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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>MUSEUM</title>
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		<dc:creator>Jean Poussin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Mus&#233;um Le mus&#233;e va changer&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il a d&#233;j&#224; bien entam&#233; sa mutation. C'est d'abord un hommage que Florent Contin-Roux veut lui rendre, lui qui a tant fr&#233;quent&#233; ces salles depuis l'enfance. Le mus&#233;e municipal, g&#233;n&#233;raliste, peut d&#233;concerter le visiteur par la diversit&#233; de ses collections, qu'&#224; l'&#226;ge tendre on saisit pourtant comme une unit&#233; harmonieuse, sans s&#233;paration d'avec le monde des jouets ou des cours d'histoire antique. L'enfance est un &#226;ge de m&#233;lange heureux, l'&#226;ge o&#249; l'on aime &#224; se&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27318" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Museum' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Mus&#233;um&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mus&#233;e va changer&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il a d&#233;j&#224; bien entam&#233; sa mutation. C'est d'abord un hommage que Florent Contin-Roux veut lui rendre, lui qui a tant fr&#233;quent&#233; ces salles depuis l'enfance. Le mus&#233;e municipal, g&#233;n&#233;raliste, peut d&#233;concerter le visiteur par la diversit&#233; de ses collections, qu'&#224; l'&#226;ge tendre on saisit pourtant comme une unit&#233; harmonieuse, sans s&#233;paration d'avec le monde des jouets ou des cours d'histoire antique. L'enfance est un &#226;ge de m&#233;lange heureux, l'&#226;ge o&#249; l'on aime &#224; se jouer des &#233;tiquettes. Pour le regard d'enfant, &#224; hauteur de vitrine, toutes les &#339;uvres du mus&#233;e se donnent &#224; voir indistinctement, g&#233;n&#233;reusement. Elles sont le pr&#233;texte &#224; d'autres jeux, et les Playmobil, le soir, peuvent aussi bien devenir des dieux &#233;gyptiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il s'agit aussi de questionner, &#224; l'&#232;re du num&#233;rique, un nouveau rapport au mus&#233;e et aux &#339;uvres. Le pixel, m&#234;me s'il renvoie &#224; un &#226;ge d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233;, celui des d&#233;buts du num&#233;rique, est ici utilis&#233; comme embl&#232;me de cette &#233;poque, o&#249; tout peut &#234;tre analys&#233;, d&#233;compos&#233;, retranscrit &#224; distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le microprocesseur, trait&#233; comme un dessin d'architecte, est l&#224; pour rappeler que d&#233;sormais, tous les mus&#233;es peuvent tenir dans la main&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils pourront m&#234;me, bient&#244;t, &#234;tre gliss&#233;s sous la peau, tout pr&#232;s du cerveau. Pourquoi alors se d&#233;placer lorsque l'on peut, en quelques clics, s'offrir des visites &#224; volont&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? C'est l&#224; un progr&#232;s incontestable, c'est aussi une perte du rapport aux &#339;uvres et au charme des lieux. Le propos n'est pas pour l'artiste de se livrer &#224; une vaine et na&#239;ve d&#233;nonciation, mais de r&#233;investir le pixel comme symbole et comme signe graphique. On sait que le pixel sert &#224; d&#233;composer l'image, mais que l'on songe au double sens du mot d&#233;composition&#160;: r&#233;duite &#224; ces points &#233;l&#233;mentaires, les images se meurent. Que l'on songe aussi &#224; son utilisation t&#233;l&#233;visuelle&#160;: le pixel n'est plus alors le signe d'une imparfaite d&#233;finition de l'image, mais bien le brouillage volontaire d'un visage ou d'un sexe. Il prot&#232;ge la vie priv&#233;e des enfants, assure l'anonymat des t&#233;moins. Vecteur d'information, le pixel est aussi ce qui brouille, ce qui dresse une barri&#232;re entre nous et l'image. Ainsi pixellis&#233;, &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Renoir' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Renoir&lt;/a&gt; est renvoy&#233; &#224; une mosa&#239;que anonyme, et le pape gisant conna&#238;t une seconde agonie. C'est dire que l'&#339;uvre ne se r&#233;duit pas &#224; des petits carr&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; finalement, il faudra toujours venir voir. Et revenir encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mus&#233;e est un lieu commun, l'endroit o&#249; se donne &#224; voir le patrimoine de tous. C'est un tr&#233;sor public. Florent Contin-Roux a voulu prendre au mot cette id&#233;e en s'appropriant le mus&#233;e, et nous invite &#224; faire de m&#234;me&#160;: vous &#234;tes ici chez vous. Ce mus&#233;e fut autrefois un palais, autrement dit une maison&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; espace privatif rendu public par les d&#233;tours de l'histoire. Jouant avec &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Home-Sweet-Home' class=&#034;spip_in&#034;&gt;les motifs d&#233;coratifs&lt;/a&gt;, Florent Contin-Roux imagine un usage domestique de ce b&#226;timent solennel. Qui n'a pas r&#234;v&#233; de se faire enfermer un soir, de s'asseoir sur les vieux fauteuils interdits, de franchir les &#233;pais cordons qui prot&#232;gent les espaces r&#233;serv&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les murs ont une histoire, dit-on souvent, ou encore&#160;: ils en ont vu, ces murs. S'ils pouvaient parler&#8230; Mais les murs ne parlent pas tout seuls, d'ailleurs ici, ils sont aveugles. Ils ont pourtant une histoire en effet, qui reste le plus souvent inaper&#231;ue du visiteur. C'est un peu de cette histoire intime du b&#226;timent que Florent Contin-Roux cherche &#224; raconter, en s'attachant aux apparences, aux indices, aux traces d'une vie oubli&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nostalgie ici ne porte pas sur les collections du mus&#233;e. Elles sont promises au plus bel avenir, red&#233;ploy&#233;es dans de plus beaux espaces, valoris&#233;es gr&#226;ce au meilleur mobilier, doucement &#233;clair&#233;es par les lampes les plus perfectionn&#233;es. Mais qui dira la po&#233;sie des anciennes boiseries, des moulures &#233;trangement bleut&#233;es&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui chantera le charme des vieux interrupteurs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pour les prises &#233;lectriquesfrapp&#233;es de d&#233;su&#233;tude, l'architecte n'a pas pr&#233;vu de rayon des souvenirs. Qui pensera encore aux fissures, aux l&#233;zardes, aux &#233;cailles, bref &#224; l'ancienne peau de ce b&#226;timent, vou&#233; &#224; devenir un plus parfait animal&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? L'artiste porte une tendresse particuli&#232;re &#224; ces d&#233;tails bient&#244;t oubli&#233;s, qui rec&#232;lent pourtant une partie de l'histoire non &#233;crite du mus&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>LANDSCAPE</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Poussin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;On n'y voit pas tr&#232;s bien. Ces peintures semblent parfois se tenir de l'autre c&#244;t&#233; d'une vitre embu&#233;e. On veut l'essuyer avec le plat de la main, mais on ne fait qu'aggraver le flou, et de toute fa&#231;on la voiture roule trop vite, le paysage est d&#233;j&#224; reparti &#224; toute allure vers l'arri&#232;re. N'en reste plus que le souvenir. Souvenir que l'on attrape plus ou moins bien, que l'on garde plus ou moins longtemps, selon le train o&#249; va la vie. L'art de Florent Contin-Roux est d'abord dans ce sens de&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27318" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On n'y voit pas tr&#232;s bien. &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Paysages-en-mouvement' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Ces peintures&lt;/a&gt; semblent parfois se tenir de l'autre c&#244;t&#233; d'une vitre embu&#233;e. On veut l'essuyer avec le plat de la main, mais on ne fait qu'aggraver le flou, et de toute fa&#231;on la voiture roule trop vite, le paysage est d&#233;j&#224; reparti &#224; toute allure vers l'arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'en reste plus que le souvenir. Souvenir que l'on attrape plus ou moins bien, que l'on garde plus ou moins longtemps, selon le train o&#249; va la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art de Florent Contin-Roux est d'abord dans ce sens de l'ambigu&#160;: savoir saisir cet entre-deux, cet &#233;tat vaporeux et ind&#233;cis qui caract&#233;rise souvent notre rapport au paysage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tat est aussi celui des r&#234;ves. En dormant nous cherchons &#224; saisir des fant&#244;mes, &#224; effacer des mauvaises traces. Au matin, nos poings ne ram&#232;nent que du vent. Pourtant quelque chose subsiste, comme une vapeur persistante au-dessus de la nettet&#233; du quotidien. C'est un objet de cet ordre que cette peinture s'attache &#224; traquer. Elle s'apparente &#224; un travail de m&#233;moire, entre apparition et disparition, entre masque et d&#233;voilement. Montrer sans trop montrer, montrer en dissimulant&#160;: telle est la subtile et insatiable recherche de l'artiste. S'attacher &#224; r&#233;v&#233;ler et &#224; recouvrir tout &#224; la fois, n'est-ce pas ce que nous faisons de nos souvenirs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? C'est notre condition de vivre dans ce flou que l'on dit artistique, comme si le flou &#233;tait l'apanage de l'art, comme si la vie n'&#233;tait pas une perp&#233;tuelle &#8212; et incertaine &#8212; mise au point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Florent Contin-Roux a souvent recours &#224; la photographie comme mati&#232;re premi&#232;re, c'est parce qu'elle se donne comme reflet et souvenir fid&#232;le du monde. Recouvrant les clich&#233;s, les grattant, les renvoyant &#224; leur &#233;chec en tant que repr&#233;sentations du r&#233;el, il se livre &#224; une sorte d'arch&#233;ologie &#224; l'envers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouvant, par strates successives, par glissements et coulures, une autre v&#233;rit&#233; du paysage. Un travail de r&#233;v&#233;lation, comme on dit en photographie, mais qui des moyens du laboratoire ne garderait que la p&#233;nombre. Le paysage est perturb&#233; et changeant, pourtant il y a toujours un horizon vers lequel le regard se porte. Cet horizon, pr&#233;sent et ind&#233;passable m&#234;me dans les plus abstraites de ces peintures, est garant d'un certain &#233;quilibre, d'une forme d'harmonie. Avec cependant une frontalit&#233; toute contemporaine. Les taches de peinture, les gouttes, les brouillards sont l&#224; pour rappeler cette v&#233;rit&#233; premi&#232;re&#160;: c'est toujours de la peinture. Cette prise en compte de la modernit&#233; n'est pas exclusive d'une certaine tendresse pour ces paysages imparfaits. Les taches ne sont pas seulement des obstacles &#224; la vue, elles sont aussi &#8212; et tout en m&#234;me temps &#8212; des caresses, des effleurements d&#233;licats. C'est dans cette oscillation entre distance et proximit&#233;, entre s&#233;duction et radicalit&#233; que la peinture de Florent Contin-Roux entend se situer&#160;: quelque part entre le l&#226;cher prise et le saisissement du r&#233;el.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>GARDEN</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Poussin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ceci est &#224; moi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la soci&#233;t&#233; civile. Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'in&#233;galit&#233; parmi les hommes, 1755. On sait que le paysage inviol&#233;, la pure nature, n'existe plus depuis bien longtemps dans nos contr&#233;es. Mais le jardin est par d&#233;finition ce territoire o&#249; la nature est reconstruite par l'homme. On y trouve, outre les&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27318" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ceci est &#224; moi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Jacques Rousseau, &lt;i&gt;Discours sur l'origine et les fondements de l'in&#233;galit&#233; parmi les hommes&lt;/i&gt;, 1755.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que le paysage inviol&#233;, la pure nature, n'existe plus depuis bien longtemps dans nos contr&#233;es. &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Paysages-et-activites-humaines' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Mais le jardin est par d&#233;finition ce territoire o&#249; la nature est reconstruite par l'homme.&lt;/a&gt; On y trouve, outre les plantes, tous les objets manufactur&#233;s dont nous avons besoin pour nous y sentir bien. &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Chaises' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Ces chaises en plastique&lt;/a&gt;, si molles et collantes &#224; la peau par temps chaud, ne sont pas bien jolies. Mais elles permettent au jardinier de contempler son ouvrage. C'est pourquoi d'ordinaire, on ne les voit pas&#160;: on est assis dessus. Florent Contin-Roux a choisi de tourner vers elles son regard de peintre, mi-attendri, mi-critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hommage de l'artiste &#224; ces objets ordinaires, qui tendent &#224; se faire oublier au c&#339;ur du foisonnement de la v&#233;g&#233;tation. Si&#232;ges, pourtant, de repos m&#233;rit&#233;s et de r&#234;veries bucoliques. Il est vrai que l'on peut l&#233;viter parfois, sur une chaise en plastique, comme sur cette peinture o&#249; le si&#232;ge semble flotter entre deux eaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Tondeuse' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la tondeuse&lt;/a&gt; se coule dans la verdure, elle semble tapie dans l'herbe comme un animal sauvage&#160;: puisqu'elle prend la pose, pourquoi ne pas faire son portrait&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Cette machine n'est plus seulement une briseuse de sieste, elle est aussi, &#224; son tour, un &#233;l&#233;ment &#224; part enti&#232;re de cette nature recompos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jardin est tout &#224; la fois l'ouverture vers le monde, un premier pas au-dehors du chez-soi, et aussi une cl&#244;ture contre l'agression ext&#233;rieure. Puisque le paysage est bien souvent hostile, &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Pollution' class=&#034;spip_in&#034;&gt;puisqu'il est pollu&#233;&lt;/a&gt;, autant cultiver son jardin et domestiquer le v&#233;g&#233;tal. Pour l'homme effarouch&#233; par le dehors, les barri&#232;res du jardin posent les limites de la sauvagerie acceptable. Au jardin, l'horizon est born&#233;, mais c'est mon horizon, pr&#233;cieux pour cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jardin constitue un r&#234;ve, modeste et parfois illusoire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le vert est &#224; la mode et il est plus facile de l'inviter chez soi. Aujourd'hui tout le monde veut consommer du vert&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce qui revient souvent &#224; rajouter du plastique dans la nature. Point de jugement, pourtant, dans le travail de Florent Contin-Roux, mais un regard lucide et amus&#233;. Dans les riants souvenirs d'enfance, la chaise en plastique participe de la m&#234;me nature onirique que la glycine exub&#233;rante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-dehors, &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Garden-Party' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le camping&lt;/a&gt; est une autre fa&#231;on d'habiter l'ext&#233;rieur. Pour supporter la sauvagerie un peu plus loin, on emm&#232;ne son mobilier. Le paysage est peut-&#234;tre d&#233;figur&#233;, mais il y a de la tendresse, aussi, dans la fa&#231;on dont les fourr&#233;s accueillent en leur sein nos tentes et nos r&#233;chauds &#224; gaz. Tendresse et menace &#224; la fois, que l'on retrouve dans la mani&#232;re de Florent Contin-Roux&#160;: cette baigneuse s'avance prudemment au centre de la piscine, peut-&#234;tre parce que l'eau est froide, plus s&#251;rement parce qu'elle sent peser sur elle l'immensit&#233; de la nature, la froide col&#232;re de ces arbres d&#233;goulinant sur elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'elle soit poliment invit&#233;e au jardin, ou timidement d&#233;fi&#233;e depuis l'abri de nos toiles de tente, du bout de nos chaussures en plastique, la nature porte en elle cette ambivalence&#160;: elle est pour l'homme un milieu hostile, mais il n'en conna&#238;t pas d'autre, finalement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>PAINT IT BLACK</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/PAINT-IT-BLACK</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Poussin</dc:creator>



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&lt;p&gt;Cette s&#233;rie d'&#339;uvres de Florent Contin-Roux a pour fil rouge l'utilisation d'images pr&#233;existantes, et il s'agit d'un simple aper&#231;u sur les recherches actuelles de l'artiste, bas&#233;es depuis de longs mois sur le rapport peinture / photographie. Tir&#233;es de diff&#233;rents registres &#8212; intime, historique, m&#233;diatique &#8212; ces photographies constituent la mati&#232;re premi&#232;re d'une r&#233;flexion sur l'importance de l'image dans nos vies et dans notre rapport au monde. Le trop-plein d'images, leur d&#233;filement&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27318" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Politique-et-memoire' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Cette s&#233;rie d'&#339;uvres&lt;/a&gt; de Florent Contin-Roux a pour fil rouge l'utilisation d'images pr&#233;existantes, et il s'agit d'un simple aper&#231;u sur les recherches actuelles de l'artiste, bas&#233;es depuis de longs mois sur le rapport peinture / photographie. Tir&#233;es de diff&#233;rents registres &#8212; intime, historique, m&#233;diatique &#8212; ces photographies constituent la mati&#232;re premi&#232;re d'une r&#233;flexion sur l'importance de l'image dans nos vies et dans notre rapport au monde. Le trop-plein d'images, leur d&#233;filement continuel et le &lt;i&gt;zapping&lt;/i&gt; auquel est souvent contraint l'individu sont ici point&#233;s par l'artiste. Il entend op&#233;rer un tri, un choix qui revient &#224; proposer une pause dans ce d&#233;ferlement sans fin. C'est que l'impact d'une image est souvent disproportionn&#233; par rapport &#224; l'&#233;v&#233;nement qu'elle pr&#233;tend repr&#233;senter. C'est aussi que la plus banale des images pourra acc&#233;der au statut d'ic&#244;ne, si elle est suffisamment mise en sc&#232;ne. Dans ce flot d'images, certaines surnagent, certaines nous obs&#232;dent, sans que l'on sache exactement pourquoi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elles reviennent, inlassablement. Refusant de s'en tenir &#224; ce constat, Florent Contin-Roux a choisi d'accepter &#034;toutes les images du monde&#034; et de questionner certains de ces &lt;i&gt;flash-back&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail sur l'image se double d'une r&#233;flexion sur la m&#233;moire, m&#234;lant souvenir intime et actualit&#233; politique, images historiques et visions de la banalit&#233; quotidienne. D&#233;munis devant le passage de notre histoire personnelle, nous le sommes aussi face &#224; l'oubli de l'histoire collective. L'image, cens&#233;e faciliter le souvenir, est aussi l'&#233;cran qui nous masque la r&#233;alit&#233; des choses perdues &#224; jamais. Elle reste l&#224;, ou resurgit quand tout a disparu, mais bien souvent il n'y a plus grand-chose derri&#232;re. La photographie n'est-elle pas &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;cette image qui produit la mort en voulant conserver la vie &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roland Barthes, La Chambre claire, note sur la photographie, Cahiers du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et nous nous d&#233;battons sans cesse, aux prises avec cette m&#233;moire inextricablement intime et collective. Le &lt;i&gt;flash-back&lt;/i&gt; d&#233;bouche sur le &lt;i&gt;black-out&lt;/i&gt;. Trop de m&#233;moire tue la m&#233;moire, dit-on parfois, et c'est aussi pour cela que nous avons besoin de l'&#339;uvre d'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, l'irruption de la peinture est capitale. En couches de noir et de gris, parfois occupant tout l'espace, parfois laissant subsister le motif, elle va entamer avec l'image un dialogue subtil. Des taches viennent perturber la lecture des images, qui subsistent, pourtant, en transparence. Peinture et photographie entament un dialogue&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elles se r&#233;pondent et se percutent comme l'espace et le temps. Patiemment, la surface est reconstruite&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Des paysages se dessinent, incertains, comme vus &#224; travers une vitre. Dans ces gestes-l&#224;, Florent Contin-Roux retrouve toute la richesse, et aussi toute l'ambigu&#239;t&#233; du r&#244;le de l'artiste. Il s'agit tout &#224; la fois d'effacer et de conserver, de recouvrir et de d&#233;couvrir. Car si la m&#233;moire est n&#233;cessaire, l'oubli l'est tout autant. Il s'agit, au bout du compte, de r&#233;v&#233;ler. Terme qui pourrait relever du vocabulaire photographique, mais ici il est bien question de peindre. R&#233;v&#233;ler par l'effacement. R&#233;v&#233;ler l'image, ou ce qu'il y a derri&#232;re&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais aussi r&#233;v&#233;ler la perte, la disparition de l'enfance, le temps qui passe et l'oubli de l'histoire. Pour que quelque chose subsiste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Roland Barthes, La Chambre claire, note sur la photographie, &lt;i&gt;Cahiers du cin&#233;ma,&lt;/i&gt; Gallimard, Le Seuil, 1980, p. 144.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>N&#233;e en 1972, Laurie-Anne Estaque vit et...</title>
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		<dc:date>2019-05-17T14:29:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Poussin</dc:creator>



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&lt;p&gt;N&#233;e en 1972, Laurie-Anne Estaque vit et travaille &#224; Aubusson dans la Creuse. L'&#339;uvre de Laurie-Anne Estaque se construit sur un questionnement exigeant et toujours renouvel&#233;&#160;: quelles sont les repr&#233;sentations du monde aujourd'hui&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Quels en sont les signes dominants&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? C'est en effet par un travail sur le signe que l'artiste produit un discours qui, pour ne pas en emprunter les formes classiques, est &#233;minemment politique. Les moyens employ&#233;s sont ceux d'une forme de r&#233;sistance, et l'on&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-26877" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N&#233;e en 1972, Laurie-Anne Estaque vit et travaille &#224; Aubusson dans la Creuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre de Laurie-Anne Estaque se construit sur un questionnement exigeant et toujours renouvel&#233;&#160;: quelles sont les repr&#233;sentations du monde aujourd'hui&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Quels en sont les signes dominants&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? C'est en effet par un travail sur le signe que l'artiste produit un discours qui, pour ne pas en emprunter les formes classiques, est &#233;minemment politique. Les moyens employ&#233;s sont ceux d'une forme de r&#233;sistance, et l'on comprend tr&#232;s vite que pour Laurie-Anne Estaque, l'art est bien le lieu par excellence d'une proposition &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;alternative&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il s'agit de r&#233;v&#233;ler l'envers des choses, et de montrer que le discours dominant produit le contraire de ce qu'il pr&#233;tend dire. Le travail sur les cartes g&#233;ographiques est embl&#233;matique de cette d&#233;marche. La carte n'est-elle pas le lieu par excellence de l'expression d'une vision du monde&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Soutenue par la gr&#226;ce d'un dessin tr&#232;s &#233;labor&#233; (car l'aspect plastique est au c&#339;ur de toute son &#339;uvre), Laurie-Anne Estaque d&#233;coupe les cartes du monde, les renverse, les brode, et propose des mises &#224; jour bien plus critiques que celles de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IGN&lt;/span&gt; &#8212; et peut-&#234;tre plus conformes &#224; la r&#233;alit&#233;&#160;: un petit dessin, un carr&#233; de couleur sont parfois plus fid&#232;les qu'une carte ou un drapeau. Si les cartes fonctionnent selon des op&#233;rations d'aplatissement du r&#233;el&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;anamorphoses&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d&#233;tournent le regard d'un monde charg&#233; de donn&#233;es, pi&#233;g&#233; de trafics. Les continents s'&#233;tirent, se contractent et s'entrechoquent, d&#233;form&#233;s par le ph&#233;nom&#232;ne observ&#233; jusqu'&#224; l'apparition de formes quasi organiques. La couleur domine. C'est elle qui t&#233;moigne &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Poussin, texte pour l'exposition au CAUE de la Haute-Vienne, Limoges, 2005.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Jean Poussin, texte pour l'exposition au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CAUE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; de la Haute-Vienne, Limoges, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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