<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/spip.php?id_auteur=1558&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>PETITE DANSE N&#176;4</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/PETITE-DANSE-No4-45012</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/PETITE-DANSE-No4-45012</guid>
		<dc:date>2018-02-05T16:00:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ana Samardzija Scrivener</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Mercredi, 3&#160;d&#233;cembre 2014, peu apr&#232;s 22h30, une centaine de personnes se sont retrouv&#233;es debout dans la salle du haut de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Lieu-Commun&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; Toulouse. C'est une soir&#233;e d'hiver, les fen&#234;tres de la salle donnent sur les toits. Une performance de Serge Provost avait &#233;t&#233; annonc&#233;e. Effectivement, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;S.P.&lt;/span&gt; est parmi nous. Il dit d'abord qu'il nous racontera ce qu'il fera. Ensuite, il le fera. Il raconte qu'il sortira de la salle puis, dans un bref d&#233;lai, y entrera de nouveau. Il portera dans une main&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-26797" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mercredi, 3&#160;d&#233;cembre 2014, peu apr&#232;s 22h30, une centaine de personnes se sont retrouv&#233;es debout dans la salle du haut de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Lieu-Commun&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; Toulouse. C'est une soir&#233;e d'hiver, les fen&#234;tres de la salle donnent sur les toits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une performance de Serge Provost avait &#233;t&#233; annonc&#233;e. Effectivement, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;S.P.&lt;/span&gt; est parmi nous. Il dit d'abord qu'il nous racontera ce qu'il fera. Ensuite, il le fera. Il raconte qu'il sortira de la salle puis, dans un bref d&#233;lai, y entrera de nouveau. Il portera dans une main un podium en bois et dans l'autre un tourne-disque portatif ainsi qu'un sac en plastique rouge. Il sortira, de ce sac, une chemise orange, un peu trop grande pour lui. Il enfilera cette chemise. Puis, il posera sur le petit tourne-disque portatif un disque 45 tours. Il fera jouer une chanson enregistr&#233;e sur ce disque&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Bons baisers de Fort-de-France&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de La Compagnie Cr&#233;ole. Il montera sur le podium et y pr&#233;sentera une petite danse. La chanson arriv&#233;e &#224; sa fin, la danse s'arr&#234;tera. Il quittera la salle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir racont&#233; ce qu'il fera, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;S.P.&lt;/span&gt; sort de la salle. Il revient tr&#232;s vite. Dans sa main droite, il porte un podium cylindrique en bois. Le podium est pourvu d'une poign&#233;e, sa hauteur approximative est de 20 cm et son diam&#232;tre est de 60 cm environ. Dans sa main gauche, il tient un petit tourne-disque portatif gris bleu et un sac de plastique rouge. Il pose le podium dans un coin de la pi&#232;ce et le tourne-disque portatif pr&#232;s de lui. Il sort du sac plastique rouge une chemise orange. La couleur de la chemise est tr&#232;s vive, puissante. Sur la poitrine, la chemise est pourvue de quelques rang&#233;es de petits volants, d'inspiration latino. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;S.P.&lt;/span&gt; enfile la chemise, elle est l&#233;g&#232;rement trop grande pour lui. Il la rentre bien dans son pantalon. Il se baisse pour poser sur le petit tourne-disque un disque 45 tours. La chanson &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Bons baisers de Fort-de-France&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de La Compagnie Cr&#233;ole retentit dans la salle. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;S.P.&lt;/span&gt; monte sur le podium et commence &#224; danser. Il danse autant avec son visage qu'avec son corps&#160;: mains, &#233;paules, hanches, genoux, chevilles. L'aspect curieux de cette danse, c'est qu'elle est presque immobile. Les pieds, surtout, semblent rester sur place. Et en m&#234;me temps tout bouge, lentement, tout est mesur&#233; et intense. Mieux, le punctum de cette figure dans&#233;e tient dans son intensit&#233;, retenue et concentr&#233;e, qui se transmet le plus directement dans le regard de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;S.P.&lt;/span&gt; La chemise orange, la fa&#231;on qu'elle a de mettre en valeur le port du danseur, y participe aussi. La chanson est joyeuse. Il est difficile de distinguer clairement ses paroles, mais le public comprend qu'il y est question de No&#235;l sur les &#238;les et de l'hospitalit&#233;. Joyeux No&#235;l sans neige. La chanson finit, la danse s'arr&#234;te, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;S.P.&lt;/span&gt; descend du podium en bois. Il referme le petit tourne-disque portatif et sort de la salle, avec le tourne-disque, le podium et le sac plastique. Les personnes qui assistent &#224; la performance applaudissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/PETITE-DANSE-No4' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&gt;D&#233;couvrir l'&#339;uvre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ARCHIPEL</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/ARCHIPEL-45011</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/ARCHIPEL-45011</guid>
		<dc:date>2018-02-01T12:15:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ana Samardzija Scrivener</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Jeudi, 16&#160;avril 2015, peu apr&#232;s 20h. Il fait nuit rue d'Armagnac et ailleurs, &#224; Toulouse. Une pluie l&#233;g&#232;re tachette les trottoirs. Dans l'espace d'art contemporain Lieu-Commun, le vernissage de l'exposition L'archipel du r&#234;ve bat son plein. Il a rassembl&#233; une multitude dense et joyeuse. Le public est invit&#233; &#224; patienter au premier niveau de l'exposition, tandis qu'&#224; l'&#233;tage les derniers pr&#233;paratifs pour une performance sont en cours. Quelques instants plus tard, nous gravissons&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-26797" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jeudi, 16&#160;avril 2015, peu apr&#232;s 20h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fait nuit rue d'Armagnac et ailleurs, &#224; Toulouse. Une pluie l&#233;g&#232;re tachette les trottoirs. Dans l'espace d'art contemporain Lieu-Commun, le vernissage de l'exposition &lt;i&gt;L'archipel du r&#234;ve&lt;/i&gt; bat son plein. &lt;br class='manualbr' /&gt;Il a rassembl&#233; une multitude dense et joyeuse. Le public est invit&#233; &#224; patienter au premier niveau de l'exposition, tandis qu'&#224; l'&#233;tage les derniers pr&#233;paratifs pour une performance sont en cours. &lt;br class='manualbr' /&gt;Quelques instants plus tard, nous gravissons l'escalier, nombreux. Certains s'assoient par terre ou sur les grands coussins dispos&#233;s &#224; cet effet ici et l&#224;. D'autres, derri&#232;re les premiers, se tiennent debout. &lt;br class='manualbr' /&gt;La salle est &#233;clair&#233;e par divers spots directionnels et la performance se d&#233;roulera parmi des &#339;uvres expos&#233;es qui ponctuent l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme se tient debout devant nous, non loin du mur o&#249; est accroch&#233; un dessin color&#233;. &lt;br class='manualbr' /&gt;&#192; sa droite, une caisse claire et son musicien. Nous appellerons l'homme debout, Serge. Son visage est peu expressif et intense, le regard pos&#233; sereinement devant lui. &lt;br class='manualbr' /&gt;Il porte un costume couleur de sable, gris ou ocre, de mati&#232;re souple, qui lui donne un air &#224; la fois d&#233;tendu et pr&#234;t &#224; l'action. Couvrant sa main gauche, un appendice pend de la manche de son costume&#160;: comme une manche exag&#233;r&#233;ment longue, qui touche presque le sol, d'une couleur sable, gris ou ocre, aussi. Dans sa main droite, il tient une feuille de format A4. Une image imprim&#233;e y est visible&#160;: il s'agit d'une photographie o&#249; un jeune &#233;l&#233;phant gambade dans la savane. L'image de l'&#233;l&#233;phant incite &#224; associer l'appendice port&#233; par Serge &#224; une trompe d'&#233;l&#233;phant. Serge salue l'assistance&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Bonsoir.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;br class='manualbr' /&gt;Nous apprenons alors que l'image est tir&#233;e du film &lt;i&gt;Hatari&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt;, r&#233;alis&#233; par Howard Hawks en 1962, et que le terme &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;hatari&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; signifie en swahili &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;attention danger&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. &lt;br class='manualbr' /&gt;Se frayant un chemin parmi le public, Serge traverse la salle et dispara&#238;t dans une pi&#232;ce adjacente, derri&#232;re le public et qui ne lui est pas accessible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retentit alors une musique, pleine d'entrain. C'est &lt;i&gt;Elephant walk&lt;/i&gt;, morceau compos&#233; par Henry Mancini pour le film &lt;i&gt;Hatari&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt;. Serge r&#233;appara&#238;t dans la multitude, il n'est pas seul. Une femme appara&#238;t aussi, nous l'appellerons Isabelle. Les deux marchent en dansant, ou dansent en marchant, parmi les corps des regardeurs debout, assis ou allong&#233;s. Par dessus une chemise blanche, Isabelle porte une jupe et une veste noires, un costume &#233;l&#233;gamment taill&#233; pr&#232;s du corps qui lui dessine une allure &#224; la fois s&#233;v&#232;re, sinon aust&#232;re, et sensuelle. Avec pr&#233;cision et assurance, elle se d&#233;place sur des chaussures &#224; hauts talons. Dans ses mains un cerceau qui, lui-aussi, participe &#224; la danse en se hissant p&#233;riodiquement au-dessus de la t&#234;te de la danseuse et d'autres t&#234;tes assembl&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge se d&#233;place en balan&#231;ant doucement sa trompe. La marche dansante des deux protagonistes est ex&#233;cut&#233;e avec s&#233;rieux, concentration et l&#233;g&#232;ret&#233;, dans l'esprit de la musique qui l'accompagne. &lt;br class='manualbr' /&gt;Ils regagnent l'emplacement quitt&#233; quelques instants plus t&#244;t par Serge et s'immobilisent. Isabelle l&#232;ve le cerceau au-dessus de sa t&#234;te. La caisse claire, situ&#233;e &#224; leur droite, fait r&#233;sonner un bref grondement de tonnerre dans la salle. Le public s'en trouve plong&#233; dans l'expectative. Soudain, Isabelle l&#226;che le cerceau qui &#8211; en descendant, le temps d'un &#233;clair &#8211; encercle son corps de haut en bas et tombe par terre. Le public applaudit. Aux pieds des deux protagonistes se trouve une structure en bois blanc. Isabelle et Serge se font face, concentr&#233;s. Serge tient la structure. Nouveau roulement de tambour, nouvelle expectative. Serge l&#226;che la structure, la structure tombe en se repliant. Le public applaudit. &lt;br class='manualbr' /&gt;Les lumi&#232;res s'&#233;teignent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouveau en lumi&#232;re, l'attention des regardeurs se fixe maintenant sur Isabelle, assise dans un fauteuil &#224; l'autre bout de la salle. Pr&#232;s du mur oppos&#233;, Serge est assis sur une chaise. Le public se situe entre les deux. Dans ses mains, Isabelle tient un morceau de papier. Reposant avec une nonchalance &#233;tudi&#233;e sur le fauteuil, elle commence &#224; lire. Sa voix est douce et claire, mais les paroles qu'elle lit sont graves. Il y est question de la puissance du r&#234;ve, du sexe, du sang et de la mort, de la figure du fauve, des bourreaux et des martyrs, et de la grandeur de l'art. Les phrases sont br&#232;ves, cisel&#233;es, non point comme de la dentelle mais comme une pierre taill&#233;e par un courroux sublime et pr&#233;cis. &lt;br class='manualbr' /&gt;Elles sont d&#233;cisives. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Mesdames et messieurs, c'est &#224; cela que je fais appel&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, lit-elle, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;il n'y a pas, et il n'y aura pas de r&#234;ve sur la base de l'&#201;tat ni d'ailleurs de la municipalit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le r&#234;ve, c'est vous&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. &lt;br class='manualbr' /&gt;Les regardeurs inform&#233;s, ou encore ceux dont la m&#233;moire est plus longue, se souviennent&#160;: dans la voix d'Isabelle fr&#233;mit l'&#233;cho de celle d'Andr&#233; Malraux. Ce qu'elle lit, alanguie ainsi sur le fauteuil, ce sont les extraits du discours prononc&#233; par l'&#233;crivain et le Ministre, le 19&#160;mars 1966, &#224; l'occasion de l'inauguration de la Maison de la culture d'Amiens. La lecture finit, nous sommes de nouveau, et pour un bref instant, plong&#233;s dans l'obscurit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lumi&#232;re. Dans l'assistance, les t&#234;tes pivotent de 180&#176; et les regards se posent sur Serge, toujours assis sur sa chaise, pr&#232;s du mur. Il tient dans ses mains un sac en tissu. Il dit&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;When I was young I wanted to be a bread roll&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce faisant, il retire un pain de son sac en tissu &#8211; il semble qu'il s'agit d'une baguette&#160;-, le divise en deux moiti&#233;s, l'ouvre en longueur avec un couteau, en creuse la mie pour le vider et ne garder que la cro&#251;te. Il laisse le sac, la mie et le couteau tomber par terre. Il enl&#232;ve d'abord sa chaussure droite, enfile le pain comme une babouche et l'accroche au pied avec un large bandeau adh&#233;sif. La m&#234;me op&#233;ration est accomplie pour le pied gauche. Plus que des chaussures extravagantes, cela lui fait de longs pieds &#233;troits sans orteils, tels ceux d'un personnage fabuleux. &lt;br class='manualbr' /&gt;Il se l&#232;ve, nous entendons une nouvelle musique&#160;: nous reconnaissons maintenant l'extrait musical du film de Charlie Chaplin, &lt;i&gt;La ru&#233;e vers l'or&lt;/i&gt;, celui qui accompagne le moment o&#249; Charlot, &#224; table, accomplit la danse des petits pains agit&#233;s par deux fourchettes. Ici, au Lieu-Commun, c'est Serge lui-m&#234;me, avec tout son corps, qui ex&#233;cute une nouvelle danse des petits pains. Elle consiste &#224; porter le poids du corps d'un pied &#224; l'autre, ce qui produit un balancement rythmique, et &#224; soulever l&#233;g&#232;rement le pied concomitant pour toucher, frapper ou tapoter le sol avec la pointe du pain. Le public applaudit. &lt;br class='manualbr' /&gt;Les lumi&#232;res s'&#233;teignent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elles se rallument, Isabelle et Serge &#8211; qui a retrouv&#233; ses chaussures &#8211; se font face entre deux piliers. Ils &#233;crivent, chacun, avec un feutre sur un panneau en bois. Une fois les inscriptions r&#233;alis&#233;es, les deux panneaux sont r&#233;unis et tourn&#233;s vers le public. Nous assistons aux retrouvailles des deux moiti&#233;s d'une seule planche, soutenant une proposition&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Nous sommes un archipel, vous &#234;tes un oc&#233;an de plaisir.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En suivant une ligne oblique, Isabelle et Serge se dirigent vers un point de la salle o&#249; une bo&#238;te abrite une sc&#232;ne minuscule&#160;: c'est la discoth&#232;que de doigts. Une musique disco-funk emplit la salle, la boule &#224; facettes miniature tourne et renvoie ses scintillements multicolores &#224; l'assistance &#233;blouie. &lt;br class='manualbr' /&gt;Les amateurs reconnaissent &lt;i&gt;Funkytown&lt;/i&gt;, la chanson du groupe Lipps Inc., en t&#234;te des hit-parades de l'ann&#233;e 1980. Isabelle et Serge, &#224; gauche et &#224; droite de la discoth&#232;que et face au public, plongent leurs mains par les ouvertures am&#233;nag&#233;es &#224; cet effet dans les parois lat&#233;rales de la discoth&#232;que. &lt;br class='manualbr' /&gt;Les pointes de leurs doigts effleurent le podium, les doigts se mettent &#224; danser. &lt;br class='manualbr' /&gt;En cet instant, nous ne voyons plus Isabelle et Serge, mais seulement ces danseurs nouveaux, petits, souples et a&#233;riens. La gr&#226;ce r&#232;gne au Lieu-Commun. L'archipel &#8211; Isabelle et Serge, avec les personnages qu'ils ont fait bri&#232;vement exister &#8211; se plonge maintenant dans l'oc&#233;an de plaisir qui ondoie aux sons de &lt;i&gt;Funkytown&lt;/i&gt; pour y dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le texte ci-dessus est &#233;crit de m&#233;moire, sans appui de documents visuels.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/ARCHIPEL' class=&#034;spip_in&#034;&gt;D&#233;couvrir l'&#339;uvre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
