<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/spip.php?id_auteur=1561&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>&#171;&#160;Spartacus&#160;&#187;</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Spartacus-50705</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Spartacus-50705</guid>
		<dc:date>2024-08-28T12:41:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manuel Pomar</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Nicolas Milh&#233; a d&#233;j&#224; inscrit un mot latin en lettres de lumi&#232;re dans les ciels de Paris et Bordeaux, b&#226;ti des pyramides, mais aussi orn&#233; d'or la m&#226;choire d'une hy&#232;ne. Chaque fois des gestes forts qui font image. Toujours inscrites dans le r&#233;el, ses actions magnifient symboliquement des probl&#233;matiques universelles et atemporelles. Sa pratique artistique n'est pas revendicative, elle est l&#224; pour &#233;carter les murs, agir sur le r&#233;el en r&#233;activant les consciences politiques. Pour son exposition&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-25636" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nicolas Milh&#233; a d&#233;j&#224; inscrit un mot latin en lettres de lumi&#232;re dans les ciels de Paris et Bordeaux, b&#226;ti des pyramides, mais aussi orn&#233; d'or la m&#226;choire d'une hy&#232;ne. Chaque fois des gestes forts qui font image. Toujours inscrites dans le r&#233;el, ses actions magnifient symboliquement des probl&#233;matiques universelles et atemporelles. Sa pratique artistique n'est pas revendicative, elle est l&#224; pour &#233;carter les murs, agir sur le r&#233;el en r&#233;activant les consciences politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Spartacus&#034;&gt;Pour son exposition monographique&lt;/a&gt; dans le cadre du Printemps de septembre, Nicolas Milh&#233; choisit comme r&#233;f&#233;rence tut&#233;laire le couple de r&#233;volutionnaires form&#233; par Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, fondateurs de la ligue spartakiste qui pendant et &#224; la fin de la premi&#232;re guerre mondiale fit souffler un vent de r&#233;volte sur l'Allemagne vaincue.&lt;br class='manualbr' /&gt;Pr&#233;sence iconique de cet esprit politique contestataire dans l'exposition, leurs portraits semblent porter un regard d&#233;sabus&#233; sur l'ensemble sculptural qui se d&#233;ploie ici.&lt;br class='manualbr' /&gt;Pi&#232;ces &#224; l'aspect minimal, les trois &#233;l&#233;ments aux &#233;chelles troublantes forment une vanit&#233; socialis&#233;e, explicite et intemporelle qui sort du clich&#233; d&#233;sincarn&#233; de la sempiternelle boite cr&#226;nienne. Je ne peux pas d&#233;voiler ici et maintenant ce que ces maquettes brutales aux finitions partielles symbolisent, mais Nicolas Milh&#233; manipule ici un rapport au temps, &#224; la repr&#233;sentation sch&#233;matis&#233;e et violente du parcours de vie d'un citoyen lambda de la fin du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#224; nos jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie dont parfois certaines routines s'approchent au plus pr&#232;s des tortures les plus raffin&#233;es faisant r&#233;sonner l'horreur absolue engendr&#233;e par le temps carc&#233;ral, les rythmes impos&#233;s, le chemin trac&#233; tout droit jusqu'au tombeau &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s Spartacus, gladiateur qui mena une r&#233;volte d'esclaves &#224; Rome aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Installation violente par sa simplicit&#233; mat&#233;rielle qui allie le sens &#224; la pr&#233;sence plastique, l'Histoire ici est vue par le prisme des jeux de domination qui, de l'Antiquit&#233; &#224; nos jours, a sans cesse engendr&#233; des mouvements de r&#233;volte qui s'ils aboutissent rarement au changement, permettent toujours aux hommes de conserver une lueur d'espoir symbolique qui permet par exemple &#224; l'art d'exister malgr&#233; le magma consum&#233;riste dans lequel il s'&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Parce qu'il [Spartacus] est celui qui exhorte les r&#233;volutionnaires &#224; agir, parce qu'il est la conscience sociale de la r&#233;volution, il est ha&#239;, calomni&#233;, pers&#233;cut&#233; par tous les ennemis secrets et av&#233;r&#233;s de la r&#233;volution et du prol&#233;tariat. Clouez-le sur la croix, vous les capitalistes, les petit-bourgeois&#8230;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_cartel'&gt;
&lt;p&gt;Rosa Luxemburg, &lt;i&gt;Que veut la ligue spartakiste&lt;/i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;D'apr&#232;s Spartacus, gladiateur qui mena une r&#233;volte d'esclaves &#224; Rome aux alentours de -73&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171;&#160;Camille Lavaud, la commune.&#160;&#187;</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Camille-Lavaud-la-commune-46773</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Camille-Lavaud-la-commune-46773</guid>
		<dc:date>2021-04-07T13:34:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manuel Pomar</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Camille Lavaud n'a pas peur de grand-chose et se soucie peu du qu'en dira-t-on. Il suffit de se plonger dans son travail pour le comprendre. Elle avance &#224; contre-courant et construit patiemment et avec abn&#233;gation une &#339;uvre singuli&#232;re. Ce n'est pas pour autant qu'elle est hors du temps. Son dessin se nourrit aussi bien de l'Histoire que des cultures populaires. Il rev&#234;t de multiples formes, parfois pr&#233;cis et m&#233;ticuleux, d'autre fois plus spontan&#233; et jet&#233;, mais toujours foisonnant et peupl&#233;.&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27736" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Camille Lavaud n'a pas peur de grand-chose et se soucie peu du qu'en dira-t-on. Il suffit de se plonger dans son travail pour le comprendre. Elle avance &#224; contre-courant et construit patiemment et avec abn&#233;gation une &#339;uvre singuli&#232;re. Ce n'est pas pour autant qu'elle est hors du temps. Son dessin se nourrit aussi bien de l'Histoire que des cultures populaires. Il rev&#234;t de multiples formes, parfois pr&#233;cis et m&#233;ticuleux, d'autre fois plus spontan&#233; et jet&#233;, mais toujours foisonnant et peupl&#233;. De la fiction &#224; l'exploration documentaire, il y est toujours question de r&#233;cit.
L'adresse est directe, dans ses dessins l'artiste impose un face &#224; face, les yeux dans les yeux avec le regardeur et c'est l&#224; que r&#233;side toute la contemporan&#233;it&#233; de son &#339;uvre. Qu'elle traite de la r&#233;sistance dans le Limousin ou t&#233;l&#233;porte Jean-Pierre Marielle dans un Disney &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TM&lt;/span&gt;, old school croquignolesque, le proc&#233;d&#233; reste le m&#234;me, insuffler au r&#233;cit s&#233;quentiel la force des dessins orphelins. Chaque page, chaque planche pourrait &#234;tre autonome m&#234;me si son travail est envisag&#233; comme un tout, elle insuffle l'autonomie &#224; chaque &#233;l&#233;ment qui le compose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai qu'une envie &#224; ce stade de ce texte s'est de m'embarquer dans un inventaire &#224; la Pr&#233;vert pour explorer avec vous les m&#233;andres sinueux de ce vaste univers dessin&#233;. Des femmes et des hommes v&#234;tus de costumes surann&#233;s peuplent ses dessins, affiches, installations et films. Les d&#233;cors et v&#234;tements &#233;voquent une p&#233;riode allant des ann&#233;es sombres de l'occupation jusqu'au d&#233;but des trente glorieuses. Tout dans l'atmosph&#232;re, les couleurs et les expressions usit&#233;es affirme une tonalit&#233; franchouillarde. Mais rien d'ironique, juste une affection pour une litt&#233;rature et un cin&#233;ma o&#249; le langage se fleurissait de gouaille et d'argot, s&#251;rement l'affirmation d'une libert&#233; de ton et surtout une attirance pour des personnages qui peuplent plus les marges que les hauts de pages. Il r&#232;gne ici un parfum de revendication de l'amour, de ce qui est d&#233;class&#233;. Les femmes ne sont pas des pin-ups, les hommes sur le retour sont burin&#233;s par la vie et le labeur. Tout dans leurs actions indique une marginalit&#233; orn&#233;e d'un esprit frondeur d&#233;brouillard. Chaque option de vie semble se d&#233;cider &#224; l'aune d'une honn&#234;tet&#233; &#224; l'&#233;quilibre bien personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous l'aurez compris Camille Lavaud porte une partie de son attention &#224; notre pass&#233;, celui d'une France qui se reconstruit en sachant qu'elle a d&#233;j&#224; perdu sa splendeur mortif&#232;re conqu&#233;rante mais n'a pas encore saisi qu'il s'agit d'un mal pour un bien &#8230; Une p&#233;riode charni&#232;re qui pr&#233;c&#232;de bien des &#233;volutions, un temps o&#249; chacun r&#233;&#233;crit son r&#233;cit personnel au diapason de la grande Histoire.
Vous avez rat&#233; le casting&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
Profitez-en pour recomposer la distribution &#224; votre avantage &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Camille Lavaud les enjeux sont &#224; hauteur d'homme. C'est au niveau complexe de la nature humaine que tout se d&#233;roule. Le propos s'il s'inscrit temporellement est habilement intemporel. C'est de l'universel que l'on cause ici et c'est dans cet &#233;quilibre entre pr&#233;cision conceptuelle et langage populaire que r&#233;side tout l'int&#233;r&#234;t de son travail.
Au premier regard l'&#339;uvre est accessible, non pas qu'elle joue de la s&#233;duction, le dessin est rugueux, mais parce qu'elle projette une alt&#233;rit&#233; sensible.
&#192; aucun moment elle ne se pr&#233;occupe d'&#234;tre up to date, ce qui lui &#233;vitera &#224; coup s&#251;r d'&#234;tre un jour up to late&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!
Portons maintenant notre attention aux multiples chantiers que l'artiste met en &#339;uvre, ici pas de culture lib&#233;rale du projet mais une construction brique par brique comme le ferait tout b&#226;tisseur prol&#233;taire.
&#192; l'heure o&#249;, enfin, la diversit&#233; semble faire entendre ses voix, Camille fait partie des artistes qui cultivent subtilement l'impur. Elle a r&#233;ussi la greffe entre Cin&#233;parade et les Cahiers du Cin&#233;ma en cr&#233;ant sa propre Maison de production Cin&#233;matographique, le Consortium des Prairies. Attention, nous n'avons pas &#224; faire ici &#224; un projet fictif, la Dame &#233;crit des sc&#233;narios, dirige les acteurs, tourne des films et les projette, c'est &#231;a le cin&#233;ma&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!
Camille Lavaud s'impose, dans sa force de travail, sa g&#233;n&#233;rosit&#233; et son enthousiasme guerrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cheveau minutieux que se coltine l'artiste se base sur un travail pr&#233;cis et rigoureux de documentation. Elle n'h&#233;site pas &#224; se plonger dans les archives mais aussi &#224; &#233;prouver dans le r&#233;el les contextes des sujets qu'elle explore.
Elle tient cet app&#233;tit pour la lecture de son grand-p&#232;re, au c&#244;t&#233; duquel elle a sillonn&#233; les routes du P&#233;rigord, embarqu&#233;e dans son bibliobus, vaisseau pirate livresque qui irriguait de ses tr&#233;sors chaque village du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce camion, cheville ouvri&#232;re de la culture pour tous, qu'elle a, comme le veut l'expression, d&#233;vor&#233; des centaines de milliers de pages d'&#233;criture. De la S&#233;rie Noire &#224; la Blanche de chez Gallimard, sans hi&#233;rarchie, juste le d&#233;sir de la d&#233;couverte, une curiosit&#233; viss&#233;e au regard qui adopte les mots pour produire des images mentales qu'il a fallu un jour, &#224; son tour, coucher sur le papier, par le dessin. J'aimerais pouvoir vous dire, simple comme une histoire de famille, mais c'est souvent une autre paire de manches.
La lecture induit l'&#233;criture et ses dessins sont peupl&#233;s de textes, titres et noms qui s'affichent par le biais d'un travail typographique artisanal. Chaque lettre est minutieusement trac&#233;e &#224; la main, ses fontes peuvent parfois sembler maladroites ce qui ne les rend que plus vivantes et donnent &#224; ses mots une vive pr&#233;sence. Au-del&#224; du trac&#233;, le travail d'&#233;criture est complexe aussi bien dans le choix des noms des distributions que des titres de ses films. Il y a du Boudin, du Plantier, des Paulette et des Pierrot, des caves et des &#226;mes qui vivent et meurent au gr&#233; de titres empreints du myst&#232;re de la sourde chape de plomb qui semble couvrir l'univers qu'elle convoque. Cette atmosph&#232;re fantomatique o&#249; plane la douleur est renvers&#233;e par le d&#233;sir de vivre des visages grima&#231;ants qu'elle dessine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;lectation vitale anime l'ensemble de ses dessins. Sa palette aux couleurs d'automne, ses constructions foisonnantes, ses rapport d'&#233;chelle parfois hasardeux, ses proportions vacillantes et la densit&#233; de ses compositions est contrebalanc&#233; par la fluidit&#233; et la transparence de ses encres color&#233;es viennent adoucir son trait sec et ac&#233;r&#233;. Pour faire &#233;merger de ce magma visuel un dessin personnel et singulier qui a l'&#226;pre saveur d'un art orphelin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affirmons-le sans ambages, Camille Lavaud d&#233;veloppe une &#339;uvre difficilement classable dans le seul champ d'un art contemporain parfois engonc&#233; dans ses certitudes.
C'est une exploratrice, qui investit aussi bien les pages des fanzines et de la bande dessin&#233;e, les pochettes de disques pour le label Born Bad, les flyers de soir&#233;e, les &#233;crans vid&#233;o ou les espaces d'expositions. Son dessin prolif&#232;re et se m&#233;tamorphose, il prend vie et m&#232;ne son chemin autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle d&#233;veloppe un art prol&#233;taire, mis en &#339;uvre dans l'intimit&#233; de l'atelier avec la volont&#233; de s'investir totalement dans chaque &#233;tape du travail tout en acceptant de se confronter aux enjeux d'une &#233;quipe, lors des tournages de ses films. C'est &#224; cet endroit qu'elle cr&#233;e du commun, donnant vie &#224; une famille tant artistique que politique qui n'est pas sans rappeler la tradition libertaire des ateliers d'imprimerie du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt; si&#232;cle. Elle mobilise dans ces temps de travail une ferveur motiv&#233;e par un engagement altruiste bien loin de l'isolement pr&#233;caire des bureaux nomades uberis&#233;s qui conditionnent le travail contemporain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde de Camille ne s'embarrasse pas du centre mais se d&#233;veloppe avec d&#233;lectation dans des p&#233;riph&#233;ries multiples, ces marges o&#249; le d&#233;bat peut se d&#233;ployer dans les polyphonies les plus diverses.
Roland Barthes a &#233;crit, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La r&#233;alit&#233; est fiction, l'&#233;criture est v&#233;rit&#233;&#160;: telle est la ruse du langage.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Cette ruse, Camille Lavaud l'a pleinement fait sienne avec un art qui semblerait surann&#233; dans ses moyens et ses sujets si on se limitait &#224; une lecture en surface alors qu'il est pleinement conscient de son inscription dans un pr&#233;sent non clos par ses fantasmes malsains d'un futur consommable.
Entr&#233;e en r&#233;sistance contre la d&#233;liquescence du temps, elle s'empare d'une m&#233;moire commune qu'elle adopte pour mieux nous la restituer afin que chacun se r&#233;approprie comme arme face &#224; un r&#233;el en constante autosuffisance fictionnelle. Un r&#233;el, qui &#224; coup de propagande novlangue, tente de camoufler en vain la violence intrins&#232;que qui doit le mener au futur qu'il projette.
L'art de Camille vient contrer cette pauvret&#233; du langage par son &#233;criture vaste et atemporelle. Il nous permet de saisir les cl&#233;s de lecture d'un monde qui ne pense son salut que dans la fuite en avant. Le temps d'arr&#234;t qu'elle provoque n'a rien de pass&#233;iste ou r&#233;actionnaire, c'est au contraire un moment suspendu, une pause salvatrice o&#249; l'art retrouve la place qu'il m&#233;rite, celle d'un mod&#232;le conscient de lecture du Monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manuel Pomar, artiste, co-responsable de Lieu-Commun artist run space, Toulouse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Camille Lavaud, la commune</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Camille-Lavaud-la-commune</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Camille-Lavaud-la-commune</guid>
		<dc:date>2020-11-24T15:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manuel Pomar</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Camille Lavaud avance &#224; contre-courant et construit patiemment et avec abn&#233;gation une &#339;uvre singuli&#232;re. Ce n'est pas pour autant qu'elle est hors du temps. Son dessin se nourrit aussi bien de l'Histoire que des cultures populaires. Il rev&#234;t de multiples formes, parfois pr&#233;cis et m&#233;ticuleux, d'autre fois plus spontan&#233; et jet&#233;, mais toujours foisonnant et peupl&#233;. De la fiction &#224; l'exploration documentaire, il y est toujours question de r&#233;cit. Dans ses dessins, l'artiste impose un face-&#224;-face&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27736" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Camille Lavaud avance &#224; contre-courant et construit patiemment et avec abn&#233;gation une &#339;uvre singuli&#232;re. Ce n'est pas pour autant qu'elle est hors du temps. Son dessin se nourrit aussi bien de l'Histoire que des cultures populaires. Il rev&#234;t de multiples formes, parfois pr&#233;cis et m&#233;ticuleux, d'autre fois plus spontan&#233; et jet&#233;, mais toujours foisonnant et peupl&#233;. De la fiction &#224; l'exploration documentaire, il y est toujours question de r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses dessins, l'artiste impose un face-&#224;-face avec le regardeur et c'est l&#224; que r&#233;side toute la contemporan&#233;it&#233; de son &#339;uvre. Qu'elle traite de la r&#233;sistance dans le Limousin ou t&#233;l&#233;porte Jean-Pierre Marielle dans un Disney &#8482; &lt;i&gt;old school&lt;/i&gt; croquignolesque, le proc&#233;d&#233; reste le m&#234;me&#160;: insuffler au r&#233;cit s&#233;quentiel la force des dessins orphelins. Chaque page, chaque planche pourrait &#234;tre autonome m&#234;me si son travail est envisag&#233; comme un tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de culture lib&#233;rale du projet dans les multiples chantiers que l'artiste met en &#339;uvre, mais une construction brique par brique comme le ferait tout b&#226;tisseur prol&#233;taire. &#192; l'heure o&#249;, enfin, la diversit&#233; semble faire entendre ses voix, Camille fait partie des artistes qui cultivent subtilement l'impur. Elle a r&#233;ussi la greffe entre Cin&#233;parade et les Cahiers du cin&#233;ma en cr&#233;ant sa propre maison de production cin&#233;matographique, le Consortium des Prairies. Attention, nous n'avons pas &#224; faire ici &#224; un projet fictif, la Dame &#233;crit des sc&#233;narios, dirige les acteurs, tourne des films et les projette&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cheveau minutieux que se coltine l'artiste se base sur un travail pr&#233;cis et rigoureux de documentation. Elle n'h&#233;site pas &#224; se plonger dans les archives mais aussi &#224; &#233;prouver dans le r&#233;el les contextes des sujets qu'elle explore. Elle tient cet app&#233;tit pour la lecture de son grand-p&#232;re, au c&#244;t&#233; duquel elle a sillonn&#233; les routes du P&#233;rigord, embarqu&#233;e dans son bibliobus. C'est dans ce camion qu'elle a d&#233;vor&#233; des centaines de milliers de pages d'&#233;criture. De la S&#233;rie noire &#224; la Blanche de chez Gallimard, sans hi&#233;rarchie, juste le d&#233;sir de la d&#233;couverte, une curiosit&#233; viss&#233;e au regard qui adopte les mots pour produire des images mentales qu'il a fallu un jour, &#224; son tour, coucher sur le papier. Ses dessins sont peupl&#233;s de textes, titres et noms qui s'affichent par le biais d'un travail typographique artisanal. Au-del&#224; du trac&#233;, le travail d'&#233;criture est complexe aussi bien dans le choix des noms des distributions que des titres de ses films.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre de Camille Lavaud est difficilement classable dans le seul champ d'un art contemporain. C'est une exploratrice, qui investit aussi bien les pages des fanzines et de la bande dessin&#233;e, les pochettes de disques pour le label Born bad, les flyers de soir&#233;e, les &#233;crans vid&#233;o ou les espaces d'expositions. Son dessin prolif&#232;re et se m&#233;tamorphose, il prend vie et m&#232;ne son chemin autonome.
Elle d&#233;veloppe un art prol&#233;taire, mis en &#339;uvre dans l'intimit&#233; de l'atelier avec la volont&#233; de s'investir totalement dans chaque &#233;tape du travail tout en acceptant de se confronter aux enjeux d'une &#233;quipe, lors des tournages de ses films. C'est &#224; cet endroit qu'elle cr&#233;e du commun, donnant vie &#224; une famille tant artistique que politique qui n'est pas sans rappeler la tradition libertaire des ateliers d'imprimerie du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Elle mobilise dans ces temps de travail une ferveur motiv&#233;e par un engagement altruiste bien loin de l'isolement pr&#233;caire des bureaux nomades &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;uberis&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui conditionnent le travail contemporain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manuel Pomar, artiste, co-responsable de Lieu-Commun artist-run space, Toulouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dda-nouvelle-aquitaine.org/Camille-Lavaud-la-commune-46773&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Consulter la version longue du texte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chant des pierres d'amour... (Dolce Acqua)</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Chant-des-pierres-d-amour-Dolce-Acqua</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Chant-des-pierres-d-amour-Dolce-Acqua</guid>
		<dc:date>2020-10-27T10:34:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manuel Pomar</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je suis une pierre pierre scell&#233;e parmi mes s&#339;urs l&#224; depuis des si&#232;cles Lov&#233;e depuis des si&#232;cles dans le vieux chemin de ronde de Duilhac je suis une pierre de la fontaine des amours qui plus jamais ne bougera l'eau y coule abondante et fra&#238;che &#224; l'ombre du saule pleureur o&#249; les vers de Ronsard font &#233;cho aux cr&#233;pitement, de l'eau &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Quiconque en boira qu'amoureux il devienne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Des amoureux j'en ai vu passer qui, en toute innocence, viennent y boire pour ranimer la flamme rien de plus simple&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-26797" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis une pierre&lt;br class='manualbr' /&gt;pierre scell&#233;e parmi mes s&#339;urs&lt;br class='manualbr' /&gt;l&#224; depuis des si&#232;cles&lt;br class='manualbr' /&gt;Lov&#233;e depuis des si&#232;cles dans le vieux chemin de ronde de Duilhac&lt;br class='manualbr' /&gt;je suis une pierre de la fontaine des amours qui plus jamais ne bougera&lt;br class='manualbr' /&gt;l'eau y coule abondante et fra&#238;che &#224; l'ombre du saule pleureur&lt;br class='manualbr' /&gt;o&#249; les vers de Ronsard font &#233;cho aux cr&#233;pitement, de l'eau&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Quiconque en boira qu'amoureux il devienne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des amoureux j'en ai vu passer&lt;br class='manualbr' /&gt;qui, en toute innocence, viennent y boire pour ranimer la flamme&lt;br class='manualbr' /&gt;rien de plus simple et pourtant rien de plus d&#233;cisif&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous les pierres sommes habitu&#233;es&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous nous aimons et &#339;uvrons ensemble &#224; tenir le mur&lt;br class='manualbr' /&gt;Combien de villageois, gamins ou anciens ont bu notre eau&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='manualbr' /&gt;Combien de touristes ont batifol&#233; &#224; la source&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='manualbr' /&gt;Notre amour irradie les Corbi&#232;res&lt;br class='manualbr' /&gt;J'esp&#232;re qu'ailleurs au monde, coulent de semblables eaux &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis une pierre&lt;br class='manualbr' /&gt;pierre scell&#233;e parmi mes s&#339;urs&lt;br class='manualbr' /&gt;berc&#233;e par le doux clapotis des flots&lt;br class='manualbr' /&gt;encore l&#224; pour des si&#232;cles, l'&#233;ternit&#233; peut-&#234;tre&lt;br class='manualbr' /&gt;pour nous le temps b&#233;gaye &#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;Si chaque amour est unique, tous r&#233;p&#232;tent les m&#234;mes gestes&lt;br class='manualbr' /&gt;en d&#233;couvrant les mots grav&#233;s&lt;br class='manualbr' /&gt;ils se penchent pour s'y d&#233;salt&#233;rer&lt;br class='manualbr' /&gt;convaincus par la force des mots, que leur amour se perp&#233;tuera bien au del&#224; du temps et de la pr&#233;sence protectrice du saule&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; cet &#233;t&#233; torride, o&#249; le village s'anima d'une f&#233;brile &#233;bullition.&lt;br class='manualbr' /&gt;Au commencement, des inconnus d&#233;pos&#232;rent &#224; nos pieds un objet insolite, masse blanche immacul&#233;e, &lt;br class='manualbr' /&gt;une baignoire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle est demeur&#233;e l&#224;, quelque temps comme &#233;chou&#233;e.&lt;br class='manualbr' /&gt;Un soir, de nombreux visiteurs, sans se d&#233;salt&#233;rer, ont simplement attendu.&lt;br class='manualbr' /&gt;Alors, non pas nu, mais ceint de peignoirs de soie, charg&#233; d'un &#233;trange fardeau, un couple est apparu descendant l'escalier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme et l'homme, accompagn&#233;s d'un noir f&#233;lin fig&#233;, d&#233;but&#232;rent alors un singulier man&#232;ge.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le chant de la source, sur une douce musique italienne ber&#231;ait ce qui semblait une danse nuptiale ...&lt;br class='manualbr' /&gt;L'homme installa une goutti&#232;re pour recueillir notre eau et alimenter la baignoire.&lt;br class='manualbr' /&gt;Une fois la vasque remplie et apr&#232;s s'&#234;tre langoureusement tr&#233;mouss&#233;s au son de la mandoline&lt;br class='manualbr' /&gt;Ils abandonn&#232;rent leurs parures nocturnes&lt;br class='manualbr' /&gt;se sont immerg&#233;s, &#233;brou&#233;s, caress&#233;s, leur regard magn&#233;tique tissant entre eux un lien &#224; nul autre pareil,&lt;br class='manualbr' /&gt;bien que tremp&#233;s jusqu'aux os, jamais l'ardente flamme ne vacilla.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous les pierres, m&#234;me d&#233;pourvues de l'&#233;l&#233;gance du marbre de la fontaine de Tr&#233;vi,&lt;br class='manualbr' /&gt;jouissions l&#224; d'un spectacle aussi torride que celui l&#233;gu&#233; par Anita et Marcello.&lt;br class='manualbr' /&gt;Oui, les pierres aiment le cin&#233;ma.&lt;br class='manualbr' /&gt;Certes, pas de Federico dans les parages pour nous consoler de cette absence tut&#233;laire,&lt;br class='manualbr' /&gt;mais quelle fiert&#233; de ne pas &#234;tre une de ces vulgaires fontaines voleuses qui soutirent quelques pi&#232;ces &lt;br class='manualbr' /&gt;pour exaucer un v&#339;u ...&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous, nous offrons l'amour sans rien en &#233;change&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='manualbr' /&gt;Quand un fr&#233;missement me tira soudain de mes r&#234;veries romaines&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='manualbr' /&gt;&#192; la nuit tombante, du fond de leur minuscule piscine nos amoureux sortirent des habits de soir&#233;e tout tremp&#233;s avant de s'en v&#234;tir.&lt;br class='manualbr' /&gt;Et disparurent comme ils &#233;taient venus, d'une robe et d'un smoking par&#233;s&lt;br class='manualbr' /&gt;laissant derri&#232;re eux, une train&#233;e d'eau &#224; l'aura amoureuse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le frisson d'amour qu'ils venaient d'attiser,&lt;br class='manualbr' /&gt;s'est r&#233;percut&#233; dans chaque veine de la roche&lt;br class='manualbr' /&gt;jusqu'&#224; la plus haute pierre de la chapelle San Jordi&lt;br class='manualbr' /&gt;Moi j'ai m&#234;me pleur&#233;, &#224; peine quelques larmes, &lt;br class='manualbr' /&gt;pudiquement accompagn&#233;es de l'esquisse d'un sourire&lt;br class='manualbr' /&gt;Mes s&#339;urs et moi avons trembl&#233;, je suis certaine que le mortier &#224; c&#233;d&#233;&lt;br class='manualbr' /&gt;sous une tectonique des plaques amoureuses d&#233;clench&#233;e par un Cupidon d&#233;tremp&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous les pierres, tout comme vous, sommes vivantes&lt;br class='manualbr' /&gt;P&#233;tries d'&#233;motions, berc&#233;es par les r&#234;ves&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous les pierres, sommes li&#233;es&lt;br class='manualbr' /&gt;par la terre ou le ciment&lt;br class='manualbr' /&gt;mais aussi intimement connect&#233;es&lt;br class='manualbr' /&gt;Chacune d'entre nous conna&#238;t le monde dans son entier&lt;br class='manualbr' /&gt;nous savourons la caresse du vent, comme l'odeur de la terre&lt;br class='manualbr' /&gt;et plus encore le chant des pierres d'amour.&lt;br class='manualbr' /&gt;Cet instant unique, ici, &#224; Duilhac-sous-Peyrepertuse,&lt;br class='manualbr' /&gt;nous pierres de la source&lt;br class='manualbr' /&gt;l'avons amplifi&#233;, propag&#233; &#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;Longtemps encore nous le chanterons&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='manualbr' /&gt;&#201;coutez bien quand vous boirez &#224; la fontaine,&lt;br class='manualbr' /&gt;le double &#233;cho d'amour r&#233;sonner dans le bruissement de l'eau,&lt;br class='manualbr' /&gt;cristallin comme le son d'une mandoline ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Dolce-acqua-2586' class=&#034;spip_in&#034;&gt;D&#233;couvrir l'&#339;uvre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les cakes d'amour, la recette&#160;! (White)</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Les-cakes-d-amour-la-recette-WHITE</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Les-cakes-d-amour-la-recette-WHITE</guid>
		<dc:date>2018-03-20T23:11:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manuel Pomar</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les cakes d'amour, la recette&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Flou, tout est flou. M&#234;me si je suis &#224; Lieu-Commun c'est-&#224;-dire quasi chez moi. Tout, autour de moi, surnage dans une brume opaque et dense. Je ne sais plus vraiment o&#249; je suis, submerg&#233; par le trac et l'&#233;motion, mon r&#233;el se d&#233;forme. Nous sommes le 16&#160;juin 2017, nous f&#234;tons les 10 ans de Lieu-Commun et dans la foul&#233;e &#224; minuit j'encaisserai mes 46 ans&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ma pression art&#233;rielle est &#224; son maximum. &#192; cet instant, je suis comme dans une bulle mal d&#233;polie, le&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-26797" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les cakes d'amour, la recette&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Flou, tout est flou. M&#234;me si je suis &#224; Lieu-Commun c'est-&#224;-dire quasi chez moi. &lt;br class='manualbr' /&gt;Tout, autour de moi, surnage dans une brume opaque et dense. Je ne sais plus vraiment o&#249; je suis, submerg&#233; par le trac et l'&#233;motion, mon r&#233;el se d&#233;forme. Nous sommes le 16&#160;juin 2017, nous f&#234;tons les 10 ans de Lieu-Commun et dans la foul&#233;e &#224; minuit j'encaisserai mes 46 ans&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &lt;br class='manualbr' /&gt;Ma pression art&#233;rielle est &#224; son maximum.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#192; cet instant, je suis comme dans une bulle mal d&#233;polie, le temps est suspendu et mes sens ont atteint leurs limites. Le d&#233;clencheur de toute cette confusion est l'invitation faite &#224; Isabelle Fourcade et Serge Provost, The George Tremblay Show, &#224; performer pour le vernissage de l'exposition &lt;i&gt;L'exp&#233;dition fant&#244;me&lt;/i&gt;. Cette invitation m'a &#233;t&#233; subrepticement retourn&#233;e, quelques jours avant la date fatidique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je vais devoir endosser le r&#244;le du troisi&#232;me larron, celui qui passe les plats en quelque sorte&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ils ne pouvaient &#224; la fois pas me faire plus plaisir et dans le m&#234;me &#233;lan enthousiaste me plonger dans l'angoisse. Si je peux &#234;tre &#224; l'aise dans les prises de parole en petit comit&#233;, je redoute de devoir m'adresser &#224; un auditoire nombreux. Je m'embrouille, mon d&#233;bit de parole s'acc&#233;l&#232;re, mes pens&#233;es deviennent confuses et ma respiration devient haletante. Je n'ai rien du t&#233;nor du barreau, je subis plut&#244;t la paralysie asphyxiante de l'entretien d'embauche. Mais ici c'est plus simple, je performe, je suis dirig&#233;, j'accompagne le duo fac&#233;tieux, j'entame un pas de deux exponentiel qui acc&#233;l&#232;re la rotation de ma petite plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isabelle et Serge, &#224; l'aide de quelques accessoires bricol&#233;s avec amour, de costumes mi-&#233;l&#233;gants, mi-surann&#233;s et surtout d'un sc&#233;nario limpide, plantent une atmosph&#232;re dense et vertigineuse. Chacune de leur performance fait se t&#233;lescoper les genres, en se gardant bien de se fourvoyer dans l'air du temps. Nous sommes plus proches du cabaret que de la conf&#233;rence. &lt;br class='manualbr' /&gt;Cet attrait pour la com&#233;die, la magie de l'enfance, n'enl&#232;vent en rien la teneur critique et s&#233;rieuse du propos, au contraire. C'est avec g&#233;n&#233;rosit&#233; et habilet&#233; que le duo nous entra&#238;ne dans son sillage constell&#233; d'&#233;tincelles. Pour ne pas faire p&#226;le figure &#224; leurs c&#244;t&#233;s, et anniversaire oblige, j'ai rev&#234;tu mes plus beaux atours (tout est relatif, bien s&#251;r)&#160;: mes fausses Repetto &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TM&lt;/span&gt;, blanches, un pantalon de smoking et une chemise hawa&#239;enne en nylon noir, orn&#233;e de feuilles de monstera et de fleurs d'ibiscus. Un feu d'artifice aux couleurs vert et rose&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Une certaine id&#233;e de l'&#233;l&#233;gance partag&#233;e par The George Tremblay Show, qui arbore avec distinction fourreau vert et des talons dor&#233;s pour Isabelle et un costume noir aux parfums de casino de province pour Serge. Bon go&#251;t ou mauvais go&#251;t, vilaines filles et mauvais gar&#231;ons, chez eux le principe d'opposition n'existe pas, nous avons plut&#244;t affaire &#224; un art pr&#233;cis de la contradiction ou l'oxymore esth&#233;tique a valeur de manifeste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est parti pour une performance aussi intense qu'un tour de montagnes russes. Sens du spectacle, suspense et &#233;motion se d&#233;ploient par strates successives. Humour pince-sans-rire et s&#233;rieux pamphl&#233;taire tiennent en haleine l'auditoire attentif dont la gourmandise conceptuelle et subjective est rassasi&#233;e par la densit&#233; du propos. Vient d'abord un texte hagiographique dont je ne peux m'emp&#234;cher de vous retranscrire un passage qui flatte ardemment mon ego et surtout r&#233;chauffe mon c&#339;ur&#160;: &#034;... Ce matin encore, c'&#233;tait l'hiver. Lieu-commun depuis que tu es l&#224;, le ciel est plus clair. &lt;br class='manualbr' /&gt;Il y a du soleil dans les rues, sur les toits. Le printemps est l&#224; avec toi. Il y a dix ans nous &#233;tions &#224; la plage, ... maintenant ... la r&#233;alit&#233; existe&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Une telle long&#233;vit&#233; engendre bien &#233;videment un savoir faire in&#233;gal&#233;. C'est pour cela qu'avec la complicit&#233; de Manuel Pomar, son &#233;ponyme directeur artistique, nous allons vous d&#233;livrer la c&#233;l&#232;bre et l&#233;gendaire recette de l'accrochage &#224; la Lieu-Commun.&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;D&#233;bute alors mon office consacr&#233; &#224; l'ineffable recette de l'accrochage d'art contemporain r&#233;ussi, de quoi m'identifier &#224; Catherine Deneuve, chantant celle du cake d'amour dans &lt;i&gt;Peau d'&#226;ne&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ce qu'il faut retenir ici, c'est avec quelle promptitude est exp&#233;di&#233;e la sempiternelle querelle entre les anciens et les nouveaux. L'&#339;uvre du pass&#233; (un sommaire tableau blanc, ray&#233; verticalement de jaune, suivez mon regard) est rapidement d&#233;croch&#233; et rel&#233;gu&#233; sans passer par la case r&#233;serve ... Pas de conservateur dans cette recette, que du bio pour &#233;viter indigestion et aigreurs diverses. Un dosage sensible et subjectif, de la v&#233;ritable cuisine d'amateur qui &#233;vite habilement les &#233;cueils d'un professionnalisme d&#233;sincarn&#233; ne s'accomplissant que dans l'efficacit&#233; des chiffres. Ici les dosages se font&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;a visto de nas&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;. Nous appliquons un axiome qui nous est propre,&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;les vrais professionnels de la profession sont les amateurs.&#034; Amateurs tellement amoureux de l'art, que celui-ci g&#233;n&#232;re sur leur m&#233;tabolisme une &#233;trange chimie, les m&#233;tamorphosent eux-m&#234;mes en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne reste plus pour affirmer la pertinence de la nouveaut&#233; (si toutefois elle peut encore exister) que d'accrocher lesdits amateurs au mur pour assister &#224; un spectacle in&#233;dit, le d&#233;hanch&#233; chor&#233;graphi&#233; de nos deux performeurs Isabelle Fourcade et Serge Provost qui, dans un mouvement chaloup&#233;, nous offrent en cadence leurs post&#233;rieurs &#224; contempler, donnant tout son sens &#224; la notion trouble de tableau vivant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! L&#224;, le public, subjugu&#233; et hilare, profite de ces quelques instants de folie avant, comme indiqu&#233; dans la recette, de rejoindre le bar pour le fameux pot de l'amiti&#233;. &lt;br class='manualbr' /&gt;Sentiment parmi bien d'autres que The George Tremblay Show met en exergue dans ses performances, pour nous rappeler que l'art n'est rien si il n'est v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/White' class=&#034;spip_in&#034;&gt;D&#233;couvrir l'&#339;uvre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
