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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Agrumes dans la brume</title>
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		<dc:date>2018-10-29T14:21:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Florence Beaugier Piovesan</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Bordeaux, dans le sud-ouest de la France. Selon une l&#233;gende urbaine vieille de plusieurs si&#232;cles, il y pleut bien plus qu'ailleurs dans le pays, et les jours qui s'&#233;coulent s'acharnent et corroborent le mythe. On dit que c'est dans le quartier Saint-Pierre que se produira le couple d'artistes qui constitue The George Tremblay Show. Le titre de leur performance - Tout est m&#233;lancolie au dehors comme au-dedans - est intrigant, comme inspir&#233; par la m&#233;t&#233;o de ces derniers mois. Par une fin de&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bordeaux, dans le sud-ouest de la France. Selon une l&#233;gende urbaine vieille de plusieurs si&#232;cles, il y pleut bien plus qu'ailleurs dans le pays, et les jours qui s'&#233;coulent s'acharnent et corroborent le mythe. On dit que c'est dans le quartier Saint-Pierre que se produira le couple d'artistes qui constitue The George Tremblay Show. Le titre de leur performance - &lt;i&gt;Tout est m&#233;lancolie au dehors comme au-dedans&lt;/i&gt; - est intrigant, comme inspir&#233; par la m&#233;t&#233;o de ces derniers mois. Par une fin de journ&#233;e qui vit enfin appara&#238;tre timidement le soleil, je me rends donc au lieu de rendez-vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arrivant, je trouve une galerie vide, murs blancs, sol b&#233;ton gris. Par terre, des indices de ce qui va avoir lieu. Il n'est que 19h &#224; ma montre, je suis en avance. Un espace est d&#233;limit&#233; comme une sc&#232;ne de crime par un scotch blanc, bien organis&#233;, rang&#233;. Je vois une jupe pliss&#233;e &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IKB&lt;/span&gt; (comprenez bleu Klein), elle est pos&#233;e droite, fig&#233;e, sculpture de tissus verticale et amidonn&#233;e. Plus loin un tube de rouge &#224; l&#232;vres rouge, une paire de tennis bleu marine &#224; l'impertinente semelle jaune fluo. Aurais-je affaire &#224; des coloristes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='manualbr' /&gt;Contre le mur, une cigarette, un cendrier en laiton au look r&#233;tro, un peu baroque et une bougie couleur vieil or &#224; cot&#233;, un briquet. Une croix est dessin&#233;e au scotch orange, il y a des enceintes noires, des cales taill&#233;es en biseau dans du bois clair. &#192; l'oppos&#233; de la pi&#232;ce, un meuble m&#233;tallique, utilis&#233; dans les ann&#233;es 80 par les secr&#233;taires pour classer les documents, aujourd'hui il est devenu un objet de design, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;vintage&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; dit-on.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je remarque que flotte une l&#233;g&#232;re odeur &#226;cre, acide. Je n'arrive pas &#224; d&#233;terminer son origine.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le temps passe, les gens arrivent les uns apr&#232;s les autres, regardent curieusement, comme moi, les objets dispos&#233;s pour la performance. Patientant devant la galerie, ils bavardent et disent tous en avoir assez de la pluie, de la bruine. Pourtant, &#224; cet instant, il ne pleut pas &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19h45&#160;: la foule est dense, je compte une centaine de personnes. Les portes de la galerie s'ouvrent, le lieu n'est pas bien grand. Nombreux, mais &#233;trangement disciplin&#233;, le public s'entasse, se range dans la galerie, respectant religieusement l'espace trac&#233; au sol par les artistes.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le silence se r&#233;pand, passant de l'un &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une femme, petite brune, mince, un homme grand, brun, maigre, pieds nus, s'avancent.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle porte un court pull blanc en mohair, manches mi-longues et un collant couleur chair.&lt;br class='manualbr' /&gt;Lui, un tee-shirt d&#233;collet&#233; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IKB&lt;/span&gt; et un pantalon noir.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ils sont c&#244;te &#224; c&#244;te, puis, face &#224; face.&lt;br class='manualbr' /&gt;Sur la pointe des pieds, elle gare ses talons sur les cales en bois.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il lui prend le bras, lui permettant ainsi de tenir l'&#233;quilibre.&lt;br class='manualbr' /&gt;Musique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur &lt;i&gt;Vu de l'ext&#233;rieur&lt;/i&gt; de Serge Gainsbourg, rencontre des bouches, muscles orbiculaires band&#233;s, ils s'embrassent, yeux mi-clos, langues dansantes, contact humide et bruyant. Je pense au &lt;i&gt;Baiser de Mardi gras&lt;/i&gt; de Francis Picabia&#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Mais qu'est-ce qui m'a pris d'me risquer &#224; l'int&#233;rieur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! (&#8230;) C'&#233;tait bon, &#231;a &#233;videment, mais tu sais comme moi que ces choses-l&#224; n'ont qu'un temps. (&#8230;) C'n'est pas beau, m&#234;me assez d&#233;goutant (&#8230;)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Loin de &lt;i&gt;The Big Kiss&lt;/i&gt;, baiser perform&#233; et d&#233;sincarn&#233; de Annie Abrahams, ou de celui payant (5 Fr) que Orlan distribuait &#224; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FIAC&lt;/span&gt; en 1977, ce baiser aspire lentement le public vers l'int&#233;riorit&#233;. L'intime, l'&#233;change, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Un couple n'est vraiment un couple que s'il transpire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#233;crivait San Antonio, et l&#224;, ils transpirent&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='manualbr' /&gt;La fin de la chanson ach&#232;ve le baiser.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ils se regardent, s'essuient la bouche du dos de la main. Tels les c&#233;l&#232;bres performeurs Marina Abramovic et Ulay, ils se tournent le dos et se s&#233;parent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se penche sur le miroir qui sert de socle &#224; la jupe bleue, et se met d&#233;licatement du rouge &#224; l&#232;vres, qu'elle estompe avec un mouchoir en papier.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il s'assoie et enfile la paire de tennis.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle passe des escarpins noirs tr&#232;s hauts.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ils se redressent. Ils se font face.&lt;br class='manualbr' /&gt;Musique.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Bang, bang&lt;/i&gt; de Nancy Sinatra.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il se place sur la croix orange et se met &#224; courir sur place.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;He shot me down, bang, bang&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle passe ses jambes dans la jupe sans la d&#233;ranger. Elle la remonte le long de ces jambes et l'attache &#224; sa taille d&#233;voilant au sol une maquette de Lande vallonn&#233;e et bois&#233;e par de tout petits arbres qui se d&#233;ploient autours de ces pieds chauss&#233;s.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;I shot you down Bang, bang&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Sur la croix, il court.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle attend.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il court, le regard fix&#233; droit devant lui.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle est statique, statue au centre de la Lande miniaturis&#233;e.&lt;br class='manualbr' /&gt;La chanson est termin&#233;e.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il arr&#234;te de courir. Essouffl&#233;, il enl&#232;ve ses chaussures. Il saisit la bougie, l'allume, l'&#233;teint. Il l'allume de nouveau et la fixe au centre de la croix orange.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle est immobile, seul son regard circule dans le public. Que voit-t-elle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='manualbr' /&gt;Il allume la cigarette, s'allonge par terre, &#224; ses pieds, en chien de fusil, coude au sol, t&#234;te dans la main. Le cendrier est pos&#233; &#224; ces c&#244;t&#233;s.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle d&#233;plie des feuilles de papier blanc. Elle lit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de quelques phrases, je reconnais le texte, un assemblage d'extraits tir&#233;s du &lt;i&gt;Chien des Baskerville&lt;/i&gt; de Sir Arthur Conan Doyle. &lt;br class='manualbr' /&gt;Sa voix est agr&#233;able, fluide, assur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fume tirant de longues bouff&#233;es dont il souffle la fum&#233;e vers la maquette. La brume est sur la Lande.&lt;br class='manualbr' /&gt;La lecture se termine par ces mots &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Tout est m&#233;lancolie, au dedans comme au dehors&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il &#233;crase la cigarette et se l&#232;ve.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle sort d&#233;licatement de la maquette.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ils s'avancent ensemble vers le public et font signe qu'ils vont passer la ligne blanche.&lt;br class='manualbr' /&gt;Renversement de l'espace, lent et doux mouvement de foule. Je les perds de vue. Je n'aper&#231;ois plus que leurs t&#234;tes.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il est &#224; c&#244;t&#233; du meuble de bureau m&#233;tallique. J'entends qu'il en ouvre une trappe. Il me semble qu'il a &#244;t&#233; son tee-shirt bleu Klein et qu'il enfile une chemise blanche &#224; petits motifs noirs.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle s'est &#233;loign&#233;e de lui et s'est plac&#233;e en face. Elle attache et d&#233;tache ses cheveux. Je ne la vois plus.&lt;br class='manualbr' /&gt;Musique.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Bang, bang&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt; R&#233;sonne de nouveau mais c'est une version diff&#233;rente de la premi&#232;re, je reconnais la voix de Dalida, elle chante en italien.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il continue de s'habiller, interrompant ses gestes pour ouvrir les trappes du meuble et attraper des citrons qu'il jette un par un vers elle.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle s'en saisit et croque &#224; pleines dents chaque fruit.&lt;br class='manualbr' /&gt;Bang&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Bang&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='manualbr' /&gt;Je pense &#224; la nature morte au citron pel&#233; du peintre hollandais De Heem. Le citron &#233;tait son motif pr&#233;f&#233;r&#233;, il s'amusait des variations picturales auxquelles donnent lieu la lente &#233;mergence de l'objet jaune hors de la p&#233;nombre sur ce fond sombre et uni si caract&#233;ristique de cette peinture du 17&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;br class='manualbr' /&gt;Bang&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Bang&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='manualbr' /&gt;La volont&#233; de sugg&#233;rer les valeurs tactiles des choses est ici comme dans la peinture du hollandais, une incroyable apparition&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='manualbr' /&gt;Bang&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Bang&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='manualbr' /&gt;Il ouvre les trappes, enfile un n&#339;ud papillon, nouveaux citrons jet&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Elle attrape&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Elle d&#233;vore&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='manualbr' /&gt;Bang&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Bang&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='manualbr' /&gt;Odeur de citron.&lt;br class='manualbr' /&gt;Bang&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Bang&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='manualbr' /&gt;Fin de la chanson.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle s'avance vers lui.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ils tournent le dos aux pr&#233;sents, ensemble ils partent dans la rue. S'&#233;loignent, disparaissent.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le public met un temps &#224; r&#233;agir, h&#233;sitant, finalement, il applaudit et sort de la galerie.&lt;br class='manualbr' /&gt;Au dehors, l'odeur de cigarette, comme apr&#232;s l'amour, le public fume, brouillard du soir.&lt;br class='manualbr' /&gt;Au dedans, il ne reste que les pelures jaunes, la pulpe, le jus des citrons au sol. L'odeur acide me fait monter les larmes et m'embue les yeux. Les trappes du meuble sont rest&#233;es ouvertes. Les chaussures attendent sagement derri&#232;re la bande blanche.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je regarde la maquette et pense &#224; cette citation de Lamartine &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La nature r&#233;pugne &#224; la r&#233;alit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Dans le sein du possible en songe elle s'&#233;lance&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Le r&#233;el est &#233;troit, le possible est immense&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; (&#8230;)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le r&#233;el est ce qui est sans double. Sens&#233;ment, il n'offre ni image ni relais, ni r&#233;plique ni r&#233;pit. Il est donc particulier, unique, non d&#233;doublable, intraitable. Pfff &#8230; Disons qu'il est avant tout une idiotie, et l'artiste aime &#224; traiter de l'idiotie et &#233;voquer le r&#233;el&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! J'ai le sentiment d'avoir voyag&#233; dans un r&#233;el lointain, &#224; jamais rel&#233;gable dans le miroir de ma m&#233;moire, dans un r&#233;el voisin et familier, car toujours en vue. Je fus aspir&#233; par ce qui est une tentation inh&#233;rente &#224; l'intelligence de l'artiste, celle de remplacer le r&#233;el par son double, l'explorer&#8230; J'ai donc ce soir tent&#233; l'aventure de l'idiotie, et suis ainsi entr&#233;e de plain-pied dans le processus de l'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Lorsque le docteur Mortimer eut achev&#233; sa lecture, il remonta ses lunettes sur son front et regarda Sherlock Holmes. Ce dernier b&#226;illa, jeta le bout de sa cigarette dans le feu et demanda laconiquement&#160;:&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Eh bien&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8212; Vous ne trouvez pas ce r&#233;cit int&#233;ressant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8212; Si&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pour un amateur de contes de f&#233;es.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;i&gt;Le chien des Baskerville&lt;/i&gt;, Arthur Conan Doyle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Tout-est-melancolie-au-dehors-comme-au-dedans' class=&#034;spip_in&#034;&gt;D&#233;couvrir l'&#339;uvre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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