit&#233; des sources (images trouv&#233;es, imprim&#233;es, ou prises par les artistes eux-m&#234;mes, avec des appareils jetables (des t&#233;l&#233;phones portables, aujourd'hui), des classiques 24x36, ou des chambres sophistiqu&#233;es&#8230;) et pr&#233;cision plus ou moins laborieuse de l'ex&#233;cution, les sources et les m&#233;thodes d&#233;terminent l'orthodoxie (Chuck Close) ou les d&#233;viances (Richard Artschwager, Malcom Morley) des positions des artistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Florent Contin-Roux est un peintre photo-r&#233;aliste dont on pourrait dire qu'il est un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;petit-fils&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de Richter. Il s'appuie la plupart du temps sur des clich&#233;s projet&#233;s pour ex&#233;cuter ses peintures. Ceux en couleur ont &#233;t&#233; pris par lui, dans une qu&#234;te assez &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;plate&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du banal, de l'ordinaire. Ceux en noir et blanc sont pour la plupart des photos de famille, mais aussi d'archives, de documents historiques. Alternant par s&#233;ries paysages sans qualit&#233;s et plong&#233;es dans la m&#233;moire familiale ou autre, le jeune peintre autodidacte a commenc&#233; &#224; mettre en place depuis une dizaine d'ann&#233;es un vocabulaire tr&#232;s personnel, bien qu'encore sous influence. Il avoue volontiers sa dette &#224; Richter, &#339;uvre d&#233;terminante s'il en est, et est tr&#232;s attentif &#224; ses suiveurs. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On y trouve les noms de Childress, Cogn&#233;e, Desgrandchamps, Doig, Hurteau, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; On sait en effet que Richter a fait &#233;cole, ses &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;disciples&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; les plus connus sont Luc Tuymans, N&#233;o Rauch, Adam Adach, Wilhelm Sasnal, qui occupent les plus hautes places de la peinture et de son march&#233; aujourd'hui &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On renverra &#224; l'&#233;tude universitaire de 2006 de Nina Childress, o&#249; elle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de Contin-Roux est beaucoup plus modeste, par le temps qu'il consacre &#224; son art (son m&#233;tier de coiffeur l'occupe &#224; plein temps), et aussi par l'envergure de ses sujets. Les photos banales de paysages et de sc&#232;nes de loisir (camping, salon de jardin), les photos familiales anciennes qu'il exorcise en les exhumant ne visent pas du tout le positionnement anthropologique d'un Richter et de son &lt;i&gt;Atlas&lt;/i&gt;. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s l'Atlas de Mn&#233;mosyne de l'historien d'art Aby Warburg (1925-1928), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Florent Contin-Roux, les images sont plus simplement extraites de l'album de famille, ou de revues, de livres, etc. ou prises par lui &#224; la mani&#232;re d'un touriste un peu d&#233;sabus&#233;, fa&#231;on carte postale, voire sur internet, &#224; l'oppos&#233; de la photo d'art. Leur traitement oscille entre flou et image g&#233;n&#233;rique, tentations expressionnistes et informelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tableau intitul&#233; &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Deplacement' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;D&#233;placement&lt;/i&gt; (2006)&lt;/a&gt; superpose ainsi la sensation fluide d'un paysage flou &#224; l'arri&#232;re-plan, sans aucun d&#233;tail, et des raclures en surface, &#224; la Richter, qui donnent une sensation de vitesse lat&#233;rale. La m&#234;me ann&#233;e, il r&#233;alise &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#194;mes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; o&#249; l'effet de suspension de formes &#224; la surface du tableau est renforc&#233; par la pr&#233;sence d'ombres port&#233;es. L'ambiance g&#233;n&#233;rale rappelle &#224; la fois certains effets d&#233;velopp&#233;s par le surr&#233;aliste Yves Tanguy, sp&#233;cialiste des paysages &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;biomorphiques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; mar&#233;e basse, ou certains espaces &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;m&#233;taphysiques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de Chirico ou &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;parano-critiques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de Dali, et l'effet des blocs de couleur r&#226;cl&#233;s en surface de Richter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ses deux sources principales de travail, photographies noir et blanc de cet ensemble qu'il nomme &lt;i&gt;Paint It Black&lt;/i&gt; -sans doute en hommage aux Rolling Stones- et clich&#233;s en couleur qu'il prend souvent lui-m&#234;me, Contin-Roux applique des traitements divers. Soit il peint directement sur l'&#233;preuve photographique en papier glac&#233;, soit il maroufle le document sur le papier, la peinture devenant alors une surcharge qui suture l'image de m&#233;moire comme une plaie &#224; vif (la s&#233;rie intitul&#233;e &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Conflits' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Asni&#232;res 14-18&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;), soit il transpose l'image en la projetant sur une toile, en l'agrandissant, en la pixellisant, en la recadrant (c'est le cas de &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Museum' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Gisant&lt;/a&gt;, Gagarine,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Scenes-du-XXe-siecle' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Reichtag&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Renoir' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Renoir&lt;/a&gt;,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Scenes-du-XXe-siecle' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Kennedy&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de ses peintures sont des paysages montr&#233;s comme en suspens, o&#249; l'espace d&#233;file et o&#249; le temps semble cependant arr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tableau &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;D&#233;placement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en est un bel exemple, tout comme &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Landscape-2059' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Horizon I et &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;II&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, o&#249; le paysage para&#238;t r&#233;sum&#233; &#224; sa plus simple expression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la s&#233;rie nomm&#233;e &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Landscape-2059' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Landscape/Escape&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (qu'on peut traduire par paysage/&#233;chapp&#233;e), l'artiste joue avec les mots d'une autre langue que la sienne pour &#233;voquer le paradoxe du point de vue stable/instable qu'il sugg&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tableaux sur le th&#232;me du jardin (&lt;i&gt;Garden Party, &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Chaises' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Chaises&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;) et des loisirs (&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Garden-Party' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Camping, Swimming Pool&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;) sont des variantes domestiques du paysage. Cette m&#234;me sensation de suspens est rendue par des surcharges d&#233;goulinantes de peinture &#224; la surface du tableau (une image qui se ruinerait sous nos yeux, en quelque sorte) ou par des objets d&#233;crits comme en l&#233;vitation (&lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Structures' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Dream I&lt;/a&gt; et &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;II&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;), ou seulement sugg&#233;r&#233;s par le dessin sur un fond peint (&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Structures' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Construction rouge&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;). Il est int&#233;ressant de noter que lorsqu'un objet est montr&#233; seul au milieu d'un paysage, une chaise en plastique, par exemple, il peut devenir une construction, plus ou moins flottante, &#233;vanescente, comme dans un r&#234;ve, une sorte de mirage. Certains paysages urbains (S&#232;te, Beaublanc), p&#233;ri-urbains, industriels (&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Structures' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Hangar&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;) ou agricoles, voire certaines sculptures ou monuments (Gisant, Home Museum) compl&#232;tent les sujets abord&#233;s par l'artiste &#224; ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Richter, Contin-Roux est partag&#233; entre la pseudo-objectivit&#233; de son mod&#232;le photographique et sa restitution picturale,avec toutes les tentations informelles, expressionnistes et subjectives que cela implique. Il construit pas &#224; pas, lentement, une position romantique qui puise ses sources autant dans le symbolisme d'Odilon Redon, la peinture pop/conceptuelle d'un Richter que dans la proximit&#233; avec un certain type de peinture actuelle &#233;labor&#233; &#224; partir de photographies. Luc Tuymans, l'un des peintres &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;m&#233;ta-r&#233;alistes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; les plus connus actuellement, parle de ses tableaux comme de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;paysages mentaux issus essentiellement de la m&#233;moire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il est important de rappeler qu'apr&#232;s avoir compl&#232;tement arr&#234;t&#233; de peindre pendant trois ans, au d&#233;but des ann&#233;es 80, Tuymans s'&#233;tant tourn&#233; vers le cin&#233;ma, l'artiste est revenu ensuite &#224; la peinture en y important de nouvelles techniques&#160;: gros-plan, cadrage, s&#233;quence. Par sa position, il revendique l'inad&#233;quation et le retard de la peinture &#224; notre &#233;poque de surinformation. Il d&#233;clare&#160;: &#034;D&#232;s mes d&#233;buts, j'ai eu cette id&#233;e que je qualifierai de &#034;falsification authentique&#034;, c'est-&#224;-dire l'id&#233;e de faire non pas des choses nouvelles, mais de travailler des images qui existent d&#233;j&#224; dans la m&#233;moire collective et que chacun s'approprie. C'est ce qui rend la peinture contemporaine. En fait, la contemporan&#233;it&#233; traite de la substance du document, en le revitalisant&#034;. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc Tuymans&#160;: &#171;&#160;Dou&#233; pour la peinture&#160;&#187;, &#233;d. MAMCO, 2006, p. 20.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs, il compare la vitesse du cin&#233;ma &#224; celle de la peinture, alors que la photographie est instantan&#233;e et fig&#233;e. Concluant cette conversation avec Sabine Folie, &#224; la question&#160;: &#034;Comment le temps d&#233;termine-t-il votre peinture &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;m&#233;taphysique r&#233;aliste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il r&#233;pond&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8230;le temps s'arr&#234;te&#034;. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Catalogue Cher peintre&#8230;Lieber Maler&#8230;Dear Painter&#8230; Peintures figuratives (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un texte d'un de ses commentateurs favoris, Jean Poussin sugg&#232;re que la surface de certains tableaux de Florent Contin-Roux est comparable &#224; un pare-brise embu&#233;, qu'on aurait la tentation d'essuyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette image en appelle une autre appliqu&#233;e en 1991 par le c&#233;l&#232;bre critique d'art Bernard Lamarche-Vadel au tout jeune artiste Yvan Salomone, veilleur de nuit &#224; l'&#233;poque . Ayant d'abord convoqu&#233; Manet comme le premier artiste &#224; avoir &#233;t&#233; dans la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;cr&#233;pitude de son art&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et imaginant que Salomone pourrait en &#234;tre un des derniers, l'auteur a cette formule frappante&#160;: &#034;Rien n'est mieux vu et nul ne voit davantage que sous un rideau de larmes&#034;. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernard Lamarche-Vadel&#160;: &#171;&#160;Un pas&#160;&#187; dans Yvan Salomone, La Cri&#233;e, Rennes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend la fulgurance de cette phrase en regard des aquarelles dessin&#233;es d'abord par projection, sur le mur, &#224; la verticale, puis peintes &#224; plat, sur une table, o&#249; les jus forment des flaques qui diluent les images autant qu'elles les r&#233;v&#232;lent, d'o&#249; cette vision souvent humide, suintante, parfois mouill&#233;e, si particuli&#232;re aux &#339;uvres de Salomone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exp&#233;riences picturales de Florent Contin-Roux sont tr&#232;s diverses qui sugg&#232;rent la lat&#233;ralit&#233; (D&#233;placement), la gravit&#233; (Garden Party), la l&#233;vitation (Construction), et toutes autres formes de suspens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur vari&#233;t&#233; invite &#224; imaginer des champs d'exp&#233;rience tr&#232;s larges et tr&#232;s ouverts pour les ann&#233;es qui viennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&gt; Catalogue de l'exposition Peintures 2002-2010, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CHAMALOT&lt;/span&gt; R&#233;sidence, octobre 2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;G. Richter, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Notes, 1964-65&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#160;: Richter, les presses du r&#233;el, 1995, p. 29-30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;On y trouve les noms de Childress, Cogn&#233;e, Desgrandchamps, Doig, Hurteau, Josseau, Kahrs, Salomone, Tuymans, Van Plessen, parmi d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;On renverra &#224; l'&#233;tude universitaire de 2006 de Nina Childress, o&#249; elle pr&#233;cise&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le style Richter a fait &#233;cole&#160;: Eberhardt Avekost, Paul Winstanley, Carole Benzaken, Philippe Cogn&#233;e, R&#233;gine Kolle, Thomas Ruff, Nina Childress, Luc Tuymans, Adam Adach, &#8230;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, non publi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Apr&#232;s l'Atlas de Mn&#233;mosyne de l'historien d'art Aby Warburg (1925-1928), Richter organise sa collection d'images sous forme d'Atlas entre 1962 et 1998. Le texte de Benjamin &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;H.D.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; Buchloh &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Gerhard Richter's Atlas&#160;: the anomic archive&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, catalogue Musei Pecci, Prato, 1999, analyse cette &#339;uvre en comparaison avec celle des Becher et les albums de Boltanski. Les intentions de Warburg sont &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d'accomplir un projet mat&#233;rialiste de construction de la m&#233;moire sociale en collectant des reproductions photographiques d'une grande vari&#233;t&#233; des pratiques de la repr&#233;sentation&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. L'&#339;uvre compl&#232;te se trouve dans la collection de la St&#228;dtische Galerie im Lenbachhaus &#224; Munich.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Luc Tuymans&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Dou&#233; pour la peinture&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#233;d. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MAMCO&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, 2006, p. 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Catalogue Cher peintre&#8230;Lieber Maler&#8230;Dear Painter&#8230; Peintures figuratives depuis l'ultime Picabia, Centre Pompidou, Kunsthalle Wien, Schirnkunsthalle Frankfurt, 2002, p. 121.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Bernard Lamarche-Vadel&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Un pas&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; dans Yvan Salomone, La Cri&#233;e, Rennes, 1992, p. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Tentative de d&#233;cryptage</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Tentative-de-decryptage</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Tentative-de-decryptage</guid>
		<dc:date>2017-09-01T09:02:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yannick Miloux</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Laurent Terras &#224; La Souterraine Ma premi&#232;re confrontation avec l'&#339;uvre de Laurent Terras remonte &#224; 2007. Apr&#232;s avoir longtemps v&#233;cu &#224; Marseille et particip&#233; activement &#224; la sc&#232;ne artistique locale, il venait d'installer sa famille &#224; S&#233;rilhac en Corr&#232;ze sur un coup de t&#234;te, ou plut&#244;t sur un coup de c&#339;ur pour une ancienne grange corr&#233;zienne dominant un paysage magnifique &#224; perte de vue. Il avait entrepris d'importants travaux d'am&#233;nagement, et son atelier &#233;tait presque op&#233;rationnel. Je me&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-26934" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Laurent Terras &#224; La Souterraine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma premi&#232;re confrontation avec l'&#339;uvre de Laurent Terras remonte &#224; 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir longtemps v&#233;cu &#224; Marseille et particip&#233; activement &#224; la sc&#232;ne artistique locale, il venait d'installer sa famille &#224; S&#233;rilhac en Corr&#232;ze sur un coup de t&#234;te, ou plut&#244;t sur un coup de c&#339;ur pour une ancienne grange corr&#233;zienne dominant un paysage magnifique &#224; perte de vue. Il avait entrepris d'importants travaux d'am&#233;nagement, et son atelier &#233;tait presque op&#233;rationnel. Je me souviens avoir &#233;t&#233; frapp&#233; par son ing&#233;niosit&#233;, son savoir-faire, ses multiples aptitudes aux bricolages les plus divers, ses solutions pragmatiques et son insatiable curiosit&#233;.Je cherchais un artiste ing&#233;nieux &#224; inviter dans un lyc&#233;e de Brive pour une r&#233;sidence de cr&#233;ation. Il ferait parfaitement l'affaire et son s&#233;jour au Lyc&#233;e Cabanis fut un grand succ&#232;s qui d&#233;boucha notamment sur la cr&#233;ation d'une sculpture sonore &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Multiplex&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (2008, coll. Frac Limousin) sorte de bo&#238;te &#224; musique graphique et rythmique dispers&#233;e au sol qui fit l'unanimit&#233; aupr&#232;s de toute la communaut&#233; lyc&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est le plus frappant dans la recherche de Laurent Terras, c'est son foisonnement et sa vivacit&#233;. Il r&#233;alise des sculptures, des environnements souvent constitu&#233;s de mat&#233;riaux h&#233;t&#233;rog&#232;nes (m&#233;caniques, synth&#233;tiques, vivants,&#8230;) et aussi beaucoup de dessins (pr&#233;paratoires ou pas, souvent percutants comme des esquisses publicitaires, et l&#233;gend&#233;s de remarques et de d&#233;tails). A notre &#233;poque de saturation m&#233;diatique, son utilisation du langage peut para&#238;tre parfois litt&#233;rale, souvent humoristique et &#224; double sens. Ainsi, pour la crypte de l'Eglise de La Souterraine, il a choisi de nommer son exposition &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;D&#233;cryptage&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, ce qui semble &#224; la fois aller de soi et qui n'est pourtant pas une mince affaire quant &#224; la complexit&#233; qu'il met en &#339;uvre dans ses travaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour son exposition, il a choisi un ensemble de trois &#339;uvres hydrophiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Hydroponie, Flower Power, Effet de serre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en 2003 &#224; Aix-en-Provence, au 3bisf, un centre d'art h&#233;berg&#233; au sein d'un hopital psychiatrique. Comme son triple titre l'indique, cette &#339;uvre est &#224; la fois un syst&#232;me d'agriculture hors-sol, une r&#233;f&#233;rence &#224; la culture des ann&#233;es 60 et une allusion au d&#233;r&#232;glement climatique. L'artiste pr&#233;sente son &#339;uvre comme &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;un jardin sans valeur nutritive ni florale, un jardin non productif dont il faut s'occuper r&#233;guli&#232;rement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Dans sa description, il pr&#233;cise&#160;:&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;Des micro m&#233;canismes pompent, fluidifient, entra&#238;nent, a&#232;rent cette jungle composite par l'interm&#233;diaire de moteurs, panneaux solaires, ventilateurs, syst&#232;mes d'&#233;tudes m&#233;t&#233;orologiques et vid&#233;os surveillances&#8230; et sont capt&#233;s par des micros qui redistribuent une ambiance lourde et lancinante&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ainsi, on pourra envisager cette &#339;uvre comme une tentative de synth&#232;se (impossible&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?) entre l'homme et la nature et une curieuse amplification de ph&#233;nom&#232;nes de recr&#233;ation artificielle du vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Sans fuite&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est une &#339;uvre r&#233;cente, r&#233;alis&#233;e dans l'atelier de S&#233;rilhac en 2011. Sorte de dispositif de plomberie, cette &#339;uvre est bas&#233;e sur une circulation d'eau invisible &#224; l'int&#233;rieur d'un circuit de tuyaux de cuivre qui traverse des contenants m&#233;talliques divers, bidons, f&#251;t m&#233;tallique et moulages de bottes en cupro-nickel (un alliage anti-corrosif de cuivre et de nickel&#160;: c'est la partie blanche des pi&#232;ces d'un et deux euros m'informe wikipedia). Cette circulation d'eau passe en deux endroits par des diam&#232;tres plus resserr&#233;s et acc&#233;l&#232;re momentan&#233;ment son d&#233;bit. C'est le double effet Venturi auquel le titre fait allusion (encore merci wikipedia). Selon l'artiste, ce syst&#232;me hydraulique est &#224; consid&#233;rer comme une &#339;uvre sonore proche d'un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gargouillis intestinal&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. On ne peut s'emp&#234;cher d'imaginer la figure de l'artiste comme celle d'un plombier musicien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, Terras pr&#233;sente cinq &#339;uvres r&#233;centes de format plus modeste. Ces cinq &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Technofossiles&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sont des d&#233;gourdis de gr&#232;s blanc, c'est-&#224;-dire obtenus apr&#232;s une premi&#232;re cuisson &#224; 900&#176; et avant la pose &#233;ventuelle d'un d&#233;cor. L'artiste a choisi de mouler des contenants d'&#233;nergie (bonbonne de gaz, jerrycan et bidons) et de leur donner une consistance p&#233;renne. Par le titre g&#233;n&#233;rique qu'il leur attribue, il semble les propulser dans le futur, &#224; destination des arch&#233;ologues de demain, c'est-&#224;-dire d'une &#233;poque o&#249; les &#233;nergies fossiles ne seront qu'un souvenir. Connaissant Laurent Terras, on peut penser que le nom donn&#233; &#224; cette technique porcelaini&#232;re, le d&#233;gourdi, aura &#233;galement constitu&#233; un d&#233;clencheur puissant pour l'entra&#238;ner vers cette amusante sp&#233;culation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/TechnoFossiles' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&gt;Voir la documentation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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